Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 17:37
Congo-Brazzaville : Sassou Nguesso, un tyran sous hautes protections...

Sassou-hollande-7 juillet-2015 -

Par Rigobert OSSEBI -

Selon un sondage TNS Sofres-OnePoint pour RTL, LCI et Le Figaro (*), publié vendredi 17 juin 2016, seuls 7% des Français souhaitent que François Hollande se présente une seconde fois….

Mais que le futur candidat éventuel souhaité, pour le moment, à 7% se rassure, dans l’entourage du non-président congolais 8%, Denis Sassou Nguesso, il fait un carton plein : 100% ! Les proches de ce dernier ne tarissent pas d’éloges à son égard : « Il est bien François Hollande, il aime bien Denis ! Il est bien ce président, il ne dit rien contre Sassou Nguesso… ! Etc., etc., ! »

Fort de cette protection, de ce parapluie, la dictature congolaise se renforce et se durcit.

Trêve de pourcentage, l’encensement n’est pas très flatteur pour la Rue de Solférino ou pour l’Elysée qui avaient annoncé, en 2012, la fin prochaine de la Françafrique. Ce dernier bon résultat (100%) doit ravir de plaisir et d’orgueil ceux qui y ont œuvré. Dans un récent article de Libération, Maria Malagardis avait révélé : «….. Jean-Yves Ollivier, un homme d’affaires français proche de Sassou et faisant parfois office de diplomate de l’ombre. Puis celle de l’ambassadeur de France Jean-Pierre Vidon. Ces émissaires venaient-ils lui apporter le soutien de la France, ou du moins tenter une médiation ? Si ce fut le cas, elle semble très orientée.«Jean-Yves Ollivier s’est présenté chez moi en affirmant qu’il était chargé d’une mission par les autorités françaises», dit Mokoko, ce que démentent l’Elysée et l’intéressé. «Il m’a expliqué que la France allait reprendre sa collaboration avec Sassou et qu’elle ne soutiendrait plus l’opposition», ajoute le général reclus, précisant que «c’est Ollivier qui [lui] a annoncé la visite de l’ambassadeur, dont le discours est allé dans le même sens… »

L’Elysée et « l’intéressé » ont démenti… Heureusement et « honni soit qui mal y pense » car Jean-Yves Ollivier, médaillé de la Légion d’Honneur grâce à Manuel Valls, s’était acquis une certaine notoriété en affirmant, concernant Denis Sassou Nguesso : « L’argent ne compte pas pour lui, il en use comme d’un moyen politique ». [Pouvait-on affirmer plus clairement que « Sassou Nguesso corrompt » ?]

Autres remarquables pourcentages, les avions vers le Congo sont vides ou presque ; et pleins à 100% à leur retour. Les hôtels à Brazzaville et Pointe Noire ont des taux de remplissage extrêmement bas, rarement au-delà de 20%, mais les prisons débordent au taux record de 300%, surtout celles des deux capitales, économique et politique.

Lors de la première transition, celle d’André Milongo, Maurice Nguesso et Justin Leckoundzou furent emprisonnés. L’entourage de Sassou 1er, inquiet, regrettait alors de ne pas avoir modernisé les prisons qui dataient de l’époque coloniale, à défaut d’en avoir construit de nouvelles. De retour au pouvoir par les armes, le bâtisseur infatigable faillit une nouvelle fois à cette sage précaution, préférant investir avec ses garnements dans des palaces, de l’Alima ou pas ; pariant peut-être qu’il pourrait être condamné à séjourner « à vie » dans une des suites qu’il aura construites… ?

Tout cela n’empêche pas les incarcérations d’aller bon train. La liste des prisonniers politiques ne cesse de s’allonger depuis l’embastillement du Colonel Marcel Ntsourou, sans réaction de l’opposition. Paulin Makaya, Modeste Boukadia et tous les autres ont été rejoints depuis par le Général Mokoko. Ceux de ses rivaux, qui n’ont pas été éliminés comme les Ange Diawara, Marien N’Gouabi, Pierre Anga et Yves Motandeau, ne peuvent que se résigner à ce triste sort.

