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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 17:33
Congo-Brazzaville : Le dictateur Sassou Nguesso, fossoyeur des forêts primaires congolaises, invité d'honneur de la Cop 21

Par Rigobert Ossebi

Le timing, le bon timing, anglicisme du « bon moment », est toujours très important et particulièrement en politique où il est essentiel. Avant, c’est trop tôt ; après c’est trop tard !

En a-t-il été ainsi pour la manifestation du 27 septembre 2015 alors que l’opposition IDC-FROCAD avait donné son accord pour que les manifestations contre le Référendum soient reportées à cette date après les Jeux africains, grande messe dédiée à la gloire corruptrice de Denis Sassou Nguesso ?

Il est clair que si le rassemblement de l’opposition s’était tenu plus tôt au début du mois de septembre, l’histoire du Congo en aurait été sûrement changée. Comme il est impossible de la réécrire et qu’il est inutile de rechercher des boucs émissaires, mieux vaut simplement que chacun tente d’en tirer les leçons qu’il pourra, surtout pour les prochains évènements.

Incontestablement la COP21 sera l’occasion majeure d’attirer « peut-être » l’attention des médias internationaux sur ce qui se sera passé au Congo-Brazzaville avant son déroulement du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris.

Déjà, les lobbyistes et proches de « Monsieur Zigzag », comme le Canard Enchainé vient de surnommer François Hollande, tentent de recoller les morceaux de la « solidarité socialiste avec l’Afrique » brisée par l’inattendue soutien historique au dictateur congolais Denis Sassou-Nguesso du 22 octobre 2015 qui a rejoint, dans l’histoire du continent africain, celle non moins historique de Nicolas Sarkozy dans son discours de Dakar du 26 juillet 2007.

Les dégâts, comme l’on en s’était aussitôt rendu compte par la vigueur des réactions dans toute l’Afrique, sont immenses. Le pire pour le Parti Socialiste et pour les ambitions futures de François Hollande en sont les intentions de vote manifestées par la communauté franco-africaine en faveur des Verts ou plus encore pour le Front National. Il faut reconnaître que les déclarations du député européen Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, ont été parfaitement équilibrées et particulièrement appréciées par les électeurs d’origine franco-africaine en général et franco-congolaise en particulier, qui en étaient la cible.

Dans les années soixante jusqu’aux années quatre-vingt-dix, le « vote juif », en France, était souvent mis en avant pour avoir été, prétendument ou pas, décisif. Or cette communauté n’a jamais dépassé les 800.000 personnes et son niveau est bien retombé depuis. En 2008, on comptait dans ce pays 1 239 000 personnes issues de l’immigration subsaharienne. Il est fort à parier aujourd’hui que le chiffre de deux millions n’est plus éloigné. On peut mesurer alors l’intérêt de Monsieur Louis Aliot et la juste inquiétude du camp Hollande.

Le timing est parfait pour réveiller cet électorat qui sommeillait profondément comme un Denis Sassou Nguesso au matin du 5 juin 1997 à Mpila… Par courrier ou sur les marchés de toute la France, il faudra le dire aux candidats PS qui solliciteront votre vote lors des scrutins du 6 et 13 décembre prochain ; en plein déroulement de la COP21.

Après avoir lu et entendu toutes les réactions négatives à la déclaration de Monsieur Zigzag, le vote franco-africain portera et il se fera savoir dans les résultats ; à moins, bien entendu, d’un évènement extraordinaire et improbable, d’ici-là, auquel certains veulent nous faire croire… !

(Voir photo en bas de page)

C’est également le bon timing pour communiquer auprès des élus du monde entier et en particulier des écologistes qui viendront à la COP21. Denis Sassou Nguesso, en plus du sang frais de nos derniers martyrs qui colle aux mains de ses sbires, n’est pas des leurs. Il n’est certes pas « le » responsable du réchauffement climatique mais il y a contribué indiscutablement en se glissant dans la peau d’un Tarass Boulba de nos forêts primaires.

La production de bois sous toutes ses formes culminait au Congo, avant son brutal retour en 1997, entre 500 et 600.000 m3 par an. Elle a été depuis multipliée par près de 5 aux environs de 2,5 millions de m3 par an. Le bois est essentiellement exploité par des membres du clan ou proches d’eux au travers de sociétés personnelles ou dans lesquelles ils sont associés comme dans les permis attribués à des compagnies asiatiques. Même le monsieur propre anti-corruption, la légende africaine Jerry Rawlings, a également trempé son bras dans le container de miel congolais, par celui de son épouse interposée, en reprenant le permis du Français Jean-Louis Bonnafous chassé pour lui faire de la place à Ignélé dans la Likouala.

Sassou-Nguesso-Tarass-Boulba, dans son style qui lui est propre (celui de vouloir pour lui « le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière »), rase nos forêts du Bassin du Congo et attend de la COP21 qu’elle lui réserve une part importante des 100 milliards de dollars annuels qui seront attribués aux pays en voie de développement. Le tyran congolais qui rémunère très généreusement ses lobbyistes, parfois à l’intérieur même des institutions internationales comme ce fut le cas lors de l’accession du riche Congo au PPTE (Pays Pauvres Très Endettés), est encore une fois sûr de son coup… ! Il ramassera comme toujours un gros paquet, quitte à laisser des miettes aux mêmes relais.

