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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 15:19
(Congo-Brazzaville) POUR LE POOL, L’ESPERANCE D’UNE REPUBLIQUE UNE ET INDIVISIBLE, C’EST DESORMAIS TROP TARD !

par Daniel NKOUTA -

On avait jusqu’ici pu croire que le Nord était uni autour de SASSOU ; voilà que la candidature inattendue de Jean Marie Michel MOKOKO est venue porter un cinglant démenti. Si les Mboshis venaient à trouver un autre fils du Nord, peu importe, c’est désormais avéré, ils renieront SASSOU. Ne dit-on pas que c’est lorsque les vagues se retirent que l’on découvre ceux qui se baignaient nus ? Toutefois, c’est au Pool de payer la facture de ce qui est vécu au septentrion comme un acte de trahison.

En effet, le lundi 4 avril au petit matin, les Congolais ont été réveillés par une fracassante et ubuesque déclaration de Thierry Lézin MOUNGALA, le cornemuseur du Pouvoir, annonçant une infiltration dans Brazzaville sud des prétendus ex-ninjas nsiloulou qui auraient attaqué la position militaire de MAYANGA.

Le lendemain, fort curieusement, NTUMI déclare sur les antennes de RFI, que s’il ne soutenait ni ne condamnait cette infiltration, il comprenait toutefois que la jeunesse empêchée de manifester librement, prenne les armes, car 32 ans de pouvoir c’est trop ! Etc.

Le prétexte attendu par le Pouvoir est désormais là pour justifier l’abattage programmé du troupeau dans la région rebelle. C’est ici que le montage tissé de fil blanc pourtant, dont l’intelligibilité échappe aux Congolais, apparaît avec netteté. Ces Congolais faisant preuve de cécité politique ont alors supposé NTUMI innocent pour accabler le Pouvoir coupable d’avoir organisé un montage. Alors, soi cette bande armée est effectivement composée des jeunes ulcérés par le Pouvoir ainsi que l’affirme NTUMI, l’accusation portée contre le Pouvoir d’avoir organisé un montage s’avère dès lors insensée ; soi, il s’agit bien d’un montage du Pouvoir usant de pseudo-ninjas nsiloulou ; alors pourquoi NTUMI a-t-il parlé d’une jeunesse ulcérée ?

En tout cas, toute cette conception événementielle sous la forme dans laquelle les uns et les autres nous l’ont transmise, suppose un postulat, à savoir : que les deux versions, celle NTUMI et celle d’un montage par le Pouvoir sont concomitamment vraies. Or, la critique intelligente étayée notamment par les faits, n’autorise pas de l’admettre. Les deux versions ne pouvant se justifier concomitamment, une des deux est nécessairement inexacte ; une des deux versions se trouve donc, à cet égard, entièrement controuvée et, quelque désagréable que puisse paraître pour les fanatiques d’un bord comme de l’autre une opération aussi radicale, il ne reste qu’à la supprimer d’un trait de plume.

En effet, la situation du moment permet de penser que cette bande armée est le fait des jeunes qui exprimaient là leur exaspération contre le Pouvoir en place. Mais cette possibilité théorique, outre un certain nombre de difficultés de nature variée, se heurte à un argument décisif : on le sait, ces fameux ninjas infiltrés dans Brazzaville, sont bien des ninjas qui constituaient jusque là, la garde rapprochée de NTUMI, qui ne peut pas les avoir pris pour un groupe de jeunes exprimant leur ras-le-bol. D’autre part, les Brazzavillois ont pu, la veille du meeting de Parfait Brice KOLELAS, voir NTUMI rentrer dans la capitale avec une cohorte prétorienne dans une file de véhicule 4X4, entrée fracassante qui a été suivie de tirs nourris dans le quartier de Moukounzi Ngouaka.

Voici le récit de la vérité nue comme un ver de terre :

