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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 13:05
Congo Brazzaville : un Etat en faillite

Incapable de faire face à ses dépenses de fonctionnement, le Congo ne cesse d’emprunter, faisant fi des perspectives négatives quand à la solvabilité du pays. Les agences de notations Fitch et Moody’s ont abaissé en mars la note souveraine de la République du Congo de « Ba3 » à « Ba1 » pour Fitch et de « B+ » à « B » pour Moody’s.

La dette du Congo Brazzaville, qui avait partiellement été effacée grâce à l’approbation en janvier 2010 du dossier relatif à l’allègement de la dette au titre de l’initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE), passant de 9,2 milliards de dollars en fin 2004 à 2,4 milliards de dollars après le point d’achèvement, est en 2016 un gouffre abyssal. Les possibilités de remboursement semblent pour l’heure inexistantes dans le contexte actuel de baisse du prix du baril de pétrole de plus de 100$ il y a 3 ans à 28$ à ce jour.

La solution toute trouvée dans une économie de rente comme celle du Congo et qui a fait recette il y a quelques années a été, pour le pouvoir de Brazzaville, de brader et gager le pétrole du pays jusqu’à l’horizon 2020. Grace à ce procédé, près d’un milliard de dollars ont pu être empruntés auprès de différentes banques. Seulement la faiblesse du cours actuel du baril de pétrole ne permettant pas de garantir solidement cet emprunt, le pouvoir a entrepris de gager les droits de douane pour les 10 prochaines années, espérant ainsi rembourser ces emprunts. Non content de sacrifier le sous sol congolais et de mettre une dette sur la tête de 4 millions de congolais et même de ceux qui ne sont pas encore nés, le régime de Sassou a décidé de vendre ses bijoux de famille et de se dépouiller du peu d’orgueil qu’il lui reste.

Le compte bancaire pour les générations futures, promu par le gouvernement à l’époque désormais lointaine du baril de pétrole à plus de 100$ et censé être alimenté par les excédents budgétaires, n’ayant jamais existé, le Congo est définitivement sur la paille !

Le Congo se dirige donc vers une catastrophe financière et budgétaire d’autant plus que les emprunts contractés auront très peu de répercussions directes sur la croissance, la génération de richesse ; les investissements donc et la possibilité de rembourser ces dettes.

Sur ces emprunts contractés par le régime 3000 milliards de FCFA ont été affectés à la défense nationale sur 10 ans, sachant que le pays ne connait aucune menace extérieure et que Sassou se vante d’avoir ramené la paix au Congo depuis son retour sanglant en 1997. Ces 3000 milliards servent donc à financer les différentes campagnes militaires, notamment dans la région du Pool, pour étouffer toute velléité de contestation liée aux résultats du dernier scrutin présidentiel. Scrutin dont le déroulement et les résultats sont fortement contestés par les différents partis d’opposition et par la communauté internationale.

Parmi les créanciers du Congo figure la banque turque Turk Eximbank. 200 millions de dollars, soit près de 12 milliards de francs CFA ont été empruntés à cette banque pour construire la cité du gouvernement à Brazzaville et le site touristique de Kintélé. Des dépenses fastueuses, tout au plus cosmétiques pour flatter l’égo surdimensionné de gouvernants perchés en orbite à mille lieues des réalités des congolais. Réalités liées aux problématiques de développement. L’eau courante potable et l’électricité restent des denrées rares pour les congolais.

A l’allure où évoluent les choses il ne fait l’ombre d’aucun doute que dans un futur proche le Congo frappera à la porte de l’Inde, de l’Afrique du Sud ou du Pakistan pour demander l’aumône, la Chine rechignant à accorder des lignes de crédit supplémentaires. La compagnie d’Etat chinoise de garantie des exportations a refusé de valider une demande de prêt émise en 2015 par la République du Congo et doute, à juste titre, de la solvabilité de Brazzaville.

Aujourd’hui plus aucun gouvernement sérieux ne se bouscule pour prêter au Congo. De même sur le plan politique et diplomatique Denis Sassou Nguesso est évité comme la peste, au point que sa délégation s’est vue refuser des visas pour assister à New York, le 22 avril dernier, à l’ouverture de la cérémonie de signature de l’accord de Paris sur le climat (Cop 21). Accord dont le président congolais a en partie financé les travaux à Paris. Avec les emprunts gagés ?

Edo GANGA

LIRE LA SUITE : http://brazzanews.fr/2016/05/congo-brazzaville-un-etat-en-faillite/

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