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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 15:20
(FMI) Congo-Brazzaville : Piètres perspectives à venir, selon le FMI

Le FMI prévoit une croissance de 6%, mais la pauvreté augmente quand même. Sassou a de grands espoirs pour les zones économiques spéciales alors que la fin du pétrole se profile

Entre les lignes, la dernière analyse du Fonds monétaire international de l’économie du Congo-Brazzaville révèle un piètre record de réalisations économiques pour les décennies de règne du président Denis Sassou-Nguesso. Dernièrement, le gouvernement a commencé à montrer de l’enthousiasme pour les Zones Economiques Spéciales, même si l’investissement direct significatif requis aurait d’énormes obstacles à surmonter.

Le taux de pauvreté reste élevé, équivalent à d’autres pays africains ayant un revenu nettement plus bas tandis que son indice de développement humain est bien en dessous de la moyenne des pays avec un produit intérieur brut par habitant similaire. Le taux de croissance économique est décevant, en dépit de dépenses publiques financées par les recettes pétrolières, qui sont parmi les plus élevées des pays exportateurs de pétrole en Afrique. Le Fonds s’attend à ce que la croissance économique soit de 6% par an jusqu’en 2019.

La dépendance à l’égard du secteur pétrolier est même en augmentation, les exportations non pétrolières en baisse en pourcentage du PIB, alors que la fin de l’ère du pétrole approche. La production devrait atteindre un pic en 2017 et diminuer par la suite, pour atteindre des niveaux insignifiants en moins de 20 ans. Les conseils du FMI sont de commencer à planifier la durée de vie limitée restante des réserves de pétrole grâce à l’impôt et à la consolidation de la dette ont été ignorés.

La mise en œuvre des recommandations de politiques convenues avec le FMI est extrêmement limitée, y compris les réformes structurelles pour rendre la croissance plus inclusive et pour déclarer des objectifs de réduction à la pauvreté. Il reste de vastes possibilités, remarque le FMI, d’améliorer l’efficacité des dépenses publiques et améliorer la transparence.

La plupart des rapport d’étape du FMI sont une mise à jour, soulignant efficacement le peu qui a été fait pour régler les problèmes bien diagnostiqués qui handicapent l ‘économie du Congo et qui ont fait partie d’un programme de réformes convenu avec le FMI figurant dans chaque accord gouvernemental depuis le retour au pouvoir de Sassou-Nguesso en 1997 (AC Vol 53 No 21, Une pauvreté de la stratégie). Pourtant, plutôt que d’examiner la mise en œuvre de la politique, le gouvernement met beaucoup d’actions dans l’établissement des Zones Economiques Spéciales. Deux des quatre d’entre elles sont dans des régions éloignées du Nord, incluant Oyo, le district d’origine du président Sassou-Nguesso d’Oyo, ainsi que Ouesso. La principale, à Brazzaville, implique des entreprises produisant pour le marché intérieur plutôt que pour le marché de l’exportation et ayant accès à de généreuses exonérations fiscales, ce qui conduirait à une perte nette de revenus selon le FMI.

Le ministre des ZES, Alain Akouala Atipault, peut bien être ébloui par les signes tangibles, vers l’extérieur des Zones Economiques Spéciales à Dubaï ou Shenzhen, en Chine, mais ne semble pas au courant, selon des sources locales que les contraintes qui ont entravé l’économie du Congo depuis des décennies seraient toujours à l’œuvre dans ces zones. L’environnement offert aux investissements est généralement considéré comme catastrophique. Le Congo a été classé 185ème sur 189 pays dans le classement Doing Business 2014 de la Banque mondiale sur l’environnement de l’investissement par pays, une position qui est pratiquement inchangée depuis le début de ces enquêtes en 2003. Le FMI note que la première priorité du gouvernement devrait être de «rapidement» mettre en œuvre le plan interministériel d’action longtemps bloqué pour soutenir les exportations non pétrolières, et les notes ici comme ailleurs n’ont pas progressé avec les engagements de réforme du gouvernement. La Banque Mondiale a offert son aide pour promouvoir la compétitivité économique et le développement du secteur privé, mais a rencontré un sérieux manque d’intérêt et d’engagement officiel.

Les infrastructures ont toute l’attention du gouvernement car elles correspondent à ses conceptions du développement, en grande partie des réminiscences de la période où le pays était un allié du bloc soviétique, et incluent des projets de prestige liés à l’organisation des Jeux africains 2015. Malgré des dépenses publiques élevées sur les infrastructures, les profondes faiblesses structurelles de l’économie limitent les réponses de l’offre locale, la quasi-totalité d’entre elles sont couvertes par les importations.

Le programme officiel d’investissement public va de l’avant malgré les préoccupations quant à la qualité de la sélection des projets. Aucun projet n’a été soumis à l’analyse des coûts des prestations par la Banque mondiale, comme promis depuis longtemps. La plupart sont des projets de prestige mal intégrés à la réduction de la pauvreté et à la planification des priorités. La plupart des dépenses d’infrastructures en cours sont financées et construites par des entreprises chinoises garanties par 2,6 milliards de dollars en prêts officiels.

La Chine est désormais le plus grand créancier du pays et le Congo a l’obligation de maintenir un solde créditeur minimum à hauteur de 20% de l’encours des prêts dans un compte séquestre de la Banque Chinoise de l’Import-Export (China’s Exim Bank) adossé à des ventes de pétrole à la Chine. Les prêts ont pour la plupart des conditions de faveur – 0,25% d’intérêt et d’une maturité de 20 ans. Ce sont des termes plus faibles que ce qui sont disponibles à partir de la Banque mondiale et du FMI, mais sont plus attractifs grâce à l’absence de questions posées par la Chine pour ce qui touche la viabilité du projet.

La dette extérieure est à la hausse et a doublé au cours des quatre dernières années depuis que l’allégement de la dette financé par l’Ouest a été accordée dans le cadre du programme des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) en 2010. Malgré la forte hausse de la dette extérieure le Congo a évité de justesse d’être classés à risque de surendettement par le FMI, sauvé par les grands dépôts de l’État auprès de la banque régionale, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), mais a été fortement conseillé d’élaborer une stratégie de la dette et d’améliorer la transparence.

En vertu de la constitution Sassou-Nguesso ne peut pas être réélu pour un troisième mandat de sept ans aux élections présidentielles prévues en 2016, mais il devrait soit modifier la Constitution pour prolonger son règne ou remettre à un membre de la famille – le fils, Denis Christel est préparé pour jouer un rôle plus important – ou un proche allié politique. (Ndlr : les caractères soulignés et en gras l’ont été par le traducteur)

Traduction Rigobert OSSEBI

Selon les rapports du FMI

http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2014/cr14272.pdf

http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2014/cr14273.pdf

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

Economie

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