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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 10:38
Afrique/Congo-Brazzaville : Histoire, économie, politique

1998-2001

C'est depuis 1998 que Modeste Boukadia parle de créer un Gouvernement d'Union National regroupant toutes les tendances politiques du Congo pour que tous travaillent ensemble a l'Unité du Congo. Merci de lire cet article du Monde Diplomatique publie en 2001 expliquant la démarche originale de Modeste Boukadia http://afriquepluriel.ruwenzori.net/congo-d.htm


ARTICLES EXTRAITS DE LA PRESSE INTERNATIONALE

1992
Un des premiers pays d'Afrique à avoir tenu une conférence nationale, le Congo, entame ce mois-ci une nouvelle étape de sa transition démocratique, avec l'élection d'un nouveau président de la République. Mais les illusions des premiers mois ont disparu, laissant libre cours au désenchantement; certains dénoncent déjà la renaissance d'un discours tribaliste et régionaliste. Cette vision ethnique des luttes en cours est-elle pertinente, ou reflète-t-elle la difficulté à rompre avec les vieux schémas issus de la colonisation?

Commencé au début de l'année 1991, avec la tenue d'une conférence nationale souveraine, la première étape de la démocratisation au Congo s'achève ce mois-ci par l'élection du président de la République. En mai, juin et juillet se sont déroulés deux scrutins, l'un municipal, l'autre législatif, qui ont vu s'affirmer des partis et associations politiques à forte coloration ethnique. Les vraies questions liées à l'indépendance économique du pays et à la maîtrise de ses ressources pétrolières sont occultées par une classe politique davantage préoccupée par son destin que de l'avenir d'un Congo parvenu au bord du gouffre avec une dette extérieure avoisinant les 1 500 milliards de francs CFA (1). Si le règne sans partage du Parti congolais du travail (PCT) qui avait été créé en 1969 et avait voulu engager le pays sur la voie du marxisme-léninisme semble s'achever, toutes les hypothèses restent envisageables, d'un nouveau départ à la restauration sous une forme aménagée de l'ancien régime (2).

Le vide politique favorise une présentation simplifiée des luttes en cours: Nordistes et Sudistes s'affronteraient pour le pouvoir. Un même schéma est souvent appliqué aux autres pays du continent: en Centrafrique, les peuples riverains de l'Oubangui s'opposeraient à ceux de la forêt et de la savane, tandis qu'au Rwanda irréductible serait l'antagonisme entre les Tutsi et les Hutu. Aussi séduisante qu'elle soit, cette grille de lecture conduit à masquer les enjeux des conflits. Et d'abord parce que dresser une carte ethnodémographique du Congo relève d'une véritable gageure.

Les spécialistes qui s'y sont employés ont abouti à des résultats sensiblement différents, faute de recourir aux mêmes modalités de classement. Selon qu'on rattache certaines communautés à des ensembles plus vastes ou qu'on les appréhende comme des groupes à part entière, le paysage se modifie profondément. De plus, les observateurs ont souvent eu tendance à voir dans les particularismes tribaux une persistance de comportements hérités de l'époque coloniale et qu'il s'agirait d'éradiquer au nom d'une unité nationale imposée comme un dogme (3).

Ainsi, s'inscrivant dans un courant progressiste à coloration marxiste, les écrivains Henri Lopes, dans Tribaliques (4), et Jean-Baptiste Lati-Loutard, dans Chroniques congolaises (5), dénonçaient les survivances du passé et s'attachaient à définir une personnalité congolaise en prise avec le monde moderne. Au nom d'une "mission historique de la classe ouvrière", les marxistes combattaient des pratiques pourtant inséparables d'une identité culturelle qu'ils déclaraient, à chacun des congrès du PCT, vouloir préserver.

A contre-courant de bien des interprétations, un chercheur, Marie Eliou, montra dès 1977 comment la conception de l'éducation au Congo pouvait constituer un frein à l'affirmation de la conscience nationale (6). Pointant l'inadéquation d'une structure "qui implique l'abandon sinon le mépris de la culture et des valeurs autochtones", Marie Eliou soulignait le paradoxe d'un système dans lequel "la fierté d'être congolais voisine avec une sorte de regret de n'être pas français".

Il ne faut pas non plus oublier que les catégories mêmes d'ethnie et de tribu découlent d'une conception coloniale de l'histoire qui recensait les peuples en les abaissant. Sur les premiers papiers d'identité était mentionnée "la race", ce terme étant employé pour tribu. Chaque monographie établie sur un groupe vérifiait dans l'esprit du colonisateur la supériorité des sociétés étatiques et de l'Etat-nation sur les autres formes d'organisation de la société.

