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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 16:54
(Congo-Brazzaville) A Charles BOWAO sur les résultats de la Commission Tecnique...

Par Pascal MALANDA -

Fraude et tricherie électorale, CNEI et CTE même combat ?

Ahuri, je viens de lire les résultats des élections du 20 mars 2016 publiés par la CTE. Les résultats de la CNEI égrenés avec une morgue incroyable par Mboulou et défendus très maladroitement par Bouka ne faisaient aucun doute. La magouille sentait à mille lieues à la ronde. Ce mensonge éhonté, cette fourberie assumée, cette arrogance démentielle m’ont écœuré au point où je me suis souvenu d’un passage de Ponel datant de 1885 http://zenga-mambu.com/fiche.php?id=6121. Ce passage prouve à suffisance que ceux qui nous dirigent actuellement se basent sur une culture et une mentalité qui ont très peu évolué.

On savait que la CNEI issue de la CONEL était un instrument du pouvoir pour justifier un hold-up électoral. On savait qu’elle allait tricher, elle ne pouvait que tricher, c’était sa nature et son objectif. Résultat, Sassou vainqueur dès le premier tour avec 60% des voix et un taux de participation de 64%. Quand on triche, il faut parfois prendre des précautions. Un bon voleur expérimenté sait faire disparaître les indices de sa forfaiture. L’incompétence de la CNEI est telle qu’elle expose l’élection de Sassou à une invalidation pure et simple. En effet, comment la CNEI justifiera-t-elle à la face du monde et surtout à l’OIF dont le Congo est signataire de la charte sur la bonne gouvernance électorale le fait incongru suivant. Le taux de participation au référendum constitutionnel d’octobre 2015 largement boycotté par l’opposition était de 72%. La presse nationale et internationale a filmé les bureaux de vote vides et le peu d’empressement de la population. La même presse a suivi une campagne électorale animée où pouvoir et opposition s’affrontaient à coup de grands meetings. Le point culminant de cette campagne a été le meeting-monstre de Mokoko à Pointe-Noire. Les populations se sont massivement enrôlées sur les listes électorales. Le jour du vote, l’affluence était manifeste. Coup de théâtre, dans sa précipitation, la CNEI annonce un taux de participation de 64% ! Cherchez l’erreur ! Quelle crédibilité accorder à ces chiffres fantaisistes ? Ce seul fait, présenté devant la cour constitutionnelle, même acquise à la cause du pouvoir, suffit à invalider le scrutin du 20 mars. Aucun avocat respectueux ne peut oser défendre pareille grossièreté.

Je croyais la CNEI seule capable de pareille forfaiture. Quelle n’a été ma surprise de lire les derniers résultats publiés par la CTE. Après avoir publié le 24 mars 2016 des résultats faisant état (si je ne me trompe) de 75% de PV compilés et donnant Mokoko premier avec 38% (je cite ces chiffres de têtes, ne pouvant les retrouver sur les réseaux où ils avaient été publiés) de suffrage et Kolélas deuxième avec 19% (idem), voilà que la même CTE, affirmant avoir dépouillé 80% de PV déclare à présent Kolélas vainqueur du premier tour à 30,1% suivi de Mokoko à 28,6%. Quel crédit donner à des résultats aussi parodiques ? On voudrait discréditer la CTE qu’on ne s’y prendrait pas mieux. Y a-t-il une main noire responsable de ce tripatouillage dans le seul but de salir l’ensemble du combat de l’opposition ? On n’est pas loin d’y croire.

Cher Charles Bowao, je m’adresse à toi de façon personnelle. Je me permets de te tutoyer pour la fraternité qui nous lie et l’admiration que je te voue pour le courage que tu témoignes dans ce noble combat, exposé que tu es à tant d’adversité. J’ai vu ta signature au bas de ce pamphlet. J’ose croire que ta signature a été usurpée et trafiquée pour présenter ces résultats catastrophiques. Tu ne peux pas avoir cautionné cette aberration, toi, l’homme du « Je récuse » qui nous a fait tant vibrer. Ta signature ne peut pas justifier un document qui compile 80% de PV représentant 580.707 suffrages exprimés ; sur quel corps électoral ?

Oui, le corps électoral, parlons-en ! Il a posé problème dès le départ. Sur une population de 4 à 4,5 millions d’habitants, la science démographique prévoit un corps électoral vacillant entre 1,5 et 2 millions d’habitants (Je crois. Que les experts nous aident sur ce point). Avec 580.707 voix, on est très loin du compte. Je te le concède, il s’agit de 80% des PV que vous avez (ton équipe et toi) difficilement pu regrouper, malgré l’acharnement du pouvoir et au risque de votre vie. Il faut préciser cet élément de taille. Ce travail précieux n’avait qu’un seul but : Prouver la fraude électorale du pouvoir et invalider le scrutin de mars 2016. Il ne saurait en aucun cas justifier un deuxième tour entre Kolélas et Mokoko ou Mokoko et Kolélas. Pourquoi y aurait-il un deuxième tour sur la base d’un fichier électoral largement contesté ? N’y vois-tu pas l’énorme contradiction juridique ?

La CTE a joué son rôle avec brio et nous vous en félicitons tous. Son rôle s’arrête là. La suite est soit politique, par la contestation, soit insurrectionnelle par le ras-le-bol de la population. Outrepasser le mandat de la CTE en voulant lui faire jouer un rôle supplémentaire vous expose à la manipulation, la corruption et au discrédit total. Premier ou deuxième au premier tour dans le contexte n’a aucun sens. Ce que le peuple attend de vous et de nous tous c’est, dans l’union sacrée des 5 candidats signataires de la charte pour la victoire, d’entretenir la mobilisation et la détermination jusqu’à la victoire finale.

Le tripatouillage auquel on assiste et que je refuse, jusqu’à preuve du contraire, de mettre sur ton compte n’a qu’un seul but, semer la zizanie entre Mokoko et Kolélas et peut-être les autres candidats. Ce qui reviendrait à décevoir l’espoir du peuple. Si vous avez succombé à ce jeu, c’est pour faire le jeu du pouvoir. Combien avez-vous reçu pour cela à la CTE ? Y aurait-il une corrélation entre l’assurance du pouvoir de faire éclater et affaiblir l’opposition et cette démarche saugrenue ? Si c’est le cas, ressaisis-toi, Charles et fais le ménage autour de toi !

« Corruptio optimi pessima » dit l’adage ; la corruption des meilleurs est la pire. Si vous avez cédé en tant que CTE (je n’ose pas encore y croire un seul instant), reconnaissez-le et laissons Sassou régner sur le Congo, parce que vous aurez prouvé que vous menez le même combat : le pouvoir pour le pouvoir.

La bataille aujourd’hui c’est l’obtention d’un nouveau scrutin gérée par une nouvelle Commission électorale réellement indépendante, au besoin fusion paritaire de la CNEI et de la CTE et si nécessaire supervision internationale consensuelle. Cette nouvelle commission préparera le scrutin depuis le toilettage du fichier électoral jusqu’à la publication des résultats en passant par la biométrie, le bulletin unique, égalité face aux media, libre circulation des candidats, accesseurs consensuels dans tous les bureaux etc. La fraude massive du PCT nous sert des arguments sur un plateau d’argent, saisissons-les !

Pascal Malanda

(Extrait de congo-liberty)

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Pascal Malanda

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