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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 12:54
(Congo-Brazzaville) A Hong-Kong, Londres et New-York, les marchés creusent la tombe du pouvoir de Denis Sassou Nguesso.

Par Rigobert OSSEBI -

Denis Sassou Nguesso s’est voulu grand président. Il a dépensé sans compter pour être connu, reconnu, reçu et même célébré au mépris, le plus total, du bonheur élémentaire de la quasi-totalité des Congolais. Celui qui, un temps, se destinait à une carrière d’instituteur se voit maintenant président à vie, monarque-fondateur d’une dynastie.

D’autres avant lui, d’une autre étoffe, s’y sont cassés les dents.

Tout dernièrement en Egypte, Hosni Moubarak, militaire à la tête d’une puissante armée de près d’un million d’hommes, a été renversé pour avoir favorisé l’enrichissement de son fils, Gamal Moubarak né de mère anglaise, et pour l’avoir pressenti comme successeur. La dictature de Moubarak avait beau être militairement très solide, elle n’a pu résister au mécontentement populaire.

La situation sociale, difficile dans ce pays irrigué par le Nil, n’avait pourtant rien de comparable avec celle, bien pire encore, qui prévaut dans notre pays. L’extrême pauvreté, ni les vols, ni les détournements, n’y étaient pas aussi répandus qu’ils ne le sont dans la République familiale des Nguesso.

Gamal n’avait en aucun cas atteint les profondeurs du pillage d’un Kiki, accentué par la pression prédatrice de tout un clan familial, d’un Jean Jacques Bouya à Willy Nguesso en passant par Claudia et Edgar. Mais surtout l’Egypte se voulait gérée en Etat moderne et pas comme « une épicerie familiale ». Au Congo, il est impossible d’avoir les véritables chiffres de la production pétrolière, des recettes de la SNPC, de l’état des réserves financières, de la situation de l’endettement. La vérité sur ces comptes relève du « SECRET D’ETAT » dont la divulgation pourrait avoir un effet aussi détonant que les explosions du 4 mars 2012.

Etait-ce une des raisons qui avaient poussé notre éminent compatriote récemment élu au Collège de France, Alain Mabanckou, à dire que « notre opposition est la plus bête du monde ! ». Il aurait pu aisément compléter son propos en affirmant que le pouvoir qui sévit, dans son pays d’origine, l’est tout autant en y ajoutant qu’il est également cupide, néfaste, malfaisant et sourd !

Tous ces ingrédients cumulés constituent un dangereux cocktail dans cet environnement politico-économique que connaît le pays. Nos dirigeants actuels feraient bien d’en mesurer tous les risques surtout pour les Congolais les plus vulnérables qui constituent la plus large tranche de la population. Faut-il le répéter : « le gang au pouvoir a tout volé ! » Quiconque ferait le tour des banques, des entreprises et des caisses de l’Etat, les trouverait vides, totalement vides ! Une catastrophe prévisible ou pas, la chute des cours du pétrole, conjuguée avec un fléau, un mal propre au Congo, le clan des Nguesso, vont plonger notre pays dans une crise inextricablement profonde.

Crédules ou inconscients beaucoup pensent encore que des trésors et des réserves cachées existent çà et là. La vérité est cauchemardesque pour un petit pays qui n’a d’autre ressource suffisante que la rente pétrolière. Tout a été vidé, le pays est à sec financièrement et, qui plus est, sérieusement endetté !

Néanmoins, certains qui se situent non loin du centre de décision reconnaissent cette situation et sont sérieusement inquiets des conséquences dramatiques qui pourraient en découler ; sans rien pouvoir y faire, sauf à regretter l’entêtement de l’autocrate, seul décideur. Arrivé au pouvoir en 1979, Denis Sassou Nguesso, maintenant dinosaure d’un autre âge, est encouragé dans cette voie par son clan de sangsues, enfants et neveux. Paradoxalement, dans son propre village qu’il a particulièrement choyé, se situe la plus forte opposition à sa succession par un Denis Christel vomi ou par un quelconque neveu tout autant honni. Quant à lui, président depuis plus de 30 ans, tout le monde s’entend maintenant sur un point : il est l’homme du passé et son « avenir » est derrière lui ! Tout cela se dit, se chuchote et se répète à Oyo ; mais le tyran ne veut rien entendre…

De rares fidèles, toutefois conscients de la gravité de la situation, tentent d’exonérer le vieux chef : « il a été trop bon avec sa famille. Il a été abusé par son fils, par ses enfants, par ses neveux !… Ils ont tous été trop loin mais le Président n’est pas comme ça…! » Facile à vérifier : qu’il leur demande à tous sans exception de faire rentrer l’argent volé ! Vous pouvez toujours rêver !

Alors que les pénuries de toutes sortes s’annoncent, les mêmes prédateurs continuent d’alimenter leurs comptes notamment dans les Emirats. Chaque semaine, un émissaire du dauphin y fait le déplacement pour y renforcer ses réserves personnelles. Des millions d’euros et des millions de dollars à chaque fois. Peu lui importe que des ONG et des médias, notamment en Suisse se penchent de plus en plus sur ses trafics. http://afrique.lepoint.fr/economie/congo-brazzaville-a-t-il-brade-son-petrole-a-une-societe-suisse-inconnue-22-01-2016-2011800_2258.php#xtor=CS2-240

Il n’est pas le seul, loin de là. Une chaîne de TV européenne s’intéresse de très près au puissant neveu Jean-Jacques Bouya. Un reportage est en cours de réalisation et ne devrait plus tarder à être diffusé. Jolie publicité gratuite pour l’individu, sa famille et tout un pays qui devient la risée de l’Afrique !

Des assassins, une nuit de Mars 1977, avaient creusé la tombe du Cardinal Emile Biayenda pour l’y enterrer vivant. Aujourd’hui, à Hong-Kong, Londres et New-York, les marchés creusent la tombe de ce régime en y abaissant jour après jour le prix du baril de pétrole. Sans aucune réserve financière publique — toutes ont été gaspillées – sans aucune ressource réellement compensatrice, ce pouvoir de tout temps illégitime, exsangue financièrement, va irrémédiablement s’écrouler, comme un château de cartes, et on le regardera tranquillement disparaître…

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty.com)

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