Ces approches renvoyaient aussi à un passé hypothétique dans lequel les ethnies apparaissaient comme des entités figées, jamais comme des groupes sociaux en devenir. Or cette société traditionnelle n'a jamais existé: au contraire, les collectivités précoloniales, affectées par de grandes migrations et un incessant brassage, s'imbriquaient dans une "chaîne de sociétés" et connaissaient un flux continuel d'échanges (7).

Ces réserves ne conduisent pas à nier l'importance de la question ethnique au Congo. Mais l'histoire ne se contente pas de reproduire d'anciennes querelles, et le tribalisme se développe contradictoirement à partir des revendications des populations en butte à la construction d'un Etat centralisateur et niveleur. On peut donc distinguer une conscience ethnique spontanée, liée au sentiment d'appartenir à une communauté linguistique, historique et culturelle, et le nouveau tribalisme politique qui, tout en se drapant dans les plis de la tradition, se nourrit des frustrations engendrées par une modernité économique et sociale renforçant les inégalités entre les individus, les peuples et les régions.

"Un syndicat de dictateurs"

De nombreux intellectuels sont réticents à adopter un vocabulaire qui avalise, sous couvert de scientificité, les clichés les plus éculés de la pensée coloniale. "Dans le discours politique, note l'écrivain Tchichelle Tchivela (8), lorsqu'on parle de tribalisme, c'est généralement pour dénoncer des attitudes jugées rétrogrades et qui tendent à favoriser les seuls membres d'une tribu au détriment des autres ressortissants du pays." Il préfère le terme d'ethnie, "moins péjoratif et moins connoté", mais il estime que les maux du Congo ne sont pas imputables à une rivalité ethnique mais à un régionalisme apparu au lendemain de la seconde guerre mondiale quand ses concitoyens ont obtenu le droit d'élire leurs représentants: "La concurrence entre les divers partis a durablement cristallisé l'opposition entre Nordistes et Sudistes. Les conflits auxquels nous assistons aujourd'hui plongent leurs racines dans ce passé récent." En 1958, le Congo devient autonome au sein de la Communauté française sous la direction de l'abbé Fulbert Youlou, un Lari, avant d'accéder le 15 août 1960 à l'indépendance. De violents affrontements entre ses partisans et ceux de son rival Jacques Opangault en février 1959 laisseront de profondes blessures.

Romancier et dramaturge, Sony Labou Tansi pense pour sa part que tout s'est joué en amont, avec l'intrusion des Européens et de la colonisation. Il récuse la pertinence des frontières qui ont taillé dans le vif des cultures: "L'effondrement du mur de Berlin a réjoui la planète. Mais n'oubliez pas que, en 1885, à Berlin (9), on a érigé d'autres murs, au coeur de l'Afrique." Sony Labou Tansi ne nie pas les responsabilités des régimes dans l'atomisation des peuples: "Ces barrières, les années 60 les ont consolidées. L'ethnisation des nations du Kongo a été favorisée par le manque d'audace de l'Organisation de l'unité africaine, qui s'est comportée comme un syndicat de dirigeants, voire de dictateurs."

Depuis lors, le fleuve Congo - frontière entre le Congo et le Zaïre - sépare des peuples que tout rapproche. En distribuant des cartes d'identité à des communautés qui n'avaient jamais cru changer de contrée en passant d'une rive à l'autre, les pouvoirs successifs ont voulu les enrégimenter, les dresser les unes contre les autres. Pourtant, le chauvinisme entretenu et exploité par les politiques ne doit pas faire illusion. La fibre patriotique peut certes vibrer le temps d'une compétition sportive, les réalités du quotidien tempèrent ces enthousiasmes.

Pour peu qu'il parle le kikongo, un Congolais de la région du Pool - celle de Brazzaville - peut dialoguer avec un ressortissant du nord de l'Angola ou du Bas-Zaïre. Et sur le plateau des Cataractes, là où le tracé de la frontière entre Congo et Zaïre est purement arbitraire, les parents scolarisent moins leurs enfants en fonction de leur nationalité que par rapport à la distance qui sépare l'école du village. De même, au-delà de Mossaka, les pêcheurs du Congo et de l'Oubangui ne se préoccupent pas des limites territoriales.

Quant au spectacle offert par les débarcadères de Kinshasa ou de Brazzaville, il est de nature à relativiser la fierté d'être né sur l'une ou l'autre rive du Congo: des deux côtés, on y entasse sans ménagement, sur des barges antédiluviennes, des grappes humaines vouées aux mêmes vexations. Cette commune infortune, conjuguée à des conditions d'existence similaires, détermine des solidarités bien plus fortes que la raison des gouvernements.

