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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 12:17
La nouvelle constitution engage le Congo-Brazzaville dans un suicide collectif

L'AMNISTIE A VIE ! -

Le ridicule ne tue pas pour M. Denis Sassou Nguesso qui vient, une fois de plus, réaffirmer sa barbarie et sa folie meurtrière à la face du monde, avec l’organisation d’un référendum de la honte et de la mort pour toute la nation congolaise. Avec cette nouvelle constitution, plébiscitée par des électeurs fictifs du palais de Mpila – les électeurs congolais ayant majoritairement déserté les bureaux de vote – lors du référendum du 25 octobre dernier, la République du Congo vient d’emprunter la voie de la mort. Et pour cause! On épilogue beaucoup sur l’article 65, qui réduit le mandat présidentiel de sept à cinq ans, et l’article 66 ayant fait sauter le verrou de la limite d’âge pour être candidat aux fonctions de Président de la République. Cela peut se comprendre d’autant plus aisément que ces articles permettent à Denis Sassou Nguesso, l’indispensable « bâtisseur infatigable » des tours d’ivoire sur les berges de l’Alima, de briguer un nouveau mandat, aux termes de son mandat actuel, alors que le peuple congolais dans sa majorité la plus écrasante ne veut plus de lui.

Mais ce qui n’est pas assez souligné dans les différents commentaires et analyses sur cette nouvelle constitution, c’est l’article 96. Cet article constitue en soi un acte de décès, de génocide, de disparition, de chaos, d’enfer… pour la nation congolaise. Il est ainsi libellé : « Aucune poursuite pour des faits qualifiés crime ou délit ou pour manquement grave à ses devoirs commis à l’occasion de l’exercice de sa fonction ne peut plus être exercée contre le Président de la République après la cessation de ses fonctions. La violation des dispositions ci-dessus constitue le crime de forfaiture ou de haute trahison conformément à la loi ». Si une telle constitution entre en vigueur, le Congo est mort!

C’est en effet un droit de tuer, de piller, de vandaliser, de violer, bref de détruire la nation qui est accordé au Président de la République, que ça soit monsieur Sassou Nguesso, qui se voit ainsi lavé de tous ses crimes de sang et de pillage des richesses du pays, ou quelqu’un d’autre qui lui succédera. Dans tous les pays modernes, il y a toujours des garde-fous, c’est-à-dire des dispositions légales qui font qu’un président de la république ne puisse se permettre des dérapages susceptibles de lui occasionner des poursuites judiciaires à la fin de son mandat. Or, avec une telle constitution, un président de la République du Congo peut librement brader les richesses du pays ou se les approprier individuellement, disposer de la vie de tout citoyen (surtout de tous ceux qui oseraient s’opposer à sa politique) sans être inquiété par qui ou par quoi que ce soit, surtout qu’il ne peut être extradé ni jugé par une juridiction étrangère, selon l’article 10 de cette même constitution on ne peut plus mortifère.

Comment les cadres du Parti congolais du travail (PCT), qui sont des intellectuels du 21e siècle, peuvent-ils pondre un tel Léviathan pour leur pays? Comment soutenir de telles idées suicidaires pour la nation et avoir une conscience tranquille? En écrivant ces lignes, une image nous revient en mémoire, celle d’un Bernard Tchibambelela, ministre de la pêche et de l’aquaculture, secrétaire général du MCDDI (Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral) – Aile Landry Kolelas inféodée au PCT, qui martelait dans un mégaphone, devant quelques individus venus l’écouter au cours de la campagne électorale pour ce pseudo référendum, à Mbanza-Ndounga (département du Pool): « C’est une très, très, très bonne constitution ».

Oui, en effet, pour faire la politique au Congo-Brazzaville, il faut avoir des « couilles bien suspendues », comme dirait l’autre, c’est-à-dire qu’il faut carrément se dépouiller de son humanité. Sinon, comment comprendre que des hommes civilisés en arrivent à ce genre d’aberrations qui poussent les chevaux du Colorado à se nourrir d’une plante qui les empoisonne? Comment peut-on adopter une telle constitution, alors que l’expérience de la gouvernance politique d’hier et d’aujourd’hui a mis à nu toutes les velléités dictatoriales, kleptocratiques et scélérates des hommes politiques congolais, de quelque que bord que ce soit. L’heure n’est-il pas arrivé de mettre en place des mécanismes légaux qui soient dissuasifs vis-à-vis de telles velléités, plutôt que de nous pondre une foi fondamentale qui les encourage?

L’heure est vraiment grave, car la République du Congo s’enfonce de plus bel dans la barbarie et la folie meurtrière. L’heure est vraiment grave car il s’agit d’une loi fondamentale qui sacralise le vice au lieu de le combattre, qui béatifie les vicieux au lieu de les excommunier.

L’heure est grave, car il s’agit d’une loi fondamentale qui afflige les victimes et console les bourreaux. Il faut vraiment faire feu de tout bois pour que ce référendum soit annulé et que la constitution scélérate n’entre jamais en vigueur. Autrement, Sassou Nguesso aura engagé le peuple congolais dans un suicide collectif; chaque Congolais n’aura plus que ses yeux pour pleurer les victimes des mortiers et des canons, de la soif et de la faim, avant de les emboîter le pas dans la demeure éternelle où il n’y aura plus certainement de pleurs et de grincement de dents.

Mattathias BILELO

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