Si petites et remplies que soient les prisons congolaises, Monsieur 8% ne ralentit pas le flux des incarcérations sans jugement, sans restreindre leur accès à la seule catégorie de ses opposants présumés.

Dans cette dérive pénitentiaire, les Nguesso apparemment seuls contre tout le Congo, envoient des éléments cagoulés, peut-être Rwandais ou Burundais, s’emparer de nos concitoyens et régler leurs propres comptes ou ceux de leur premier cercle. Après la confiscation des milliards de dollars du pétrole congolais, c’est à la liberté individuelle ou collective qu’ils s’en prennent.

Le 14 juin dernier, peu avant l’incarcération du Général Mokoko, le ministre de l’injustice, des droits inhumains et de l’élimination des peuples autochtones, Pierre Mabiala, avait ordonné l’ouverture d’une information judiciaire au pénal contre Vincent Pena Pitra, le dernier président du syndic liquidateur de l’ex-Air Afrique.

Cet Avocat-Expert comptable, d’origine cabindaise, est une personnalité bien connue de la société civile congolaise. Avec son frère, Avocat et ex-bâtonnier de Pointe Noire, Gilles Pena Pitra, ils n’ont pas le profil des habituels opposants ou suspectés de l’être. Si ce dernier, Gilles, apparaissait être un sympathisant du régime, Vincent a toujours montré une proximité avec le Cabinda et les luttes qu’il soulève. Toutes pacifiques qu’elles soient, au sein du Front Consensuel Cabindais (FCC) qu’il préside, ses préoccupations dérangent Luanda ; tout comme ses interventions en faveur de la libération de militants cabindais incarcérés en Angola. Plus encore, le dialogue, qu’il prône, ses voyages à Washington et ses interviews sur la Voix de l’Amérique irritent…

La volonté de liberté d’expression et les aspirations démocratiques sont très mal perçues au Congo comme en Angola ; anciennes républiques marxistes-léninistes qui n’avaient de populaires que les noms.

Hasard et coïncidence, Monsieur 8% se trouvait à Luanda, ce même 14 juin, où il participait au 6e Sommet annuel des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Conférence internationale pour la région des Grands lacs (CIRGL). Il a pu ainsi offrir, sur un plateau d’argent, en temps réel au président Dos Santos, l’arrestation menottée du contestataire cabindais Vincent Pena Pitra, Président du FCC, au prétexte qu’il avait détourné les droits des travailleurs de l’ex-Air Afrique.

Quel meilleur gage de défenseur des droits de l’Angola sur le Cabinda, Monsieur 8%, l’homme de Kimongo, pouvait donner à Eduardo Dos Santos ? Chassé par le peuple congolais et réinstallé sur son trône par les forces angolaises, le tyran prétend toujours être le seul à réellement protéger l’Angola de l’autonomie cabindaise.

Denis Sassou Nguesso, Monsieur 8%, meilleur ami de la France, et meilleur ami de l’Angola oublie toujours qu’il aurait dû être d’abord le meilleur ami du peuple congolais. Cette stratégie de cour d’école, la protection par un plus grand que soi, ne vaudra plus rien lorsque le peuple tout entier se soulèvera. Tôt ou tard !

Si l’incarcération du Général Jean Marie Michel Mokoko a renforcé les convictions populaires dans le combat à mener contre l’usurpateur, celle de Vincent Pena Pitra ébranle les membres de la société civile congolaise qui s’accommodait de ce pouvoir dictatorial. Deux erreurs de plus commises. Deux erreurs de trop. Monsieur 8% ne tardera à en payer bien vite l’addition autrement qu’avec l’argent dont il a vidé toutes les caisses du pays.

Rigobert OSSEBI

sassou-valls

Congo-Brazzaville : Sassou Nguesso, un tyran sous hautes protections...

Partager cet article

Economie

Catégories