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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 20:34
(Congo-Brazzaville) IL (Sassou) DOIT RESTER VIVANT...

IL DOIT RESTER VIVANT... POUR PAYER

Dans notre dernier numéro du 5 juin 2008, nous avons repris le « discours » (bien sûr fictif) de Nicolas Sarkozy au Beach de Brazzaville. Quand la censure frappe, il faut que des confrères prennent le relais de ceux qui sont censurés pour dire au monde que la liberté d’expression, la liberté de la presse sont intangibles et non négociables. Voici, l’un des articles publiés à Brazzaville par le journal L’Amicale, et qui lui a valu sa suspension.

Le 15 août 1963, par un coup d’Etat, le premier de l’histoire du Congo, le premier président élu du Congo, l’abbé Fulbert Youlou est renversé. Le coup d’Etat est aussitôt baptisé « révolution ». Parmi les tombeurs de Youlou se trouve, tapis dans l’ombre derrière Noumazalayi, un nommé Denis Sassou (qui ajoutera plus tard à son nom celui de Nguesso), camarade de promotion de feu Barthélémy Kikadidi mort dans des conditions jamais élucidées à ce jour.

C’est vrai, l’homme n’est pas seul, puisque dans le lot figurent Marien Ngouabi, Yhombi-Opango, Justin Lekoundzou, Ndalla Graille, Combo-Matsiona, etc. Les mêmes que, voici 40 ans déjà, l’on retrouve encore aujourd’hui sous Sassou IV, en 2003, de façon discontinue, sans traversée de désert.

Nous braquons nos projecteurs sur un homme. Un seul : Denis Sassou Nguesso. Parce qu’il est présenté aujourd’hui, au regard de son palmarès lourd de conséquences, comme étant le Responsable de toutes les tragédies que ne cessent de connaître le Congo et les Congolais.

Il est donc clairement établi, à n’en point douter, que cet homme, Sassou Nguesso, est le « Number One » de toutes les calamités et tous les malheurs que vivent les Congolais. A ce titre, il est vital pour la manifestation de la vérité que cet homme reste impérativement vivant afin qu’il instruise, le moment venu, les juridictions compétentes – le Tribunal pénal international de La Haye (TPI) ou la Cour pénale internationale (CPI) – comment le Congo en est-il arrivé là !

Le président Bush avait conseillé à Saddam Hussein de partir en exil pour lui épargner une fin de règne indigne ! Mais Saddam savait qu’il y avait au tournant l’ombre du TPI qui rodait quelque part et autour de lui pour lui exiger, le moment venu, des explications sur l’extermination de 9 000 kurdes gazés par ses services.

Le « pétro-dictateur » d’Irak avait compris que lorsque les USA font le ménage, ils ne s’arrêtent jamais en cours de route… comme les Européens. Saddam s’est rappelé de la Yougoslavie avec ses criminels de guerre – les Milosevic & Co de la même trempe que les Radovan Karadzic et leurs crimes de guerre, crimes contre les droits de de l’Homme, dictature et complicité d’actes terroristes…

Pour Sassou Nguesso. Que dit la onzième chambre de la Cour d’appel de Paris dans ses attendus du 3 juillet 2002 ? Qu’il est établi que : « Sassou Nguesso est définitivement et officiellement un « dictateur », auteur de « crimes contre l’humanité » et d’évoquer sa « complicité » dans l’attentat du DC10 d’UTA, donc Sassou est un « terroriste ».

Qui dit mieux !

Pour l’Irak, à notre connaissance aucune juridiction européenne n’avait reconnu Saddam responsable de tous les maux qu’on lui attribue aujourd’hui pour le chasser. Tout le monde savait que Saddam est un « pétro-dictateur » au même titre que Sassou Nguesso. Ce qualificatif en soi est déjà un grand crime qui mérite d’être traduit devant les autorités compétentes, c’est-à-dire le TPI par exemple. Mais tout le monde se taisait.

Pour Sassou, tout le monde sait et les tribunaux ont des attendus…

Voilà pourquoi il serait hautement souhaitable que Sassou Nguesso, ce franc-maçon de la Grande Loge Nationale de France, explique un jour au Tribunal pénal international de La Haye, et à la communauté internationale pourquoi a-t-il ordonné le viol de 3 422 femmes du Pool (Cf. : Agence de presse PANA du 2 août 2002), le déplacement de plus de 66 000 personnes du Pool vers d’autres régions et le massacre « officiel » de plus de 200 000 personnes (Cf. : Agence IRIN, Nairobi, 30 juillet 2002) ?

Autre argument : Sassou doit rester impérativement en vie et traduit devant le TPI pour que les parents des victimes de sa dictature aient une réponse à la disparition des leurs. Le tuer, c’est laisser les gens avec des questionnements et donc des blessures morales inguérissables, donc impossibles à se cicatriser…

Enfin, en guise de subsidiarité, il faudrait que Sassou explique au Congo tout entier et à la communauté internationale :

  • pourquoi Katali a été assassiné ?

