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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 06:39
(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso, l'homme qui se croit au-dessus des normes

alphonse-souchlaty-poaty


Alphonse Souchlaty-Poaty

Il y a du côté de l’Afrique Centrale, un potentat qui se prend pour le nombril du monde. Il ne respecte ni vies humaines, ni lois, ni biens publics, ni libertés publiques, ni engagements politiques, ni serments constitutionnels.

Il se plait à distribuer ça et là de l’argent tiré du Trésor public pour assurer sa pérennité au pouvoir et satisfaire son égo.

SASSOU-NGUESSO EST A SA NEUVIEME CONSTITUTION, RECORD HISTORIQUE MONDIAL

Son système déjà bien rodé consiste à changer de constitution, souvent par acte fondamental taillé à sa mesure. Ainsi du sinistre acte attribuant les pleins pouvoirs au CMP (Comité Militaire du Parti) à la mort de Marien Ngouabi le 17 Mars 1977, de l’acte instituant un Régime de Transition à la fin de la guerre du 5 Juin 1997 et de la Constitution du 20 Janvier 2002 ayant exclu les candidatures de ses principaux concurrents Lissouba, Kolélas et Yhombi pour raison d’âge de plus de 70 ans, séjour de 2 ans consécutifs à l’Etranger et condamnation pour crimes économiques, avant que la condition d’âge ne se retourne contre lui- même aujourd’hui, avec l’exigence de 2 mandats.

Depuis l’année dernière, il s’est mis à l’idée, sous de fallacieux prétextes, de changer la Constitution de son pays, quand bien même elle était sortie de son cru, la dernière parmi les neuf qu’il avait successivement imposées pour accéder et se maintenir au pouvoir en éliminant ses amis politiques.

Or, la constitution d’un pays, loi suprême s’il en est, ne peut être changée par la simple volonté d’un individu si puissant soit-il, sans qu’il y ait de crise constitutionnelle ou d’événement politique de force majeure. Alors même que tout le monde s’accorde à reconnaitre que le pays avait recouvré 15 ans durant une certaine stabilité dans la paix, loin des guerres à répétition qui avaient naguère endeuillé toutes les familles.

Evidemment, comme d’habitude dans les régimes de dictature, on prend soin de couvrir ce changement par un prétendu appel du peuple et on l’enrobe ensuite du vernis de la Justice.

Mais voilà, l’homme politique en question, qui s’était fait auparavant épingler les galons de Général d’Armée, sans les avoir mérités, avait accaparé le pouvoir par les armes au terme d’une guerre atroce, après l’avoir perdu démocratiquement par l’élection.

En passe de terminer le mandat qu’il avait cafouillé dans les urnes, il s’est trouvé à la croisée des chemins. Quitter le pouvoir ou s’y incruster par tous les moyens, y compris par la force et sous les couleurs du Droit.

Ayant eu maille à partir avec les institutions, le peuple et les instances internationales, il crut bon de s’accrocher au pouvoir après s’être crée une impunité juridictionnelle dans le cadre d’une nouvelle constitution, fabriquée pour la circonstance et votée subrepticement au cours d’un faux référendum organisé dans le sang, l’opacité hors de toute discussion publique contradictoire, la privation de libertés publiques et le boycott populaire.

Plusieurs interventions raisonnables, tant nationales qu’étrangères s’étaient levées contre cette façon hégémonique de faire la politique, et avaient instamment demandé à l’obsédé politique de prendre sa retraite, après 45 ans de présence en haut de l’affiche.

Certaines personnes en sont venues à lui proposer même une retraite paisible et dorée dans son village Oyo dont on pensait qu’il a été modernisé en conséquence, pour respecter la loi suprême du pays et assurer l’indispensable alternance au pouvoir. Mais rien n’y fit.

La Constitution du 20 Janvier 2002 avait prévu le mécanisme de sa révision et écarté toute modification touchant au nombre de mandats présidentiels fixés à deux et à l’âge des candidats limité à 70 ans. Elle ne pouvait donc être déchirée purement et simplement puis jetée aux orties avec tant de mégalomanie, pour la remplacer par une constitution permissive, teintée de démagogie.

