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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 11:42
(Congo-Brazzaville) Un gouvernement Mouamba avec du sang contaminé bien plus qu’avec du sang neuf !

Calixte Nganongo -

Par Rigobert OSSEBI -

Tout le monde attendait le Gouvernement de Clément Mouamba. Avec inquiétude et même une certaine impatience. Après l’investiture d’un Denis Sassou Nguesso éternellement menteur et prometteur, les Congolais crédules, ou pas, s’étaient mis à espérer…. Espérer en une équipe efficace qui, comme l’avait affirmé l’Usurpateur dans son dernier discours, allait s’atteler à la lutte contre la corruption, la concussion, le népotisme et autres balivernes présidentielles. Hélas, cela faisait plus de trente ans que le pays était oublié du Père Noël et, en cette fin d’Avril, il n’allait décidément pas passer pour ce gouvernement et encore moins pour la population !

Les moins optimistes, notamment sur ce site, affirmaient « Quelles que soient les personnalités qu’il décidera de nommer aux Finances, au Pétrole, aux Forêts, à la Défense et à l’Intérieur, le véritable ministre en restera Denis Sassou-Nguesso. »

La réalité imprévisible, pauvres de nous, est pire ! Bien pire ! Ce gouvernement qui aurait dû être celui « d’une certaine transition » est en fait celui de « la succession ». Pour ceux qui s’attendait à une injection de sang neuf, ils en ont été pour leur compte ; de la pire des qualités, en réalité du sang contaminé ! L’héritier, Denis Christel, a finalement fait valoir ses prérogatives. Les entrants et les sortants, dans ce gouvernement Mouamba, en sont l’indiscutable reflet à quelques exceptions insignifiantes près.

La vénalité hors-norme de Kiki et son ambition ont été assouvies au-delà du raisonnable. Après avoir été le propriétaire incontestable et incontesté du pétrole congolais, le voilà aujourd’hui qui s’accapare, via un tiers, le portefeuille des Finances du Congo. Son comparse de la SNPC, Calixte Nganongo, le directeur administratif et financier de la société étatique, a pris la place du très corrompu Gilbert Ondongo. Clément Mouamba ne pouvait certainement pas s’opposer à cette nomination calamiteuse. Malgré cette horrible perspective, personne ne regrettera Gilbert Ondongo à qui le Fonds Monétaire International (FMI), l’ingrat jadis à sa botte corruptrice, à Washington lui a tout récemment claqué la porte au nez alors qu’il demandait de l’aide. Mais avec ce nouvel homme à la tête des finances publiques, les hors-la-loi se sont réjouis ; rien ne s’arrangera et ils espèrent voler plus encore. Le prix du pétrole pourrait même dépasser à nouveau les 100 dollars le baril que les Congolais n’en verront pas la couleur.

Comme les Nguesso, les Nganongo volent en famille. Ce petit clan, qui comptait déjà une Conseillère à la Présidence de la République après avoir failli dans le négoce en gros de volailles, s’est toujours plu à plumer le Trésor Public ou les sociétés nationales. Calixte Nganongo était secondé à la SNPC par son cousin Paul Ominga. A Paris, la compagnie pétrolière congolaise avait d’élégants bureaux, avenue de Friedland, à un jet de pierre de l’Arc de Triomphe. Ce cousin s’y faisait traiter de « villageois » par des collègues de travail aux tenues tirées à quatre épingles, tant les siennes, maillot de supporter du PSG et tongs, tranchaient avec les leurs. Mais il ne faut surtout pas confondre mauvais goût vestimentaire avec de la modestie ou pire avec de la probité. Ce directeur administratif-adjoint a été à l’origine des ascensions fulgurantes des Willy Etoka et des Lucien Ebata ; il en a été le découvreur, le bygmalion plutôt que le pygmalion. Ils pourront encore compter sur lui. L’hégémonie des Nganongo, comme celle des Mapapa, sur la SNPC perdurera puisque Raoul Ominga succèdera sans aucun doute à son cousin Calixte ministre, à son poste de DAF. Sa solide réputation de jouisseur ne pourra que s’en renforcer. Dans son approche de la gente féminine, il est reconnu être généreux à défaut d’être délicat. On dit de lui que pour amadouer sa proie, son premier cadeau, et le plus petit qu’il puisse être (littéralement « son plus petit billet »), c’est 30 millions de FCFA…

