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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 07:57
(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso arrivé au pouvoir pour le pétrole en partira par le pétrole !

PAR RIGOBERT OSSEBI

Alors que les dernières retouches étaient apportées à cet article, il nous parvenait de Brazzaville l’information suivante : un vol important de dollars en espèces a été commis à Mpila le 14 janvier dernier par les équipes chargées d’en assurer la garde. Les principaux chefs militaires ont été convoqués par leur patron dictateur à Oyo pour lui rendre compte. Ils y sont ce 16 janvier à cet effet. Il serait question de plusieurs dizaines de millions de dollars équivalant à des dizaines de milliards. Si le montant est flou, l’acte est complètement avéré. Sassou Nguesso prend ce vol particulièrement à cœur et au sérieux car il se souvient très bien que ce genre d’affaires avait précédé sa première perte de pouvoir.

« Denis Sassou Nguesso est arrivé au pouvoir pour le pétrole ; il en partira par le pétrole ! » Celui qui en faisait l’affirmation péremptoire, il y a quelques petites semaines, avait été utilisé par ce dernier comme Conseiller, à de nombreuses reprises, pour des affaires pétrolières. Quasiment jumeau, professionnellement, de feu Christophe de Margerie dont il avait été très proche, il avait formé les plus grands noms du système Sassou dans cette industrie.

« Dans moins de six mois Denis Sassou Nguesso ne sera plus là. Il passera par la trappe de l’histoire, comme Mobutu, Ben Ali, Kadhafi. La chute des prix du pétrole sera également la sienne.. !» Insistait-il.

Le Brent, cours de référence pour la production congolaise, était alors aux alentours de 70 dollars le baril chutant de 120 dollars, prix auquel il tournait depuis quelques années. Aujourd’hui, il est en dessous de 50 dollars. « La Cigale Sassou » avec le « système Sassou » de dépenses et de débauches, qui puisaient sans retenue dans les finances publiques, se prennent une claque monumentale dont ils ne pourront se relever. A 70 dollars le baril, les trois-quarts des recettes pétrolières s’étaient évaporés. A 50 dollars, le quart restant sera rogné dans des proportions encore difficiles à évaluer.

Ces quinze dernières années, près de 40.000 milliards de FCFA de recettes pétrolières ont été encaissées par la République du Congo ; pardon : par DENIS SASSOU NGUESSO ! Les folies dépensières, les voyages, les forums, les jets privés, les prêts qui ne seront jamais remboursés et l’enrichissement de toute sa famille, enfants et nervis nous amèneront bientôt à constater que le pays est une fois encore au bord de la ruine… ! Tout ce qui a été construit, pour le compte de l’Etat, l’a été à crédit. 9 à 10 milliards de dollars seraient dus à la Chine, sans compter les emprunts qu’il va falloir conclure pour terminer les travaux des Jeux Africains et la minable route à trois voies, vendue par Pierre Falcone le marchand d’armes, toujours inachevée. Et malgré ces sommes colossales et montants astronomiques, jamais la pauvreté n’a été aussi grande, la misère et la faim de plus en plus présentes dans la malheureuse population congolaise… !

ENI au secours du dictateur

C’est dans ce contexte d’effondrement des recettes pétrolières qu’ENI, la société pétrolière italienne, avec à sa tête « l’Ingegnere Claudio Descalzi », s’est lancée dans une tentative de sauvetage désespérée d’un régime qu’il sait pourtant perdu.

Juste retour des choses dirions-nous : Sassou Nguesso, encore au faîte de sa puissance avait pesé, du poids de tous ses réseaux maçonniques, diplomatiques et financiers pour son accession au poste d’ « Amministratore Delegato » (Directeur Général) d’ENI. Puis le vieux tyran avait aimé se vanter, alors qu’il recevait à Brazzaville le 1er Ministre italien, Matteo Renzi, qu’il avait connu Descalzi « tout jeune ingénieur » à son arrivée au Congo. Tout au long de sa trajectoire professionnelle, que Sassou avait beaucoup appuyée (Descalzi a épousé une Congolaise – « Mado »), « l’Ingegnere » est devenu un conseiller spécial du dictateur kleptocrate… Avec pour résultat que le tyran, prédateur des recettes pétrolières, est devenu la marionnette du pétrolier italien et que ce dernier aurait beaucoup trop à perdre si elle venait à partir… !

Alors dans le petit cercle fermé des opérateurs pétroliers qui interviennent en Afrique, tous s’étonnent de l’empressement à mettre en production un important gisement, celui de Nené Marine dans le permis Marine XII, alors que les prix du brut s’effondrent complètement. C’est ainsi qu’ENI avait annoncé, le 5 janvier, avoir démarré la production de ce dernier, dans l’offshore du Congo, juste huit mois après l’obtention du permis de production et seize mois après la découverte dans ce champ d’une réserve de 1,5 milliard de barils équivalent pétrole (bep).

