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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 11:28
Congo-Brazzaville : Le patrimoine de l'Etat à la trappe

Depuis le retour aux affaires de Denis Sassou Nguesso en 1997, le patrimoine du Congo-Brazzaville se réduit comme la peau de chagrin de Balzac. La capacité de préserver les bijoux de famille dans l’escarcelle de l’Etat par Sassou, le PCT et les épigones du « Chemin d’avenir » est incertaine voire nulle.

La sécurité des biens tant mobiliers qu’immobiliers exige et recommande une action publique plus rigoureuse et efficace. Faute d’un classement des sites de la République, meubles et immeubles, l’arbitraire devient le modèle dans la gestion du patrimoine.

De fait, au Congo-Brazzaville, le patrimoine public est livré à la loi du plus fort conformément à la fable de Jean de La Fontaine (Le loup et l’agneau). Dans cet exercice, les vainqueurs de la guerre du 5 juin 1997 se taillent la part du lion. En la matière, on y trouve des perles. En l’occurrence le centre-ville de Brazzaville est devenu l’antre du lion. Centre-ville, centre-vide (selon le mot de Roland Barthes) ; tous les signes de notre histoire urbaines ont été vidés de leur symbolique archéologique et les référents architecturaux évacués de la mémoire urbaine sans coup férir. La « Brazzaville Blanche » de Georges Balandier est devenue le lieu de recyclage de l’argent sale des épigones/squatteurs. Quant aux « Brazzavilles Noires » observées dans les années 1950 par l’anthropologue, celles-ci font, depuis le coup d’état, l’objet d’un blanchiment de l’argent du pétrole dans des OPA immobilières ayant pour effet de jeter des familles entières à la rue.

Boulimie immobilière

C’est un genre d’inventaire à la Prévert qui, chaque année depuis le putsch sanglant de Sassou contre Pascal Lissouba, énumère les expropriations du patrimoine de l’Etat et l’accaparement des biens mobiliers et immobiliers du Congo-Brazzaville par les épigones du « Chemin d’avenir » . Il n’est pas rare que les badauds et les taximens égrainent dans les quartiers populaires des grandes villes la liste des biens immobiliers publics devenus par la force des choses des propriétés des nouveaux riches et hommes forts du régime du Congo-Brazzaville. Mais, là où, Jacques Prévert faisait un inventaire poétique se terminant par le célèbre « Raton laveur », les populations du Congo-Brazzaville, ahuries, agacées impuissantes et éberluées, donnent dans un genre plus aride puisque ses têtes de chapitre de leur liste noire vont de Brazzaville à Pointe-Noire en passant par Dolisie et Makabana ; du dépôt CFCO à la Poste Centrale de Brazzaville, aux anciennes résidences d’Air Afrique en passant par le bord de mer de Pointe-Noire. Rien n’est épargné. La boulimie immobilière des épigones du « Chemin d’avenir » est à son comble. « Pousse-toi que je m’y mette. » ou « Vas voir dehors si j’y suis. » Et, ceci au vu et au su de tout le monde. L’impunité a été érigée en mode de gouvernement. « J’y suis, j’y reste » : slogan du squatteur effronté.

Squatters en treillis

Le siège de l’Agence congolaise d’information (ACI) a été bradée à une organisation humanitaire appartenant à Claudia Sassou. L’ONG, qui n’a d’humanitaire que le nom, prendra et l’ACI et l’ancien cinéma Vog en face de la Délégation Générale aux Grands Travaux. Aussi, depuis quelque temps le voisinage de l’ancien siège de la Télévision Nationale est fortement squatté par les dignitaires hyper riches de la République. Quelques maisons sont déjà tombées dans leurs griffes. Des terrains sont rachetés et des villas réhabilitées. Et la conquête des biens se poursuit (Severin News, 6 février 2015). Ces raids se font sans même déverser le franc symbolique. Les abords du port fluvial de Brazzaville et des anciens chantiers de construction navale (Chacona) sont pris d’assaut par les militaires haut gradés des FAC et les proches du pouvoir qui y ont érigé des villas, des hôtels et restaurants. Après le transfert de Radio Congo vers le site de Nkombo Matari à Mfilou dans le septième arrondissement de Brazzaville, le vaste terrain de l’Etat ou du ministère de la communication a été morcelé, vendu ou redistribué à tout vent.

L’ancien siège de la radio est d’ailleurs devenu une caserne militaire, alors que tout autour ont poussé à la vitesse d’éclair des villas, propriétés des dignitaires congolais. Le terrain qui abritait l’ancienne Voix de la Révolution Congolaise est devenu la propriété de Madame Antoinette Andzouana, épouse d’Albert Andzouana, ancien directeur général des Impôts. Antoinette Andzouana a poussé l’outrecuidance jusqu’à éjecter des lieux le Centre de Documentation pour les Médias (CDM) et démolir le siège.

De fâcheux précédents

Dans le bradage des bijoux de famille, le Congo-Brazzaville est coutumier du fait. Déjà en 2010 , Sassou et les épigones du « Chemin d’avenir » avaient défrayé la chronique. L’événement avait eu lieu le 16 juin 2010 avec l’annonce de l’attribution par la mairie centrale de Brazzaville du domaine de la Faculté des sciences de l’Université Marien Ngouabi à la République de Guinée Equatoriale afin d’y ériger sa chancellerie, les résidences de son chef de l’Etat et de l’ambassadeur accrédité au Congo-Brazzaville. Quel culot ! Quel obscurantisme ! Quel cynisme ! (Cf. Congopage.com, 2 juillet 2010 , « Université Marien Ngouabi : silence, on brade »).

Claudia Ikia

Les épigones du « chemin d’avenir « se sont lancés dans une course effrénée à l’expropriation du patrimoine de l’Etat en dépit des gesticulations de Pierre Mabiala, piètre bonhomme qui cogne les faibles, caresse les forts. Qui arrêtera ces caïds de la guerre de 1997 dans cette folie immobilière ?

Les populations du Congo-Brazzaville n’ont pas la mémoire courte. Claudia Ikia Sassou en a fait les frais, victime de la colère populaire.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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Benjamin Bilombot-Bitadys - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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