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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 19:48
(Congo-Brazzaville) La candidature du Général Jean-Marie Michel Mokoko, un comique achevé

Unis au sein des groupements hétéroclites de circonstance sans aucun programme politique connu, et d’ailleurs sans aucune réelle volonté de vaincre SASSOU, à chaque échéance électorale, comme s’ils obéissaient à une consigne de SASSOU, ils se répandent dans des discours mensongers, abusant de la confiance de la population pour, le lendemain, se repentir et trouver un prétexte après avoir accompagné SASSOU à la validation de son holdup électoral. Des mois durant, ils ont affirmé avec une assurance qui semblait exclure tout doute, qu’ils s’opposaient à la révision de la Constitution de 2002, allant jusqu’à jeter dans la rue, des enfants des autres chauffés à blanc, qui ont cru à la sincérité de leur discours, et y sont allés jusqu’à la mort. Il suffisait pourtant alors, de dire une fois pour toute, que la révision ou le changement de la Constitution emportait leur assentiment, sous la condition que la question de l’organisation des élections soit discutée franchement.

Aujourd’hui, après avoir poussé des pauvres jeunes gens dans la rue, qu’ils n’ont pas eu le courage politique d’encadrer, après avoir poussé ces jeunes à la mort, eux se terrant soigneusement chez eux ; après avoir laissé le seul Paulin MAKAYA organiser pratiquement la population de sa circonscription qu’il a conduite dans la rue, lui-même en tête du cortège, les fameux leaders, se résignent finalement à participer à la prochaine présidentielle, ignorant ces jeunes, morts par leur faute ; mais encore, ils n’ont daigné poser comme exigence, la libération préalable de leur compagnon Paulin MAKAYA.

Pendant que Mathias DZON apparaît le seul de ce club d’opposants de rencontre à prendre la mesure réelle de la situation, pendant que Mathias DZON est le seul à afficher une position logique, qui épouse la volonté de la majorité des Congolais en refusant d’accompagner SASSOU dans l’exécution de l’ultime acte d’assassinat de la démocratie, pendant que Mathias DZON paraît être le seul qui semble avoir pris conscience des morts à l’occasion du pseudo référendum ; on s’emploie ici et là dans une campagne démagogique et ignoble à salir l’homme, en affirmant sans en apporter la moindre preuve, qu’il a reçu de l’argent de SASSOU. Pour avoir semble-t-il vendu sa maison à un des fils de SASSOU qui, sur instructions de SASSOU, aurait rapporté cette somme à Mathias DZON ; le voilà trainé dans la boue. Mais, quelle logique il y a à refuser que SASSOU fils ou SASSOU lui-même achète un bien mis en vente par un opposant ?

Et voilà qu’à la honteuse capitulation de cette fameuse opposition que les Congolais n’ont pas eu le temps de digérer, succède une piteuse comédie, dont le chef d’orchestre se trouve être Jean Marie Michel MOKOKO qui, dans une déclaration qui donne à vomir sur les antennes de Radio France International (RFI), annonce qu’il est candidat à la candidature à l’élection présidentielle de mars prochain. S’il est vrai que faire acte de candidature à toute élection est un droit pour tout citoyen, il convient tout de même de faire preuve d’un peu de sérieux, lorsque l’on est parvenu à ce niveau dans la hiérarchie sociale. A moins qu’il s’agisse d’une déclaration convenue pour distraire la partie Sud du pays en donnant à penser qu’enfin, les loups du Nord se bouffent entre eux, une comédie dans la réalisation de laquelle nos amis de la partie septentrionale sont passés maîtres, piège contre lequel mon expérience et ma connaissance de l’homme du Nord me servent d’abri ; parce que je peine tout de même à croire que Jean-Marie Michel MOKOKO, ait osé revenir à Brazzaville affronter ouvertement SASSOU, son géniteur, l’homme à qui il doit sa carrière dans toute son entièreté ; la question autrement qui s’impose est celle de savoir sur quel électorat ce ressortissant de la minuscule communauté Akwa, espère s’appuyer dans cette aventure, lorsque l’on sait, objectivement que le vote dans notre pays est, et cela n’est pas prêt à changer, essentiellement tribal ?

En tout cas certainement pas sur l’électorat du Pool. Ici, nous n’avons pas la mémoire courte, la déclaration de Daniel MABIKA alors porte parole du Haut Commandement de l’Armée, sur ordre du Général MOKOKO, annonçant la fin de la Transition dirigée par André MILONGO, résonne encore dans les oreilles de chaque fille et chaque fils de notre Région. Nous n’avons pas oublié, qu’à cette occasion, le Général Jean-Marie Michel MOKOKO avait expédié un commando à BACONGO et MAKELEKELE, dirigé par Roland NGOUABI et qui avait froidement tiré sur la foule qui manifestait librement sans armes, faisant de nombreux morts. Les propos de cet Officier alors exilé en France sous Pascal LISSOUBA et contenus dans son opuscule publié en France qui distille son venin poolophobe nous hantent encore. Nous avons encore présent à l’esprit, l’humiliation que le Général MOKOKO, alors encore Chef d’Etat-major général, a fait gracieusement subir au Ministre Alexis GABOU, au terme de la Transition dirigée par André MILONGO, pour récupérer un simple Pistolet Automatique (PA) régulièrement affecté au Ministre, et qu’il n’avait pas encore eu le temps de restituer.