Le rêve de Sony Labou Tansi est au diapason du Congo profond, de la persévérance de peuples qui refusent d'être dessaisis de leur histoire. Il prolonge la vision d'un Congo des deux rives chère à l'écrivain et dramaturge Tchicaya U Tam'si (10). Pour autant, Sony ne prêche aucun séparatisme, ne revendique aucune hégémonie pour les siens. Sa conviction est que, un jour ou l'autre, les Africains sauront inventer des formes nouvelles de communication transcendant les Etats actuels: "Ce que l'économie semble édicter, les hommes sauront demain l'expérimenter."

Le Congo n'est pas une entité incréée; on ne peut renforcer son unité en gommant tout ce que la mémoire collective a conservé depuis des siècles. Malheureusement, l'Etat a avivé les tensions en favorisant l'emploi du lingala (qu'aucun groupe ethnique congolais n'a pour langue maternelle) et du munukutuba (qui est un créole) en leur accordant statut de "langues nationales"; à terme, l'un des deux devrait devenir "langue officielle". C'est surtout au lingala qu'on a, de manière feutrée, donné la primauté: dans la présentation des journaux parlés et télévisés, dans la traduction d'ouvrages français, dans les discours destinés "aux masses", etc. Cette prépondérance a été facilitée par la prégnance de la musique du Congo-Zaïre, diffusée principalement dans cette langue.

Cette volonté de légiférer au détriment des pratiques des populations a été dénoncée encore récemment par la Semaine africaine, l'hebdomadaire publié par la Conférence épiscopale: "N'a-t-on pas un moment, sur l'audiovisuel d'Etat, interdit par exemple la diffusion d'oeuvres musicales composées en langues maternelles? Etait-elle différente, la logique coloniale consistant à dépouiller un groupe humain de sa culture, de sa mémoire, de sa fierté (11)?"

Parce que les différences ne menacent pas forcément la nation, il aurait fallu respecter la part prise par chacun dans l'histoire. Un effort d'objectivité exigerait d'admettre, par exemple, que les Kongo-Lari ont été au premier rang de la lutte contre l'administration coloniale. A bien des égards, on n'a commencé à se sentir congolais (et non plus kongo, vili, bembe, teke ou m'bochi) qu'à partir du moment où cette résistance s'est développée. Cette vitalité du groupe kongo-lari apparaît comme celle d'un rameau ethnique qui a, plus que les autres, su défendre son être communautaire. Mais la peur qu'il inspire - on le soupçonne de visées hégémoniques - est utilisée et manipulée: "Le tribalisme dénoncé au Congo a toujours été le tribalisme de l'autre", note Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, un des principaux animateurs des forces démocratiques. Le sociologue Henri Ossebi ne dit pas autre chose quand il analyse le discours du PCT sur la question: "Le brouillage opère à la fois par défaut et par excès. Dans le premier cas, il prend l'allure d'une dénégation: à aucun moment le discours officiel ne désigne les détenteurs du pouvoir comme acteurs"tribalistes"ou"régionalistes". Ce sont toujours les autres, dans une"langue de bois"qui fonctionne en permanence à l'exclusion et à l'accusation. Dans le second cas, il consiste à voir partout, dans tout conflit ou toute prétention concurrente, la figure de l'"ethnie"ou de la région (12)."

Responsable de la faillite: le régionalisme

Pour vivre ensemble et exorciser tout esprit tribal, il convient de laisser chaque communauté libre de pratiquer sa langue et d'honorer ses traditions. Mais les indépendances ont tourné le dos à ces principes, et les couches dirigeantes ont tenté de consolider la nation en interdisant toute référence à la diversité ethnique. Dans le même temps où elles géraient l'appareil d'Etat et les finances publiques comme ceux d'un "petit village", elles niaient l'être pluriel des populations sous leur autorité.

Comme ailleurs sur le continent, le pouvoir politique au Congo a tenté d'asseoir sa légitimité en recourant au clientélisme. Il a allié un népotisme régional - une place prépondérante réservée aux Nordistes dans l'administration et les entreprises - à une gestion démagogique de l'administration faisant de l'ensemble des fonctionnaires, toutes ethnies confondues, sa base sociale. Ce que les Congolais synthétisent par cette formule: "Payer régulièrement les salaires des fonctionnaires, c'est assurer la pérennité du gouvernement."

Pour le sociologue Côme Mankassa, ce fonctionnement renvoie à une tare congénitale. Le système lignager imprime encore sa marque sur la vie sociale: quand on est m'bochi comme le président de la République "on a l'impression de gouverner, de participer directement au pouvoir". "Si le Congo est en faillite, ajoute-t-il, il le doit au régionalisme. L'unité nationale doit être regardée non comme une donnée mais comme un devenir."

