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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 15:15
(Congo-Brazzaville) INTERPOL et MONACO réunis dans les flammes de Brazzaville

(Congo-Brazzaville) INTERPOL et MONACO réunis dans les flammes de Brazzaville

PAR RIGOBERT OSSEBI

Raymond Mboulou Photo officielle 83e AG INTERPOL

La 83ème Assemblée générale d’Interpol s’est déroulée du 03 au 07 novembre 2014, dans la Principauté de Monaco un haut lieu de la sécurité. Curieusement, cette dernière s’est retrouvée au cœur de l’actualité congolaise, un très haut lieu du vol, du racket et de la corruption qui s’y sont institutionnalisés.

Aux premières heures du 06 novembre un incendie a dévasté le plus grand supermarché de la capitale congolaise.

« Les sapeurs-pompiers n’ont pas réussi à circonscrire l’incendie. La preuve, tout a brûlé. Au stade actuel du sinistre, il est difficile de donner une confirmation de l’origine ou de la nature de l’incendie. Nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses. Est-ce que c’est électrique ? Il faut attendre que les enquêtes soient faites et que les spécialistes de ces questions-là regardent afin qu’ils confirment ce qui s’est passé exactement ou bien quelle a été la source de cet incendie » avait aussitôt déclaré à RFI Alphonse Missengui, le directeur général adjoint du supermarché Casino.

Les Dépêches de Brazzaville, «Pravda locale », avançaient « Pourtant, selon les premiers témoignages recueillis sur place, l’incendie serait provoqué (sic) par un court-circuit électrique suite à un retour de l’électricité » ; comme pour l’incendie, selon la version officielle, à l’origine de la disparition de Bruno Ossebi, de sa compagne et de ses deux filles. En réalité, c’était un attentat au cocktail Molotov ! Il faut rappeler, aussi, que leur maison avait été immédiatement détruite « parce qu’elle présentait un danger pour la population ».

Une journée après l’incendie du supermarché Casino de Brazzaville, alimentées par les sphères du pouvoir, les rumeurs allaient bon train : « les propriétaires (le Libano-Sénégalais Adnan Houdrouge) voulaient toucher l’assurance » pour déplacer leur activité dans un autre centre commercial à côté du Mbamou Palace… » Le PCT, toujours marxiste, est passé maître dans l’art de la diffamation assassine.. !

D’autres, toujours en provenance du système, affirmaient que l’incendie n’était qu’une conséquence de « l’insatisfaction » de services « extérieurs » chargés de veiller à la sécurité de l’établissement, essentiel au bon approvisionnement d’une partie des Brazzavillois, de la classe moyenne et supérieure ainsi que des expatriés.

Mais que l’on ne se fasse pas d’illusion, au Congo de Denis Sassou Nguesso et de Jean-François Ndenguet, pays de tous les crimes, attentats et catastrophes , jamais au grand jamais la vérité n’est parvenue à émerger. Du DC10 d’UTA, aux explosions du 04 mars 2012 en passant par les guerres civiles de 1997-98 quelles équipes de télévision internationales sont elles jamais venues filmer ce qui s’était réellement passé sur le terrain.

Brazzaville est un « no man’s land » de la vérité ! Un territoire interdit ! Sassou Nguesso de tous temps , avec « ses amis de l’ombre » des grandes puissances, a réussi à maintenir secret et chape de plomb sur ce qui se passait réellement dans « son pays ».

Et c’est bien parce que le Congo est « son pays » que tout doit, avec les siens, lui appartenir. Toute activité lucrative, toute entreprise, toute industrie est soumise au racket, à la participation forcée, au vol et à la corruption. Oubliez les classements des « pseudo ONG incorruptibles », le Congo-B s’agissant de la corruption se situe bien parmi les 4 ou 5 pires Etats de la planète.

Dans cet environnement sordide, comment ne pas se poser de questions lorsque le Ministre de l’Intérieur du Congo, Raymond Mboulou, et son Chef de la Police, Jean François Ndenguet, se retrouvent en même temps à Monaco alors que Mercure International, le propriétaire de l’établissement qui a brulé, est également une société monégasque (http://www.mercureinternationalgroup.com/fr/groupe/ ).

Y- aurait-il eu des tentatives d’extorsion de fonds, de racket ou de chantage auxquelles la compagnie monégasque aurait refuser de céder ?

Mercure International est un groupe présent dans toute l’Afrique et sous différentes enseignes. C’est un leader de la distribution. Cependant les marges y sont aussi réduites que les appétits des racketteurs d’Oyo, et complices, sont démesurés et déraisonnables. « Le Général Jean François Ndenguet, comme la plupart des officiers de l’armée et de la police congolaise, est un homme d’affaires qui utilise sa position pour extorquer des hommes d’affaires et des investisseurs. » peut-on lire dans l’implacable réquisitoire que dresse Elie Smith, fin connaisseur à ses dépends et à ceux de sa malheureuse soeur, des méfaits du chef de la Police congolaise ( http://blogs.mediapart.fr/blog/sadio-kante/061114/congo-brazza-jean-francois-ndenguet-le-profil-d-un-policier-voyou-par-elie-smith ).

Les racketteurs éconduits seraient finalement passés à l’acte ?

A Monaco, Jean François Ndenguet avait pris ses quartiers dans le prestigieux palace 5 étoiles Hôtel Métropole et dans une de ses plus belles suites d’exception (http://www.metropole.com/fr/chambres-suites/suites-exception).

Détenteur d’un passeport d’Interpol, les tapis rouges monégasques s’étaient déroulés pour un homme poursuivi en France pour crimes contre l’humanité, dans l’affaire des Disparus du Beach. Le « policier voyou », comme le désigne Elie Smith, ne manque pas de passeports pour qui bon lui semble. Une affaire délicate vient à peine d’être révélée : son maître, le dictateur, aurait intercepté des vrais-faux passeports avec les photos d’Annie son épouse et de ses cinq enfants mais avec un nom de famille moins encombrant que celui de Ndenguet. Nul doute qu’ils auraient été très utiles au moment de la fuite générale ; mais cette idée n’est pas pour plaire à l’autocrate de l’Alima… ! Le fera-t-il payer au Chef de sa Police ?

Incendie accidentel ou « racket » ? La disparition dans les flammes du plus grand supermarché du Congo représente à elle seule plus de pertes matérielles que le Burkina Faso a enregistrées pour sa toute récente révolution. Elle donne, de plus, une résonnance particulière aux menaces que Denis Sassou Nguesso ne cesse de proférer dans le cas où il serait obligé d’abandonner « son pouvoir » : le « bâtisseur infatigable » détruirait alors les hôtels, les aéroports et les routes qu’il a fait construire à crédit pendant que ses rejetons et lui-même dévoraient les finances publiques.

La chute récente des cours du baril de pétrole a asséché encore de plus belle ces dernières. Nombreuses sont les entreprises étrangères qui ont arrêté leurs travaux ou commencé à quitter le pays faute d’avoir été payées. Le mécontentement est général et quasiment tout le monde imagine et espère un Congo débarrassé de la gangrène Sassou & Nguesso, fils et neveux réunis !

Denis Sassou Nguesso s’est mis en tête de prendre désormais Robert Mugabe pour modèle et pour exemple. De son fief d’Oyo, il est certain de pouvoir maitriser les flots du mécontentement des Congolais. L’incendie du Casino de Brazzaville préfigure-t-il un brasier plus grand encore dans lequel le vieux dictateur voudrait jeter le Congo tout entier pour ne pas avoir à quitter « son pouvoir » ?

Rigobert OSSEBI

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT