Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 05:21
[Congo-Brazzaville] L’arme favorite de destruction massive de Sassou Nguesso : l’argent !

Par RIGOBERT OSSEBI

Dans un de ses livres, qu’un nègre avait rédigé pour lui et que Nelson Mandela n’avait pas préfacé, Denis Sassou Nguesso affirmait, qu’à l’âge incertain de 10 ou 12 ans, il découvrit en 48 heures tous les transports modernes (la voiture, l’avion et le train) pour se rendre de son trou perdu d’Oyo, à son collège près de Dolisie, dans le Niari. Il n’est dit nulle part, où et quand, il tint pour la première fois dans sa main un billet de banque…

Il serait bon de le savoir car, longtemps après, il en a fait son arme principale en s’affirmant comme l’un des dictateurs les plus implacables que l’Afrique n’ait jamais connus.

Sassou I (1979-1992), tout à ses intrigues, ne s’autorisait que quelques coups de poignard dans l’orthodoxie financière et le respect de l’argent public. Il hésitait à franchir franchement le pas tant le pays était encore marqué par son éducation coloniale et par ses prédécesseurs Youlou, Massamba Debat et N’Gouabi !

Il lui a fallu sa traversée du désert à Libreville et à Paris pour découvrir le pouvoir de l’argent qu’il n’avait plus.(1) “Retrouver le pouvoir et l’argent” était devenu pour lui une obsession, une question de vie ou de mort, au point qu’il sombrait dans la dépression dans son appartement de l’avenue Rapp à Paris.

Deux mentors lui dictèrent alors les voies qu’il devait suivre.

Le premier fut Mobutu qu’il rencontrait dans le sud de la France, à Cap Martin, près de Monaco. Le président zaïrois lui disait qu’il fallait prendre exemple sur lui pour le mépris qu’il avait de ses populations, pour son manque de respect du bien public qui était devenu le sien et d’encourager partout le crime pour que personne ne vienne lui reprocher les siens (ce qu’il avait déjà commencé à faire dès 1979). Seul devait compter son bien être, même et surtout, au détriment de celui de tous les Congolais ; peu importe qu’ils vivent comme des chiens et même pire ! « Plus tu les humilies, mieux tu les tiens ! »

La leçon a bien été retenue ! Après dix-huit années au pouvoir, celui que nous appelons tous maintenant “le tyran”, a parfaitement mis en pratique les conseils de Mobutu…

Le second mentor fut Omar Bongo, son gendre. Ils avaient tous deux en commun la haine des Vilis “qui les avaient vendus” durant la traite négrière et ils étaient d’accord, tous deux pour les maltraiter autant qu’ils le pouvaient.

Le président gabonais avait une longue expérience avec les hommes politiques français et l’offrit à son tout jeune beau-père. « Il fallait arroser, arroser, arroser ! » Dans cette discipline l’élève eut tôt fait de dépasser le maître ! Il arrosa tellement que Brazzaville compta vite bien plus que Libreville auprès de toute la Francafrique. Cette dernière alla jusqu’à, sur l’insistance du tyran d’Oyo, refuser d’effacer la dette gabonaise. Il a fallu l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy à l’Elysée pour que la France consente à soulager le Gabon de 30% de ce qu’elle lui devait ; contrairement au Congo-Brazzaville qui avait obtenu 100%. Ceci n’est qu’un petit exemple de la perfidie du dictateur congolais, « toujours se retourner contre celui qui l’a aidé (souvent en abusant de l’épouse ou de l’enfant) et mordre la main qui l’a nourri ! » La liste en est longue d’Adoua à Yves Motando en passant par les dossiers non clos comme ceux d’André Okombi Salissa et de Jean Marie Tassoua.