Avec le début de la démocratisation en 1991, le débat s'est brusquement infléchi. Ayant le sentiment d'être les laissés-pour-compte de la vie politique, certains ont réclamé le pouvoir pour leur région. Ils ont ainsi rejoint les tenants de l'ancien régime, effrayés par la perspective d'une longue traversée du désert, ont dénoncé chez leurs adversaires les plus décidés originaires du Pool une tendance au tribalisme, à l'intégrisme et à l'esprit de revanche. Cette prévention à l'endroit des forces déterminées à rompre avec le passé a incontestablement fait diversion, dissimulant les véritables enjeux du moment, ceux qui touchent à l'indépendance économique du pays.

Notes:
(1) 1 FCFA = 0,02 franc français.
(2) Lire Jean-Michel Devésa, "Dans le jardin privé de la littérature congolaise", le Monde diplomatique, octobre 1991. On y trouvera une liste des plus grands écrivains congolais et de leurs oeuvres.
(3) Sur le débat Etat, nation, ethnies, lire Michel Cahen, "Ce que l'Afrique noire pourrait apprendre à l'Europe", le Monde diplomatique, juillet 1992.
(4) Editions Cle, Yaoundé, 1971.
(5) L'Harmattan (Fonds Oswald), Paris, 1978.
(6) La Formation de la conscience nationale en République populaire du Congo, Anthropos, Paris, 1977.
(7) Jean-Loup Amselle et Elikia M'Bokolo, Au coeur de l'ethnie, ethnies, tribalisme et Etat en Afrique, La Découverte, Paris, 1985.
(8) Auteur de l'Exil ou la Tombe, Présence africaine, Paris, 1986.
(9) C'est au congrès de Berlin, en 1885, que les grandes puissances européennes décidèrent du partage de l'Afrique.
(10) Lire "Les origines sacrées de notre théâtre", le Monde diplomatique, décembre 1987.
(11) I'boto, "Top-média: les intégristes arrivent!", la Semaine africaine, Brazzaville, 13-19 février 1992.
(12) "Etat et ethnie au Congo: nouvelles situations, vieux démons", Revue de l'Institut de sociologie, n° 3-4, 1988, Bruxelles.

Processus démocratique
A l’instar de nombreux pays africains, le Congo connaît à partir de 1990, une vague de mouvement revendiquant la démocratie. Dans cette République populaire qui se réclamait alors de l’idéologie marxiste-léniniste, les bouleversements sur la scène internationale et un contexte économique interne difficile, ont stimulé la multiplication des grèves, des revendications estudiantines ainsi que l’apparition d’une opposition qui réclame une conférence nationale et le départ du Président Denis Sassou Ngesso.

Le comité central du Parti congolais du travail (PCT) se prononce en faveur du multipartisme au début du mois de juillet, mais la révision de la Constitution dans ce sens n’intervient qu’en décembre. Le PCT renonce à l’idéologie marxiste et à son rôle dirigeant. Plusieurs formations politiques sont alors reconnues. Le Président Denis Sassou Nguesso annonce finalement la tenue d’une conférence nationale lors de sa présentation des voeux du nouvel an à la nation.

Le 25 février 1991, la Conférence nationale congolaise s'ouvre à Brazzaville. Elle va durer 3 mois, jusqu'au 10 juin 1991. Elle sera présidée par Monseigneur Ernest Kombo, évêque d'Owando. Elle a pour " mission essentielle de redéfinir les valeurs fondamentales de la nation et de créer les conditions d'un consensus national en vue de l'instauration d'un Etat de Droit ". Cette institution regroupe les membres des partis déclarés, des associations indépendantes, des organisations non gouvernementales et confessionnelles, soit environ 1 200 délégués. La Conférence proclame sa souveraineté et adopte un Acte fondamental suspendant la Constitution de 1979 ainsi qu’une Charte des Droits et Libertés.

La Conférence met en place trois organes : la présidence de la République, assurée par Denis Sassou Nguesso qui reste à son poste mais se voit retirer certaines de ses prérogatives, le gouvernement de transition avec à sa tête le Premier ministre André Milongo, ancien administrateur à la Banque Mondiale, le Conseil supérieur de la République (CSR), présidé par Mgr Kombo et composé de 153 membres, représentants les différents groupes présents lors de la Conférence nationale. Il doit s'assurer de l'exécution des décisions prises pendant la Conférence, suppléer l'absence du Parlement et faire voter les lois.

La transition congolaise est marquée dès le départ par de nombreux ratés tels que l'affrontement, en septembre 1991, entre le gouvernement et la Confédération syndicale congolaise qui s'oppose au plan de restructuration des entreprises et de la fonction publique. Des tentatives de coups d'Etat, contre André Milongo lors de son voyage aux Etats-Unis en décembre 1991 et contre Denis Sassou Ngesso, en janvier 1992 sont à noter. Le mois de janvier 1992 est aussi marqué par un remaniement ministériel dû à une crise politico-militaire. C'est enfin sur fond d'ethno-régionalisme et de relations conflictuelles entre le gouvernement de transition et les groupes pétroliers Elf et Agip que se déroule la transition.