Parce que telle est la volonté personnelle du Président Denis Sassou-Nguesso, c’est de lui qu’il s’agit, alors que ces verrous dirimants s’inscrivaient tout à l’encontre.

LE CHANGEMENT DE CONSTITUTION S’EST OPERE DE FACON INSIDIEUSE, SOUS LE PRETEXTE FALLACIEUX QUE CERTAINS CORPS INTERMEDIAIRES, CERTAINES COUCHES SOCIALES ONT ETE LAISSEES SUR LE BORD DU CHEMIN.

On voit institués dans la nouvelle constitution des conseils nationaux consultatifs des Femmes, des Jeunes, des Sages, des Handicapés, de la Société Civile, des ONG, du Dialogue national qui, dans sa marche royale pour la perpétration du coup d’Etat constitutionnel, ont été, parfois malgré eux autant de foyers de corruption.

C’est eux qui ont été à l’avant-garde de la chienlit organisée par le Président et le PCT dès 2014 pour la campagne ayant conduit au changement illégal et osé de la Constitution du 20 Janvier 2002.

Le problème est que leur cristallisation dans un texte normatif risquera d’être une source de chahut incontournable dans la prise de décisions générales aussi bien politiques qu’administratives pour la bonne marche de l’Etat et du Pays.

Et puis, on voit transparaitre la main du diable pour embrigader dans un cadre étatique la « Société Civile » et les ONG qui, par définition sont des électrons libres aussi bien dans leurs mouvements que dans leur lutte contre la mauvaise gouvernance. Le Tyran de l’Alima sait ce que la Société Civile et les ONG ont été dans la contestation qui a entrainé le départ du pouvoir de Blaise Compaoré au Burkina Faso, et même pour la conquête du pouvoir par Macky Sall au Sénégal.

L’on a prétendu à tort ou à raison que ces corps intermédiaires ont été laissés en marge de la distribution du gâteau national. Mais qui les a laissés ainsi? N’est- ce pas Sassou- Nguesso qui a privatisé le patrimoine national ? Qui dirige le pays de mains de fer depuis plus de 32 ans, qui est à la tête de tous les exécutants ? Oyons ! Un criminel qui se fait juge de petits délinquants !

Les textes ne manquaient pas, qui préservaient l’intérêt bien compris de toutes les catégories socio- professionnelles. A commencer précisément par la Constitution du 20 Janvier 2002, devenue bouc émissaire et objet de tous les sarcasmes, alors que, du point de vue de son préambule et notamment de ses articles 1er, 3, 4, 8, 24, 40, elle est censée avoir crée un Etat égalitaire, social, juste, démocratique et de dialogue permanent.

Il fallait donc, mais il suffisait simplement que le gouvernement s’assurât par des lois et règlements de caractère évolutif, l’application de ces dispositions en faveur des catégories visées par les conseils consultatifs ci - dessus, plutôt que d’en faire des structures normatives, venant en doublure avec les organes déjà existants et obérant le budget de l’Etat.

Que font le Conseil Economique et Social, la Médiation de la République et le Conseil des Sages organisé en Mars 2014 ? N’est-ce pas de servir d’interface entre les populations et les organes délibérants de l’Etat, de discuter de tous les problèmes, en particulier ceux des couches déshéritées ? Et le Parlement bicéphale, quelle est sa mission ? L’Assemblée et le Senat sont-ils ou non accessibles par la voie élective à tous, femmes, jeunes, vieux, handicapés. On aurait pu éventuellement y prévoir des quotas, dans le cadre d’une discrimination positive en leur faveur. Et les conseils locaux de district, de préfecture et d’arrondissement, ne sont- ce pas là des lieux de discussion favorisant la prise en compte des causes spécifiques dans le cadre des lois et règlements en vigueur?