Toute honte bue jusqu’à la lie, après une vaste entreprise de tripotage des résultats, il fallait pour le Pouvoir créer une atmosphère d’insécurité au moment de rendre public nuitamment comme dans une République des hiboux, par la Cour constitutionnelle ou ce qui en tient lieu, cette horreur consommée des résultats falsifiés de ce pantomime ridicule, puis enfin la cérémonie de prestation de serment. Comme il est évident que la seule réaction redoutée pour perturber ces deux évènements ne viendrait que des quartiers Sud de Brazzaville ; nonobstant l’impressionnant dispositif militaire déployé dans cette zone de rébellion chronique ; il fallait compléter ce dispositif par l’intervention d’un groupe des ex Ninjas .et cobras rassemblés pour la circonstance. Pour ce faire, après avoir lâché sur le terrain ces éléments minutieusement et préalablement rassemblés par le Pouvoir lui-même, par la voix de Thierry MOUNGALA, le scribe saltimbanque, il fallait mettre la forme en proclamant dans un premier temps, que le Gouvernement de la République n’avait pas encore la preuve que des candidats pour leur soutien soient impliqués dans cette affaire, annonçant par là-même l’ouverture d’une enquête. On peut ab initio lire en filigrane dans cette déclaration, la volonté du Pouvoir d’impliquer coûte que coûte l’opposition ; l’enquête annoncée, en réalité, ne sera que la méthode pour trouver le bouc émissaire. C’est ici que NTUMI, sur ordre du Pouvoir, doit entrer en scène. La déclaration arrangée de NTUMI, sera le timbre qui permettra l’affranchissement de l’opération dite de police. Ce ne fut qu’un montage, car en réalité, produit du Pouvoir en place créé en décembre 1998, depuis sa sortie arrangée de la forêt où il fut en mission de déstabilisation du Pool, NTUMI a infiltré l’opposition au profit du Pouvoir. Personne n’est dupe dans mon terroir en tout cas, la bestialité avec laquelle est menée cette campagne militaire contre un peuple désarmé, déborde amplement le cadre d’une simple opération de police, dans un pays par ailleurs où Police et Armée frisent désormais la confusion qui met en surface l’évidence d’une volonté délibérée de destruction humaine en vue de la conservation d’un pouvoir vomi par la population.

Comment donc espérer l’érection d’une nation congolaise dans cet univers géré par un Pouvoir foncièrement tribalisé, qui s’est employé à acquérir un impressionnant arsenal militaire dans le seul but de placer un groupe ethnique sous pression jusqu’à inanition ? Où se trouvait donc cet arsenal militaire lorsque les troupes angolaises ont franchi nos frontières à Kimongo avec une intention manifestement belliqueuse ? Et oui ; la toile d’araignée est faite pour les mouches ! C’est le lieu d’en appeler une fois pour toutes, avec force, les filles et fils du Pool-koongo, sur cette question récurrente de la construction d’une Nation congolaise. Pour nous autres Koongo, c’est désormais définitivement trop tard ! Il nous faut nous organiser pour sortir de ce bordel ; ce lacis de paramètres culturels qui ne favorisera plus jamais la naissance d’une réelle nation du Nord au Sud. Depuis plusieurs années, j’ai proclamé avec force et vigueur, au point de m’attirer l’antipathie des tribalistes du Nord, que l’histoire a définitivement montré que l’espérance d’une nation congolaise avec les Mboshis, était vaine. J’ai depuis proclamé qu’il nous fallait coûte que coûte revendiquer l’autonomie de notre Région, voire nous battre pour la sécession. Cette approche récemment récupérée par Modeste BOUKADIA qui l’a hélas travestie, et plus récemment par Parfait KOLELAS comme unique programme politique pour sa candidature, a souvent été déclarée dangereuse a-t-on dit pour l’unité nationale. Cela m’a toujours fait sourire, évidemment, tant que ce reproche est venu de ceux-là même qui ne doivent leurs carrières qu’au tribalisme.