Le 15 mars 1992, un référendum a lieu, aboutissant à l’adoption de la Constitution de la quatrième République avec 96,3 % des suffrages. Les mois d'avril et de mai sont marqués par de nombreuses grèves et un conflit entre le gouvernement et le CSR. En mai, les élections municipales confirment l'effondrement du PCT qui conteste le scrutin face à la montée de nouveaux partis, notamment le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) de Bernard Kolélas et l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) de Pascal Lissouba. Le premier tour des élections législatives confirme ces tendances avec toujours les protestations de l’ancien parti unique. Le 19 juillet 1992, c'est le deuxième tour des législatives ; il est couronné par le succès de l’UPADS qui obtient 39 des 125 sièges contre 29 pour le MCDDI et 18 pour le PCT, le reste des sièges revenant à de nombreux autres partis. La contestation est toujours de rigueur. Les élections sénatoriales du 26 juillet confirment la même tendance.

Aux élections des 2 et 16 août 1992, Pascal Lissouba est élu Président de la République avec 61,3 % des voix. Mais même si elle est menée à son terme, la transition démocratique au Congo aura été très mouvementée, tout comme le nouveau mandat de Lissouba sera marqué par de nombreuses crises. Fin octobre, c'est le renversement du gouvernement Bongo-Nouarra, suivi, le 17 novembre par la dissolution de l'Assemblée nationale, dissolution déclarée illégale par l’opposition. En juin 1993, celle-ci boycotte le deuxième tour des législatives, n’ayant pas reconnu les résultats du premier tour tenu le 2 mai. S'en suivent des émeutes et l'annulation de ce tour des élections. En juillet, l'état d'urgence est décrété à la suite des affrontements entre milices, marquant le début du cycle des guerres civiles.

La médiation du Président gabonais Omar Bongo permet d’organiser à nouveau un deuxième tour, encore contesté, conduisant une fois de plus à la reprise des affrontements armés. La fin de l’année 1993 et le début de l’année 1994 sont marqués par la guerre malgré l’arbitrage d’un collège international de juristes sur les élections. L’année 1995 voit de nombreuses dissensions apparaître dans la mouvance présidentielle. L’opposition semble se revigorer. Le gouvernement est ouvert à quelques opposants et les deux parties signent en décembre un pacte de paix prévoyant le désarmement des milices. Mais la stabilité n’est décidément pas au rendez-vous car, dès le début de l’année 1996, des mutineries ont lieu dans l’armée.

Avec le retour de Denis Sassou Ngesso à Brazzaville en janvier 1997 dans la perspective de la présidentielle de juillet, les affrontements se multiplient entre ses milices " Cobras ", les " Ninjas " de Bernard Kolélas, maire de Brazzaville et les " Zoulous " du Président Lissouba. La guerre civile devient générale à partir de juin 1997 lorsque la résidence de Sassou Ngesso est attaquée. Après quatre mois et demi de guerre civile, les forces fidèles à ce dernier prennent Brazzaville en octobre, aidées par le troupes angolaises. L’élection présidentielle prévue pour les mois de juillet et août n’a pu se tenir et le général Sassou Ngesso est investi des charges présidentielles. Un forum tenu en janvier 1998 a fixé la période de transition à trois années au terme desquelles, en l’an 2000, doivent se tenir des élections générales.

La victoire militaire de Sassou Ngesso n’a pas pour autant ramené la stabilité politique. L’opposition se fait entendre de l’extérieur par la voix de l’ancien Président Lissouba, exilé en Grande-Bretagne, et celle de Bernard Kolélas, exilé aux Etats-Unis entre autres. Les milices fidèles à ce dernier mènent une guérilla sur fond ethno-régional dans le Pool, région qui comprend la capitale. En décembre 1998, ils ont tenté de renverser Sassou Ngesso, absent du pays. Cette action s’est soldée par une contre-offensive à l’arme lourde dans les quartiers sud de Brazzaville avec un coût en vies humaines des plus élevés et une exacerbation des tensions ethniques. Le Congo reste un pays dévasté, où la réconciliation sera difficile à obtenir. Le processus de démocratisation est avant tout subordonné à une paix qui n’est pas encore d’actualité, comme on a pu le vérifier encore avec les attaques des " Ninjas " de Bernard Kolélas, suivies d’une contre offensive de l’armée en mai 1999.

