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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 01:50
(Congo-Brazzaville) CEVE : Cellule de veille stratégique - Minute politique d'août 2015

CELLULE DE VEILLE STRATEGIQUE (CEVE)

veillestrategique@gmail.com

MINUTE POLITIQUE D’AOÛT 2015

L’analyse politique de la situation actuelle de la République du Congo peut se s’apprécier à travers le prisme du rôle que jouent les différents acteurs autour de la question de l’inéligibilité de Denis Sassou Nguesso due aux articles 57, 58 et 185 de la constitutions du 20 janvier 2002 . Ceux-ci fixent tour à tour l’âge maximum d’un candidat à l’élection présidentiel, limitent le nombre de mandats possibles et protègent les deux premiers contre tout hold-up politique.

  1. 1. L’OPINION GENERALE

Que pensent réellement la majorité du peuple et l’opinion internationale sur la question du changement de la constitution du 20 janvier 2002 pour permettre à Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat?

L’opinion nationale et internationale est totalement opposée à l’idée du changement de la révision de la constitution du 20 janvier 2002.

Les congolais ne sont pas nombreux à vouloir prendre part à un référendum sur cette question qui ne se pose pas.

  1. 2. LES SEGMENTS POLITIQUES

La segmentation du marché des acteurs de la scène politique congolaise laisse apparaître des ensembles aux attentes différentes et opposées:

  1. i. Les [1]gabegistes

Ils regroupent tous ceux qui soutiennent de façon inconditionnelle le chef de l’Etat et sont prêts à tout pour la conservation du pouvoir. Ce sont essentiellement des personnes qui profitent du pouvoir et commettent des crimes en son Nom. La conservation du pouvoir est le seul rempart contre la « justice et vérité ». Ils sont habités par la peur et le passé trouble.

En tête de fil de ce groupe il y a le Président de la République lui-même, entouré des apparatchiks du PCT, mais aussi de quelques opportunistes qui reçoivent des faveurs du pouvoir en contrepartie des bons et loyaux services. On y trouve aussi une jeunesse étourdie par l’appât du gain facile.

Les révisionnistes (cerveaux penseurs des gabegistes) ont développé plusieurs stratégies pour conserver le pouvoir :

  1. Le référendum (la diversion)

Cette stratégie se traduit par des actions de manipulation de l’opinion nationale et internationale par voie de presse officielle. Elle en appelle également à l’achat des consciences, et la corruption de jeunes et des cadres de plusieurs structures politiques. Elle passe aussi par l’exaltation du tribalisme, mais surtout par la corruption des jeunes et cadres de plusieurs formations politiques.

  1. L’élection (respect de la constitution)

Les révisionnistes veulent pouvoir s’appuyer sur la constitution pour atteindre leur fin. En respectant le calendrier électoral tel que prévu par la constitution, ils prendront le peuple au dépourvu. L’opposition n’étant pas prête, les conditions de la tenue de ladite élection n’étant pas réunies, le candidat du pouvoir est certain de sa victoire.

Ils ont utilisé la dispersion dans un premier temps pour mieux encercler les faiseurs d’opinion ou les principaux opposants. La dispersion est une tactique qui consiste à placer insidieusement plusieurs appâts dans le camp adverse pour mieux le domestiquer. Cette forme subtile de l’infiltration a pour objectif d’influencer l’opinion dans la direction de la tenue de l’élection de 2016. Les alliés, anciens alliés, transfuges et mêmes faux opposants vont être mis à contribution pour atteindre cet objectif.

  1. La prolongation du mandat (vacance du pouvoir)

La troisième tendance est celle des tenants de la gabegie actuelle. Ces jusqu’au-boutistes entendent exploiter les opportunités qu’offre la constitution. Celle-ci stipule en son article 70 qu’en cas de vacance de pouvoir, c’est le président du Sénat (qui est de son bord politique) qui assure la continuité de l’Etat. Les jusqu’au-boutistes ont organisé les conditions qui vont justifier le report de l’élection présidentielle de 2016 depuis le début du dernier septennat de Denis Sassou Nguesso, en vue d’une réponse plutôt politique que juridique à leur préoccupation.