Certainement pas davantage sur l’électorat nibolek ; là-bas aussi, je crois savoir, ils n’ont pas la mémoire courte. Le Général Jean-Marie Michel MOKOKO, pourtant maintenu dans ses fonctions de Chef d’Etat-major général par Pascal LISSOUBA, n’a pas hésité comble d’ingratitude, incité par la France à tenter de le renverser. Pourchassé par les Cocoyes, le Général prendra la fuite pour se réfugier en France, d’où, radié des effectifs de l’Armée par Pascal LISSOUBA, il créera un Parti politique qu’il n’a jamais dissous. Rappelé et réintégré par SASSOU à la faveur de son retour au pouvoir, Jean-Marie Michel MOKOKO est vite promu Général de Division, puis nommé Conseiller auprès de la Présidence avant d’être envoyé à Abidjan dans le cadre l’Union Africaine, ensuite récemment à Bangui. Trompé par quelques ahuris de la diaspora congolaise en France, qui lui ont fait miroiter d’être le candidat de l’opposition, l’homme, pourtant tenu à l’obligation de réserve, a daigné faire une déclaration politique suggérant à SASSOU d’éviter la révision de la Constitution. On ne peut pas avoir occupé les fonctions qui ont été les siennes, pour ignorer ensuite que dans sa position, telle prise de position est proscrite. Le même acte a valu au Colonel Marcel NTSOUROU d’être cassé.

On tente de déformer l’histoire en prétendant que c’est lui qui aurait permis l’avènement de la Conférence Nationale Souveraine, parce qu’en tant que Chef d’Etat-major général, il aurait pu, s’il l’avait voulu, bloquer l’action. MOKOKO n’avait pas le choix en réalité. La preuve, lorsqu’il a tenté de renverser le Pouvoir de Pascal LISSOUBA sur ordre de la France, il a été simplement chassé de chez lui par des miliciens Cocoyes.

Lorsque j’entends le Général Jean-Marie Michel MOKOKO déclarer : « Je crois que dans le passé, j’ai démontré que je n’étais pas l’homme d’une région, d’une ethnie, d’un clan. En tant que militaire, j’ai toujours œuvré au nom de l’intérêt national, pour l’unité ». « Mais pour moi c’est très clair : si la commission électorale indépendante ne devient pas vraiment indépendante et si la transparence du scrutin n’est pas garantie, alors il faudra réagir. Ce sont les Congolais qui décideront de la suite. Un soulèvement populaire et pacifique n’est pas à exclure. Moi, je me rangerai du côté du peuple ».

Mais à qui croit-il s’adresser, lui qui a abondamment bénéficié du tribalisme ? Lorsqu’il parle de soulèvement populaire, de qu’elle population parle-t-il ? S’agirait-t-il comme de coutume de celle du Pool sur qui il avait ordonné de tirer ? Les Akwa seraient-ils désormais prêts au soulèvement ? Cette fois-ci nous attendrons le soulèvement venu du Nord, plus de ‘’NGUNASANI’’ !

Jean-Marie Michel MOKOKO témoignerait-il de l’ingratitude envers SASSOU ? Il faut rappeler que l’homme est un pur produit de SASSOU. Elevé au grade de Général puis nommé Chef d’Etat-major général par SASSOU, avec comme seul mérite d’appartenir au groupe Mboshi, Jean-Marie Michel MOKOKO qui n’a jamais fait l’Ecole de guerre, n’ignore assurément pas, qu’au moment où il est fait Général puis Chef d’Etat-major général par SASSOU, l’Armée Populaire Nationale disposait déjà d’Officiers supérieurs sortis de l’Académie militaire de l’Union soviétique, mais portant la tare de n’être pas du groupe mboshi, ils n’ont jamais pu être promus au grade de général.

Le Général Jean-Marie Michel MOKOKO ne peut ignorer, que lorsque l’on quitte par voie de démission les fonctions de la nature de celles qu’il occupait, cette démission qui n’est pas automatique doit préalablement avoir été acceptée par le Chef de l’Etat avant de s’estimer libéré de l’obligation de réserve. Agir autrement relève simplement du banditisme. Alors, et les chantres de cet Officier qui espèrent chasser SASSOU du pouvoir par l’usage de Jean-Marie Michel MOKOKO, parce que soit disant soutenu par la France, et Jean-Marie Michel MOKOKO lui-même devraient arrêter leur comédie. Les Congolais ne sont pas dupes.

Daniel NKOUTA

Colonel à la retraite

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