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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 03:20
Congo-Brazzaville : Allah sauvera-t-il Sassou Nguesso ?

Par Mingwa Biango

Du premier cercle familial, aux pillards et criminels de tout poil qui gravitent autour de la nébuleuse Sassou Nguesso, la question n’est plus de savoir si la dictature de Brazzaville survivra à 2016, mais comment s’enfuir le jour où elle s’effondrera pour échapper à la vindicte populaire ? Cette question est d’autant plus d’actualité, car les émeutes qui ont suivi l’élimination de notre équipe nationale de football à la CAN 2015 ont principalement éclaté dans les quartiers nord de Brazzaville (Talangaï, Mikalou, Nkombo…), réputés être des fiefs inconditionnels de M. Sassou Nguesso, et par ailleurs, lieux de résidence des principaux Ayatollah du pouvoir.

Le pouvoir de Brazzaville est aux abois et bien peu de monde se précipite pour monter au créneau afin de défendre un régime dont les jours sont comptés. Les propagandistes du chemin d’avenir rasent les murs et les jadis nombreux courtisans fondent comme neige au soleil.

Conséquence : Denis Sassou Nguesso adepte du stalinisme s’en remet à Dieu le Tout-Puissant. Ne dit-on pas, chacun pour soi, Dieu pour tous !

C’est dans ce cadre, qu’Antoinette « mère Antou » l’épouse de Denis Sassou Nguesso, a missionné M. Collinet Makosso, son ancien directeur de cabinet, actuellement en charge de la Jeunesse et de l’Éducation civique dans l’exécutif du monarque congolais, de monter en première ligne pour sauver ce qui peut encore l’être !

Mais beaucoup au sein du pouvoir doutent de l’efficacité du protégé de mère Antou, qui n’a de ministre que le nom, et doit sa promotion ministérielle à sa courtisanerie qui trouva grâce aux yeux de M. Sassou Nguesso avec la publication de son ouvrage « Pour Edith », rendant un hommage posthume à Edith Bongo née Sassou Nguesso, résumé par le vers « Fille de chef d’Etat, épouse de chef d’Etat, ainsi tu as vécu, destin quasi unique dans l’Afrique d’aujourd’hui et même au-delà…». La Fontaine dans sa fable le Corbeau et le Renard ne disait-il pas que « Le flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute » !

En effet, à la lettre de quatre pages « Je récuse » de l’ancien ministre de la défense M. Charles Zacharie Bowao adressée à M. Denis Sassou Nguesso, le soldat Collinet Makosso incapable de synthétiser son propos, s’est empressé de répondre à son ancien collègue du gouvernement par une lettre intitulée « Je rétorque », pérorant sur douze longues pages interminables.

Comble de l’irresponsabilité ou aveux d’impuissance, les autorités de Brazzaville, par le biais de Collinet Makosso, ont organisé des réunions de travail le 7 février 2015 à Brazzaville, avec les délégations du Conseil œcuménique, du Conseil supérieur des églises de réveil du Congo, de l’église Kimbanguiste du Congo, ainsi que celle du Conseil supérieur islamique du Congo.

Face à toutes ces délégations, un seul message, celui de M. Denis Sassou Nguesso dixit M. Collinet Makosso : « la charge d’encadrer la jeunesse revient aussi à l’église par le biais du catéchisme, et de la mosquée à travers l’école coranique ». Le ministre Makosso s’est dit surpris du comportement peu civique et malheureux que les jeunes ont affiché à l’issue des matches de football livrés par les Diables Rouges en Guinée Équatoriale. «Cela nous a rappelés la vulnérabilité de la société dans laquelle nous sommes à cause de la violence. Il est vrai que de temps en temps, on déplorait un certain nombre d’activités, mais on était loin d’imaginer que ces choses qu’on déplorait prendraient le tournant que nous avons connu ces deux dernières semaines». En d’autres termes, M. Sassou Nguesso accuse les religieux de ne pas remplir leur mission d’éducation et d’instruction de la Jeunesse.

Encore sous l’émotion des émeutes ravageuses, le gouvernement de M. Sassou Nguesso a sollicité un partenariat avec les religieux pour encadrer les jeunes en déclarant par la voix de M. Collinet Makosso : « Je voudrais officiellement vous confier la mission d’intercession en faveur de notre jeunesse, vous soumettre comme une intention de prière du gouvernement pour que dans la mission qui est la vôtre, vous puissiez à partir de ce mois de février consacrer peut-être tout le mois à prier pour la jeunesse ».