Denis Sassou Nguesso n’a pas de successeur putatif à cause de la lucidité d’une jeunesse du PCT qui n’entend pas cautionner ses intentions dynastiques et le maintien du désordre politique actuel. Cette vacance et la volonté de changement du peuple congolais ouvrent la voie vers tous les possibles y compris des crises graves au sein de sa propre famille politique.

  1. ii. Les [2]électoralistes ou fornicateurs

C’est le camp des légalistes (constitutionalistes) qui en appellent au strict respect de la constitution du 20 janvier 2002 et à la tenue des élections en 2016. Ce sont les Partisans de l’alternance démocratique et de la gouvernance électorale. On y retrouve des partis regroupés au sein du FROCAD et de l’I.D.C ainsi que la société civile.

Dans ce camp des électoralistes, on retrouve également les caciques du pouvoir déchu, réunis autour du CAP, y compris une bonne partie du PCT et ses transfuges.

Les électoralistes ont une stratégie : La coopération et l’encerclement pour prendre en étau l’adversaire. Malheureusement, le positionnement et les ambitions personnelles ne permettent pas de passer à la vitesse supérieure.

Ce paradoxe doit interpeller les consciences. Pourquoi en appeler à une élection crédible dans les conditions d’un cafouillis démocratique créé Denis Sassou Nguesso. Ne se trompent-ils pas d’objectif ?

Il est difficile dans ce micmac, un véritable poker politique, de parler de majorité présidentielle ou d’opposition stable ou constante. Les loups se retrouvent dans la bergerie et les brebis dans la tanière. Denis Sassou Nguesso a toujours su tirer les marrons du feu dans pareille situation, d’où la nécessité d’une ligne politique claire. Ces alliances hétérogènes, assimilables à la fornication politique pour les un, la prostitution pour les autres, sont contre nature et contre productives à terme.

iii. Les [3]Républicains

Les Républicains de l’extérieur et les forces vives de l’intérieur ont une autre analyse de la situation créée dans ce pays. Ils prônent l’émergence d’une Nouvelle Génération Politique (NGP) et l’utilisation des compétences des jeunes dans les instances à venir. Les Républicains apportent une nuance à l’approche électoraliste.

Le départ de Denis Sassou Nguesso avant ou après la fin de son mandat est une question qui ne se pose pas pour les Républicains. Mais compte tenu du fait que les conditions actuelles de démocratie et de liberté ne permettent pas la tenue d’une élection présidentielle libre et transparente en 2016, elle devrait être reportée.

Les Républicains souscrivent entièrement à l’alternance démocratique et à la gouvernance électorale, mais voient dans le dialogue le gage d’une démocratie apaisée qui intègre bien la culture bantoue. Ils pensent qu’il est prématuré de parler d’élection avant la tenue d’un dialogue National en vue de la mise en place d’une transition qui va planter les jalons de la démocratie.

Les Républicains favorisent la responsabilisation de la jeunesse qui est l’avenir du Congo. Ils regroupent la jeune classe politique montante dont l’age se situe entre 18 et 50 et certains anciens dont les conseils sont nécessaires pour éclairer l’avenir. Pétris de patriotisme, ils sont épris par la volonté du changement.