Au petit jeu, d’étrangler son peuple en l’affamant et par ailleurs jouer les grands seigneurs, Sassou Nguesso avait su occuper les devants de la scène internationale. Mais les temps ont changé, les informations circulent, l’air du temps est contre les dictatures et l’homme a fini par être détesté ; sauf par des nouveaux venus, comme le tout jeune Matteo Renzi qui n’aura peut-être jamais le temps de le connaître parfaitement…!

Mais avant d’être le président de la République, Denis Sassou Nguesso en est le véritable ministre des finances, du pétrole et de la défense intérieure. Rien ne s’effectue dans ces domaines sans son accord !

Aujourd’hui, la peur ne le quitte plus ! Son premier réflexe a été de verrouiller encore plus les sorties d’argent. Il lui fallait assécher le pays de manière à ce que personne ne puisse bouger contre lui. A Brazzaville, plus que jamais l’argent ne sort plus, ni pour le peuple, ni pour les services, ni pour les entreprises. Certes la chute des prix du baril de pétrole est passée par là ! Mais les restrictions actuelles dépassent de beaucoup l’impact qu’elle aurait dû avoir.

Depuis son retour à la tête de l’Etat, l’argent a été son instrument de pouvoir favori. Il en a couvert les vauriens, les méchants et les imbéciles de tous bords ; au premier rang desquels figuraient sa propre famille, ses enfants et ses neveux. Il s’est amusé à en exclure toute une population et deux générations de jeunes au moins qu’il a privées de soins, d’éducation et même de nourriture. Plus d’un tiers de la population congolaise vivait en 2014 en situation de sous-alimentation selon le PAM.

Le tyran de l’Alima s’est servi du Trésor Public congolais non pas pour le bien-être de sa population mais comme un instrument de domination, comme une arme de destruction massive. Il en a privé avant tout ceux qui auraient pu un jour lui faire de l’ombre, mettre en question sa

tutelle monarchique. Il a tout brisé dans l’oeuf. Toutes les têtes qui dépassaient ont été décapitées, au propre comme au figuré. Il a détruit des vies entières, des carrières, à petit feu pour faire durer son plaisir. Pas un élève brillant congolais fut encouragé par son pays pour aller dans une grande école ou une grande université étrangère. Le Congo n’a enregistré aucun parcours exemplaire , aucune élite bien formée !

Aujourd’hui le ressentiment est grand contre l’homme-démon et sa famille. Du Nord au Sud, même à Oyo, les populations n’en veulent plus. Les abus financiers, que nous avons toujours rapportés en détails, ont maintenant ouverts les yeux du plus grand nombre. L’argent, qui faisait sa force, son pouvoir et son arrogance, creuse le trou béant dans lequel ils s’engouffreront tous. Leurs fortunes, bien mal acquises, serviront leur perte. Le nom des Nguesso sera synonyme de “voleur” pour les générations futures, il sera encore plus difficile à porter que celui de Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga.

Ce dernier avait utilisé des prête-noms monégasques pour dissimuler dans le paradis fiscal de la Principauté les trésors qu’il avait dérobés tout au long de son règne brutal.. A sa mort, le pactole avait disparu dans les 2 km2 du plus petit Etat au monde sans que jamais personne ne puisse en retrouver la trace.

Voilà bien une leçon que notre dictateur, plus mal aimé que jamais, ne veut méditer. L’argent volé ne sera pas emporté en enfer pas plus qu’au paradis. Cette arme qu’il a aimée utiliser contre les autres finira très bientôt par se retourner contre lui et tous les siens. Et toutes ses psychoses sécuritaires, comme celle de transformer Brazzaville en ville morte à chaque fois qu’il la traverse, n’y changeront rien !

RIGOBERT OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

  1. Une partie de son magot avait été confiée au grand homme d’affaires congolais dont il était associé. Ce dernier avait tout perdu et il avait été aussi à l’origine de la faillite de la BIDC. L’autre partie était dans un compte à la BCCI, une banque fondée au Pakistan qui avait également fait faillite.

Partager cet article

Economie

Catégories