Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 09:48
(Congo-Brazzaville) Corruption, Ebola : Fléaux africains !

Par Rigobert Ossebi -

Les pires maux dont souffre l’Afrique ne sont ni Ebola, ni le Paludisme, mais bien la corruption et l’opacité dans l’exploitation de ses ressources principalement minières et pétrolières.

Si l’épidémie d’Ebola a toutes les chances d’être circonscrite, la corruption en Afrique n’est pas prête d’être éradiquée… ! Les détournements sont incalculables et responsables de l’extrême pauvreté dans des pays au sous-sol particulièrement riche. Les Etats-Unis, suivis de l’Europe, finalement furent les premiers à réagir. En juillet 2010, l’Article 1504 de la loi Dodd Frank Act a été signé et ajouté aux lois des États-Unis. Cette loi représente une étape clé pour la transparence. Elle exige que les entreprises pétrolières et minières cotées sur les marchés boursiers américains, divulguent publiquement les montants versés aux gouvernements étrangers pour l’exploitation de leurs ressources.

Cette information devrait permettre de faire la lumière sur les véritables revenus des pays riches en ressources naturelles, ainsi que d’aider les gouvernements à récolter ce qui leur est dû, et aux citoyens de prendre conscience du plein bénéfice que leur apportent leurs richesses naturelles.

Puis, ce fut le tour de l’Union européenne d’imposer aux multinationales européennes de l’industrie extractive (pétrole, gaz, minerais, mais aussi bois) une transparence accrue. En vertu d’une nouvelle législation adoptée le 9 avril 2013, ces entreprises devront détailler chaque année, pays par pays, projet par projet, la nature de leurs activités et les impôts, taxes et redevances payés aux différents Etats. Initiative saluée par plusieurs ONG, le texte devrait les aider dans leur lutte contre la corruption dans les pays visés.

Le 18 septembre dernier, l’Assemblée nationale française a transposé cette première directive européenne renforçant la transparence des industries extractives. La France avait jusqu’à juillet 2015 pour le faire, la mission vient d’être remplie ; avec pour même objectif, la lutte contre la corruption dans ces secteurs d’activités. Alors il est bienvenu que le Gouvernement britannique, à son tour, fixe des règles aux compagnies d’exploitation ou de négoce qui, en très grand nombre, se sont installées à Londres alors que leurs activités se situent en Afrique. Un projet de loi au Royaume-Uni pour « la transparence des revenus du pétrole et l’exploitation minière » est examiné par le Comité mixte de la Chambre des Communes. Il est en bonne voie pour devenir effectivement une loi en Décembre prochain.

La Suisse a également adopté une règlementation assez stricte. Genève abrite les plus grandes sociétés de négoce pétrolier. C’est ainsi que l’une d’entre-elles, le géant russe Gunvor, s’était fait épinglée depuis 2012, par le Ministère public de la Confédération Helvétique de Berne, dans une affaire présumée de blanchiment et de corruption. Des responsables de la société russe et des proches de Denis-Christel Sassou Nguesso, le fils du président congolais, seraient impliqués dans une opération douteuse de négoce pétrolier de près de 2 milliards de dollars. Depuis, Gunvor a clos ses activités au Congo Brazzaville, où son Directeur Gunvor-Congo, à Pointe Noire, n’était autre qu’un homme de paille « officiel » d’Edgar Nguesso, le neveu du président en charge du Domaine présidentiel.

Encore et toujours l’Afrique ! Selon Médiapart, cette même société, cofondée par un proche de Vladimir Poutine, doit aujourd’hui affronter un scandale de corruption lié à l’achat de pétrole brut en Côte d’Ivoire. Sa direction tremblerait à l’idée de le voir exploser au grand jour. L’affaire remonterait à mars 2014 et ne se trouverait pas encore entre les mains de la justice.

Selon plusieurs sources, elle aurait été entachée de graves irrégularités, aboutissant même à la démission mi-septembre d’un membre du Conseil d’administration de Gunvor. La société Gunvor, si elle se trouve sous les feux de certains projecteurs, n’est malheureusement pas la seule à qui l’on pourrait reprocher certaines pratiques « maintenant répréhensibles ». Dans les industries extractives et dans les négoces, qui en découlent, la corruption n’est que trop souvent la règle ! Les exceptions sont rares tant la convoitise est grande chez les opérateurs de ces secteurs, mais surtout la cupidité et la gourmandise ne connaissent point de limite parmi les Chefs d’Etat africains qui déterminent celui qui obtiendra quid de la concession minière, du bloc d’exploration pétrolière ou de l’allocation d’un tanker de brut à commercialiser… !

Aussi ces bonnes initiatives, pour la plupart occidentales, ne pourront qu’apparaître tardives et d’un effet limité : le principal partenaire de l’Afrique est aujourd’hui la Chine et il est peu probable qu’elle suive le chemin qui vient d’être tracé concernant le renforcement de la transparence et de la lutte contre la corruption….. Les paradis fiscaux de Hong Kong et Macao ont de quoi largement, et pour longtemps, satisfaire notre « élite » africaine corrompue !

Rigobert Ossebi

(Extrait de congo-liberty)

Partager cet article

Economie

Catégories