JUILLET 1999

Pour sortir de cette tragique impasse par une approche novatrice de la situation, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent. Ainsi, le 19 juin, un colloque organisé par le Club des Amis du Congo-Brazzaville s'est tenu à Paris. Son thème: Le Congo-Brazzaville, enjeux géopolitiques, démocratie et développement. Des universitaires, des politologues, des membres d'association et des Congolais de toutes obédiences ont échangé leurs points de vue, loin de tous les conformismes.
Ouvertement, dans le concert congolais, une autre démarche atypique, celle de Modeste Boukadia-Loutaya, Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo-Brazzaville (CDRC), une association dont la création remonte au 18 août 1992. Dans la jungle qu'est devenue aujourd'hui la vie politique congolaise, où l'ostracisme a figé les positions, le CDRC se révèle une force de proposition, loin des sentiers battus, faisant preuve d'un effort d'imagination qui va dans le sens d'un renouvellement du discours et de la classe politique. « Sous prétexte de défendre ou de protéger la démocratie et l'unité nationale, la classe politique traditionnelle et partisane entretient sciemment l'insécurité, l'instabilité et la terreur dans le pays par des querelles de personnes. »
Le CDRC pose des questions de fond: le gouvernement actuel issu d'un putsch militaire n'a, à ce jour, aucune légitimité. Comment négocier avec un tel gouvernement ? Faut-il demander au Président renversé et en exil, alors que son mandat officiel a pris fin en août 1997, de restaurer un gouvernement provisoire, avec pour mission d'organiser immédiatement des élections présidentielles ?

Le CDRC propose à la classe politique, aux syndicats, à la société civile, un modus vivendi ou une convention pour un contrat de confiance, qui ne devra ni juger ni condamner, mais doit simplement exprimer la volonté de négociation, de dialogue. Ce contrat ne pourra avoir de signification que si certaines conditions préliminaires sont réalisées.
Créer les conditions de la démocratie et de l'unité nationale
Au plan de la sécurité : signature d'un accord de cessez-le-feu accompagné du retrait de toutes les troupes étrangères et du déploiement d'une force d'interposition internationale de maintien de la paix sous la responsabilité de l'OUA et de l'Onu.

Au plan politique: instauration d'une période de transition de trois ans, nomination d'un Premier ministre civil, chef de gouvernement et constitution d'un Gouvernement de transition dont les missions seront définies par les signataires du modus vivendi. Avec à l'issue de la transition, l'organisation d'élections générales (municipales, législatives, régionales et présidentielles).

Au plan institutionnel: abrogation de l'acte fondamental de 1997 et réhabilitation de la constitution du 15 mars 1992 ; adoption d'une ordonnance constitutionnelle portant création d'un Conseil d'Etat de transition, assumant les fonctions de Président de la République; création d'une commission électorale indépendante et institution d'un organe de régulation de la presse et des médias audiovisuels.

Au plan économique: redéfinition du statut du Trésor public qui doit jouer le rôle d'une banque de la nation et mise sur pied d'une holding financière dans le rôle d'une banque de commerce extérieur pour lancer la politique des grands travaux de reconstruction.
Des propositions qui ont le mérite de la cohérence, même si certaines d'entre elles pêchent par idéalisme. Car il est bien évident que le pouvoir de Sassou Nguesso, engagé dans une fuite en avant éperdue, ne se laissera pas émouvoir par de bons sentiments. Reste donc à trouver les moyens de lui faire entendre raison. C'est là où le rôle de l'opinion internationale devient primordial. .

AOUT 1999

La guerre qui se poursuit au Congo-Brazzaville depuis neuf mois donne lieu aux excès les plus inhumains. Il est patent que toutes les milices qui s'affrontent portent de lourdes responsabilités. Les partisans de l'actuel chef de l'Etat ont, autant que ceux de l'opposition, commis des viols et des pillages, et massacré des milliers de civils. Au point où en est le Congo-Brazzaville, il est plus qu'urgent d'élucider les raisons pour lesquelles la «classe politique» de ce pays s'est muée en une thanatocratie.
D'aucuns prétendent que les événements récents sont les effets d'une longue tradition «tribaliste» : les «Nordistes» et les «Sudistes» (sic) ne pourraient vivre ensemble et seraient condamnés à s'affronter. C'est méconnaître une histoire multiséculaire. Il suffit de lire Georges Balandier, Luc de Heusch ou Jan Vansins pour comprendre que l'Afrique centrale est, depuis près de mille ans, un espace au sein duquel des forces ou des formations de tous types ont pris naissance ou se sont effondrées. Certaines de ces forces ou de ces formations ont érigé les fameux royaumes ou «Etats de la savane». Le royaume du Kongo et le royaume Téké ne sont que quelques exemples de cette dynamique. Dans d'autres cas, des structures d'une autre nature ont vu le jour, entretenant d'autres rapports avec les phénomènes de territorialisation et avec les modèles de l'autorité ou de la cité. Les événements actuels restent marqués par ces processus. Mais l'on ne peut se contenter de renvoyer à ce passé pour comprendre les mutations qui affectent l'Afrique centrale et le Congo-Brazzaville en particulier.

