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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 20:30
France/Congo-Brazzaville) La France trahie par la Françafrique et Sassou-NGuesso

François Mitterrand et les présidents africains lors du 16e sommet franco-africain à La Baule, le 20 juin 1990.

Par Rigobert OSSEBI -

La Gauche, dans l’opposition, n’avait jamais cessé de crier son hostilité à la Françafrique.

Depuis son retour au pouvoir en 2012 jusqu’à la bénédiction hollandaise du référendum anticonstitutionnel de Sassou Nguesso, en octobre dernier, elle est tombée irrésistiblement sous le charme équivoque du dictateur congolais, et de la Françafrique qu’il personnifie ; et elle ne cesse d’avoir pour lui les yeux de Chimène ou de Yamina…

Au prétexte de se débarrasser d’un empêcheur de tourner en rond, Marien N’gouabi qui ne tolérait pas la corruption, la « Francafrique » crut bon de miser en 1977 sur un Denis Sassou Nguesso, noceur impénitent. Le premier choc pétrolier de 1973 avait appelé à une diversification des approvisionnements ; la substitution du Golfe persique par le Golfe de Guinée.

Pour empêcher tout retour en arrière, à Brazzaville, un bain de sang engloutissait deux Présidents et un Cardinal ; dans la même semaine de mars 1977, Jacques Chirac accédait à la mairie de Paris. Le Comité Militaire du Parti (CMP) qui prit la direction du pays ne fit aucune obstruction à l’exploitation pétrolière, bien au contraire.

Dès septembre 1978, un second choc pétrolier s’annonçait à Téhéran avec des émeutes violemment réprimées. C’était le début de la révolution iranienne, qui provoqua la fuite du Shah le 16 janvier 1979. Dans cet environnement bouleversé qui laissait planer des craintes de pénuries de produits pétroliers sur les marchés français et mondiaux, le choix du colonel putschiste se justifiait pleinement alors. Le 5 février 1979, Denis Sassou Nguesso n’eut aucun mal à obtenir les sacs d’argent qui lui permirent d’acheter le Comité Central du PCT et d’envoyer Joachim Yhombi pour dix années de résidence surveillée. En cet espace de temps, le prix du baril de pétrole avait triplé pour se retrouver à 40$ en septembre de la même année.

Sassou I (1979-1992) : Allégeance (partielle)

France et Françafrique, durant ce Sassou I, eurent des intérêts communs. Sassou bénéficia d’une aide massive de la France. Conseillers d’ELF et consultants français affluaient auprès de « l’homme du 5 février » qui n’hésitait pas à poser sur des affiches 4×3 en lunettes noires et tenue de para au côté d’André Tarallo, son bienfaiteur pygmalion-bygmalion, le « Monsieur Afrique » d’ELF. A la faveur du 1er Plan quinquennal, un grand nombre d’entreprises françaises s’installèrent au Congo ; elles profitèrent de la presque totalité des marchés. Cependant, une bonne partie plia bagages à partir de 1986 lorsque le prix du baril retrouva son niveau antérieur au second choc pétrolier, aux alentours de 15 dollars le baril ; avec des recettes divisées par 3. Les mauvais choix économiques, la mauvaise gestion, la déliquescence des mœurs et du rôle des institutions, une corruption progressivement généralisée amenèrent le pays à sa première ruine ; et à la Conférence nationale, qui n’était qu’une révolution avortée, pour avoir été trop à l’écoute de l’ambassade de France.

Seul progrès notable : à mi-parcours de cette première présidence, DSN avait troqué ses tenues militaires pour d’élégants costumes pour mieux déclarer son émancipation et la distance qu’il voulait prendre de ses bienfaiteurs de la première heure.

ELF fut la grande gagnante de cette époque. Elle put rejoindre le Top 10 des Majors pétrolières et intégrer son vaisseau amiral de la Défense à Puteaux ; qui pouvait dire combien de pétrole avait été réellement extrait durant cette période de l’offshore congolais ?

Sassou II (1992-1997) : L’exil dans le désert gabonais et parisien

Contrairement à ce qu’il affirmait à cette période, « cinq ans ce n’est pas très long ! », ces quelques années lui parurent une éternité. Durant celles-ci, du désert à traverser, il avait beaucoup appris de son gendre, feu-Omar Bongo, figure dominante de la Françafrique et de la Franc-maçonnerie. Mais contrairement à ce dernier, foncièrement francophile qui tentait de donner de lui une image d’un homme ouvert et généreux, Sassou-Nguesso forçait volontiers le trait de sa capacité de nuisance, celle d’un homme naturellement mauvais, doublé d’un ego démesuré.

Sassou III (1997-2016) : La vengeance

Ce retour au pouvoir a été l’occasion pour lui de se venger de ceux qui l’avaient abandonné et paradoxalement, aussi, de ceux qui l’avaient aidé lorsqu’il était en exil et en position de faiblesse… (Enigme Jean-François Probst et de quelques autres.) Vingt années ne sauraient suffire à effacer sa rancune envers ceux, dont la France, qui l’avaient poussé à abandonner son pouvoir en 1992. Le même sentiment existe toujours envers les Vilis, qui « nous » avaient vendus (aux esclavagistes) et bien évidemment envers l’ancienne puissance coloniale… Cependant pour masquer son hostilité à l’encontre de cette dernière, ce grand maître de la cosmétique s’achetait les bonnes grâces de ses principaux dirigeants qui préféraient leurs intérêts personnels à ceux du pays qu’ils devaient servir. Il devint alors le Parrain, au sens mafieux, de la Françafrique.