Non, Sassou-Nguesso veut quelque chose qui lui convienne le mieux, qu’il peut manipuler à loisir, «nguiriser » à foison, (corrompre), appeler dans son palais quand il veut pour lui rendre un tribut ou pour pouvoir ébruiter comme émanant du peuple, la volonté du tyran (cas de la nouvelle constitution).

Une constitution s’apprécie plus dans son Esprit que dans sa Lettre. Qu’est-ce donc la Constitution du 25 Novembre 2015, sinon, à y regarder de près, un recueil de dispositions disparates, vaines et démagogiques, propres à flatter l’inconscient militant de l’électeur moyen. Celui-ci va rapidement déchanter parce que Sassou-Nguesso, fidèle à lui-même, n’aura pas assez de constance pour assouvir son attente, même si, par un heureux hasard le pétrole et le gaz devaient continuer à couler et à bien se vendre sur le marché international.

Sassou-Nguesso a déjà mis en place des chefferies et mairies de village, de district, de ville, truffé l’Administration Centrale de directions et services qui sont autant de gouffres à millions. Il continuera d’en mettre sous l’égide de la nouvelle constitution, sans résultat tangible, hormis les détournements et le farniente doublés d’une impunité vertigineuse.

Le tout pour que les gens nommés servent de relais politiques en faveur du dirigeant suprême ?

SASSOU-NGUESSO GERE L’ETAT AVEC BEAUCOUP TROP D’APPROXIMATION

Mais on ne crée pas un Etat en fonction des objectifs à court-terme de son Chef du moment ; on crée un Etat si du moins on veut qu’il soit fort, sur la base de la superstructure durable économique et sociale, en sauvegardant l’avenir et en tenant compte des moyens matériels, financiers, humains disponibles et prévisibles.

La cinquième République Française si souvent citée en exemple, n’est pas une œuvre rocambolesque et démagogique. René Coty, en 1958, ne s’était pas maintenu à la tête de l’Etat en enjambant la quatrième République. Parce que c’est la logique interne des institutions qu’un chef d’Etat ne survive au changement de la constitution en vertu de laquelle il a été placé au pouvoir, en l’occurrence la Constitution du 27 Octobre 1946.

En somme, le changement de constitution en démocratie, induit un changement de régime. Et le changement de régime implique un changement des institutions qui en sont l’émanation juridique et politique. C’est donc une hérésie institutionnelle que de vouloir à tout prix un changement de constitution, tout en introduisant dans la nouvelle loi fondamentale une disposition transitoire qui maintient en fonction tout le Système politique ayant prévalu dans le cadre de l’ancienne norme.

Il en serait autrement si le changement était consécutif à un événement majeur de nature politique : guerre, coup d’Etat, sécession, redéfinition du cadre territorial et politique, etc.. Dans le cas présent, c’est une simple révision qu’il convenait de faire si Sassou-Nguesso n’avait pas manigancé pour pouvoir se maintenir au pouvoir en créant comme à son habitude une situation de table rase.

Sassou-Nguesso n’avait qu’une seule issue : Puisqu’il a voulu changer de constitution, ou « faire évoluer les institutions », pour emprunter son jargon, il n’avait pas d’autre choix que de démissionner, pour pouvoir se représenter à la prochaine élection présidentielle.

D’ailleurs, l’élection présidentielle suppose un minimum d’égalité de chance entre candidats potentiels, ce qui, en l’occurrence n’est pas le cas d’un président en exercice, fixant lui- même les règles du jeu et la date de l’élection comme au bon vieux temps du monopartisme régnant.

Le Congo est actuellement à cheval entre deux constitutions, circonstance extraordinaire qui crée un conflit de lois, tant redouté par les juristes. La constitution prétendument votée le 25 Novembre 2015 et mise en application le 6 Décembre 2015 est à hue et à dia, avec sa devancière du 20 Janvier 2002 toujours en vigueur.

