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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 04:45
(Congo-Brazzaville) SASSOU RECONNAÎT LES EPURATIONS ETHNIQUES  ET SES CRIMES CONTRE L'HUMANITÉ

ENIÈME AVEU EN QUELQUES ETAPES

  1. 1) - De l'Etat de Droit

Dans un discours du 10 novembre1984, le Chef de l'Etat congolais, toujours M. Sassou Nguesso, déclarait que le Congo était un Etat de Droit. Trente ans après, en cette année 2014, il remet ça et déclare urbi et orbi que le Congo est un Etat de Droit. Mais qu'en sait-il de l'Etat de Droit ?

Or, l'Etat de Droit :

« C'est un Etat où la Loi (écrite et promulguée et non simplement énoncée par le parti au pouvoir) garantit le droit à la vie. Un Etat de Droit où les individus ne sont pas la chose du seigneur, du prince, du roi... Un Etat de Droit où aucun citoyen ne soit arbitrairement menacé du droit de mort ou de vie de la part des dirigeants de l'Etat. Un Etat de Droit ne peut permettre de laisser sans sanction la violation de la Loi... »

En 1991, dans un discours, à la Conférence nationale souveraine, où il « assumait » tout au nom de tous, M. Sassou Nguesso déclarait :

« Peuple congolais, les tranches douloureuses, tragiques de notre histoire récente ont été longuement évoquées. Beaucoup de fils de ce pays ont péri, victimes des affrontements propres aux systèmes que nous avons connus. Certains ont payé de leur sang nos erreurs, d'autres ont succombé pour avoir pris des armes contre la République. Certains de ces épisodes demeurés obscurs, ont fait l'objet de témoignages publics qui donnent un éclairage neuf. D'autres ont fait l'objet de procès que seuls les éléments nouveaux pourraient remettre en question.

Chers compatriotes, que signifie la conférence nationale que nous avons voulue ? La grande introspection qu'elle représente doit avant tout viser la réconciliation et la reconstruction nationales. Il s'agit de panser nos plaies, non de provoquer de nouvelles déchirures. Ayons une pensée pieuse pour tous ces compatriotes, sans distinction ! Que le souvenir de ce qu'a été leur destin nous détourne à jamais des pratiques de ces temps révolus (…). Faut-il enjamber d'autres corps pour arriver à la démocratie ? Ma réponse est non…!

[…] Le président Youlou n'a pas eu le temps d'expérimenter le système monopartite. Le président Massamba-Débat, qui a dirigé la première organisation monopartite, le Mouvement national de la révolution, n'est plus. De même que le commandant Marien Ngouabi, qui a créé le Parti congolais du travail. Le président Yhombi-Opango, qui a poursuivi l'expérience avec le Comité militaire du parti, n'est plus aux affaires. Le mal, je suis donc le seul à l'assumer, et je l'assume, à titre collectif et individuel, au nom de tous les dirigeants de ce pays qui ne sont plus. Moi, j'assume pour nous tous, tout, notre passé, toute cette histoire commune dans ses errements comme dans ses mérites ».

L'homme qui s'était écrié ainsi, en 1991, pour berner le peuple congolais et l'opinion internationale, est un récidiviste incurable. Six ans plus tard, de 1997 à 2005, il remettait ça, non pour arriver à la démocratie, mais pour mieux l'enterrer de la même façon qu'il extermine des centaines de milliers de Congolais, à la grande satisfaction de ses commanditaires français, dont le président de l'époque, son souteneur, n'avait dit mot, sinon pour le féliciter de l'œuvre macabre accomplie (CF. : Discours du président Jacques Chirac à Luanda, le 30 juin 1998).

2) - Discours de Sassou Nguesso à l'attention des fils et filles du Nord-Congo

QUAND SASSOU NGUESSO APPELAIT SON ETHNIE À LA GUERRE

Dimanche 21 mars 1999 à 9 h

Dispensaire Marien Ngouabi

Croisement Rue Ossio et av. Talangaï

Quartier Mikalou

« Je vous remercie d'avoir répondu à mon appel, je suis convaincu que vos chefs de quartier ont fonctionné comme souhaité; mais le moment est très court et le temps presse pour que notre rencontre dure. Alors, je ne vous dirai que l'essentiel de mon message… et je ne parle pas en paraboles. Je sais que vous n'avez pas oublié ce que vous avez vécu en 97 par les bombardements de Lissouba. Vous savez ce que j'ai fait pour terminer cette tragédie, cette barbarie, ces pertes humaines que personne ici ne peut évaluer. Vous avez marché sur des corps. D'aucuns diront que Sassou a terminé la guerre, mais moi je dis que c'est d'abord la détermination du peuple nordiste de vouloir, je dis bien, vouloir finir ces malheurs infligés par Lissouba… Beaucoup de jeunes sont venus du nord pour se joindre aux jeunes brazzavillois nordistes et lutter à mes côtés.

Après 6 mois d'ivresse de paix retrouvée, il fallait bien repartir sur le chemin de la reconstruction. Vous avez certainement constaté comme moi, le pire dans la société de ces jeunes de Talangaï-Mikalou… Des pillages se terminant surtout par des règlements de compte. Le manque de respect généralisé. Je ne pouvais pas laisser évoluer cet esprit de guerre contre nous-mêmes, c'est ainsi que je me suis adressé aux Cobras, car c'est d'eux qu'il s'agit. Vous avez entendu partout leurs tergiversations, certains ont même parlé à la radio RFI pour manifester publiquement leur mauvaise foi. Certains ont dit que je ne fais rien pour les jeunes et pour le peuple nordiste confondu, sans distinction des partis ni des tribus. J'ai aussi entendu dire que « Sassou continue à nous faire tuer chez les Tchek et les Nibolek (1). Que nos enfants sont égarés sous les instructions de Sassou ».

A l'hôpital de Talangaï, vous avez jeté des tracts qui disent que Sassou va fuir en exil et patati patata… Beaucoup de militaires nordistes désobéissent au commandement des Fac, laissant tantôt les autres exécuter des missions contre leurs régions, et vous savez ce que ça nous coûte... ! Des troupes souvent exposées, des troupes tombant dans les embuscades des ninjas et des cocoyes, et dans ces genres d'exercices, seuls les chefs de mission ne meurent pas.

A qui est donc la faute si nos jeunes, nos enfants périssent toute fois qu'ils vont au service de la République ? Est-ce qu'il manque d'officiers nordistes ici où nous sommes ? Est-ce que vous savez que le nord a le record en effectif d'officiers ?

Sous des acclamations frénétiques et prolongées, la foule applaudit.

Silence !

Je vais maintenant vous dire que la paix à laquelle vous croyez n'est que superficielle, votre paix ressemble au repos d'un prisonnier dans sa prison. La guerre que vous avez gagnée vous a seulement écarté du danger, mais ce danger continue à menacer, et aujourd'hui je constate que c'est même pire.

Je vous interpelle tous, pour notre survie, notre futur est noir… S'il m'arrivait de mourir à 11 heures, sachez qu'avant 15 heures, on ne parlera plus du nord tout entier. Tous nos villages seront brûlés, tous nos nordistes de Brazzaville comme ceux de Pointe-Noire mourront dans les 3 heures qui suivront ma mort.

Donnez-moi donc vos enfants, j'ai besoin d'hommes pour assurer votre survie. On ne peut pas toujours compter sur les troupes étrangères, nous devons compter sur nous-mêmes d'abord.

Je lutterai aux côtés de mes enfants comme je l'ai toujours fait depuis juin 97.

Je ne fuirai jamais, je lutterai avec vous jusqu'à ma dernière goutte de sang.

Les jeunes hommes iront dans les casernes, les jeunes filles apprendront les armes ici sur place à Brazzaville.

Je vous exhorte à plus de vigilance et de courage.

Je vous remercie… »

L'homme qui se présentait en 1991 et durant tout son exil en France comme un agneau : « J'ai changé » (sic), reprend, en 1997, ses habits de fauve, de carnassier et de vampire. Les flots de sang et de larmes qui baignent le sol congolais n'est plus à démontrer ou à prouver.

Ainsi, l'homme qui annonçait sa conversion aux vertus de la démocratie, durant sa longue traversée du désert - mise à l'écart des affaires -, affirmant notamment que « si la plupart des dirigeants avaient accepté de se remettre à l'école (de la démocratie), en toute modestie, on aurait pu éviter les heurts de ces dernières années. », récidiva.