  • Effacement de la dette

La France concéda le plus gros effort, presque 3 milliards d’euros. Remise à zéro des compteurs de Sassou I, le dictateur s’amusa à reprendre ce qu’il avait concédé alors à sa bienfaitrice.

  • Grands Travaux

La Chine attendait l’effacement de la dette pour ouvrir les robinets de ses crédits pour les « grands travaux ». Le Congo de Sassou Nguesso s’est alors offert à la Chine. In fine, la Chine était-elle vraiment moins chère ? Rien n’est moins sûr d’autant plus que le clan familial Nguesso participe au capital de bon nombre d’entreprises chinoises présentes au Congo. Le BTP a été une manne gigantesque pour des sous-traitants divers installés au Congo, Libanais et Français proches du pouvoir. Les grandes sociétés françaises n’obtenant que de rares contrats ; seulement en contrepartie des aides et financements nouveaux apportés par l’Europe ou par la France.

  • Pétrole

TOTAL-ELF détenait toutes les cartes et permis ou presque à l’aube de Sassou I. ENI, sleeping partner, fut longtemps confiné au rôle de 5ème roue du carrosse. Le mariage de Cendrine Sassou Nguesso avec l’Italien Fabio Ottonello fut un des éléments qui inversa la situation. Aujourd’hui ENI détient 4 à 5 fois plus de réserves prouvées que le Français. TOTAL ainsi qu’ENI voient, d’un sale œil, aujourd’hui des sociétés sangsues (AOGC, Kontinent, Petro Congo) entrer à leurs côtés dans l’exploitation de certains permis.

  • Forêts

Les partenaires français traditionnels ont été remplacés par les enfants du clan présidentiel. Les concessions sous-traitées à des opérateurs asiatiques. De 500.000m3 en 1997, la production forestière tourne à près de 2.500.000 m3 maintenant. Le Mayombe (dans le Sud) est en voie d’être rasé par des opérateurs malaysiens proches du couple présidentiel.

Les plantations d’Eucalyptus, près de Pointe Noire, créées par la France, CTFT (Centre Technique Forestier Tropical) sont exploitées par des Canadiens et leurs partenaires asiatiques également proches du pouvoir congolais. Cédées par ce dernier pour un sac de billes, elles ont rapporté des centaines de millions de dollars aux exploitants.

  • Mines

Le domaine minier congolais avait été parfaitement exploré à l’époque coloniale. A l’indépendance seule la mine de Potasse, dans le Kouilou, avait subsisté jusqu’à son inondation (politique) à la fin des années 70. Depuis 1997, sous la férule de Pierre Oba, Ministre des mines, qui venait se faire soigner régulièrement en France, tous les permis d’exploitation ont été accordés à des sociétés non-françaises (chinoises, australiennes, canadiennes etc.). Ces permis ont fait l’objet d’un commerce lucratif (notamment pour MagIndustries impliquées dans l’exploitation des forêts d’Eucalyptus et dans la production chimérique de magnésium) jusqu’à l’effondrement des cours des matières premières qui a donné un coup d’arrêt fatal à l’industrie minière au Congo.

  • Agriculture et élevage

Le Congo, paradoxalement, est un quasi désert agricole. Rien ne s’y produit ou presque. Un exploit pour des terres aussi riches et aussi naturellement irriguées. Les barrières opposées au développement agricole frisent le génie, maléfique évidemment. La France n’a pu y exporter son savoir faire. Les autres pays non plus. Seules exceptions, Saris Congo à Nkayi du groupe français Vilgrain parvient à maintenir sa production de cannes à sucre ; et le ranch du dictateur congolais à Oyo demeure la seule structure d’élevage dans tout le pays…

  • Flux migratoires

La présence française au Congo est insignifiante, si l’on ne tient pas compte des binationaux franco-congolais, au regard de la relation historique entre les deux pays et de la progression remarquable d’autres nationalités, dont la chinoise. Inversement la communauté congolaise et franco-congolaise en France tournerait autour de 200.000 personnes et constitue la plus forte diaspora congolaise de l’étranger.

  • Terrorisme et sécurité aérienne

De tous les pays d’Afrique, le Congo est incontestablement celui qui a enregistré le plus « d’accidents » et d’attentats dans les transports aériens.

10 mars 1984 : DC-8 F-BOLL avion parti de Brazzaville, explosion à Ndjamena soute à bagages

5 Février 1987 : Avion privé de Michel Baroin (mort avec 7 personnes) . Parti de Brazzaville

24 juillet 1987 : DC10 Air Afrique RK55 départ Brazza Détourné sur Genève. 1 mort français

19 sept 1989 : DC10 UTA Explosion en plein vol. Parti de Brazzaville 170 morts

19 juin 2010 : Vol Aero Service pour Sundance Resources. Crash 11 morts

  • Sécurité régionale

Finalement, dans la crise centrafricaine les masques sont tombés. Denis Sassou Nguesso n’est pas l’homme de paix qu’il veut bien dire ; à Bangui ou dans le Pool… !

Avec un pareil bilan de la coopération congolaise avec la France, il faut saluer la capacité de persuasion des réseaux françafricains qui font accepter le dictateur congolais comme un grand ami de cette dernière. A un tel niveau de désinformation, ce n’est plus de la tromperie mais bien de la trahison… !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

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