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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 08:00
(Congo-Brazzaville) Les deux dernières cartes du dictateur Sassou Nguesso

Sassou-Nguesso en chair et en os -

Par Pascal Malanda -

Tout observateur averti de la politique congolaise peut constater avec aisance que le pouvoir de Brazza est dans une impasse totale. En général, quand un système s’est maintenu au-delà du raisonnable et que les signes de sa fin deviennent tangibles, il y a une formule consacrée : La fin n’est plus une affaire de « si » mais de « quand ». Dans le cas du Congo, nous avons apparemment franchi une étape supplémentaire. En effet, il ne s’agit plus de la question de « quand », mais de « comment »

Inutile d’épiloguer sur la première carte. Sassou avait l’opportunité royale de sortir par la grande porte en respectant la constitution de 2002. J’y ai longtemps cru, espérant que le temps aurait aidé notre rusé renard aux affaires depuis 3 décennies à gagner en sagesse et en humilité. C’était sans compter le jusqu’au-boutisme d’une clique prête à sacrifier des milliers de compatriotes sur l’autel de la bêtise.

Contre le bon sens élémentaire, Sassou a choisi de passer en force en changeant la constitution et en fraudant aux élections. Il est aujourd’hui la risée de toute la planète et doit profondément regretter d’avoir écouté de mauvais conseillers. En effet, d’aucuns disent, pour le dédouaner qu’il aurait été très mal conseillé. C’est oublier qu’un conseil reste un avis que l’intéressé, en dernier ressort, peut considérer ou ignorer. Un fou peut conseiller à une personne saine de sauter du dixième étage d’un immeuble. Si la chute s’avère fatale, condamnera-t-on le fou d’avoir mal conseillé notre athlète ou constatera-t-on tout simplement la naïveté de ce dernier ?

En passant en force, Sassou croyait peut-être que les choses allaient se passer comme d’habitude avec de pseudo-opposants à sa solde. Malheureusement, la machine s’est sérieusement grippée. La raison ? Une partie de la classe politique a fait preuve d’un sursaut national. Corruption, intimidation et menace de mort ont certes fait plier une partie de l’opposition, mais la Charte de la Victoire a encore quatre fervents défenseurs. A leurs risques et péril, Mokoko, Okombi, Munari et Bowao maintiennent le flambeau de l’espoir. Mieux encore, 92% de la population congolaise exprime ouvertement son immense soif d’alternance. Ni le bombardement du Pool ni les enlèvements d’opposants ni les menaces de tout genre n’arrivent à étouffer un peuple qui exige son droit à la liberté et à la démocratie.

Que reste-t-il alors à Sassou ? Ayant grillé la carte de la sortie honorable, il lui reste la carte de la sortie courageuse par un dialogue politique inclusif. Ce dialogue aboutirait à une solution consensuelle sous forme de départ négocié du président, formation d’un gouvernement de transition qui organisera une élection présidentielle réellement libre et transparente sur la base des recommandations du conclave d’Ewo. Enfin, il ne faut pas oublier l’ultime carte, celle de la fuite ou de la mort. En effet si une solution consensuelle n’est pas rapidement trouvée, la dégradation accélérée de la situation politique et économique ne tardera pas à susciter des vocations putschistes. En ex-putschiste, notre général-président le sait mieux que tout le monde. C’est lui qui proclamait au peuple en 97 lors des meetings la nécessité de désobéir à un pouvoir illégal. Aujourd’hui, il se trouve pris à son propre piège. Comment en sortira-t-il ? Souhaitons qu’il utilise au plus vite la deuxième carte et ouvre un vrai dialogue national inclusif.

Dialoguer est un conseil comme tout autre qui lui est donné gratuitement. Libre à lui d’en faire ce qu’il veut. Il peut aussi sauter du 32ième étage, mais dans ce cas, il ne faudra pas qu’il accuse ses conseillers. Un conseil n’est qu’un conseil, rien de plus.

Pascal Malanda

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