A la question de savoir s'il était convaincu de la nécessité de la démocratisation du continent noir, M. Sassou répondit qu'« on ne peut penser que l'Afrique soit inapte à la démocratie, ou qu'elle doive se contenter d'une démocratie de seconde zone. C'est un processus unique de liberté, de participation des peuples à leur propre existence, à la gestion de la cité. »

Hélas, quelques mois plus tard, des faits concrets allaient ensuite apporter la confirmation de l'ampleur du décalage existant entre les discours et le parcours de M. Sassou Nguesso, attestant ainsi que l'homme n'avait malheureusement jamais changé.

Par ailleurs, ceux que Sassou Nguesso désigne aujourd'hui par l'expression « les autres » sont ceux que, hier, il désignait à l'époque par le vocable de "Tchek" , c'est-à-dire tous les originaires et ressortissants de la région du Pool : les Kongos; et de "Nibolek", tous les originaires et ressortissants des régions de la Bouenza, de la Lékoumou et du Niari.

3) – Autre reconnaissance de crimes

Quand Sassou reconnaissait des massacres humains qu'il appelle « bavures »

Dans un hebdomadaire spécialiste de l'Afrique, M. Akouala qualifiait, en 1999, ces assassinats massifs au nombre impressionnant de « bavures ».

Dans la même année de 1999, le Chef du régime de la barbarie, pour reconnaître ses crimes à grande échelle, déclarait : « Je ne nie pas qu'il y ait eu… des bavures et dérapages condamnables de la part de la force publique » (Cf. : Jeune Afrique/L’Intelligent, n° 2022 du 12 au 28 octobre 1999)

4) – L'aveu public planétaire

MARDI 12 AOÛT 2014, DANS SON MESSAGE A LA NATION, SASSOU RECONNAÎT SES CRIMES DE GENOCIDE SUR LES AUTRES

Le 12 août 2014, à travers son discours valant message et état des lieux à la nation congolaise, monsieur Sassou Nguesso fait le bilan de ses 35 ans de pouvoir sans partage. D'abord, il s'auto-congratule, signe palpable d'auto-satisfaction.

Ce 12 août 2014, au cours de son Message devant son parlement réuni en congrès à Brazzaville, Sassou Nguesso, chef de l'Etat du Nord-Congo, avoue et confesse. Il reconnaît publiquement, devant l'opinion nationale et internationale, les crimes contre l'humanité et les crimes de génocide qu'il a commis contre ceux qu'il appelle les « autres ». Délibérément, il dit au monde entier que ces « autres » ne sont plus ses compatriotes. Ils sont à présent des « étrangers » vivant dans « son pays » à lui Sassou avec son clan. Par les « autres », il faut entendre les populations du Sud-Congo. Ce qui signifie qu'à ses yeux, ces « autres » ne sont pas des Congolais, mais bien des étrangers. Quand on dit, depuis longtemps, que l'Etat du Nord-Congo existe depuis le règne ethno-clanique de Sassou, la preuve irréfragable, irréfutable, est là.

S'agissant des centaines de milliers de victimes expiatoires de la politique de haine de Sassou Nguesso et son clan, voire son ethnie, aujourd'hui reconnues, même s'il ne manifeste aucun repentir, ne présente aucune excuse ou ne sollicite aucun pardon, il est un homme qui doit s'en mordre les doigts et profondément regretter ses prises de position. Cet homme, c'est Okiemy, ministre de son état de la communication, qui avait déclaré : « (…) Sassou Nguesso n'a tué personne » (sic). La déclaration de M. Sassou Nguesso valant aveu incontestatble

[…] Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit !

Ceci dit, regardons, phrase par phrase, ce paragraphe qui balaie tout le reste du contenu du discours de M. Sassou Nguesso.

a) - L'homme dit : « [Nous ne voulons pas de la démocratie de l'invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. »

Que n'y a-t-il pensé plus tôt !

Le Congo n'a jamais connu autant de soubresauts, de violence et de guerre qu'avec Sassou Nguesso. Il a fait, toutes ces décennies durant, comme Hitler qui culpabilisait ses victimes. Et Sassou, comme son mentor, de dire : « Si vous subissez toutes ces atrocités et si je vous massacre, c'est de votre faute. C'est à cause de Fulbert Youlou, c'est à cause de Bernard Kolelas ». En effet, se servant de la tactique nazie, Sassou avait réussi à faire croire aux Kongos que si tout cela arrive, « si le Pool subit tant de malheurs, s'il y a tant de morts, c'est la faute de Bernard Kolelas. Non seulement il envoie des armes aux Ninjas, mais il ose protester contre ce qui se passe dans le pays » (Cf. Les derniers massacres du Congo-Brazzaville, L'Harmattan, Paris, 1999).