A l’issue de ces réunions avec le ministre en charge de la jeunesse et l’instruction civique, plusieurs représentants des confessions religieuses se sont étonnées que M. Collinet Makosso n’ait pas présenté un plan d’action du gouvernement spécifique à la jeunesse congolaise en déshérence et désespérance. Alors, posons la question essentielle à M. Collinet Makosso : Quelles sont les mesures qui ont été prises par M. Denis Sassou Nguesso pour l’insertion professionnelle des jeunes et la lutte contre le chômage de cette catégorie de la population ?

Cet intérêt soudain de M. Denis Sassou Nguesso pour la jeunesse congolaise n’est pas sans arrière-pensée politique et laisse dubitatif. Les trois décennies de règne sans partage du dictateur de Brazzaville n’ont été que mépris envers cette catégorie de la population. Aucune action du bâtisseur infatigable pour la jeunesse ne vient contredire notre propos ci-dessus. Le quotidien de notre jeunesse se résume, à la famine, le manque de structures scolaires et universitaires, sans compter le manque de soins primaires et un chômage endémique… Les seuls jeunes dont il se soit préoccupé durant toutes ces années furent ses enfants et ses neveux qu’il a couvert d’or, d’argent, de jets privés et d’hôtels particuliers dans tous les beaux quartiers des plus grandes villes de la planète !

Qui d’Allah ou Jesus-Christ sauvera Denis Sassou Nguesso ?

Avant de devenir l’un des présidents les plus riches du monde en dilapidant nos richesses nationales, M. Sassou Nguesso se revendiquait communiste dans une autre vie. Il s’est surement rappelé de la célèbre phrase de Karl Marx : « la religion est l’opium du peuple ». Son approche à n’en point douter est de pousser la maxime du philosophe allemand dans son cynisme le plus machiavélique, à savoir, que les religieux l’aide à canaliser la colère et la soif de liberté et de Justice, non seulement des jeunes, mais aussi de toute la société congolaise qui rêvent d’une Révolution comme en Tunisie et au Burkina-Faso qui ont chassé du pouvoir les dictateurs Ben ALI et Blaise Compaoré.

Les évêques catholiques ayant pris position contre la modification de la constitution qui permettrait à M. Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat présidentiel , en violation de la loi fondamentale, il ne reste plus qu’Allah pour venir au secours du tyran, qui a tout fait pour s’attirer les bonnes grâces du monde musulman, par El Hadj Djibril Bobaka interposé. Ce dernier est connu pour rémunérer les porteuses de burka à Brazzaville, qui pour la plupart sont des femmes en très grande détresse sociale. Leur nombre croissant interpelle et inquiète la population congolaise pourtant très tolérante, et qui a toujours cohabité avec la nombreuse communauté musulmane originaire d’Afrique de l’ouest dont la descendance est toute de nationalité congolaise. Le miracle de la multiplication de cet habit, traditionnel plus que religieux, ravit les sponsors saoudiens et qataris heureux de financer l’habile initiateur.

L’instrumentalisation politique de l’Islam par le pouvoir de M. Sassou Nguesso inquiète la paisible communauté musulmane du Congo-Brazzaville, dont le dynamisme économique est un exemple à suivre.

La famille Nguesso compte déjà fort heureusement son El Hadj, le seul garçon élevé au palais de Mpila, Abdallah Sassou Nguesso (ex-Denis dit Denidet). Le fils adoptif et neveu du tyran qui a embrassé la foi musulmane en récitant la shahada « profession de foi » sous la tente personnelle de son parrain le Colonel libyen Mouhamar Kadhafi assassiné le 20 octobre 2011, inciterait fortement son père à franchir le pas. Peut-être qu’il serait bien avisé d’en faire de même. Sa nouvelle religion pourrait alors, en cas de fuite précipitée, lui garantir l’asile en Arabie Saoudite comme le défunt et sinistre dictateur ougandais Idi Amin DADA. En effet, le Royaume saoudien est réputé pour ne jamais extrader les fugitifs musulmans, même originaires d’un autre pays musulman.

A défaut de parvenir à calmer la jeunesse congolaise qu’il a tellement maltraitée, Allah pourrait bien lui faire la faveur de lui trouver un abri. A Ryad, à Damas ou à Téhéran, seul l’avenir nous le dira, Inch’Allah !

Mingwa Biango

(Extrait de congo-liberty)

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Mingwa Biango - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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