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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 17:20
(Congo-Brazzaville) Une nation buissonnière

Par Dina Mahoungou -

dina-mahoungou -

Tout ce que nous avions de prospère depuis les indépendances à été laminé : la santé, l’éducation, le civisme et la solidarité. Une Nation toute factice. Nous ne pouvions pas douter plus longtemps du sort qui nous avait été préparé par l’atroce ingéniosité de la tribu dominante.

Derrière le flot continu des actes barbares du tyran et de ses affidés, derrière le flot ininterrompu de sa bêtise obstinée, de ses abus disproportionnés, de ces aberrations pernicieuses, nous avions tout perdu, l’atmosphère y est particulière.

Après la guerre civile, nous voilà dans une nouvelle montée des périls, le poids de la haine dans ses linéaments essentiels, le dégoût de l’autre. Toute l’amertume de l’existence pour haïr son prochain.

Plus de dix années plus tard, la folie lucide, les soleils noirs, toutes ces horreurs d’après les événements envahissent réellement tout le Congo, bordant sans interruption tout l’arrière pays, des régions entières. Cette furie expansive et contractive à l’égard de l’autre. Tous ces lieux qui pendant longtemps étaient entourés de morts restent sans mots.

Dans nos têtes, l’on se rappelle cette brutalité animée et sensitive de chaque coup reçu. Dans ces paysages, des hurlements sans fin qui s’agrandissaient sans cesser d’éclore toutes nos habitations. Tous les stigmates de toutes ces batailles sont ici dans leurs milieux ambiants, se meuvent et s’affichent. Nous autres, esclaves crucifiés, mendiants, laboureurs, colporteurs dans nos périples, un complot gigantesque d’un vaste tout a ruiné la Nation de tous ses vaillants fils, aujourd’hui morts, exilés, déplacés, assignés à résidence, captifs et humiliés, prostrés à domicile : un peuple évaporé.

Il n’y a rien du tout chez nos pauvres, un dénuement qui dépasse absolument les forces de l’imagination humaine, l’envie de besoin, les difficultés qui absorbent le petit peuple au quotidien, perdu de stupeur. Tous les maux qu’ils ont prévus pour créer la panique et la mort ont fait leurs effets, dans les paroxysmes et les frénésies.

Ici, c’est la survie, des petites périodes de limitation, le chaos discordant et tumultueux d’une Nation vraiment malade et désaccordée. Une irradiation à partir d’un conflit dramatique interethnique et tribal, l’amour a dépéri ……………. la réclusion ……….. des vengeances silencieuses, des haines qui s’exhalent et se réalisent par dilatation et contraction. L’Eden circonscrit de ses rêves, les hommes ne se parlent plus.

Au jour le jour, le climat se dégrade et toute cette vie qui tourne au quotidien dans la même série de misères. Tout notre passé fonctionne avec le silence des fantômes, l’irrémédiable est ponctuelle, toute aventure est propice, du tourbillonnement à la monstruosité. Une Nation qui jadis grandissait et la fatalité qui l’imprègne, un pays où l’on suffoque désormais dans des immenses délires.

La Nation est déchiquetée, prise dans le vertige de l’aquabonisme. Ᾱ l’amplitude de leurs rêves, tous ces maraudeurs, ces dépeceurs qui s’acharnent sur le bien du peuple et trouvent dans ce carnage leur assouvissement, leurs appétits galvaniques et extasiés.

Une immense liberté périphérique est là, devant nous, la volonté de combattre le mal et tous les moyens qui l’engendrent. Mais par-dessus tout, nous connaissons le mal qu’il faut combattre. La politique tribale unilinéaire et monocentrique du brigand Sassou N’Guesso et de ses valets doit être vigoureusement combattue.

Sous le battement des éventails, aucun rapprochement avec leurs représentants. Toutes nos actions se disposent autour d’un axe orienté : libérer le peuple, créer l’enthousiasme, l’ambiance est mauvaise, il faut rénover !

Une Nation sans obstruction, sans opacité doit advenir. Chez ces gens-là la probité n’exprime rien, sinon la pure représentation d’une apparence, leur univers se construit concentriquement à partir des éléments de la tribu, ils constituent une clôture pour mieux isoler les indésirables. Un chef comme centre d’éclairage, tous les autres moutons du troupeau se contentent de jouer le rôle d’arrière-plan, l’épais remous de la pénombre. Des petits personnages comiques et tragiques, doués d’un relief singulier sont des militants du Parti-Ẻtat, une pléthore qui joue son va-tout pour être à côté du soleil qui brille. Tout se tient et se lie par principe de composition.

La dictature au Congo est visible, repérable sous toutes les formes comme des pans de murs qui tombent, la Nation congolaise est un agrégat de sectarismes particuliers. Le roi est enragé, le peuple est en droit d’être bien régicide. Tous ces gaillards qui nous ont gouvernés de manière tribunicienne doivent dégager, nous allons rompre le contrat social, trop c’est trop. Des copains comme cochons, on n’en veut plus, nous sommes le pays réel.