Impact de la colonisation

On a du mal à imaginer ce que la colonisation a pu induire en Afrique. Les systèmes mis en place par les puissances européennes ont accéléré la dégradation, la destruction et la désintégration de véritables structures anthropologiques. Cependant, l'on ne peut imputer à la colonisation seule la responsabilité de tout ce qui advient. D'autres mouvements ont poursuivi une œuvre de déshumanisation dans le cadre des luttes anticoloniales, puis après l'obtention des indépendances. Les factions qui se défient ou se combattent actuellement au Congo-Brazzaville ont longtemps instrumentalisé des rhétoriques simplifiées à l'extrême. Si Bernard Kolebas (principal dirigeant de l'opposition) et ses Ninjas abusent d'une rhétorique messianique excellemment étudiée par Martial Sinda, Denis Sassou Nguesso (l'ex et actuel chef de l'Etat) et ses Cobras ne seraient pas ce qu'ils sont sans cette rhétorique révolutionnaire qui n'a été qu'une arme pour la prise du pouvoir et l'instauration d'un système de terreur.

«Tribalisme» et «révolution»

Pour les aveugles et les demi-savants, le fait que Kolebas soit du Sud et Sassou Nguesso du Nord prouve que le «tribalisme» continue à faire des ravages. Mais ces aveugles et ces demi-savants occulteront, du coup, une autre dimension de l'histoire congolaise. Au Congo-Brazzaville, l'antitribalisme occupe, depuis des décennies, une place de choix. Si longue est la liste des proclamations antitribalistes égrenées par les politiques de ce pays que beaucoup ne parviennent toujours pas à comprendre pourquoi l'Etat-nation n'a pu ni y être consolidé, ni y voir le jour. En fait, la thématique antitribaliste n'a été massivement utilisée, après 1968, que pour contrer un messianisme d'autant plus menaçant qu'il mettait en cause le partage colonial des frontières, et perpétuait un idéal théologico-politique propre aux populations kongo vivant en Angola, dans l'actuelle République démocratique du Congo (RDC) et au Congo-Brazzaville. Mais le projet révolutionnaire, réduit par le Parti congolais du travail (PCT, ex-parti unique) au rang d'un outil démagogique, n'a été qu'un échec. En quelques décennies, ce parti a transformé le Congo en un champ de bataille où des bureaucrates et des militaires incultes et véreux sévissaient sans vergogne.

Le faux espoir de 1992

Après la Conférence nationale, et l'élection de Pascal Lissouba à la présidence, en 1992, certains croyaient qu'un tournant s'était produit. Il a vite fallu déchanter : en 1993-1994, peu après l'élection de Lissouba, ses partisans, grisés par la victoire, se sont empressés d'affronter les partisans de Kobelas dans une nouvelle escalade autodestructrice. Jusqu'en 1997, les milices congolaises se sont acharnées à restaurer des rites sacrificiels datant d'un autre âge. Parallèlement, le déclin de l'Etat a poursuivi son cours. L'«après-culture» (George Steiner) a accru son emprise, métamorphosant implacablement une jeunesse d'autant plus manipulable qu'elle avait, depuis belle lurette, perdu l'essentiel de ses repères.

L'instabilité institutionnelle et les déséquilibres interrégionaux s'aggravant, Sassou Nguesso a su, comme lors de sa première prise de pouvoir en février 1979, tirer profit du déchaînement des énergies guerrières et a passé une alliance avec des puissances farouchement opposées au projet messianique incarné par Kobelas. Ces puissances n'ont fait qu'une bouchée d'un Lissouba dont l'arrogance ou l'inconstance et l'impéritie se paraient d'un sabir technoscientifique. L'histoire congolaise s'étant mise à bégayer, les anciens membres du PCT, revenants skakespearo-wagnériens soutenus par l'armée congolaise, pouvaient s'emparer des principaux rôles d'un drame qui n'a pas encore pris fin.

Si plusieurs organisations des droits de l'homme ont déjà publié des rapports accablants sur les crimes commis dans la capitale congolaise lors de la «guerre des milices» de 1997, seule une commission d'enquête internationale éclairera l'ensemble de la communauté mondiale sur les événements survenus depuis décembre 1998, à Brazzaville dans les quartiers de Bacongo et Makélékélé et dans les régions opposées au retour de Sassou Nguesso au pouvoir.

