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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 11:24
UZBECK AU CONGO-BRAZZAVILLE, BILLET D'HUMEUR : LES CONGOLAIS, A QUELLE DISTANCE DE LA REALITE DE LA LIBERTE, MON GENERAL ?

Par Jean-François NKOUKA

Il est impossible de sortir de la boue sans se salir…

Trois groupes distincts se dégagent dans la stratégie de la refondation du Congo, un renouveau que tous, de manière explicite, jugent nécessaire, si ce n'est inéluctable. A quelle fin cependant ? Bien difficile, dans cette nacelle où tous se connaissent et ont des intérêts croisés, de distinguer, pour le béotien lambda, les conservateurs des progressistes, les prestidigitateurs, des clairvoyants !

Trois groupes disais-je… dont l'importance de chacun ne sera pas, ici, mesurée du fait d'avoir été cité en post-, anté-, ou en pré-position.

En premier, nous avons donc le PCT, celui qui, inversement à l'audience dont il jouit auprès des congolais, détient le pouvoir. Se croyant le Congo et représentatif des congolais, assoit « les rois maudits » aux trônes, et se meut en régent du docile peuple, pour dire la volonté de son maître.

Il y a l'opposition, difficile à caractériser tellement s'y trouve tout et tout le monde : anciens idéologues pctistes en banc de rupture ; ceux qui sont revenus des successifs pouvoirs déchus sans y avoir appris ni fait grand-chose ; ceux qui se disent, « enfin notre tour ! » ; ceux qui ne veulent pas du changement de la constitution ; ceux qui ne veulent pas du changement de la Constitution tout de suite ; ceux qui veulent du changement de la Constitution à condition d'être nommés 1er ministre ou ministres ; ceux qui en veulent personnellement à M. Sassou Nguésso ; ceux qui en veulent à M. Sassou Nguésso et à son système ; ceux qui n'en veulent qu'au système, ceux qui n'en veulent ni à M. Sassou Nguésso, ni au système mais ne veulent pas que le paradigme régional de la détention du pouvoir soit bouleversé ; ceux qui veulent pour eux, rien que pour eux et toujours pour eux ! Ceux qui, jeunes, du fait de leur jeunesse même, venus trop tard dans un Congo aussitôt né, aussitôt vieux de haines, de ressentiments, de coups d’État, se croient « autorisés à ... » etc.

Vous l'aurez compris, beaucoup à en dire, mais une opposition protéiforme, cancanière, pleutre, et jusqu'à preuve du contraire, le ventre mou dans cette marche vers la liberté, la saine démocratie…

Puis il y a M. Modeste Boukadia, le Modeste Boukadia d'après avril 2014, celui d'avant les incompréhensibles condamnations pour fait de démocratie… avec une proposition iconoclaste pour certains, salutaire pour d'autres, en tout cas, singulière pour tous : pas moins que cela, il pose la condition lors de sa conférence de presse à Brazzaville dans les locaux du journal La Semaine Africaine le 3 février 2013, si modification de Constitution il y a (https://www.youtube.com/watch?v=UV9b0drHQpI), de demander la reconnaissance internationale à l'auto-détermination de nos compatriotes au sud du Congo, à maintenir la proclamation d'un Etat, celui du Sud Congo. La scission effective en somme… le PCT ayant déjà, longuement, travaillé depuis 1968, à celle sournoise, selon la ligne non pas de l'idéologie politique, mais de l'appartenance exclusive, régionale, sous régionale, ethnique, clanique et familiale ! L'ordre d'importance dans le système étant, souvenez-vous en toujours, inverse à celui cité. On ne peut compter que sur les siens, les congolais ne sont pas des leurs, ils sont autres, ces autres...

Où donc situer notre ligne de renouvellement du Congo ? Bien malin et je souhaite des grappes de plaisir à celui qui saura distinguer un sincère pctiste d'un ancien roublard pctiste ! Est-ce tous contre tous ou tous contre M. Modeste Boukadia ? Je vous laisse éprouver les différentes autres combinaisons qui ne manquent pas de saveur !

Faisons, comme bon nous semble, mais admettons-le néanmoins, notre difficulté à y voir clair ne vient pas de M. Sassou Nguésso et son PCT dont nous connaissons maintenant la volonté affichée de changer la Constitution. Celui-ci et ce Parti, fossoyeurs de l'idée même de l'idée de citoyen de la république, se maquillent en progressiste pour mieux et farouchement conserver le pouvoir et le système qui le sous-tend, celui de la vassalité du peuple, cantonné à la politique de la main tendue !

Non plus, la difficulté ne nous vient pas de M. Modeste Boukadia qui, au-delà des cris d'orfraies que tous poussent pour proclamer que « jamais au grand jamais il n'y a eu des considérations tribales au Congo ! » et que ceux qui le proclament sont, à front renversé, taxés de sécessionnistes ! Mais tous, tels que nous sommes, avec une once d'honnêteté, pas besoin de considérer la question en notre for intérieur, nous savons tous qu'en dépit de ses conclusions qui ne nous agréent guère, son analyse est vraie et pertinente.