Son gendre, le Maire de Brazzaville, Hugues Ngouélendélé, que l’on dit être la personnalité la plus influente et active du pays auprès des réseaux, veille de très près à la réception à laquelle son tyran de beau-père aura droit à Paris. Par son implication continue dans l’AIMF (Association Internationale des Maires Francophones) dont Anne Hidalgo est la présidente, il a obtenu que beau-papa soit l’invité d’honneur du prochain sommet qui se tiendra, en plein COP21 le 4 décembre 2015. Joli coup, mais sacré pétrin dont les organisateurs vont sans aucun doute vouloir se sortir !

Un certain Jacques Chirac s’était déjà servi de la Mairie de Paris et de l’AIMF comme d’un tremplin pour la présidence de la République française à laquelle il accéda en 1995. Anne Hidalgo, qui ne cache plus avoir cette même ambition, a veillé à rencontrer Denis Sassou Nguesso le matin du 4 septembre 2015 avant la cérémonie d’ouverture des Jeux africains à laquelle elle assista joyeusement. C’est si bon de venir rire et s’éclater au Congo Brazzaville quand 70% de la population vit dans l’extrême pauvreté… !

Anne Hidalgo aux Jeux Africains de Brazzaville (4 septembre 2015) - voir photo en bas de page

Quand on connait le rôle essentiel que joua Denis Sassou Nguesso auprès de Jacques Chirac et vice-versa, on comprend la disponibilité de Madame la Maire de Paris et l’on peut légitimement se demander si cette dernière n’aurait pas influencé le Président français dans sa sortie de route, zigzag catastrophique, du 22 octobre dernier…

(Voir programme de Mme Hidalgo en bas de page)

D’ailleurs dans l’environnement de François Hollande, Madame Hildalgo n’est pas la seule à avoir eu de l’intérêt pour rencontrer le charme particulier de Denis Sassou Nguesso. Avant elle, l’ont été Madame Christiane Taubira, avant et après sa campagne électorale de 2002 (qui en partie disqualifia Lionel Jospin), Christine Ockrent épouse Kouchner, Yamina Benguigui qui était aussi souvent ou presque à Brazzaville qu’à Paris lorsqu’elle faisait partie du gouvernement et Elisabeth Guigou, présidente de la Commission des Affaire étrangères au Parlement qui refusa de recevoir l’opposition congolaise mais laissa filer son époux au dernier Forum Forbes Africa alors que le Département d’Etat du temps d’Hillary Clinton refusa que Bill y mette les pieds ; ceci dit sans misogynie aucune, bien entendu… !

Le timing est doublement excellent pour que l’opposition congolaise se manifeste intelligemment et efficacement. Les noms d’oiseaux inutilement lancés lors des manifestations parisiennes avaient été mal accueillis et mal sentis au Quai. Ils ne justifiaient pas pour autant les remontrances sévèrement paternalistes administrées, par Jean-Christophe Belliard le patron de la direction Afrique et océan indien (DAOI) du Ministre des Affaires étrangères, aux visiteurs congolais.

La présence de Denis Sassou Nguesso à Paris lors de la COP21, finalement n’est plus le problème de l’opposition congolaise, elle est devenue le problème de la France, socialiste ou pas, qu’elle va déranger. Ce monsieur est devenu encombrant ! Dérangeant ! Il sera plus mal venu que jamais du fait de sa notoriété récente, gagnée par son référendum-coup-d’Etat-constitutionnel truqué et au score volontairement exagéré pour mieux insulter les Chefs d’Etat qui s’y étaient opposés et qui seront présents à ce prochain sommet dédié à la lutte contre le réchauffement climatique.

Il faudra accentuer la communication et le discours des politiques sur la kleptocratie, le vol, les détournements, l’accaparement des ressources naturelles et dernièrement des permis pétroliers qui dépassent de beaucoup tout ce qui se fait dans les autres pays mêmes fortement corrompus. Ainsi, toute personne qui sera sensée se rapprocher de notre tyran verra peser sur elle de légitimes soupçons de corruption. Pour preuve, il suffit de se rappeler le déchainement médiatique dont nous avions été à l’origine, dans ce registre, lorsque Jean-François Copé et Rachida Dati s’étaient rendus à Brazzaville en 2013. Répondant aux leaders socialistes, Jean-Christophe Cambadélis et autres, la presse française s’était lâchée contre les visiteurs. De nos jours, les encartés PS, sommet y compris, n’hésitent plus à rendre visite à notre dictateur, dans son étage réservé d’un palace parisien ou au fin fond du bled sans que personne n’y trouve à redire. On se demande bien en quoi il serait devenu soudain fréquentable à part le faux prétexte de l’incendie centrafricain rallumé comme par hasard le 27 septembre dernier.

Le timing est on ne peut plus excellent pour marquer les points qui manquent à l’opposition. Cette dernière doit plus que jamais, à l’intérieur comme à l’extérieur, avancer en rangs serrés et les absents n’auront plus d’excuses… Nous ne sommes plus en 1977, ni en 1997 sans moyens de communication comme l’internet et les réseaux sociaux.

Nous sommes en 2015, Monsieur Denis Sassou Nguesso, Mesdames et Messieurs les inconditionnels de la France-A-Fric et le monde a changé… !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

Congo-Brazzaville : Le dictateur Sassou Nguesso, fossoyeur des forêts primaires congolaises, invité d'honneur de la Cop 21
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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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