A titre d’exemple, tandis que la Constitution du 20 Janvier 2002 impose au Chef de l’Etat de déclarer son patrimoine dès sa prise de fonctions, sans autres indication, celle du 25 Novembre subordonne cette disposition au vote d’une loi qui doit déterminer les fonctions concernées et les modalités de déclaration. Quid d’une éventuelle action judiciaire pour l’y contraindre étant donné qu’il ne l’a pas encore fait?

De même, la Constitution du 25 Novembre 2015 le met hors d’atteinte des juridictions internationales, tandis qu’à l’égard de celle du 20 Janvier2002, il n’est qu’un justiciable de droit commun, hormis l’immunité attachée à son titre de chef d’Etat en exercice.

Enfin, si d’aventure le Chef de l’Etat, ses Ministres et autres responsables politiques devaient être traduits pénalement devant les juridictions congolaises, quelle constitution serait invoquée ?

Voila pourquoi, mise à part l’intention à peine voilée de vite rempiler, Sassou- Nguesso veut ramener la date de l’élection présidentielle au 1er trimestre, au lieu d’en référer à la date constitutionnelle du 31 Juillet 2016.

N’empêche : le Chef de l’Etat s’emmêle les pinceaux, à l’écouter lors de son discours à l’Assemblée Nationale le 22 Décembre 2015 qu’il aurait convoquée en vertu de la nouvelle constitution alors que la Constitution du 20 Janvier le lui interdit, sauf réunion en congrès une fois l’an.

En effet, tant que le Président de la République n’a pas prêté serment sur la nouvelle constitution, aucune Autorité ne peut se prévaloir de ses dispositions. Mais il ne peut encore prêter un nouveau serment au cours d’un même mandat, pendant que la Constitution du 20 Janvier 2002 qu’il avait juré de respecter a encore un souffle de vie.

Tantôt il dit que la nouvelle Constitution ne produira ses effets qu’avec la mise en place ultérieure des nouvelles institutions et en particulier de l’élection du nouveau Président et de celles de l’Assemblée nationale et du Senat, tantôt il se prévaut de l’article 244 de la Nouvelle constitution pour asséner que tous les organes issus de la Constitution du 2 Janvier 2002 demeurent en fonction.

Et de demander au Ministre de l’Intérieur de produire un texte de loi électorale à partir de la nouvelle constitution sans y associer préalablement l’Opposition politique, en se référant au dialogue, plutôt au « monologue de Sibiti », selon l’opposition démocratique qui n’y avait pas pris part.

Dans ces conditions même ceux qui croyaient encore au consensus en ont pour leurs conseils. Comme quoi ouvrir une fenêtre d’opportunité à un tyran n’amène qu’à un sauf- conduit dommageable, mieux à la boite de Pandore.

Les institutions actuelles qui subsistent en porte- à-faux avec la nouvelle constitution ne sont là que pour un temps, afin d’expédier, si je ne me trompe, les affaires courantes car dès sa publication la nouvelle constitution est censée produire tous ses effets, du moins si j’en crois son article final 246 « La présente loi, qui entre en vigueur dès sa promulgation, sera exécutée comme constitution du Congo ».

Il parait évident que de nombreuses affaires importantes d’Etat doivent attendre, si elles ne sont pas traitées dans le cadre du consensus. Si donc la nouvelle avait un esprit, ce serait celui du Consensus.

Or, un véritable changement de constitution n’eût pas permis aux institutions actuelles maintenues en vie, de continuer leur office, concurremment avec celles devant résulter de la constitution du 25 Novembre 2015. Alors que la base sur laquelle repose leur pouvoir a été trucidée par la seule volonté du tyran de Brazzaville.

Pour que l’institution présidentielle fût véritablement la «Clef de voûte » de la Constitution du 25 Novembre 2015, comme c’était le cas du Président de la République Française dans la Constitution du 4 Octobre 1958, il ne suffirait pas que Sassou-Nguesso eût cité l’expression évocatrice de cette dernière, conçue par Charles de gaulle à partir de son discours de Bayeux le 16 Juin 1946, dans un esprit novateur et de responsabilité.