Chaque fois que Sassou n'est pas au pouvoir, le pays compte des dizaines de coups de coups d'Etat plus ou moins réussis. Et quand il est au pouvoir, on compte des tentatives de coups d'Etat imaginaires et des centaines de milliers de suppliciés et de victimes expiatoires et de crimes crapuleux.

S'il y a un homme qui pratique la démocratie de l'invective et qui se nourrit du sang et des larmes des autres comme il le reconnaît lui-même, c'est bien Sassou Nguesso et son clan, voire sa tribu (Cf. Discours de Sassou Nguesso, 21 mars 1999, Dispensaire Marien Ngouabi, Croisement Rue Ossio et av. Talangaï, Quartier Mikalou) ci-dessus rappelé pour conforter ce que nous rappelons ici.

b) - « […] Il s'agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres... »

Au Congo, jamais le sang n'a été aussi abondamment versé que sous le règne de Sassou Nguesso. Le moment viendra certainement où les Congolais feront l'inventaire des charniers, des fosses communes des victimes de la politique d'intolérance et de haine de Sassou Nguesso et son clan.

- Qui sont les « autres » ?

Sans conteste, ce sont les populations du sud-Congo en général et celle de la région du Pool en particulier, qui ont versé des torrents, des fleuves de sang et de larmes. Ce sont ces populations-là, du Sud-Congo, exclues volontairement par Sassou Nguesso, qui ne sont plus ses compatriotes, mais sont devenus les « autres ». M. Sassou Nguesso ayant choisi délibérément d'installer son Etat dans le Nord du Congo avec pour capitale OYO. Il a choisi, depuis 1997, la partition du Congo en deux Etats. C'est pourquoi, quand il parle de « peuple », il fait allusion à son peuple, celui de la région de la Cuvette, car les peuples des autres région du nord du Congo ne sont certainement prêts à le suivre dans sa politique sanguinaire faite de violence, de guerre, d'épuration ethniques. Au jour d'aujourd'hui, contrairement à 1997 où les originaires des régions nord du Congo s'étaient fait duper, il est même certain que personne, même dans le Nord du pays, n'acceptera de sacrifier sa vie pour la progéniture de Sassou ou des membres de son clan.

- Les « autres » :

Ce sont ces Congolais du Sud qu'il a broyés. Les « autres », ce sont ces 750 000 Congolais suppliciés, massacrés entre1997 et 2005 dont les 350 victimes enterrées à Kimaza, les 353 victimes expiatoires désignées pudiquement sous le vocable de « disparus du Beach ».

Pour ceux qui n’ont pas compris ou qui ne veulent pas comprendre, il s’agit des trois quart de million (750 000) de personnes qui manquent à l’appel dans le sud du Congo, d’après l’estimation des Nations Unies.(Cf. programme post-conflit de novembre 1999 signé par Denis Sassou N’Guesso, Pierre Oba, Mathias Dzon entre autres) et des 353 jeunes gens enfermés vivants dans des containers puis jetés dans le fleuve Congo, tandis que d’autres seront jetés vivants dans des fosses, aspergés d’essence puis brûlés vifs. C’est le dossier nommé pudiquement « les disparus du Beach ».

Ne vous y trompez pas, derrière ces mots, ces phrases, il n'y a pas de remords. Bien au contraire !

c) - « […] Mais, nous n’allons pas recommencer... »

Ici, nous faisons appel aux analystes férus de rhétorique, de sémantique et de syntaxe. Cependant, pour notre part, nous disons que derrière cette phrase se cache une menace terrible, implacable.

De la même manière qu'il avait juré, en 1991, qu' « il n'enjamberait plus d'autres cadavres pour parvenir à la démocratie » (sic), pour remettre ça six ans plus tard avec des fleuves de sang et de larmes, de la même manière il fait comprendre à ces « autres », qu'il a déjà exclus de la nation congolaise, que l'hécatombe leur tombera dessus si seulement ils recommençaient à troubler son breuvage.

