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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 08:08
(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso engage un bras de fer avec Obama et Hollande...

SASSOU NGUESSO ENGAGE UN BRAS DE FER AVEC OBAMA ET HOLLANDE SUR LE CHANGEMENT DE CONSTITUTION : en sortira-t-il vainqueur ou partira –t-il comme Blaise compaoré ?

A son retour de Cuba, le Président de la République, en répondant aux questions des journalistes avait réaffirmé son intention de procéder au référendum en vue du changement de la Constitution actuelle. Comme à son habitude, il avait justifié son projet inconstitutionnel en prenant des exemples qui n’ont rien à avoir avec le contexte politique congolais. Il s’était appuyé sur la réforme constitutionnelle ayant abouti à l’institution de la Ve République en France et la réforme constitutionnelle ayant instauré l’élection du Président de la République française au suffrage universel direct. Après s’être trompé au sujet du nombre de mandats présidentiels en Allemagne, Mr Sassou vient encore de commettre une grave confusion qui prouve, une de fois plus, qu’il n’a pas des conseillers compétents autour de lui mais de vulgaires courtisans.

Comparaison n’est pas raison. Comment Mr Sassou peut-il sortir la réforme ayant abouti à la cinquième République française de son contexte historique et politique pour l’appliquer au contexte congolais dans le but de justifier son coup d’Etat constitutionnel en préparation ?

Puisqu’il semble devenu amnésique au point d’oublier ce contexte français, il va falloir qu’on lui rafraichisse la mémoire.

La Ive République était un régime parlementaire où le pouvoir exécutif était faible. En raison de l’application du scrutin proportionnel aux élections législatives, des alliances étaient nécessaires entre plusieurs partis pour obtenir la majorité et gouverner. La vie politique de la Ive République était donc faite d’alliances et de ruptures d’alliances entrainant une grande instabilité ministérielle. Ainsi, de 1947 à 1959, 24 gouvernements se succèdent, soit en moyenne un gouvernement tous les six mois. Cette faiblesse du pouvoir exécutif est la raison principale de l’incapacité de la classe dirigeante à résoudre les crises liées à la décolonisation. Le début de la guerre d’Algérie pour l’indépendance aboutit à une crise de régime en France. Une autorité morale capable de restaurer le pouvoir de l’Etat étant attendue, De Gaulle se pose en recours.

Alors que De Gaulle s’était retiré de la vie politique sous la Ive République en raison de son hostilité vis-à-vis d’un régime où le pouvoir exécutif est faible, il revient douze ans après et accepte de reprendre le pouvoir à condition de pouvoir gouverner par ordonnance , c’est-à-dire sans vote du Parlement pendant six mois. Durant cette période, il est chargé de rédiger une nouvelle Constitution. Le Parlement accepte ses conditions. Le 1er juin 1958 De Gaulle devient Président du Conseil et entame avec ses conseillers le travail de rédaction de la Constitution de la Ve République française.

Pour résumer, la cinquième République est née de la nécessité de restaurer l’autorité de l’Etat, à travers un pouvoir exécutif fort, une stabilité politique et gouvernementale, par le biais du scrutin majoritaire aux élections législatives notamment.

Que se passe-t-il au Congo-Brazzaville ?

Il existe une Constitution qui attribue tous les pouvoirs au Président de la République qui est la personnalité centrale, la stabilité gouvernementale est garantie à travers l’impossibilité pour le Président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale et cette dernière de démettre le Président de la République. Dans ce régime, le pouvoir exécutif est trop fort et supplante le reste des institutions. Le Président de la République est à moins de deux ans de son second et dernier septennat constitutionnel. Il doit, en 2016, quitter le pouvoir sans autres formes de procès ou pseudo débats. Mais ayant une soif et une addiction inextinguible au pouvoir, il voudrait absolument s’y accrocher, en violant la Constitution du 20 janvier 2002 qu’il a pourtant juré de respecter et de défendre.

Depuis 2002 jusqu’à ce jour, grâce à la science de la fraude dont il a le secret, le PCT a toujours eu une « majorité » écrasante lors des différentes élections politiques. Un gouvernement composé des militants du PCT et non pas des cadres intègres.

Le contexte politique congolais d’aujourd’hui n’a donc rien à voir avec celui qui a présidé, en France, à l’adoption de la Constitution de la Ve République française .C’est une manœuvre de diversion de plus et des exemples hors sujet de la part de Mr Sassou Nguesso.

L’humiliation subie par lui lors du dernier sommet de la francophonie est encore dans toutes les mémoires des congolais. Le Président François Hollande l’avait clairement mis en garde contre les tripatouillages de Constitution pour convenance personnelle pour demeurer au pouvoir. La position de Barack Obama est la même sur ce sujet.

En disant que c’est au peuple congolais qu’il appartient de trancher le problème du changement de Constitution, Mr Sassou envoie un message à Hollande et Obama pour leur faire part de sa détermination à passer outre leurs mises en garde et changer la Constitution de notre pays pour demeurer au pouvoir. Autrement dit, c’est un bras de fer qu’il a engagé avec eux. Mais c’est risqué pour lui, même si les courtisans et extrémistes, qu’ils préfèrent écouter, lui font croire le contraire. Avant lui, Blaise Compaoré avait adopté la même attitude et rappelé à Obama et Hollande la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats. Nous savons tous comment cela s’est terminé pour Blaise Compaoré. Sassou serait bien inspiré de se garder d’engager un bras de fer à plus forts que lui, car il est déjà perdant puisqu’ il n’a pas la force de tenir tête, longtemps, aux Présidents américains et français. C’est ridicule pour lui de vouloir montrer des muscles, qu’il n’a pas, à deux personnes qui pourraient décider de son départ du pouvoir, même avant 2016, en quelques minutes.

Qu’il ne soit pas stupide comme Blaise Compaoré, en attendant que le sang des congolais coule abondamment avant qu’il ne puisse reculer et renoncer à son projet de coup d’Etat constitutionnel qui menace la paix dans notre pays. S’il n’écoutait pas la voix de la sagesse, c’est la Cour pénale internationale et la justice française qui s’occuperont de lui. Les dossiers des disparus du Beach et des biens mal acquis sont toujours instruits en France et aboutiront à des procès.

Mr Sassou, s’il vous reste encore un brin de clairvoyance, renoncez pendant qu’il est encore temps à votre projet de changer la Constitution du 20 janvier 2002 et partez du pouvoir sans difficultés en 2016.

Si vous pensez qu’en affrontant Hollande et Obama, vous resterez au pouvoir, c’est la plus grave des humiliations qui vous attend avec la justice pénale internationale mais aussi française et la nôtre en plus.

Une personne avertie en vaut deux.

Ngoma Ludovic

(Extrait de congo-liberty)

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Ngoma Ludovic - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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