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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 09:14
(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso et ses mercenaires

Par Rigobert Ossebi -

Blaise Compaoré avait entamé sa 28ème année de pouvoir lorsque le soulèvement populaire du 30 octobre 2014 le contraignit à la démission. Peu de victimes et peu de dégâts matériels ont été enregistrés dans ce pays aux 16 millions d’habitants. Au terme de cette journée historique, «l’Homme Fort » qu’était le « tombeur » de Thomas Sankara s’est finalement sagement incliné devant la volonté du peuple.

A comparer Compaoré à Sassou Nguesso, le plus tyran des deux est bien le « tombeur » de Marien NGouabi et de Pascal Lissouba , notre putschiste multi-récidiviste.

Sans perdre de temps, Ouagadougou et le Burkina Faso ont retrouvé, depuis la nomination (le 25 novembre 2014) d’un Président (Michel Kafando) et d’un Gouvernement de Transition dirigé par Yacouba Issac Zida, une vie complètement normale et paisible. La page Compaoré semble définitivement tournée sans le moindre soubresaut ou tentative de retour en arrière. Et surtout aucune force hostile étrangère, incorporée aux forces publiques intérieures n’a été décelée.

L’automne africain burkinabé semble avoir trouvé la voie, contrairement aux pays des printemps arabes, d’une évolution démocratique pacifique et conforme aux attentes de sa population.

Il est clair maintenant que Blaise Compaoré n’a jamais pensé se maintenir à la tête de son pays par la force ou par un usage disproportionné de celle-ci, au risque de le détruire totalement ; ce qui ne sera peut-être malheureusement pas le cas de notre Congo.

« L’Afrique a la forme d’un révolver dont la gâchette se trouve au Congo » disait Frantz Fanon. Et il est vrai que l’on y a la gâchette plutôt facile ! De plus, les informations et les rumeurs s’y multiplient concernant des achats d’armes sophistiquées, l’entretien de forces troubles et les arrivées incessantes de mercenaires. Tour à tour, il est question de Rwandais, d’Angolais, de Cubains, du Hezbollah et dernièrement même de membres de l’Armée islamique. On ne saurait se rassurer en affirmant que « ce ne sont que des rumeurs sans fondement » !

Aussi, il serait inconscient de ne pas tenir compte des leçons du passé et de l’usage immodéré, qu’a fait Sassou Nguesso, de ses chiens de guerre étrangers qu’il avait lâchés, à maintes reprises, sur sa propre population.

Au début de cette semaine, une spectaculaire opération policière a été menée dans la soirée du mardi 20 janvier 2015 à Comines, à la frontière franco-belge. Elle serait liée à un «trafic d’armes» et a été menée à la demande des autorités françaises, selon le parquet de Tournai (ouest de la Belgique). D’abord présumée liée aux récents évènements tragiques qu’a connus Paris, il semblerait « seulement » que ce soit la mouvance d’extrême droite flamande qui serait visée, selon le journal Nord Eclair. Une figure locale des ultras d’extrême droite, un certain Claude Hermant, ainsi que son épouse, avaient été placés en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Lille.

Claude Hermant est loin d’être un inconnu au Congo-Brazzaville. C’est un ancien membre du service d’ordre du Front national (DPS), l’organisation, mise en place par Bernard Courcelle, chef du DPS de 1994 à 1999, qui était chargée « d’opérations clandestines de déstabilisation et d’infiltration » en France et en Afrique. Claude Hermant s’était retrouvé au Congo plus ou moins dans le cadre de ces opérations. Cette organisation, dont le coût annuel s’élevait à plusieurs millions d’euros, aurait été alors financée par la vente d’armes et le mercenariat.

Le 6 juin 2001, le quotidien Libération publiait le témoignage de Claude Hermant. Selon lui, un groupe paramilitaire secret de 30 à 60 personnes, surnommées les « fantômes », qu’il avait formés devait mener des actions répressives en banlieue parisienne, infiltrer des associations de lutte contre le racisme et tenter d’assassiner l’ancien ministre des finances congolais Moungouga N’Guila, maintenant disparu.

Ce dernier avait annoncé, dès le lendemain de cette publication, qu’il allait déposer une plainte avec constitution de partie civile à Paris pour «tentative d’assassinat» ainsi que pour l’organisation d’un faux complot qui lui a valu d’être condamné, fin 1999, à Brazzaville, pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Ce qui pouvait s’apparenter à une «escroquerie au jugement» assortie de «faux témoignages».

Claude Hermant, qui avait relaté en détail ces deux opérations conduites par Bernard Courcelle, avait révélé qu’elles avaient été commanditées par le ministre congolais de l’Intérieur de l’époque, Pierre Oba. Le pouvoir congolais s’était servi des mercenaires de Courcelle pour faire croire que Mougounga N’Guila était l’organisateur d’un coup d’Etat visant à renverser le président Sassou NGuesso, toujours selon Claude Hermant. Ce dernier aurait alors été incarcéré pendant quelques mois à Brazzaville pour conforter cette version…

Le FN avait démenti les accusations de Claude Hermant. Cette organisation avait disparu après le renvoi, en 1999, de Bernard Courcelle et de la découverte, par le parti d’extrême droite, de ces opérations occultes.

Ce mercenaire du début des années 2000 ne semble plus du tout être concerné par les plans qu’élabore actuellement Denis Sassou Nguesso pour sauvegarder son pouvoir à défaut de réussir à modifier sa Constitution.

D’autres que lui, des « soldats perdus » préparent leurs armes. Chèrement payés, ils n’auront que faire du sang congolais qu’ils feront couler. Munis de vrai-faux passeports et de papiers congolais, l’important pour eux sera de ne pas accepter en paiement des faux billets comme le font couramment le tyran d’Oyo et son neveu JDO. Ils devront également bien faire attention à leur peau, après avoir fait leur sale boulot. Dans une première hypothèse, peu probable, qu’ils maintiennent au pouvoir le petit clan d’irréductibles pilleurs de l’Etat congolais : ils seront trucidés comme les Adoua, Motandeau et autres bons serviteurs.

Très sûrement, dans une seconde hypothèse, ils auront tout le peuple congolais uni face à eux et, comme leurs commanditaires, ils maudiront alors leur mère de les avoir mis au monde….

Reste que le choix le plus audacieux, le plus courageux, le plus téméraire, et surtout le plus honorable, sera celui de la paix. Il serait temps que le dictateur surmonte ses peurs, et ses cauchemars, qui lui dictent de rester accroché au peu qu’il lui reste de son pouvoir, et qu’il tende enfin la main à une transition démocratique pacifique nécessaire à la reconstruction de tout ce qu’il a pendant trop longtemps détruit : le Congo !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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