Au pétrole, rien ne change pour Kiki avec le très transparent Tchikaya, fils de… Comme lot de consolation pour le fiston du dictateur, Jérôme Koko a été viré de la tête de la SNPC ; Kiki en assurera la présidence en attendant que son président de père lui laisse la sienne… Les vieux compagnons de route de ce dernier, les caciques remerciés pourront soigner tranquillement rhumatismes et séquelles d’AVC ou d’excès commis durant ces presque vingt années d’un pouvoir totalitaire. Les Adada, Yoka, Tsiba et autres n’avaient d’ailleurs aucune envie de suivre l’apprenti-clerc de Notaire dans ses folles dérives. C’est bien Denis Christel qui a été à la manœuvre ces dernières semaines, distribuant des paquets d’argent à « ses petits », ses sbires, chargés des fraudes, des agitations, des intimidations encagoulées et des mitraillages dans tous les sens et dans toutes les directions. Ces derniers, fanfarons, ne manquent pas de se vanter de leurs exploits et des sommes pharamineuses que le fils du « perdant » a dû leur débourser pour inverser les scores.

Le semblant de démocratie et d’Etat républicain a définitivement été capté par la voyoucratie des Nguesso, avec ce Proconsul qui est allé au secours de son père. Ce butin des « Finances » est un prix dont la république ne se relèvera jamais. D’ailleurs, ces mêmes valets sanguinaires, enrichis, s’inquiétaient durant la campagne de l’affaiblissement physique d’un président-candidat déjà usé. Ils craignaient une issue fatale tant l’homme perdait ses forces et parfois même sa lucidité. Ce genre d’accident reste dans le domaine du possible, ce qui, dans les conditions actuelles, serait le signal de départ d’une lutte acharnée pour une prise de pouvoir par le plus fort. Ndenguet ne manquera de dégainer les armes de la Police pour son compte personnel – lui que Chirac et de Villepin avaient extrait de sa prison de la Santé à l’aube d’un premier samedi d’Avril 2004. – Ce récidiviste de crimes contre l’humanité pourra s’adonner complètement à son goût pour les crimes de masse en s’opposant au Clan des Nguesso et à l’Armée congolaise, tous armés jusqu’aux dents, dans une guerre triangulaire. Les populations civiles ne seront pas épargnées, ni les biens impayés construits à crédit par les Chinois.

Les « petits » proches de Kiki, pas si inconscients, prédisent que « ce qui se passera alors au Congo sera pire que le Rwanda… »

Voilà où tant d’irresponsabilités accumulées, de corruptions et de complicités silencieuses pourraient nous mener bientôt. La sirène d’alarme en est tirée…

Il y a presque deux décennies un compagnon de « l’avant-première heure de Denis Sassou Nguesso » révélait les secrets du pouvoir de ce dernier. Pour mieux être compris, il s’aidait de sa main. Chaque doigt en était un qu’il expliquait tour à tour de chaque côté ; d’abord le pouce, puis l’auriculaire. Il termina donc par le majeur. En le désignant, il déclara : « Ce doigt est le plus grand et le plus fort, c’est Florent Tsiba ! Il détient une grande force mystique et était dans la chambre du Mistral lors de l’assassinat de Marien N’Gouabi. Il a été de tous les gouvernements de Denis. Il sera de tous les prochains. S’il ne devait plus en être, alors pour Denis cela signifiera sa fin, irrémédiablement ! »

Le tyran n’a pu que consciemment prendre la décision d’écarter Florent Tsiba de ce dernier gouvernement. En a-t-il voulu accélérer sa propre chute ? Les dés en sont jetés pour lui-même et pour le triste sort qui attend désormais le peuple congolais !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

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