  • pourquoi l’assassinat du commandant Kiyindou ?

  • pour quelles raisons le capitaine Anga a été également assassiné ?

  • les raisons qui ont prévalues à l’assassinat ignoble des présidents Ngouabi et Massamba-Débat ?

  • l’assassinat de Pierre Kinganga, Ange Diawara, Barthélémy Kikadidi, Auxence Ikonga, etc. ?

  • à l’église le pourquoi de l’assassinat du Cardinal Biayenda ?

  • le comment du pourquoi avoir mis le président Yhombi-Opango en prison puis en résidence surveillé, massacré ensuite les parents du président Yhombi alors qu’ils n’avaient rien à voir dans l’engagement politique de leur enfant ?

  • l’affaire des bombes de Maya-Maya et l’embastillement de Thystère-Tchicaya et Ndalla Graille dans cette affaire, même si ces temps derniers mangent aujourd’hui dans sa main ?

  • la mise à sac de son palais de La Glacière, construit dans les années 90, en quittant le pouvoir en 1992 ?

  • l’affaire des disparus du Beach de Brazzaville dont les corps n’ont jamais été rendus à leurs familles ?

  • le massacre programmé à grande échelle des populations de la région du Pool ?

  • etc.

Naturellement, cette énumération n’est pas exhaustive. Mais au TPI ou à la CPI, il y a les compétences nécessaires qui permettront de mettre en lumière les zones d’ombre qui ont fait qu’un pays comme le Congo, avec un taux de population faible et des richesses nationales importantes deviennent le pays le plus pauvre et le plus endetté de la planète.

Le cardinal Decourtray n’avait-il pas dit, en avril 1992, à propos de l’affaire Touvier, en France : « L’oubli alimente le ressentiment. C’est le contraire du pardon qui ne va pas sans l’aveu. »

« La réparation morale et matérielle due aux victimes, réparation dont le possible repentir du coupable ne saurait dispenser, n’a pas eu lieu. C’est un peu comme si les victimes étaient une seconde fois niées dans leurs droits au respect et à la dignité, ou plus simplement encore à la vie », a dit en 1992, André Jacques, président de l’ACAT.

Nous devons entrer dans l’histoire, celle qu’on a l’obligation d’écrire et que l’on doit tout d’abord à ceux qui en furent les acteurs. Car la Nation a besoin de connaître la vérité, sa propre Histoire. Dans le cas où l’impunité survient en hâte, et permet d’esquiver ce travail nécessaire, des pages entières du passé sont arrachées et l’identité en est affectée.

L’amnistie, telle que nous la brandit le régime en place, est un rendez-vous manqué de la mémoire nationale. Certes, il faut pardonner. Mais le pardon met à nu l’existence de la souffrance et de l’injustice. Il suppose une relation restaurée, transformée entre victime et coupable, c’est pourquoi on peut dire que seule la victime est en droit et en position de pardonner. Le pardon n’excuse rien, il libère la victime de l’obsession, de son tourment et du ressentiment, tandis que le coupable est appelé à se transformer après s’être repenti (s’il en est capable). C’est donc l’offensé qui prononce le pardon et non le bourreau. Il n’y a de pardon authentique que dispensé par qui a été offensé ou maltraité et en réponse à un aveu sincère, accompagné d’un vrai repentir, sinon c’est confondre miséricorde divine avec le pardon d’homme à homme. Tout homme a droit à l’erreur et s’il agit avec intime conviction, sincère, cette attitude diminue sa culpabilité.

Erreur de jugement ou culpabilité de comportement ? Seule la justice peut répondre et il est inadmissible de s’y soustraire. Certains actes sont prescrits par le droit et la morale : ainsi la torture et les exécutions sommaires, la discrimination raciale, tribale, clanique, les prises d’otages, les arrestations arbitraires et les emprisonnements sans jugements. Ce sont là des interdits. Or, accorder l’impunité aux tortionnaires, c’est-ce pas banaliser la torture ?

En revanche, établir les faits et les responsabilités en toute vérité et justice consiste à semer les graines d’une éducation aux droits de l’homme qui s’appuie sur la responsabilité individuelle et collective. Cette dernière n’innocentant pas la première.

En conclusion, une fausse paix qui laisse couver sous la cendre les restes encore vifs d’une idéologie perverse est plus dangereuse que l’affrontement et la concertation.

Voilà pourquoi, il est nécessaire que Sassou reste impérativement en vie pour qu’il rende aux Congolais leur Histoire, celle de tous les Congolais pour qu’ils amorcent la vraie réconciliation.

Toutes ces questions méritent d’avoir une réponse… sans cela, les plaies ne recevront jamais le baume apaisant qui scelle toute unité nationale.

Pour la paix pérenne au Congo !

MOUKALOU & BOUAKABOUENI

(Extrait du journal L’Amicale, numéro 132, du 12 février 2008)

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Moukalou et Bouakaboueni - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Tribune libre opinion

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