Dans une série d'interviews accordées dernièrement, l'actuel chef de l'Etat n'a cessé de mettre sur le compte de l'opposition tous les massacres commis au Congo-Brazzaville. Le fait d'exiger qu'une commission d'enquête internationale se rende dans toutes les régions martyrisées par la guerre ne revient nullement à faire le jeu de l'opposition. C'est, au contraire, travailler en vue de la création de nouvelles conditions favorisant le retour des milliers de réfugiés fuyant les combats.

Dialogue et désintégration

Plusieurs dirigeants d'Afrique centrale, réunis à Libreville le 6 août 1999 autour du chef de l'Etat gabonais Omar Bongo, ont reconnu que les conflits armés qui se poursuivent au Congo-Kinshasa et au Congo-Brazzaville déstabilisent toute la région. Mais l'inaptitude au dialogue perdure à Kinshasa comme à Brazzaville.

A de rares exceptions près, les différentes versions de la «politique» africaine contemporaine n'ont fait que promouvoir un processus de désintégration qui a souvent favorisé l'émergence ou la résurgence des pires figures du nihilisme et du Mal. La question qui se pose désormais à tous les Congolais est celle de savoir si leur pays a été englouti au cours des dernières années, ou si, échappant à des mythes obsolètes et s'émancipant de l'emprise de chefs pour qui l'exercice d'un pouvoir de mort est la seule règle, ils sauront et pourront reconstruire le Congo-Brazzaville.

FEVRIER 2000

Malgré les deux cessez le feu conclus en novembre et décembre 1999 entre l'armée et les milices, le Congo Brazzaville ne parvient pas à sortir du conflit qui l'a ensanglanté à 3 reprises depuis 1993. Le coordinateur humanitaire de l'ONU pour le Congo, Bill Paton, a dressé lundi 21 février un bilan mitigé de la situation. D'un côté, il a dénoncé le manque d'intérêt de la communauté internationale pour un pays ou des dizaines de milliers de viols ont été commis en 1999 et ou des meurtres sont encore perpétrés et, de l'autre, il a noté avec satisfaction que 400 000 des 800 000 personnes déplacées étaient rentrées chez elles ces dernières semaines. Le président congolais, Nguesso, a pour sa part appelé le mardi 22 février à un dialogue national comprenant ses ennemis Pascal Lissouba et Bernard Kolélas, sans toutefois lever l'ambiguité sur un éventuel retour de ses deux opposants, le premier ayant été condamné par contumace et le second étant poursuivi par la justice de Brazzaville.
La route nationale n°1 n'existe plus. Les ornières ont des dimensions impressionnantes. Le goudron qui affleure par endroits est troué et coupant. Un désastre !! Il faut trois heures pour couvrir les 75 Km qui séparent la capitale de Kinkala, le chef lieu du Pool.
Les villages sont déserts. Les populations actuels ont fui la violence des combats et le comportement odieux des belligérants au fur et à mesure que la guerre approchait, préférant se réfugier dans les forêts que de subir la mitraille et l'arbitraire. Les miliciens de l'ancien président Lissouba, les Cocoyes, et ceux de son premier ministre Bernard Kolélas, les Ninjas, utilisaient les habitants de la région comme bouclier. Les milices du président Nguesso, les Cobras, leurs alliés angolais et les supplétifs zaïrois, rwandais et tchadiens, les considéraient comme complices de leurs ennemis.
Des milliers de familles ont passé plusieurs mois à couvert des arbres, subissant les intempéries, campant sous les pluies tropicales, se nourrissant de feuilles...Ils ont commencé à sortir des forêts en mai, après que Nguesso eut tenu des propos rassurants et que les forces gouvernementales eurent affermi leur emprise sur le sud de la région du Pool.
L'habitat est clairsemé. Les maisons en dur sont occupées par des hommes en uniformes. Les 10 000 habitants de Kinkala ont fui, eux aussi. Peu sont revenus. En fait, la population ne sait pas qui elle doit craindre le plus : Ninjas, Cobras, Angolais...!!
Un congolais témoigne : " Les unités de la Garde républicaine ont trié, interrogés, arrêtés et fait disparaitre systématiquement ceux qui étaient en âge de porter des armes, les accusant d'être des Ninjas. C'était l'époque ou des voyous, incorporés dans la force publique, se comportait comme des sauvages, découpant les corps de leurs victimes et accrochant les membres et les têtes sur les calandres des voitures des Cobras, avant de jeter les restes des corps dans le fleuve".

Source :
Le Monde Diplomatique 1987-1997

SOURCE :http://afriquepluriel.ruwenzori.net/congo-d.htm

http://afriquepluriel.ruwenzori.net/

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier

Afrique/Congo-Brazzaville : Histoire, économie, politique

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