Dans mon ouvrage qui vient de paraître chez L’Harmattan : ‘’AUTOUR DE L’ETAT-NATION EN AFRIQUE, LE CAS DU CONGO’’, que je recommande à tous ceux qui hésitent encore ; je dis sans détours, que l’aventure de la construction d’une Nation congolaise composite du Nord au Sud dans sa forme imposée par l’Administration coloniale a duré un demi-siècle. Nous considérons que depuis, les tampons de l’espérance ont heurté le butoir, la situation est extrêmement grave, il y a péril en la demeure, et des mesures urgentes d’une prophylaxie efficace de la pneumocystose sociale s’imposent urgemment pour prévenir l’extension des bactéries pathogènes cancérigènes d’une cohabitation vectrice à la fois de la médiocrité et des pulsions antidémocratiques dont nos camarades Mboshis sont porteurs. Le mental de ces gens se satisfait d'illusions : argent, honneurs, gloire, vanité, auxquelles ils s'agrippent comme un naufragé à sa bouée. Ces hommes sont en fait prisonniers de leurs cautères sur une jambe de bois ; ils ont l'impression que s'ils les lâchent, ils se noieront ; ces bandages illusoires qui s’expriment par la jalousie morbide, la libido imperandi, les instincts guerriers, l’appétit sexuel effréné, et ce sens de l'honneur dont on se drape pour excuser la bestialité et l'agressivité : ma femme, ma maison, mon argent, mon peuple m'appartiennent, j'ai besoin d'eux pour vivre ; je préfère les supprimer plutôt que de les lâcher. Voilà ce qu’ils ruminent au quotidien ! Dans un tel univers, j’affirme avec la force de ma conviction, parce que telle est la réalité, que la Nation ne dépend pas du fait de vivre ensemble, mais elle dépend du sang. C’est en vain que l’on espérerait forger la Nation congolaise par liposuccion du sang pour injecter ensuite un même sang à tous les membres actuels du pays. Non pas seulement que cela est techniquement irréalisable, mais surtout cela conduirait seulement à un mélange de sang qui aurait pour seul mérite d’abaisser irréfutablement le niveau de chaque communauté en présence. Le résultat final d'un tel décapage criminel serait inéluctablement pour les communautés, l’extinction des qualités, autrement dit les énergies civilisatrices qui ont autrefois fait notre fierté et notre histoire, ce qui par ailleurs a déjà été énormément amorcé.

Cinq décennies de tentative de construction d’une Nation congolaise, cinquante six ans de vaine espérance nationale, il nous faut tirer la leçon. S’inspirant d’une pensée du Président malgache TSIRANANA, Fulbert YOULOU avait affirmé de façon prémonitoire : «Rien ne sert d’être indépendant si on n’a pas la capacité de former une nation ». De là s’infère que rien ne sert de poursuivre une tentative de création d’une Nation, dès lors que nos particularismes s’y opposent résolument. L’érection de la démocratie est un vœu pieux ; certaines peuplades de notre pays il faut le dire, n’ont pas la culture juridique, le texte de la Constitution n’a pas à leurs yeux la moindre valeur, sinon un simple vernis exhibitionniste destiné à épater l’opinion internationale, pour se donner l’allure d’Etat.

Pour paraphraser cet illustre personnage Martin Luther KING, je dirais : quand les architectes de notre République écrivirent les textes magnifiques de la première Constitution et de l’Hymne national : LA CONGOLAISE, ils espéraient avoir ainsi signé un billet à l'ordre de chaque Congolais.C'était la promesse que chacun serait assuré de son droit inaliénable à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Après quatre décennies du power mboshi, il paraît aujourd'hui évident que le Congo notre pays a irrévocablement manqué à cet engagement. Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, le pouvoir mboshi a passé aux ressortissants de la partie méridionale un chèque qui revient marqué "sans provisions". Mais nous ne saurons croire que la banque de la Justice a fait faillite. Nous ne saurons croire qu'il n'y a plus suffisamment de provisions dans les grands coffres d'opportunité de notre pays. Alors notre devoir est d’exiger le paiement contre ce chèque, paiement sur demande des richesses de la liberté et de la sécurité que procure la justice.

Ce que je m’apprête à dire, j’en ai pleinement conscience, a les allures d’un tabou brisé, d’un secret de famille pieusement dissimulé que je dévoile. Et pourtant ; ci-gît la réalité : La Nation congolaise dans sa formule actuelle postcoloniale est un réel mythe. La formule de la fusion dans un modèle national coercitif, que favorisa la décolonisation par le jeu des circonstances et des découpages autoritaires au pantographe des intérêts exclusifs de la puissance coloniale, en regroupant mécaniquement sous le même toit national artificiel qui nie les particularismes des communautés ethniques qui par le passé s’étaient peu fréquentées et pour certaines beaucoup combattues dans l’histoire, est l’exclusive cause de nombreuses tensions qui expliquent le délitement du sentiment de cohabitation au sein de cet enclos de 342.000 Km2 que prolonge l’espace de 12 milles marins sur l’Océan, véritable étouffoir de nos valeurs.

