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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 06:02
(Congo-Brazzaville) La traque de Ntumi dans le Pool : Un prétexte pour justifier l’intervention de la G.R

par Ghys Fortuné DOMBE BEMBA -

Après la milice « Bébés Noirs » et celle d’Hydevert Mouagni, des pseudos Ninjas sèment la terreur à Brazzaville et dans le département du Pool, pendant que les adeptes de Ntumi se défendent contre la Garde Républicaine (G.R) et autres mercenaires étrangers. Mais qui sont ces Ninjas déguisés, qui les arme et qui les gère ?
Pour répondre à ces questions, il suffit de rappeler les actes de provocations des 4 et 13 avril 201
6.

En effet, la veille de la Pâque, célébrée le dimanche 27 mars 2016, une délégation des éléments de la force publique est partie de Brazzaville pour se rendre chez Ntumi, au village Soumouna, situé entre Brazzaville et Kinkala, sur la Route nationale n°1, dans le département du Pool. Le but était d’avoir un entretien avec le « Maître de Soumouna ». Malheureusement, cette délégation n’avait pas été reçue. Rentrée à Brazzaville, cette délégation est venue dire du mensonge à sa hiérarchie. Au lieu de dire tout simplement la vérité, qu’elle n’avait pas été reçue par Ntumi, elle a plutôt rapporté que Ntumi avait fait dresser des barricades sur la route Brazzaville-Kinkala.

Or, le jour où nous nous sommes déportés sur Soumouna pour vérifier les faits, nous n’avons remarqué aucun barrage. Plutôt, nous avons trouvé sur place des milliers et des milliers des fidèles du Pasteur Ntumi qui fêtaient leur Pâques dans le calme.

Mais, quelque temps après, plus précisément le lundi 4 avril 2016, le jour de la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle, « le pouvoir de Brazzaville a simulé des attaques armées dans plusieurs commissariats de police des quartiers-sud de Brazzaville », selon le président du Comité de Coordination de la plate-forme de l’opposition IDC-FROCAD, le professeur Charles Zacharie Bowao.

Ces attaques ont causé la mort de plusieurs personnes et donné lieu à des interpellations. Parmi les personnes interpellées, six (6) sont décédées dans les geôles de l’Escadron de la Gendarmerie, situé en face de l’entrée du quartier La Glacière et couramment appelée « Camp Milice », (à Bacongo) deuxième arrondissement de Brazzaville). L’un des décédés porte le nom de Matsika Gabin, domicilié au 28 de la rue Badianseké, à Kinsoundi, dans le premier arrondissement de Brazzaville. Il a été inhumé mercredi 20 avril dernier à Brazzaville.

Sous prétexte de traquer les ex-Combattants Ninjas accusés d’être responsables des attaques des commissariats au sud de Brazzaville, la G.R. et plusieurs unités spécialisées de la Force publique ont quitté Brazzaville pour aller bombarder plusieurs localités du Pool, à l’aide des hélicoptères de combat, à défaut de tirer à balles réelles et à bout portant par les unités au sol ou fantassins sur leurs cibles supposées. Ces affrontements ont naturellement poussé les populations civiles à se réfugier dans les forêts pour les unes, ou à gagner Brazzaville à pied, pour les autres.

Comme si cela ne suffisait pas, le mercredi 13 avril 2016, des éléments de la G.R. ont tenté d’aller piller des vélomoteurs de marque Djakarta et bien d’autres matériels appartenant aux adeptes du Pasteur Ntumi à Soumouna. Ils ont été les premiers à tirer sur le site supposé abandonné du Pasteur Ntumi, pour voir s’il y avait encore des habitants. Mais, le célèbre ex-Combattant Ramsès et d’autres fidèles du Pasteur Ntumi ont riposté avec leur dernière énergie pour ne pas se laisser dépouiller par leurs agresseurs. Bilan des affrontements : plusieurs morts du côté des militaires « loyalistes » de la G.R.

Les assaillants ainsi réduits à leur plus simple expression ont dû demander un renfort d’effectifs à Brazzaville. Ce sont ces militaires-là qui sont allés piller puis incendier ce site du Pasteur Ntumi à Soumouna, à côté duquel se trouvent des maisons des civils et une école primaire publique qu’ils ont détôlées sauvagement. Le ministre de l’enseignement primaire Anatole Collinet Makossso devrait en rougir.

Mais, avec quelles armes Ramsès et compagnie ont-ils réagi ? Des questions sans réponses

Parmi les questions que le commun des mortels se pose, figure celles relatives à la provenance des armes dont se sont servis les ex-Combattants du Pasteur Ntumi, à l’identité de celui qui les leur a fournies, puisque ces ex-Combattants Ninjas sont censés avoir été démobilisés et désarmés depuis 2007. Qui ne sait pas que depuis 2008, le Pasteur Ntumi avait dissout la milice Ninja ?

Par contre, qui ne sait pas que le directeur général de la police, le général Jean-François Ndengué, entretient un groupe d’ex-Ninjas et de bandits qui pratiquent les arts martiaux et autres, aujourd’hui cooptés par la milice « Les Douze apôtres » ? Tous ces bandits ont la particularité de rouler à bord des véhicules de la police, et de porter des tenues aux poches bien garnies d’argent soit extorqué ou reçu de leur commanditaire.