Quant à cette partition déjà largement entamée dans les faits, une question me trouble en ma qualité revendiqué de citoyen de l'étendue du Nord Sangha au Sud Congo, comme il lui plait de les dénommer, qu'il daigne me répondre s'il me lit : « A qui déplairait cette scission ? » Pour ma part et en dépit des apparences, souvent trompeuses, je ne pense pas que M. Sassou Nguésso ne finisse par y trouver son compte… A ce jeu nous connaissons les perdants, toutes les régions du Nord, hormis la Cuvette Ouest…

J'en veux donc prodigieusement à cette opposition légale, autoproclamée, ce ventre mou, somnifère du citoyen ! D'où parlent-ils ? De quoi parlent-ils ? De qui parlent-ils ? Voilà bien trois questions que nous ne serions en mesure d'apporter une réponse… Et qui sait, peut-être que personne ne le peut, même pas chacun d'entre eux, car que chacun d'entre eux s'exprime, et c'est une chorale désaccordée, du bruit plutôt que la musique, des problèmes plutôt que des solutions, sans cesse ! Dans le lot, je plains tous ceux qui, « la fleur au fusil », chantent des lendemains meilleurs alors que le marigot est infesté de crocodiles prêts à donner de puissants coups de queue, de crocs pour se remplir la panse, enfin, encore une fois !

Elle me déplait prodigieusement, cette opposition car attentiste, suivant la pente, incapable de faire l'Histoire, attendant des subsides qui tombent de la table, sans efforts : « ah la France est avec nous ! », « ah les Evêques ont parlé pour nous ! », assemblage d'individus égocentrés bavards, dansant au rythme d'un tam-tam dont ils ne connaissent ni ne maîtrise le refrain, et le syncopé !

Rien donc, vous demandez-vous ne trouve grâce à mes yeux ? Rien donc dans cette opposition qui donne matière à s'accrocher ? Hé bien si ! Rassurez-vous, je ne suis pas neurasthénique…

Il y a ces congolaises, ces congolais, jeunes et moins jeunes qui ne se résolvent pas de choisir entre la peste et le choléra ; il y a ce peuple qui, brimé, résilient ne dénit cependant pas le poids de son joug ; il y a cette impétueuse jeunesse, quoi qu'elle n'ait pas forcement raison, pense que demain sera un jour meilleur, et qu'au pouvoir, elle aura une meilleure lecture de la société ; il y a ceux qui, femmes, hommes, jeunes et vieux, malgré le poids de notre « non-histoire » en tant que Peuple, pense qu'il vaille la peine d'enfin commencer à bâtir, comprennent les motivations de M. Modeste Boukadia mais ne se résolvent pas à ces conclusions ; il y a moi, et comme je le suppose, à l'instar de nombreux autres compatriotes, ont une préférence pour le Modeste Boukadia tel que dans l’Interview https://www.youtube.com/watch?v=AQCY1pi0wBk) de 2009 accordée à la Télé WebTV de RDC le 21 mars 2009 depuis sa résidence du Château d’eau à Brazzaville, lors des présidentielles, ou de celui-là lors de son passage dans l'émission télévisée de TPT « Sur la sellette » le 7 décembre 2001 à Pointe-Noire : (https://www.youtube.com/watch?v=shHGmmZmqXA/ ; https://www.youtube.com/watch?v=amWiEOse7z4 et https://www.youtube.com/watch?v=Z1MsimW49M4).

De vraies leçons de patriotisme que, hélas, le vulgaire moque faute de savoir, faute de comprendre, faute de mesure… Que ceux de nos aînés qui savent, qui peuvent, qui doivent, nivellent leurs égos surdimensionnés se rappellent donc à lui, que nos jeunes sachant, avides, liment leurs dents et reconnaissent, il est la distance qui nous sépare de la réalité.

A ceux-ci comme à ceux-là, je demande de bien lire entre les lignes, de ne pas s'arrêter aux apparences, de ne pas commettre la même erreur que nos aînés, que Sassou Nguésso, que ceux de son clan, de réveiller ce Modeste Boukadia là, de le contraindre à revenir sur ce terrain de notre Unité et de notre Indivisibilité à bâtir. Que si ce Modeste Boukadia est mort avec les iniques condamnations d'avril 2014, de chercher, de trouver, et de lui administrer la potion afin qu'il nous revienne, en vie ! Nous avons un Pays à bâtir, un Etat à construire, des Veuves à consoler, des Parents à consolider, des Enfants à éveiller dans la conscience de leur unicité, dans les diverses appartenances que sont les nôtres !

Abyssus abyssum invocat « l'abime appelle l'abime », la justice des faux vainqueurs nous est impossible, la vengeance, même du plus juste d'entre nous, nous est inadmissible, dialoguons ! Dialogues entre le ventre mou de notre opposition et M. Modeste Boukadia, entre M. Modeste Boukadia revenu de ses prétentions séparatistes et les tenants de ce système en place. C'est à ces trois entités, dans leurs maillons les plus forts, qu'il appartient de léguer la paix, en héritage aux générations présentes et à venir, à la manière de De Gaulles et de Konrad Adenauer, de l'Allemagne et de la France, de la légitimité du vainqueur et du sens aigü de la lecture de l'histoire du vaincu.

Une chose, un souvenir qui fait mal, l'exil de toute une classe politique, celle du régime du Président Lissouba, à l'avènement de M. Sassou Nguésso au pouvoir… La faiblesse d'un royaume divisé contre lui-même, obligé d'offrir le flanc à ses prédateurs patentés ! « Ces frères qui étaient demeurés des frères..., même lorsque nous nous combattions » dixit François Mitterrand en présence d'Helmut Kohl. Ainsi ferions-nous, enfin, Peuple !

Par Jean-François NKOUKA

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