  1. 3. LE ROLE DES ACTEURS CLES

Le constitutionnaliste du 20 janvier 2002 bien qu’il concentre entre les mains du Président de la République tous les pouvoirs, a entrebâillé quelques ouvertures sur lesquelles peuvent être fondées des actions pour arrêter toute dérive totalitaire.

i. Les parlementaires

Principalement ceux de l’opposition et certains qui s’affranchissent du joug du pouvoir actuel peuvent :

  • Saisir la cour constitutionnelle sur la constitutionalité du projet de changement de la constitution. D’après l’article 148 de la constitution du 20 janvier 2002, il leur suffit d’être un tiers de chaque chambre. Qu’attendent les députés des partis opposés au changement de la constitution alors ? La cour constitutionnelle ne peut se saisir d’une question qui n’est encore que déclarative au risque de se mêler de politique. Par contre elle peut donner son avis aux députés qui le souhaitent.
  • Fort de l’article 88 de la même constitution, les parlementaires peuvent mettre en accusation le Président de la République pour effraction constitutionnelle notamment des articles 56, 57 et 185 de la constitution, mais aussi pour parjure du serment cité à l’article 69. « La responsabilité du Président de la République est engagé en cas de haute trahison » cf. art. 87. Violer la constitution est un acte de haute trahison.
  • Etant donnée l’inexistence de l’instance assermentée à attraire le Président de la République, l’instance suprême reste le souverain primaire. L’article 3 de la constitution nous rappelle que la souveraineté nationale appartient au peuple. Ils peuvent l’exercer au nom de celui-ci.
  • Le président de la République en refusant de mettre en place la haute cour de justice se protège et protége ses ministres et parlementaire contre toute poursuite pour les faits cités dans l’article 76 de la constitution du 20 janvier 2002.

ii. Le médiateur de la République

Le médiateur de la République est une institution qui peut jouer un rôle important dans la situation actuelle, même si ses avis ne sont pas contraignants pour le président de la République. Les articles 164 et 165 autorisent ceux qui se sentent concernés et lésés par tout changement de la constitution d’inonder le bureau du médiateur des courriers de recours.

Sur cette question les autorités morales du pays, les hommes d’église ont déjà fait connaître leur avis au Président de la république dans une lettre datée du … 2015.

iii. Les hommes politiques

L’instance habilitée à entendre le Président de la République, en l’occurrence la haute cour de justice, sur les faits visés aux articles 38 et 39 de la constitution du 20 janvier 2002, n’a jamais été mise en place. Puisque cette instance est l’émanation du parlement, donc du peuple, le peuple, donc ce cas juge et arbitre, peut s’auto saisir, si ses représentants n’entreprennent aucune démarche dans ce sens.

La saisine du peuple par le peuple et pour le peuple passe par la désobéissance civile. Elle vise à créer une crise pour justifier l’entrée en scène d’autres acteurs. Vox populi, Vox dei !

iv. Les forces publiques

La constitution du 20 janvier 2002 en son 10ème article stipule : « Tout citoyen, tout agent de l ’État est délié du devoir d’obéissance lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte manifeste au respect des droits humains et des libertés publiques. L’ordre d’un supérieur ou d’une quelconque autorité ne saurait, en aucun cas, être invoqué pour justifier ces pratiques.

L’article 171 ajoute que la force publique est apolitique. Elle est soumise aux lois et règlements de la République. Elle est instituée dans l’intérêt général. Nul ne doit l’utiliser à des fins personnelles. L’intérêt général c’est celui du peuple.

CONCLUSION

Le mandat de Denis Sassou Nguesso arrivant à son terme, les congolais lui demandent de respecter la constitution. Dans le cas contraire, ils entreprendront des actions de désobéissance civile comme l’autorise la constitution.

L’avenir est certain et 2016 sera une année très déterminante pour le Congo. Les peuples ont toujours su se donner les moyens de leurs aspirations.

Vox populi, vox dei !

Pour la CEVE

Jean-Bruce PAMBOU MALONDA

[1] Défenseurs de la mal gouvernance

[2] Ceux qui militent d’abord pour la tenue de l’élection présidentielle

[3] Non donné aux nouvelles forces politiques congolaises de l’extérieur.

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Dr Jean-Bruce Pambou Malonda - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Sud-Congo

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