Le niveau de production de la première phase est à 7500 bep/jour sur Nené Marine, à une profondeur d’eau de 28 m. Le bloc Marine XII n’est situé qu’à 17 km des côtes du Congo.

Mais la mise en valeur complète du champ se fera à plusieurs étapes et comprendra l’installation des plateformes de production et le forage de plus de 30 puits avec un plateau de plus de 140 000 bep/jour, d’après l’opérateur italien. Selon nos informations, dans moins d’une année tout ce programme sera accompli.

Pour Claudio Descalzi, le CEO du pétro-gazier italien : « un grand pas en avant pour Eni et qui confirme la stratégie de la compagnie de passer au plus vite à l’exploitation des ressources d’exploration »[i]. En réalité, les grands moyens employés par ENI n’ont pour objectif que de compenser, un tant soit peu, la perte de revenus pétroliers de sa marionnette de l’Alima afin de la sauver ! Cette urgence à brader la ressource pétrolière congolaise sur une année, uniquement sur ce seul gisement, se chiffrera pour l’Etat en manque à gagner par rapport à un niveau de prix de 80$, à près d’un milliard de dollars par an ! (550 milliards de FCFA)

Prise de distance de TOTAL

La disparition subite de Christophe de Margerie, dans des circonstances troubles et inquiétantes, a sans aucun doute amené l’équipe, qui assure sa succession, à prendre quelques distances avec le tyran congolais, un des partenaires les plus emblématiques de sa production pétrolière. Si, le 9 janvier 2015, Patrick Pouyanné, qui a été nommé directeur général en octobre 2014, a rendu une première visite au dictateur de Brazzaville, Thierry Desmarest, le Président non exécutif du Groupe s’est bien abstenu de l’accompagner.

Il apparait évident au Congo que le pétrolier français n’a pu résister à la pression corruptrice généralisée dans le pays, ni aux demandes insistantes des rejetons du tyran pour tirer profit des activités de production. D’un certain point de vue : c’est du racket. D’un autre : c’est de la corruption. Toujours est-il que l’on imagine mal le défunt président de TOTAL, voisin de palais présidentiel à Oyo, rester complètement réfractaire à tout coup de canif dans la charte étique à laquelle la société française est tenue dans différents territoires d’Europe et d’Amérique. Une chose est sure : Sassou boira seul son bon whisky sur le bord de l’Alima, pendant que les nouveaux dirigeants de TOTAL tenteront de faire le ménage dans leur filiale congolaise, qu’elle partage maintenant avec le nouvel actionnaire qatari !

Comptes bancaires à Moscou

Le général devenu président n’a jamais eu qu’une formation d’instituteur qui le destinait à enseigner des élèves de cours élémentaire. Rien ne l’a jamais préparé à gérer convenablement un pays et encore moins des sommes colossales engendrées par la 3ème production pétrolière d’Afrique Sub-saharienne. Les arabes du Moyen-Orient ont vite envoyé leurs jeunes dans les meilleures universités américaines et le développement des Emirats que l’on voit actuellement est le fruit de ces formations pointues, à la finance, au management et au business international. Sassou Nguesso, en bon villageois qu’il a toujours été, a jalousement conservé le magot pétrolier pour lui-même et sa famille. Il ne pouvait advenir qu’un échec monumental qu’il fait tout pour dissimuler maintenant.

Beaucoup d’argent a été placé à l’étranger. Même Moscou a été utilisé pour y planquer, pour son compte personnel et celui de Kiki, des centaines de millions de dollars. Ces placements d’argent public détourné, ont finalement été converti dans la monnaie locale : le rouble. C’était avant que Poutine ne se fourvoie en Ukraine, et que la chute du prix du pétrole ne se déclenche. Depuis la monnaie russe a baissé de plus de 50% par rapport au dollar.

Mobutu disparu, son magot s’était également évaporé. De sa villa de Cap Martin qui faisait face à la Principauté de Monaco, il se disait qu’il avait confié sa fortune à des hommes de paille monégasques. Sassou Nguesso en a-t-il fait de même ? Peu importe ! Entre ses placements en roubles et les intermédiaires véreux qu’il a toujours aimé fréquenter, aussi puissants qu’ils soient, il est fort à parier qu’à sa fin le trésor, qu’il a volé aux Congolais, disparaitra avec lui !

Rigobert Ossebi

(Extrait de congo-liberty)

[i] Ce démarrage de la production n’est pas le seul « grand succès » pour le groupe Eni au Congo. Il vient quelques jours après un excellent résultat d’essai de production du puits Minsala Marine 1 qui a montré plus de 5000 barils d’huile légère à une densité de 41° API sur le même bloc Marine XII. Le groupe Eni détient à 65% le bloc Marine XII avec les partenaires de joint-venture New Age (25%) et la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC) à 10%.

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Rigobert Ossebi - dans Sassou Nguesso PCT Congo-Brazzaville

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