Un Congo souverain, sans satrapes, le système a fait son temps ….. Y’a basta ! Tous les visages éteints de ces arlésiennes en farandole. Le mandat n’a pas été respecté, on le reprend, le pays chancelant s’est effondré. Peut-être le coup de Jarnac …….. une jacquerie ! Ᾱ quand l’initiative populaire ? Ils ont tout osé, c’est à çà qu’on les a reconnus, les saccageurs, les fraudeurs et compagnie.

Dans tous les quartiers populaires, des gamins malingres mal nourris, les gueux, l’affamé maudit, le visage raviné de l’écorché : pauvre Congo qui se clôt sur la face martyrisée de l’innocent.

Chez ces gens-là, dans la haute société, les égocentriques, les parasites, les fauteurs d’iniquité, les chalands dans une folie collective sont les réceptacles d’un délire fantastique, ils tuent à petit feu des êtres de chair et de sang. C’est horripilant de cynisme. Toute cette respectabilité nouvelle, des petits granulats de froideur, indicateurs de police, bourreaux institués, sont devenus les petits chefaillons qui régentent la Nation.

Voir la montée des périls de nos yeux est horrible. Un cercle favorise des intégrés, attise les peurs, les passions et les préjugés de façon spectaculaire et traumatisante avec leurs harangues haineuses et des méthodes de basse police, leurs cruels châtiments. Les gens ordinaires qui gagnent du galon peuvent s’avérer épouvantables. Qu’ils trouvent une jubilation graveleuse à distiller le mal chez les nous-autres, les écroteux, la souillure de la Nation. Ce n’est pas parce que les bourreaux nous ont désignés comme boucs émissaires qu’ils ont compris nos malheurs. Tous nos hauts fonctionnaires ont été réduits en commis aux écritures.

Dans cette fatalité absolue et atroce, un tribalisme latent. Avec tout ça, le temps ne sera pas à l’apaisement, ni à l’oubli, l’attente a été longue à geindre comme larbins et spectateurs, il nous fallut beaucoup de patience, d’amour, pour nous munir des ailes de la délivrance. Ce qui devait éclore aura lieu. Nous souffrons d’indignité dans ce climat émoluant des tropiques, nous avons souffert du deuil.

Dorénavant, dans nos vies soufflera un vent de nouveauté bienvenu. Le principe est d’optimiser notre résistance.

Toujours dans la rhétorique de la conspiration, au milieu de ses caciques, des irréductibles, la bêtise du tyran mûrit lentement. Face aux victimes cardinales, aux opprimés, aux persécutés, Sassou a construit une œuvre et étouffe toute une Nation par la simple pulsion d’autoconservation. Pour la reconnaissance mémorielle, le jour J viendra. Dans nos identités dévaluées, stigmatisées, la justice vaincra, face à cette clientèle ignorante du charlatanisme tribal. Il y aura une vérité du principe de responsabilité … Nous voici sur les chemins de la liberté !

Que peut la raison, quelles sont ses limites ?

Sassou observe, il n’est nullement affecté de toutes ses terreurs que causent ses mercenaires. Il a proposé au citoyen l’usage de la peur. Vivre et mourir pour l’affermissement de la République, telle est la devise du peuple souverain. Nous allons reconquérir le Congo pour reconstruire l’Ẻtat.

L’immoralisme, la décadence des mœurs c’est du passé, le pays aura des lieux de médiation et d’échange.

En 2016, la volonté générale à laquelle nous concourrons s’appliquera à Sassou comme à chacun des protagonistes dans les mêmes conditions. Tous les meurtriers potentiels, les magouilleurs et leurs serviteurs vont répondre devant la justice de notre pays. Pas de travail de l’effaçage, nous nous attaquons au réel, plus de gang pour caviarder les éléments de paix. Plus de rhétorique pour justifier l’injustifiable, les truqueurs invétérés, les fieffés menteurs, la police de la pensée seront mis hors-circuit … Plus de jeu de déni.

Dans la revue « ESPRIT » de mars 1950, Emmanuel Mounier écrivait :

« Il arrive que l’Histoire récompense ceux qui s’obstinent et qu’un rocher bien placé corrige le cours d’un fleuve »

Vers une Nation des hommes libres, nous donnons de l’espoir.

Dina Mahoungou

Diffusé le 24 août 2014 , par www.congo-liberty.com

Ecrivain et journaliste médias

Auteur du roman : « Agonies en Françafrique » aux éditions l’Harmattan

Auteur du recueil de nouvelles : « Les parodies du bonheur » aux éditions Bénévent

(Extrait de congo-liberty)

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Dina Mahoungou - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT