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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 19:28
Et pourquoi pas une Conférence nationale souveraine au Congo Brazzaville ?

par Calixte Baniafouna -

Sur le plan institutionnel, il a piétiné la Constitution pourtant taillée sur mesure par lui-même foulant ainsi aux pieds le serment de fidélité à la République par lequel il a mis en application ladite Constitution pendant deux décennies. Du coup, il a organisé un mono référendum illégal, un changement de Constitution à sa convenance et une élection mascarade. Avec 8% de suffrage exprimé en sa faveur, il s’est autoproclamé gagnant dès le premier tour. Pas d’annonce

publique de l’Élysée, cette fois-ci, pour condamner ou féliciter la manœuvre frauduleuse et le crachat sur la démocratie. Mais le silence vaut soutien, du moins si la maxime latine du Pape Boniface VIII (1235-1303) n’a pas menti : « qui ne dit mot consent ».

Sur le plan politique, il se confronte à trois types d’opposition. Une opposition symbolisant le prolongement de la démocratie défunte des années 1990, qui l’avait chassé du pouvoir. La deuxième opposition a été montée de toutes pièces par lui-même, dès la reprise du pouvoir par la guerre. Une troisième opposition, enfin, est composée d’anciens ministres, frondeurs du pouvoir en place. Les deux deniers types d’opposition sont qualifiés d’« opposition alimentaire » à cause de la méfiance qu’ils suscitent dans l’esprit de la majorité des Congolais, qui les accuse d’affidés du pouvoir en place. Tout membre de l’un des trois types d’opposition qui essaie d’échapper à la stratégie pour tenter de prendre l’Épouvantail Voldemort dans son propre jeu en proposant, par exemple, une stratégie commune qui consisterait à l’évincer, est jeté en prison sans ménagement.

Sur le plan économique, qu’il s’agisse de la hausse du baril de pétrole (dont les Congolais ne voient ni la couleur ni l’usage qu’on en fait) ou de sa baisse dont ils pâtissent sévèrement, leur quotidien couronné de chômage, de manque du bien-être vital (nourriture, eau, électricité), de souffrances, de pauvreté… ne change pas.

Ayant considéré son plan machiavélique réalisé, il s’est souvenu que son maître de l’Élysée, le jour où il lui ordonna d’organiser librement son référendum, sans s’inquiéter de rien ni de personne, lui avait en même temps demandé de dialoguer après coup, et de rassembler par la suite. C’est le sens donné au dialogue auquel il invite aujourd’hui ses affranchis à contribuer.

Et, du coup, la machine de la Françafrique peut se remettre en marche. Un courant d’intellectuels opportunistes saute sur l’appât pour réclamer la tenue du dialogue.

Disciplinés, en ordre non dispersé et en rang serré, opposants alimentaires, intellectuels opportunistes et badauds venus de nulle part et de rien, ex-collaborateurs de l’Épouvantail Voldemort pour la plupart, se sont constitués en diplomates parallèles, certains ayant même obtenu le visa d’aller voir directement le maître à l’Élysée pour lui rassurer qu’ils sont prêts à répondre à l’appel vers un dialogue conduit par la communauté internationale. D’autres vont jusqu’à demander que ce dialogue se fasse en France, comme celui de Marcoussis pour la Côte d’Ivoire, avec l’impartialité française que l’on sait et les résultats sur le terrain connus de tous.

Chacun s’étant fait une idée de ses intérêts égoïstes et individuels, catalogués soigneusement dans une toute petite boîte virtuelle de son crâne, parle au nom du Congo qu’il aimerait tellement plus qu’il ne s’aime soi-même, pour les opposants alimentaires et les intellectuels opportunistes congolais ; des principes et des valeurs de la démocratie qu’il défendrait pour rien au monde, pour le maître de l’Élysée.

Car pour les opposants alimentaires et les intellectuels opportunistes, l’Épouvantail Voldemort est tantôt un repoussoir, tantôt un perchoir. En fait, il effraie le peuple congolais, mais opposants alimentaires et intellectuels opportunistes ne mettent que quelque temps pour s’allier, du moins pour les espèces les plus intelligentes.

Seuls souffrent le Congo et le peuple congolais dans ce jeu d’effrayement par le mannequin dressé au Congo et d’empêchement des oiseaux de dévorer les graines et les fruits pour lesquels il monte la garde.

La mémoire des Congolais est-elle si courte pour oublier que le seul dialogue qui a marché dans ce pays est celui où ni la France ni la communauté internationale ne s’étaient mêlées, je cite la Conférence nationale souveraine de 1991, et que ni l’Épouvantail Voldemort ni son mentor l’Élysée n’aimeraient plus jamais voir revivre au Congo Brazzaville ? Une preuve que le dialogue auquel opposition alimentaire et intellectuels opportunistes nous invitent aujourd’hui, aux ordres de l’Élysée, ne le serait que pour légitimer le règne éternel de l’Épouvantail Voldemort sur le Congo et les Congolais, au profit de son seul clan, de son maître de l’Élysée et, bien évidemment, de l’opposition alimentaire et des intellectuels opportunistes voués à se contenter des miettes.

La passion et la haine des uns, la soif du pouvoir, la corruption et la traîtrise des autres affaiblissent considérablement toute prise d’initiative des patriotes qui oeuvrent dans le sens du développement du pays, de la quiétude du vivre-ensemble, de la redistribution équitable du revenu national et de la construction d’une nation.

Il me semble, en conséquence, et cet avis n’engage que moi, que toute solution initiée depuis le palais de l’Élysée ou celui de Mpila ne le serait que pour légitimer l’éternité de l’Épouvantail Voldemort au pouvoir et d’intégrer dans les rangs les tourterelles au costume de pseudo intellectuels qui s’impatientent d’aller à la mangeoire.

Une solution, l’unique possible et crédible est celle qui consiste à revisiter ce qui n’a pas fonctionné après la Conférence nationale souveraine de 1991, et qui se résumerait à répondre à la question suivante :

- quels politiciens,

- quels intellectuels,

- quelle armée,

- quels patriotes,

- quelle gestion,

- quels partenaires, pour mettre définitivement le Congo Brazzaville sur les rails de la prise de conscience de nouveaux dirigeants et du peuple congolais en vue de l’unité, de la concorde et du développement du pays ?

Toute autre proposition – dialogue, rassemblement, gouvernement d’union nationale ou unité nationale – formulée depuis l’Élysée n’est que la suite logique de flatteries commencées par le référendum télécommandé, et qui se sont poursuivies par le changement éhonté de la Constitution, l’élection présidentielle mascarade, et, bientôt, la mise en place d’un gouvernement d’opportunistes pompeusement appelé gouvernement d’union nationale pour lequel la fameuse opposition alimentaire et les fameux intellectuels opportunistes ont un clin d’œil plus qu’intéressé et pressant… le tout pour accompagner l’éternité au pouvoir de l’Épouvantail Voldemort.

Le peuple congolais et le Congo profond ne sont absolument pour rien dans cette lutte folklorique pour les ambitions personnelles, les honneurs et les petits esprits qui espèrent qu’il suffit de profiter du démasquage de l’Épouvantail ou de l’affaiblissement de Voldemort pour sortir le costume de politiciens ou d’intellectuels en capacité de construire une nation.

De ces opportunistes, le PCT nous en a tellement fournis depuis 1969, venus de tous les coins du Congo, que nous tournons en rond, sommes fatigués et aspirons de façon foncièrement déterminée au changement véritable de notre société.

Chers compatriotes, inspirons-nous de l’expérience des pays, victimes de la dépendance ceux-là, à qui l’on a imposé des solutions qu’ils croyaient être salutaires pour leur vivre-ensemble mais qui aujourd’hui les ont rendus irréconciliables, je cite la Côte d’Ivoire, avec le dialogue de Marcoussis ou l’intervention de la fameuse communauté internationale (c’est-à-dire la volonté de l’Élysée dans le placement de ses pions en Afrique)… pour ne pas tomber dans les mêmes travers. Contrairement à la Côte d’Ivoire qui s’est vu dotée d’un président de la communauté internationale installé au palais par des tanks militaires français, il ne s’agit pas de chasser mais de confirmer un homme de confiance qui a fait ses preuves de fidélité au maître depuis 33 ans au Congo Brazzaville, les résultats étant les mêmes partout.

Chers compatriotes, inspirons-nous de l’expérience des pays, démocratiques ceux-là, mais qui se sont senti enchaînés par les contraintes de l’Union européenne, je cite la Grande Bretagne. Ce peuple a fini par dire « NON » et « ÇA SUFFIT », ne déplaise le maître de l’Élysée qui, comme à son habitude et comme il l’a fait pour le Congo Brazzaville, a toujours attendu le dernier moment pour tenter de poignarder dans le dos le peuple en ayant déclaré que si ce peuple britannique votait Brexit, il en mourrait le jour même. Le peuple britannique a voté Brexit et n’en est pas mort. Une nuance et non des moindres : le maître de l’Élysée s’était adressé directement à son larbin congolais pour un référendum qu’il savait gagné d’office sans l’avis du peuple congolais. Il s’est adressé en revanche au peuple britannique pour avoir tenu compte du sérieux des résultats qui sortiraient des urnes transparentes dans tout pays où le peuple est respecté. Eh ben ! il en est lui-même sorti totalement déboussolé aujourd’hui, et ne peut plus que se positionner sur le strapontin européen en train de contempler, prisonnier et impuissant, jusqu’où ira l’Union européenne après la sortie de ce dinosaure qu’est le Royaume Uni.

Une preuve qu’il soit riche ou pauvre, sous l’effet de la démocratie ou de la dictature, aucun peuple privé de souveraineté de décider de son destin ne peut vivre libre comme vient de le prouver le peuple britannique.

Chers compatriotes, résistons, luttons plus que jamais et avec tous les moyens pacifiques à notre portée autres que les armes de guerre et la violence sous toutes ses formes. Le Congo n’est ni un pays cadeau au service d’un pantin, ni un pays à piston des opportunistes sans boussole ni repère. Tenons bon, jusqu’à la défaite totale du larbin corrompu, des traîtres aux aguets, et à la victoire du peuple congolais, seul et unique souverain, et toujours… vainqueur. La victoire de la liberté.

Le temps est venu pour le peuple congolais d’entonner le chant de la victoire. Du « Brexit au Congoexit » de la dictature, il est désormais temps d’importer la démocratie dans notre pays pour, comme l’a dit le peuple britannique, « commencer à rêver » d’un Congo « indépendant ». Il faut, pour cela, la retrouvaille et le rassemblement de vrais patriotes pour mettre en place une stratégie commune.

Debout peuple congolais, arrache ta liberté car personne d’autre que toi-même ne le fera à ta place !

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Calixte Baniafouna - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT CNS

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