Michel Debré, alors Ministre de la Justice, qui fut la cheville ouvrière de l’élaboration de cette constitution, entouré d’éminents spécialistes du Droit comme René Cassin, n’avait pas ouvert une voie royale permettant au fondateur de la 5è République, respectueux des lois et du génie de la France, d’enjamber les morts et la constitution de 1946 comme on l’a vu récemment au Congo avec le malheureux référendum qui a aboli la Constitution du 20 Janvier 2002 envers et contre tout.

Au contraire, la Constitution du 4 Octobre 1958, en jetant les bases du Renouveau, opéra une véritable césure avec le passé, sans maintenir en fonction, de quelque manière que ce fût le Président René Coty et son équipe, emportés par la guerre d’Algérie.

SASSOU N’GUESSO N’EST PAS COMPETENT POUR RAMENER LA DATE DE L’ELECTION DU 31 JUILLET AU 1ER TRIMESTRE 2016

Le comble de l’incurie est que Sassou-Nguesso, acculé à naviguer entre deux eaux, se permet d’écourter son mandat à la tête de l’Etat, alors que le mandat présidentiel est juridiquement impératif dans sa durée comme dans son essence. Sa validité est de 7 ans.

Il ne peut être prolongé ni écourté hors le cas de décès, d’invalidité, de démission volontaire, de forfaiture dûment constatée. L’article 68 de la Constitution du 20 janvier 2002 est d’ailleurs sans équivoque sur ce point :

« Le mandat du Président de la République débute le jour de sa prestation de serment et prend fin à l’expiration de la septième année suivant la date de son entrée en fonction ».C est clair comme l’eau de roche.

Cette disposition est reprise in extenso par la nouvelle constitution en son article 76, de sorte que Sassou-Nguesso ne peut s’y réfugier pour prétexter un raccourcissement injustifiable et injustifié de son mandat.

C’eût été exorbitant du droit commun que celui qui exerce le mandat suprême s’arrogeât le droit de fixer proprio motu la date de l’élection présidentielle hors du cadre constitutionnel. Il se perpétuerait ainsi au pouvoir en déterminant par opportunisme politique et électoraliste le moment de la prochaine consultation.

De plus, dans le cas particulier de Sassou-Nguesso, il prend de court tous ses concurrents potentiels qu’il surprend à la fois sur le plan de l’organisation de la campagne et des moyens matériels et financiers. Et en dépit du bon sens, il parle néanmoins de dialogue et de consensus…

Autant dire en bafouant les règles élémentaires d’égalité et de bienséance politiques, à moins qu’il ne se joue de l’Opposition supposée faible et incapable de lui porter l’estocade qui convient.

Il en irait autrement de la date des élections législatives qui elle, est à la merci de l’Exécutif au pouvoir lequel peut éventuellement l’écourter en fonction du climat politique et souvent de l’état des sondages d’opinion.

En effet, le mandat de député n’a pas de caractère impératif. Sa date de validité quoique prévue par la loi, n’est qu’indicative.

On le voit, tout ce micmac politico-structurel est la résultante d’une décision irréfléchie d’un homme qui considère le Congo comme son entreprise familiale sur laquelle nul autre que lui n’a de prise. Et qui peut l’organiser et la réorganiser à sa guise, sans tenir compte de toutes les considérations de principe qui président à la mise en place des normes constitutionnelles.

Pour paraphraser Georges Clémenceau qui parlait de guerre pour les militaires, je dirais que la question constitutionnelle est une chose trop sérieuse pour être confiée aux politiciens, même et surtout, entourés de juristes partisans.

L’OPPOSITION DOIT SE PREPARER POUR AFFRONTER L’ELECTION PRESIDENTIELLE

Alors, que reste-t-il à faire pour l’Opposition devant pareille occurrence? Dans les pays de Droit, des organes juridictionnels de régulation appropriés devraient être saisis, et toute cette manigance de passage en force anticonstitutionnel, voire de brigandage politico-juridique devrait encourir une sanction immédiate, allant jusqu’à la forfaiture.

Je crois que l’Opposition devrait intenter un recours devant le Conseil Constitutionnel au moins pour le respect de la date limite du 31 Juillet 2016.

Mais nous ne savons que trop ce qui peut advenir d’un recours dans un pays aussi « sous-géré » que le Congo, pour employer le terme d’un grand intellectuel congolais aujourd’hui rentré dans les rangs.

Bouder l’élection ? Certainement pas, si tant est que l’Opposition ne puisse réussir à l’empêcher, comme je le crains, pour la date imposée par le Tyran. Mais elle ne peut s’y prêter, tels des moutons de panurge.

Sassou-Nguesso, de toutes les façons, habitué au boycott et aux désistements, n’attend que sa posture habituelle de candidat exclusif, quasiment seul sur le ring, pour se battre avec quelques sparring-partners de son choix.

L’Opposition doit se préparer pour affronter cette élection. D’abord et avant tout, elle doit se regrouper autour d’un seul et unique candidat crédible en vertu du principe de « l’union fait la force ». Et pour minimiser tout risque de corruption de candidat pris individuellement comme on l’a vu dans un passé récent. Elle éviterait ainsi la tentation suicidaire de candidatures multiples et neutralisantes.

Personne actuellement dans l’Opposition ne peut se targuer de mener un combat solitaire envers et contre tous, en faisant fi de l’unité de rang qui mène à la victoire commune. C’est un impératif qui s’impose à toutes les composantes du FORCAD- IDC.

Celles-ci doivent ratisser large parmi les autres partis et associations politiques quelles que soient la couleur politique et l’ethnie de leurs dirigeants, pourvu qu’ils aient pour leitmotiv l’Alternance politique, la bonne gouvernance et l’unité nationale.

Bien plus, le caractère national d’un parti politique constituera, à n’en point douter, l’un des facteurs déterminants dans le choix de l’homme ou de la femme qui dirigera demain le Congo, pour trancher avec la vision obtuse et la politique sournoisement sinon ouvertement régionaliste de Sassou- Nguesso et du PCT, son bras séculier.

Pour autant, le gouvernement devrait se garder de décisions hâtives, à la veille de ces élections, quant à l’implantation des organes des partis politiques sur l’étendue du territoire national.

L’exemple du PCT n’est pas caractéristique d’une bonne organisation nationale, et d’un a priori détribalisé, ce parti politique naguère institution nationale, étant demeuré sur les plates-bandes étatiques qui l’ont vu naitre en 1969 sous le monopartisme.

Son financement est encore de nos jours assuré sur fonds publics, de façon plus ou moins déguisée et ses cadres sont des fonctionnaires émargeant au budget de l’Etat, à commencer par son Président qui n’est autre que le Président de la République, contrairement à la Constitution du 20 Janvier 2002 et même à celle du 25 Novembre 2015.

L’Opposition doit, quoi qu’il en soit, lutter pour que l’élection présidentielle ait lieu dans le délai constitutionnel proche de Juillet 2016 et qu’elle se tienne notamment sous l’égide des Nations Unies et de l’UA, ainsi que des Organisations internationales comme la Fondation Carter, spécialisées dans les questions électorales dans les pays de peu de fiabilité démocratique.

SASSOU NGUESSO EST EN SITUATION DE SURVIE POLITIQUE

Le Congo, plus que d’autres pays du Continent Africain, n’inspire pas confiance pour une élection inclusive et transparente. Il ne peut soulever le prétexte de souveraineté nationale. L’on sait que Sassou-Nguesso est passé maitre dans ce jeu de souveraineté factice quand cela l’arrange tout en étant prompt à ameuter les armées extérieures et les mercenaires pour lui venir au secours en cas de conflit interne.