Qui ne sait pas que l’ancien secrétaire général du Conseil National des Républicains (CNR), le parti du Pasteur Ntumi, Chrys Antoine Walembaud, aujourd’hui leader de la Convention des Démocrates Africains (CODEMA) gère aussi un groupe d’ex-Ninjas ? Qui ne sait pas que l’ancien Ninja « Mâ-Ntchéché » est en connivence avec la Force publique ? Qui ne sait pas que Hydevert a aussi une milice ?

Voilà pourquoi, plusieurs analystes pensent que, au lieu d’incriminer le Pasteur Ntumi d’être le commanditaire des attaques des commissariats de police du 4 avril 2016 ou de l’incendie de 9 véhicules perpétré le 12 avril dernier sur la route Brazzaville-Pointe-Noire, ne pourrait-on pas penser aussi que ces attaques aient été l’œuvre des activistes armés par Ndengué, Walembaud, Hydevert et Jean Dominique Okemba (J.D.O). A propos de ce dernier, l’on est en droit de s’étonner du fait qu’il n’ait pas été au courant de tout ce qui se tramait à Brazzaville ou dans le Pool avant la date du 4 avril 2016, lui qui a les moyens de surveiller la moindre herbe qui bouge sur l’ensemble du territoire national et même à l’extérieur.

Espérons que l’enquête de police ouverte depuis le 4 avril dernier répondra assurément à ces nombreuses interrogations. Pourvu que cette enquête soit impartiale.

En attendant, l’histoire semble se répéter : qui provoque qui ?

Devoir de mémoire oblige ! L’on se souviendra que c’était à la veille de la Pâque 2002, plus précisément le 30 mars, que le pouvoir de Brazzaville alla provoquer le Pasteur Ntumi, qui préparait alors cette fête dans une localité proche du village Intsini, (district de Vindza), au nord-ouest du Pool.

Le pouvoir de Brazzaville fit stationner 500 militaires près d’Intsini. Cette présence militaire inattendue poussa le Pasteur Ntumi à dépêcher des émissaires auprès de ces éléments de la Force publique, pour savoir les raisons de leur attroupement. Malheureusement, les émissaires du Pasteur furent accueillis à balles réelles, sans avoir eu le temps d’échanger la moindre parole avec leurs interlocuteurs.

Lorsqu’ils retournèrent auprès du Pasteur Ntumi pour lui montrer les blessures provoquées par les balles qu’ils avaient essuyées, l’ancien chef du Conseil National de la Résistance (CNR) décida de s’attaquer, en guise de représailles, à un symbole de l’Etat, notamment, un train-voyageurs qui traversait le Pool, en provenance de Pointe-Noire et en partance pour Brazzaville.

C’était le 02 avril 2002. De là, partit à nouveau, une autre série d’attaques et contre-attaques entre le pouvoir (qui utilisait notamment des hélicoptères de combat) et la Résistance du Pasteur Ntumi au Pool.

L’on se souviendra, par exemple, de la tentative d’attaque contre des hélicoptères menée par les Ninjas, le 14 juillet 2002, à la base aérienne Marien N’Gouabi de Brazzaville. En représailles, le domicile de Willy Mansanga à Kinsoundi, censé être le refuge des assaillants Ninjas après leur forfait sur le train et sur les hélicoptères, fut incendié par la Force publique.

Bref, les mêmes causes provoquant les mêmes effets, les Congolais craignent aujourd’hui que la traque de Ntumi, déclenchée le 04 avril 2016, après la fête de Pâques, ne leur fasse revivre les mêmes perturbations de 2002 après la fête de Pâques, près d’Intsini, dans le Pool. A noter que ces troubles ne prirent définitivement fin que sept (7) ans plus tard, le 28 décembre 2009, lorsque le Pasteur Ntumi sortit des forêts pour prendre ses fonctions de délégué général chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre à Brazzaville.

Cet heureux dénouement de la guerre du Pool est à mettre à l’actif d’une médiation des Evêques du Congo et des acteurs de la société civile, conduite par l’actuel Evêque de Kinkala, Monseigneur Louis Portella Mbuyu. Ce dernier ne pourrait-il pas à nouveau être sollicité aujourd’hui, pour proposer la sortie de l’actuelle crise du Pool, qui a commencé le 04 avril 2016 ?

Comment Sassou-N’Guesso, qui vient d’être réélu à plus de 60% peut-il commencer son mandat sur fond de bain de sang, de larmes et de déplacements des populations ? Pourquoi le nouvel élu veut-il ressembler à son homologue burundais Pierre Nkurunziza ? Pourquoi les acteurs politiques congolais ne peuvent-ils pas tourner la page et dialoguer ?

Tout compte fait, la confusion, la complicité et les intrigues qui s’observent du côté de la Mouvance présidentielle et de l’Opposition sont si grandes qu’il serait souhaitable, pour les Chrétiens censés ne rien comprendre des arcanes de la Politique politicienne, de prier profondément pour une paix durable au Congo (Psaumes 37 : 7-9).

Ghys Fortuné DOMBE BEMBA

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Ghys Fortuné DOMBE BEMBA - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Pool Sud-Congo

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