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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 09:16
(Congo-Brazzaville) Au Congo, l'amende colossale d'ALSTOM donne des sueurs froides aux pétroliers TOTAL S.A. et ENI

Avertissement à nos lecteurs, Congolais ou pas, qui résident en République du Congo : la diffusion des informations publiées dans cet article est interdite dans ce pays. La nouvelle constitution promulguée par le dictateur congolais, Denis Sassou Nguesso, réprime sévèrement la dénonciation des crimes et délits commis par lui-même et par ses proches.

Par Rigobert OSSEBI -

Avertissement à nos lecteurs, Congolais ou pas, qui résident en République du Congo : la diffusion des informations publiées dans cet article est interdite dans ce pays. La nouvelle constitution promulguée par le dictateur congolais, Denis Sassou Nguesso, réprime sévèrement la dénonciation des crimes et délits commis par lui-même et par ses proches.

Ce dernier vendredi 13 novembre, une importante information est passée complètement inaperçue du fait des évènements dramatiques que la France a connus le même jour.

« Un juge fédéral du Connecticut a condamné ALSTOM, le vendredi 13 novembre 2015, à une amende de 772,3 millions de dollars (475 milliards de FCFA) dans une affaire de corruption.

Il s’agit de la plus importante amende infligée à une entreprise par le gouvernement fédéral américain pour violation de la législation des Etats-Unis relative à la corruption.

Selon le département de la Justice, le groupe industriel français a déboursé plus de 75 millions de dollars de pots-de-vin pour s’assurer quelque quatre milliards de dollars de contrats à travers le monde. »

ALSTOM constructeur du TGV, de rames de métro et de centrales thermiques n’était pas spécialement réputé pour ce genre de pratiques commerciales. La société française a donc été condamnée à payer une amende qui représente 10 fois les montants versés à des décideurs ou à leurs intermédiaires…

N’importe quel Congolais pourrait être indifférent à cette dépêche et ne pas se sentir concerné par une décision de justice étrangère. Pourtant, chacun peut en être sûr, elle n’a pas échappé aux directions générales des compagnies minières et pétrolières qui ont des activités de production en Afrique et tout particulièrement au Congo-Brazzaville. Elles en ont parfaitement enregistré le contenu et son importance ; et plus encore, celles qui comme TOTAL et ENI sont cotées à la Bourse de New-York.

Comme nul ne l’ignore, la République du Congo, est devenue un des pires pays de la planète s’agissant, entre autres, de la corruption. L’exploitation pétrolière est sa première ressource. La famille Nguesso qui se l’est appropriée, contrôle, selon le bon vouloir de Kiki, sa distribution. D’autres, demi-frères et demi-sœurs, oncles et tantes sans oublier le chef de clan-président, interviennent dans tous les secteurs des fournitures et des services parapétroliers. Rien ne saurait échapper à leurs griffes tentaculaires et à leur insatiabilité criminelle : locations de logements, restauration, hôtellerie, locations de véhicules lourds et légers, locations d’avions et d’hélicoptères, engins spéciaux, bateaux, travaux publics, travaux sous-marins, personnels intérimaires, gardiennage, locations de barges (de la plus petite jusqu’à la plus grande), construction de pipeline et contribution au développement des nouveaux champs. Sans oublier la participation à des permis pétroliers, comme nous l’avons déjà vu avec Likouala SA et les associations dans les blocs du secteur Sud (avec AOGC, Kontinent, Petro-Congo). Les Sassou ou Nguesso sont partout et même la fourniture d’enveloppes (vides) est soumise à leur racket et toute marchandise transportée se plie à la taxation obligatoire de la sulfureuse SOCOTRAM de Willy Nguesso.

Durant la guerre de 1997, les bureaux d’ELF à Brazzaville avaient été incendiés, sans déplaisir ni chagrin pour les dirigeants de la compagnie française. Grâce au Ciel (et au « Cloud » qui permet maintenant la sauvegarde de toutes les données), nous n’en sommes pas encore là, à Paris ou à Milan. A la Défense, on aurait tout de même ordonné aux cadres de Pointe Noire de plus avoir de documents sensibles dans les bureaux au début février 2016 au plus tard. Pour quelles raisons ? Mystère…

Cependant, il se pourrait bien que tous les domaines, cités plus haut dans lesquels intervient la monarchie prédatrice congolaise, aient fait l’objet d’appels d’offres publiques. Grâce au génie et à la capacité créatrice des membres de cette dernière, il est fort possible qu’à chaque fois elle aurait été la moins-disante avec sans conteste la meilleure offre ; les contractants n’auraient alors aucun souci à se faire. Mais au cas contraire, tous marchés accordés de gré à gré sans appel d’offres à un même groupe de personnes seraient très difficiles à justifier.

Quoi qu’il en soit, tant que Monsieur Denis Sassou Nguesso préside l’Etat Voyou de la République du Congo tous ses partenaires économiques, et complices, n’ont pas le moindre souci à se faire. N’allons pas croire que sa prétendue capacité à stabiliser son pays et plus largement la sous-région est la raison pour laquelle personne d’autre que lui ne pourrait être à la tête du Congo. Nous l’avons bien vu, le tyran congolais est devenu totalement infréquentable. Lors du récent sommet extraordinaire de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale) qui était consacré, le 25 novembre dernier à Libreville, à la sortie de crise en Afrique Centrale et au Burundi, aucun des 10 autres Chefs d’Etat n’avait consenti à faire le déplacement pour se retrouver à ses côtés.

Sassou Nguesso en Afrique Centrale n’est pas la solution, il en est le principal problème ! Alors le soutien dont il bénéficie à Paris, à Rome et à Bruxelles ne se justifie en rien dans cette pseudo capacité à maintenir la région et son pays dans la paix. Bien au contraire… !

Il y a un an et demi, la banque BNP Paribas avait été condamnée à une amende record de 10 milliards de dollars aux Etats Unis pour son rôle joué en Irak dans le programme « pétrole contre nourriture ». Depuis, alors qu’elle avait été la banque de référence du pétrole congolais dès 1999 avec ses fameux préfinancements, BNP-Paribas s’interdit tout contact d’affaires avec le régime de Brazzaville/Oyo.

A l’aune des amendes infligées à ALSTOM et à BNP-Paribas, il est aisé d’imaginer que des inspecteurs de la SEC (Security Exchange Commission) de la Bourse de New-York pourraient s’en donner à cœur-joie s’ils étaient autorisés à débarquer au Congo-Brazzaville. Les amendes potentielles qui pourraient frapper les principaux partenaires du Congo pourraient atteindre aisément le double, voire le triple de celle qui a déjà frappé la banque du Bd des Italiens à Paris…

Ce scénario-catastrophe est fort heureusement exclu, le tyran est sur la voie royale d’une présidence à vie à laquelle son héritier pourra succéder. Trente années supplémentaires de pouvoir pour les Nguesso et tous les dossiers tordus seront prescrits et jetés aux oubliettes. Que l’Europe pouvait offrir de mieux à quelques-unes de ses plus puissantes compagnies ? Peu importe que les Congolais s’enfoncent de plus en plus dans la misère ou qu’ils soient obligés de s’exiler même au diable !

Les crimes de sang rejoindront bientôt les crimes économiques et l’Europe saura rester muette. Les activités de production ne s’arrêteront pas pour autant, comme ce fut le cas en 1997 ; pour le plus grand bonheur des acteurs de cette industrie et de leurs actionnaires !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

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