« [Mais, nous n'allons pas recommencer... », sauf si ces « autres », sous-entendu ces pestiférés, ne nous laissent pas jouir de notre pouvoir. On remarque le dédain, le mépris avec lesquels Sassou Nguesso prononce ces mots : « les autres » ! Ceux qui n'ont pas de noms, ceux qui ne sont pas de son pays, de sa région, de son ethnie, de sa tribu, de son clan. Le même mépris, le même dédain qu'affichent les Mbochis en général et Sassou en particulier à l'égard des Tékés. Souvenez-vous de cette phrase de Jacques Okoko, lors du pseudo procès sur l'assassinat de feu président Marien Ngouabi : « Même les Batékés veulent commander ce pays... ? Ils vont recommencer, il ne faut pas qu'ils recommencent... »

Or, M. Sassou Nguesso vient de reprendre cette expression : « Nous n'allons pas recommencer... ». Et le sous-entendu est : « […] sauf si les « autres » nous y obligent ».

Vous aurez tout compris.

d) - [...] Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit !

Que comprendre de cette phrase qui sonne comme un aveu ?

Oui, en 1999, l'homme avait déjà diverti l'opinion internationale avec ce type de contorsions pour déclarer : « Je ne nie pas qu'il y ait eu… des bavures et dérapages condamnables de la part de la force publique » (Cf. : Jeune Afrique/L’Intelligent, n° 2022 du 12 au 28 octobre 1999)

Depuis, malgré cet aveu, combien y a-t-il eu de condamnations ? Aucune ! A-t-on traduit en justice un seul de ces « dérapeurs » ? Alors :

- Bavures et dérapages, les 750 000 morts programmés, laissés sur le terrain par les massacres du Sud-Congo, dont une moitié de femmes et d'enfants ?

- Bavures et dérapages, les milliers de personnes exécutées, après avoir été ramenées de force de la forêt ou de Kinshasa ?

- Bavures et dérapages, cette décision d'épuration ethnique prise à Oyo en janvier 1998, et exécutée scientifiquement dès avril 1998 ?

- Bavures et dérapages, ces opérations de ratissages mètre par mètre décidées et annoncées publiquement pour anéantir tout le Sud-Congo ?

- Bavures et dérapages, toutes ces fillettes violées devant papa et maman ?

- Bavures et dérapages, ces opérations d’extermination humaine aux noms évocateurs de : « Colombes I et II », « Hérode », « Hadès », « Mouebara » ?

- Bavures et dérapages, ces centaines de milliers de femmes abattues puis violées ?

- Bavures et dérapages, ces mines anti personnelles disséminées ici et là en vue de l'extermination des populations visées ?

- Bavures et dérapages, l'absence de prisonniers de guerre, tous les capturés vivants ou enlevés étant immédiatement exécutés ? De véritables exécutions sommaires !

- Bavures et dérapages, cet aveu du président Chirac ce jour du 30 juin 1998 à Luanda (Angola), contre lequel le ministre des Affaires étrangères de l'époque, M. Hubert Védrine, dans sa réaction, déclara : « Mais quelle mouche l'a piqué ? » (Cf. Le Canard Enchaîné) ?

- Bavures, dérapages et sans doute aussi mensonges, ces nombreux témoignages recueillis par les équipes de Médecins Sans Frontières et rapportés dans leur livre intitulé : Une guerre contre les civils : Réflexions sur les pratiques humanitaires au Congo-Brazzaville (1998-2000) ? (Cf. Marc Le Pape et Pierre Salignon) ?

- Etc.

Or chaque Congolais connaît le mode opératoire du régime de Brazzaville. On tue près de 600 personnes au Beach de Brazzaville ou ailleurs, puis on achète des Zaïro-Congolais et des Hutu rwandais pour servir de faux disparus dans le but de discréditer l'action judiciaire engagée par la FIDH et l'OCDH. Ce scénario avait déjà fonctionné lors de l'assassinat du président Marien Ngouabi, celui du Père Jean Guth et de bien d'autres suppliciés.

Oui, M. Sassou Nguesso, le sang et les larmes des « autres », ceux qui ne sont pas de votre famille, de votre clan, de votre tribu et de votre ethnie, ni de votre région (La Cuvette) ont trop coulé dans ce pays dont les « autres », selon votre propre expression, n'en seraient plus originaires, des compatriotes, des citoyens. Mais, pourtant, ce sont des « Kongo ». Ainsi donc Oko montre la mer à Tati. Il s'agit de ceux sur le dos desquels vous aviez mis votre forfait à l'assassinat de feu président Marien Ngouabi, à travers une phrase accusatrice et lourde de conséquences : « Bakongo ba bomi Marien Ngouabi » (Les Kongo ont assassiné Marien...).