On l’a entendu maugréer lorsqu’il est passé en force sur les interdits constitutionnels, pour organiser un faux référendum, sous prétexte que le Congo est un pays souverain, même au prix de plusieurs dizaines de morts. Comme si la souveraineté nationale incluait le droit pour un tyran notoire d’assassiner, d’emprisonner, de piller et de violer à sa guise les lois qui fondent un pays membre des Nations unies et de l’UA régies par des textes internationaux.

Sur ce plan au moins, il est disqualifié d’office pour pouvoir s’opposer à une intervention extérieure de nature technique, démocratique et paisible.

Je dois souligner avec force que Sassou-Nguesso est en situation de survie politique. Sa carrière de dictateur ne tient plus qu’à un fil. Mais il fera tout pour se sortir du guêpier, y compris par des actions d’illégalité flagrante, par exemple en écartant ou en corrompant certains candidats valeureux.

Il appartient donc à l’Opposition de le contrer sur le terrain de la légalité et des principes, sans rien exclure de tout ce qui peut permettre au pays de sortir la tête du bourbier dans lequel il a été plongé.

Un regroupement de forces opposées au PCT devrait être recherché méthodiquement en évitant toutefois des loups dans la bergerie, forces acquises aux idées novatrices d’alternance politique, insusceptibles de corruption et de trahison dans le climat délétère actuel qui constitue le champ traditionnel de prédilection de ce personnage absolutiste.

On le sait nageur en eau trouble, fomentant la division dans les rangs des militants des partis de l’Opposition, distillant le mensonge, semant la terreur et la peur dans les masses populaires pour mieux les dominer, surtout dans une situation aussi grave qui engage le Destin d’une Nation.

C’est ici le cas de souligner que les médias publics doivent être sollicités et mis à contribution avec le maximum d’efficacité, non seulement pour rejeter sa propagande brumeuse et envahissante, mais aussi et surtout pour faire passer les récriminations jusqu’ici étouffées de mauvaise gouvernance, de pillage, d’impunité et de clanisme exacerbé dont il est le champion hors catégorie.

Qu’on ne se méprenne pas sur le discours lénifiant du Ministre de l’Intérieur relatif au bulletin unique et à la mise en place de la commission électorale dite indépendante, dont il n’est pas encore certain qu’elle sera présidée par un membre désigné par l’Opposition comme ce fut le cas en 1992.

Il faut aussi et surtout nettoyer le fichier électoral de toutes ses scories, de ses faux électeurs, venant des pays frontaliers ou faisant doublon avec d’autres inscriptions. Il faut se méfier de l’intrusion des militaires dans les opérations électorales annexes, notamment dans le transport des urnes et dans la surveillance des bureaux de vote.

Et l’on ignore tout du vote électronique qui figure dans le cahier de charges de l’Opposition.

Doivent être exclues ou à tout le moins empêchées, les mains malhabiles ou malintentionnées dans la compilation et le décompte des résultats. Ce sont les mêmes qui falsifient les procès- verbaux avant leur publication officielle et qui parfois les brûlent purement et simplement pour éviter des contrôles ultérieurs de conformité.

Car il est évident que le tyran ne manquera pas de se proclamer élu dès le premier tour même avec le chiffre devenu proverbial de 5 % des suffrages exprimés, depuis son retour au pouvoir par les armes et les élections subséquentes.

JOSEPH STALINE, MEME MORT, EST TOUJOURS AU SECOURS DU PCT DANS L’ORGANISATION DE LA FRAUDE ELECTORALE

Révulsé par le scrutin de 1992 qui l’avait laissé pantois sur le tapis démocratique, il a juré de ne plus perdre une élection, surtout organisée par son régime. Qui dit mieux sur l’intention falsificatrice des résultats sortis des urnes ?

Ô fraude ! Ô infâme supercherie ! Comment éviter l’éventualité inimaginable à mes yeux de : « un coup- chaos » qui se mijote déjà dans les coins et recoins du pays occupé par les tentacules de la pieuvre sassouiste ?