Depuis la proclamation de la République du Congo, il y a déjà un demi-siècle, l’on a pu observer que la question de notre existence en tant que Nation est revenue périodiquement avec l’assaut qui accompagne toujours les étapes de toute évolution sociale. Depuis cette date, la réalité congolaise présente un décalage entre une superstructure sociale désagrégée prête à s’effondrer, et une infrastructure bouillonnante qui peine à s’exprimer et s’imposer. La collectivisation forcée des mesures sociales et cette tentative maladroite d’une uniformisation des mœurs, ont standardisé des modes de vie qui ont généré un mode de pensée frelaté, pour affranchir des contraintes traditionnelles conventionnelles gardiennes de la morale. Il en est résulté une expression transfigurée de l’affectivité et de l’intellectualité qui a modifié profondément les pulsions internes du comportement de l’individu, le mauvais ayant littéralement empoisonné le bon. Tout ceci autorise de dire avec fermeté qu’il est donc intellectuellement décent et sociologiquement correct, qu’en prenant pour point de départ le sens originel de la tradition, l’on évitera assurément le risque de se cloîtrer dans une problématique d’inspiration complètement allogène à notre mode de pensée. L’idée nationale congolaise ne se bâtira qu’avec les matériaux disponibles sur le terrain et non par ce verbiage de la scolastique décadente, qui nous suggère depuis 1958, une Nation scoliotique. La problématique spécifique liée au concept de la Nation propre à l’aire culturelle négro-africaine existe ; il faut simplement la dégager sans hypocrisie réciproque et en termes précis, afin de la proposer comme thème pour une réflexion sur l’organisation sociale de notre pays. Espérer une Nation par cette combinaison allergénique d’ethnies différentes, c’est véritablement procéder autrement et courir le risque de proposer un débat autour d’un faux problème se situant très en deçà de l’étiage de l’espérance logique de notre collectivité sociale ; c’est mentir proprement.

Il est une certitude historique que plus une société est constituée de façon illogique et plus obscure,artificielle et incompréhensible est la définition qui sert à la décrire. Pour espérer emberlificoter les faibles d’esprits qui sont encore légion dans le pays, on a jusqu’ici recouru à des chenus Professeurs constitutionnalistes, moins tenus de l’obligation de vérité que forcés de justifier une des plus monstrueuses théories falsificatrices qui, s’abstenant de considérer les faits, s’abritent derrière un fatras de principes moralisants en apparence, par le biais desquels on a généré le monstre le plus informe des temps modernes que l’on nomme par abus de langage ici aussi et depuis quelques années : Nation congolaise, un cheptel humain de communautés ethniques dont les membres disposent des neurones qui ont reçu une orientation culturelle et cultuelle disparates et antagoniques. Sous le fondement de cette théorie absconse que les faits peinent à corroborer pourtant, les propagandistes sans honneur se rendent aux objurgations de ceux qui, sous le visa de la réalité, s’insurgent contre cette prétendue Nation. Ces ahuris qui ont fait un usage frivole du concept de Nation, adorateurs du principe de légitimité, affirment sans honte que ceux qui sont appelés à constituer cette fameuse Nation n’ont pas voix au chapitre. Pour eux,le fait qu'une Nation volontairement confondue avec l’Etat existe sur le papier, suffit à la rendre inviolable et sacrée.Pour sécuriser cette théorie manifestement démentielle, on prône l'adoration servile de ce qu'on appelle l'autorité de l'Etat. Dans la cervelle de ces gens-là, le moyen de vient en un tournemain le but définitif. L'Etat n'est plus fait pour servir ses membres, mais ces derniers ont le devoir impératif d’adorer cette autorité de l'Etat.

Au Congo, cette conception absurde et pernicieuse est violemment défendue par nombre d’intellectuels étourdis qui répandent avec un certain succès auprès des faibles d’esprit, sans y croire eux-mêmes, que la communauté de vie suffit à transformer nos différentes ethnies en Nation congolaise. En réalité, c’est une inconcevable faute de raisonnement que d’espérer faire surgir une Nation de cet infect matériau composite.

Pour ma part, il est vrai, je ne dispose désormais plus d’aucune raison pour croire encore à la possibilité de l’érection d’une Nation congolaise sous la forme héritée du colonialisme. Je me demande combien de crimes faut-il encore, combien de sacrifices humains faut-il encore pour que ceux qui hésitent jusqu’ici de prendre position comprennent qu’il est suicidaire de poursuivre cette aventure de cohabitation ?

Dialogue oui ! Mais uniquement pour examiner ensemble dans la sérénité, sans le bruit des kalachnikovs, comment mettre en place un cadre fédéral. Si cela échoue, alors, allons à la sécession !

A ceux qui ont transformé l’espace dit national en une prison à ciel ouvert interdisant désormais la liberté d’expression ; il faut rappeler que le pouvoir politique, s’il emprunte l’intelligence et la volonté de l’homme, est l’incarnation du milieu social qu’il s’emploie à dominer et dont il résume, en principe, les aspirations. Le pouvoir politique n’existe qu’à travers la reconnaissance dont il jouit de la collectivité sociale et sans laquelle il n’aurait pas d’assise ; il doit donc être consenti. Le défaut d’une atmosphère de confiance dans les rapports de commandement et d’obéissance entre le gouverné et le gouvernant généré par la moindre éclipse autoritaire du gouvernant, entraîne la désagrégation de l’édifice social dont la confiance était l’unique ciment ; le sort des empires qui n’ont pas survécu aux revers des despotes est le témoignage le plus éloquent quant à la certitude qu’il n’y a pas d’ordre politique solide qui défierait l’impérative présence de l’union dans une commune énergie la volonté du gouvernant et la confiance du gouverné. La confiance populaire est l’expression du pactum subjectionis, cette convention tacite de laquelle les sujets reconnaissent l’autorité du prince, à la condition que celui-ci n’en use que dans l’intérêt du bien commun. Il s’infère de ce principe que sans consentement populaire, il n’y a plus que règne de la force, c’est la dictature. Pour user de la sémantique moderne, en élisant le Président de la République, le souverain primaire n’a pas entendu une fois pour toutes faire abandon de ses droits à celui-ci. Il n’a reçu qu’une délégation restreinte dans l’intérêt des commettants que sont les citoyens ; tout abus de sa part dans l’exercice de cette délégation, rompt ipso facto le pactum subjectionis et délie les citoyens du devoir d’obéissance.

Cette cohabitation héritée du colonialisme, avec des cultures qui exhalent des miasmes pestilentiels, saccage d’actes parfaitement conscients le labeur incessant de toute notre civilisation originelle. La décote de nos valeurs culturelles du fait de cette cohabitation allergogène peut occasionner des chocs mortels. Nous n’allons pas continuer à nous abîmer dans cet univers qui a donné depuis longtemps la preuve de sa dangerosité. L’espérance d’une nation congolaise du Nord au Sud est comme le nombre complexe en mathématiques, sa partie réelle est nulle ; cette cohabitation au forceps a rendu impossible la formation d’un vrai égrégore par défaut d’émission de vibrations fortes et surtout identiques car, on le sait, plus grand sera le nombre de personnes qui communieront dans cette pensée commune, plus forte sera l'efficacité de cette entité psychique. Or, dans le cas du Congo, depuis un demi-siècle, notre tentative de formation d’égrégore national se repait de pensées si contradictoires et antagoniques qu’il finit par vampiriser notre santé mentale.

La répugnance ressentie réciproquement entre nos différentes communautés ethniques, comme l'imaginaire, est réelle, chacun de nous en est parfaitement conscient ; on ne le nie jamais efficacement avec de belles paroles ou des déclarations d'intention; les mots n'arrêtent pas un fleuve en cru. Il faut connaître son dégoût, l'admettre et l'analyser pour en trouver la thérapeutique adéquate. Je dis, parce que le moment me semble venu, il y a un moment pour observer, puis un moment pour agir. Aristote disait que le bonheur est le produit de la raison contemplant la vérité. Je crois que c'est beaucoup plus simple que cela ; le bonheur est le produit de l'être débarrassé des scories de la pensée, plongé ici et maintenant dans l'Océan du Réel ; le reste le décorum, n’est qu’un apparat protocolaire. Nos rancœurs désormais trop profondes, après un demi-siècle de tentative de cohabitation entre le Nord et le Sud nous interpellent. Tout ce qui concourt à la destruction les physiciens appellent cela l'entropie, elle est plus rapide et plus intense que ce qui concourt à l'édification de systèmes complexes que les physiciens appellent néguentropie ; et la vie, le bonheur, l'amour sont des systèmes complexes à édifier sur cette terre. Accoucher d'un égrégore malfaisant ne demande nulle connaissance spéciale, et pas beaucoup d'effort, il suffit de haïr fortement, c'est tout, et la haine réciproque entre nos différentes ethnies, hélas, est un des sentiments les plus courants dans notre univers social. La mesure de l’entropie sociale dans notre pays est devenue après cinquante six ans d’expérimentation particulièrement inquiétante ; la cohabitation forcée dans cet univers congolais gangrené par cette colonie d’ectoplasmes qui entourent le dictateur, nous fait sombrer inéluctablement dans l'idolâtrie et la superstition.

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