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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 16:03
[Congo-Brazzaville] Sassou va chercher à Rome et à Bruxelles les soutiens qu’il n’a plus à Paris…

Par RIGOBERT OSSEBI -

Mauvais jour à Rome du tyran de l’Alima

L’Italie est un très beau pays.

En crise aussi, certes, mais un joli pays où il fait bon vivre. Curieusement on y jette des bananes à de sublimes joueurs de football comme Mario Balotelli ou Paul Pogba, mais on y déroule le tapis rouge pour le dictateur sanguinaire et kleptocrate Denis Sassou Nguesso…

Alors qu’en Suisse l’ONG « La Déclaration de Berne » dénonçait le négoce pétrolier criminel d’un des fils du dictateur congolais, rapport aussitôt repris par d’autres ONG et par de grands médias internationaux, au même moment à Rome le même fils accompagné d’une petite partie de son innombrable fratrie, avec leur père, étaient à l’honneur de la présidence, de la primature et de la presse italiennes. Annoncée comme une « visite de travail » au cours de laquelle des contrats devaient être signés, les ors et les antiques trésors de la ville éternelle se sont offerts sans la moindre retenue à une bande de pillards africains, parmi les véritables responsables du drame ininterrompu qui se joue toujours à Lampedusa… !

Cela ne peut que surprendre les observateurs car l’Italie a pour Président du Conseil des ministres un des plus jeunes dirigeants européens, Matteo Renzi, qui a fait de son combat contre la corruption une de ses grandes priorités. Déjà le 20 juillet 2014, il avait fait le choix de rendre visite, à Brazzaville, au tyran de l’Alima pour son premier déplacement officiel dans un pays étranger. Aussi, personne n’aurait pu croire que ce jeune champion de la probité allait accepter de remplacer, le 9 mai 2014 le Directeur Général d’ENI, Paolo Scaroni, poursuivi par la justice milanaise dans une affaire de corruption, par « l’Ingegnere » Claudio Descalzi pistonné par le Don Corleone de la maffia congolaise, le maintenant vieux Parrain Don Sassou Nguesso. A voir les casseroles qui s’accumulent au Congo autour des affaires pétrolières, il n’y aurait rien d’étonnant que « l’Ingegnere » rejoigne son prédécesseur dans les démêlés judiciaires ; avant ou après le départ de Denis Sassou Nguesso qui ne saurait tarder !

Depuis quelques mois, indésirable aux Etats-Unis, tant à la Maison Blanche qu’au Département d’Etat, persona non grata en France, à l’Elysée, notre dictateur maffieux était sérieusement en manque de pompeuses cérémonies à sa gloire. (Attias aurait-il pris sa retraite fortune faite ?) Il ne pouvait qu’accepter d’être présent à cette réception romaine, quitte à signer de nouveaux contrats qu’il n’honorera jamais. Mais en réalité, le véritable objet de ce voyage était une réception au Vatican qu’il appelait de tous ses vœux. Dans les viseurs, au sens propre et figuré, de Barack Obama et de François Hollande, notre tyran sent ses semaines et ses mois comptés. Quoi de mieux à espérer pour lui qu’une protection papale ? L’Eglise n’est-elle pas avant tout le premier parti du Congo ? Tant ENI que les services de Matteo Renzi, tous s’étaient décarcassés en vain pour que cette très précieuse audience pontificale ait lieu.

Pour forcer la main du Saint Père, une visite du Musée du Vatican avait été inscrite au programme officiel romain du Parrain congolais. Tous espéraient un accord de dernière minute. Les filles Claudia (Koko) et Cendrine Sassou Nguesso s’étaient habillées de noir pour accompagner leur père. Hélas, le Pape François, fraîchement élu s’était déjà fait prendre une première fois en acceptant de recevoir le tortionnaire du Cardinal Emile Biayenda. Depuis, il a effectué un grand nettoyage des Cardinaux corrompus, relais habituels de Sassou Nguesso au Saint Siège. Alors c’est au pas de course et le visage plus sombre et fermé que jamais, insensible aux chefs d’œuvres du Vatican, que le dictateur congolais a bouclé en un temps record cette humiliante visite marquée par le méprisant refus du Pape François d’avoir à le recevoir !

Après cette première étape décevante, le voyage s’est poursuivi en Belgique où notre tyran a atterri à Bruxelles dès le samedi 28 février. Le motif officiel était une participation le mardi 3 mars, à la conférence internationale de Bruxelles sur l’épidémie d’Ebola. Les trois pays, les plus touchés, ont appelé la communauté internationale à lancer un « plan Marshall » pour aider à leur redressement économique et gagner la guerre contre Ebola. L’effacement de la dette de ces pays était une des mesures réclamées. Le tyran congolais devait-il apporter son expertise pour obtenir un passage d’éponge bien plus mérité que celui dont il avait bénéficié ? Peut-être nourrissait-il aussi l’espoir fou que la dette abyssale, qu’il vient de creuser avec la Chine, profite aussi d’un allègement ?

Le jour précédent, le lundi 3, le Premier Ministre belge, Charles Michel, l’avait convié à un petit-déjeuner. Encore une fois, les réseaux ont joué à fond. Point nécessaire d’aller chercher bien loin : Louis, le père de Charles, a fait le travail ! Louis Michel avait longuement occupé la scène politique belge avant de devenir Commissaire européen. Sûrement sensible aux largesses de Sassou Nguesso, il a toujours pris position en sa faveur… mais avec le renoncement de Joseph Kabila de briguer un troisième mandat, sa marge de manœuvre était devenue quasiment nulle.

Deuxième étape, second fiasco… ! Il ne restera plus au tyran qu’à rentrer quasiment bredouille à Brazzaville. L’environnement y est de plus en plus stressant pour les Nguesso qui se refusent toujours à envisager de prendre la porte de sortie… ! Le mécontentement y est maintenant unanime. Le Congo est devenue la honte de l’Afrique. L’Etat de droit a totalement disparu afin que le pillage familial s’institutionnalise l Les entrepreneurs les plus investis dans la poudrière congolaise cherchent maintenant désespérément le moyen de faire couvrir par des assurances étrangères le risque d’un embrasement armé généralisé.

Sassou Nguesso, « l’homme de la paix », du mensonge, du détournement et du sang coulé trop facilement, honni et rejeté par tous ou presque, a plus que jamais la main crispée sur la détente…!

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

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