Même si l’on peut penser que le fruit est mûr et qu’il ne lui reste plus qu’à tomber, il peut tomber sur une branche en s’y accrochant. Ne faudrait- il pas alors secouer vigoureusement l’arbre, afin qu’il ne soit pas comme ce coq à la tête coupée qui néanmoins continue de marcher ?

L’opposition et le vaillant peuple congolais doivent se souvenir opportunément de ce qu’avait dit Joseph Staline : « Il est déjà bien suffisant que les gens sachent qu’il ya eu une élection. Les gens qui votent ne décident rien. Ce sont ceux qui comptent les votes qui décident de tout ».

Le Parti Congolais du Travail et son Chef sont en Afrique de grands héritiers de cette pratique soviétique de triste mémoire.

Je ne saurais trop inciter à la vigilance d’autant que la justice est loin d’être favorable à l’Opposition, c’est le moins qu’on puisse dire. L’Opposition doit gagner haut la main l’élection présidentielle et plus tard le scrutin législatif.

Elle doit obtenir une victoire écrasante incontestable, car un résultat à l’arraché ne lui serait pas reconnu par la fameuse commission électorale indépendante, et par la Justice, du moins tant que Sassou-Nguesso sera à la tête des institutions, même dans l’hypothèse où il ne serait pas lui- même candidat, au profit de Denis Christel, dit KIKI, à supposer qu’il en vienne à devancer le programme d’accréditation de son rejeton.

Un tyran n’est pas un enfant de chœur. C’est un état d’esprit et une pratique quotidienne dans tous les domaines, dans toutes les circonstances de la vie ; il tient toutes les institutions en laisse, aussi bien politiques, civiles, militaires, administratives que judiciaires ; il n’hésite pas à mâter, à tuer et à défier même ceux qui l’ont placé sur le trône.

Son objectif est de durer encore dans son réduit fortifié, avec sa garde prétorienne, ses miliciens, ses mercenaires, sa police « nationale », son Armée « nationale », sa gendarmerie « nationale », son carré de partisans civils, son cercle mystico- fétichiste, son Trésor « public », Son pétrole « national », son poison, sa conception politique proche de l’homme des cavernes et son impressionnant carnet d’adresses extérieures.

Toutefois, ce dernier atout a commencé par s’effilocher depuis le jour de ses manigances anticonstitutionnelles.

S’il a déjà créé 9 constitutions et actes fondamentaux, pourquoi ne pourrait-il pas en créer une dixième pour pouvoir « continuer son œuvre », toujours inachevée, jusqu’à ce que mort s’ensuive sur le métier. Au point où en sont les choses aucune hypothèse n’est exclue.

Il faut donc l’arrêter net ici et maintenant par un rejet électoral sans ambages, car cet homme est dangereux, faute de quoi il mènera le Congo vers « l’immergence » c'est-à-dire à la noyade, dans l’Alima sans doute, à défaut de l’émergence économique et sociale, attendue pour l’horizon 2025.

L’attention du Peuple congolais est particulièrement attirée. A lui de prendre ses responsabilités.

A cette date, en effet, il aura accompli ses deux nouveaux mandats de 5 ans chacun, si on le laisse de nouveau s’autoproclamer élu demain. Ce qui lui permettra plus tard d’instituer, avec une Opposition blasée, un Peuple interloqué et une Communauté internationale noyautée, soit son Royaume d’Oyo, soit sa Présidence à vie, soit une Vice- présidence de la République confiée à KIKI dans l’optique d’une Dyarchie, comme c’est actuellement le cas d’Andorre et de Saint Martin, survivances de l’Antiquité Romaine et Carthaginoise.

Et ce, moyennant tenez vous bien, un changement de la Constitution du 25 Novembre 2015.

Tous mes meilleurs vœux de bonheur et de prospérité pour le nouvel An à vous tous, chers frères et sœurs, chers amis, qui liront ces lignes ou qui en entendront parler.

Alphonse Souchlaty Poaty, le 27 Décembre 2015

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Alphonse Souchlaty-Poaty - dans Sassou Nguesso Congo-Brazzaville PCT Sud-Congo

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