Aujourd'hui, aveu ou pas, repentance ou pas, les Sud-Congolais que vous appelez maintenant : Les « AUTRES », ne vous demandent qu'un chose : la restitution des dépouilles mortelles de tous les suppliciés afin qu'ils bénéficient des sépultures dignes, comme vous l'avez fait pour vos parents et votre fille Edith. Ils sont 750 000, auxquels il faut ajouter les 350 familles de Kimaza et les 353 suppliciés du Beach de Brazzaville : « les Disparus du Beach ».

Un mort est inoffensif.

e) - Monsieur Sassou Nguesso dit : « Ça suffit ! ».

Oui, « Ça suffit ». C'est bien qu'il le dise, même si c'est un peu tard, trop tard. Est-ce une prise de conscience (tardive) ? Mais, jusqu'à quand et dans quelles conditions ? A qui lance-t-il cet avertissement sibyllin ? Aux « Autres » ou à ses partisans ethno-claniques à qui il lançait cet appel à la guerre, ce dimanche 21 mars 1999, à Mikalou ? Parce que chez Sassou, rien n'est gratuit ; tout est toujours sous-entendu. Est-ce pour désamorcer la menace des poursuites judiciaires lancées sur le plan international ? Est-ce le conseil qui lui a été donné par les nombreux visiteurs et invités qu'il a reçus récemment au Forum des Fourbes et en d'autres circonstances ces derniers temps ?

Ceci dit, il reste une question, celle de l'Opposition.

Aujourd'hui, l'opposition, du moins ses leaders, est entre les mains des originaires du Nord qui, pour nous, sont désormais aussi « LES AUTRES ».

Première question : Sont-ils montés au créneau et se sont-ils accaparés de l'opposition dans le but de ne pas perdre le pouvoir, parce que celui-ci doit toujours rester au Nord ? Il faudra bien que les « autres » (Sudistes) y réfléchissse.

Deuxième question : Cette stratégie de garder le pouvoir repose-t-elle sur la peur et l'idée qu'ils se font des Sudistes qui, paraît-il, se vengeraient le moment venu si le pouvoir repartait au sud du pays ?

Troisième question : Pourquoi les Sudistes se vengeraient-ils ? Cela est-il expliqué par ce paragraphe on ne peut plus clair : […] Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! » ?

Quatrième question : Ces leaders de l'opposition, étant donné qu'ils sont tous originaires du Nord, seront-ils disposés à livrer à la CPI, le moment venu, tous les originaires du Nord-Congo impliqués dans tous les crimes économiques et de sang, où se placent-ils à ce niveau pour les protéger et leur éviter cette humiliation de la CPI ? Nous doutons fort que MM. Malekat, Mabilemono, Otta, Dzon, Mierassa, etc., se permettent, le moment venu, de livrer à la CPI ceux qui ont fait d'eux ce qu'ils sont aujourd'hui, d'autant qu'ils sont tous issus du monopartisme en général et du PCT en particulier.

L'avenir nous le dira !

Mais les plus naïfs ce sont ces Sudistes qui les suivent et qui croient en cette chanson séculaire et de duperie : « démocratie, paix, liberté, réconciliation... », une chanson piège dans lequel sont tombés tous les cadres civils et militaires originaires des régions sud du Congo en général , mais particulièrement du Pool, car les cibles visées, c'étaient eux .

Aujourd'hui, comme hier, on se sert d'eux pour faire bonne figure, comme l'autre (Sassou) se sert des « autres » aujourd'hui. Que les Kolelas, les Mvouba, les Munari, les Mabiala, etc., le comprennent aujourd'hui. Ils sont les « autres ». C'est-à-dire de petites choses. Rien d'autre !

Voilà les crimes de génocide que Denis Sassou N’Guesso reconnaît volontiers, dans son Message à la « Nation (?) », avoir commis, devant son parlement réuni en congrès, le 12 août 2014 à Brazzaville.

Jean-Paul Kimpa-Bikenda Kelandenzi

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Jean-Paul Kimpa-Bikenda Kelandenzi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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