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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 15:30
(Congo-Brazzaville) L’invective selon Denis Sassou Nguesso.

Par RIGOBERT OSSEBI -

Lorsque le mensonge, la falsification, la fraude, la corruption, le détournement, le vol, l’intolérance, le non-droit et l’abus en tout genre sont érigés en système de gouvernance, quiconque viendrait à les dénoncer ne pourra qu’être accusé de pratiquer « l’invective » par celui ou celle et ceux qui les commettent.

C’est la conclusion que l’on pourrait tirer du message de l’exécrable et de « l’inexcellent » président Denis Sassou Nguesso, sur l’état de la Nation, prononcé le 12 août 2014, devant son Parlement réuni en Congrès à Brazzaville.

D’autres, ici et là, sont allés de leur plume ou de leur commentaire pour relever l’imposture au détour de chacune des phrases, de chacune des affirmations qui y ont été prononcées; et c’est déjà un travail immense que de travailler à en commenter seulement quelques-unes.

« L’invective » est incontestablement le mot sur lequel il convient de s’arrêter et de réfléchir ! Pour être sûr de bien parler la même langue et surtout pour être bien au fait de ne pas la pratiquer(« l’invective ») une référence s’impose, celle du dictionnaire : du latin invectivus (« de reproche »), sous-entendant parole. Nom commun, féminin. « Parole ou suite de paroles violentes et injurieuses contre quelqu’un ou contre quelque chose. » Le décor est planté ainsi que la limite à ne pas dépasser ; voilà qui est fait !

Mais une question importante s’impose : à quel degré du propos commence l’invective, ou le « reproche insupportable » (invectivus) ? Congo-Site, un des nombreux médias de la propagande officielle apporte un surprenant élément de réponse dans le rituel et obligatoire panégyrique qu’il a dédié à l’évènement. L’ayatollah de service, sûrement rasé de près et en costume Smalto (comme quoi « l’habit ne fait pas le moine » si l’on ose dire), après avoir repris un passage du discours présidentiel sur la « démocratie apaisée, fraternelle, où chaque citoyen exprime librement ses opinions ; où les grands débats qui déterminent la vie de la nation sont tranchés par le peuple » aussitôt, sans plus hésiter sort de ses gonds et lance sa « fatwa » : « Personne ne devrait être insensible à un tel discours. Sauf si on est défenseur de la violence. Ce qu’on a constaté d’ailleurs dans la salle de conférences du Palais des congrès, où certains parlementaires sont restés assis pendant que les autres se levaient pour saluer le discours du Président de la République quand il a abordé la question sur la consolidation de la paix et de la stabilité. Est-ce pour dire que ces parlementaires veulent de «la démocratie de l’invective, celle qui se nourrit du sang et des larmes des autres» ? »

Nous y sommes donc ! Voilà une marque à retenir, une limite à ne pas franchir ! Rester assis, ne pas se lever pour applaudir et pour saluer le discours du dictateur congolais, Denis Sassou Nguesso, fait de vous un dangereux extrémiste, un redoutable opposant « qui se nourrit du sang et des larmes des autres ! »

Sans retourner très loin dans les méandres sanglants de notre histoire, sans aller profondément aux origines obscures de ce pouvoir de Pierre Kinganga en 1970 à Ange Diawara et ses compagnons en 1972 ; à la carotide de Marien N’Gouabi et aux tendons d’Achille du Cardinal Emile Biayenda tranchés en 1977 ; en faisant l’impasse sur la véritable origine du déclenchement de la guerre du 5 juin 1997 et à l’inconséquence irresponsable et criminelle, en 2012, de l’accumulation d’armements à M’pila, quelques questions infiniment respectueuses s’imposent à nous afin de répondre au tissu épais d’affirmations mensongères déclamé le 12 août dernier.

«Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit !» avait martelé l’autocrate de l’Alima, ex-chef de guerres civiles. Mais que faisait-il, au matin du 16 décembre 2013 lorsque des tirs à l’arme lourde résonnaient dans la capitale et qu’un hélicoptère de combat la survolait ? « Plus jamais çà ! » avait-il dit et pourtant ce jour-là le sang de dizaines de jeunes hommes congolais, pour la plupart désarmés, avait coulé ! Abondamment une fois de plus !

« La paix est durablement établie. Le spectre de la violence est à jamais éloigné. Les institutions politiques remplissent convenablement leur office conformément à leurs missions. Notre démocratie s’affermit chaque jour. » constatait le deux fois putchiste-président de la République dans le même discours. Mais que faisait-il lorsque Ruth Nguina, cette jeune fille de 17 ans, a été incarcérée sans motif et sans jugement durant huit longs mois à la Maison d’Arrêt de la capitale. S’en était-il ému ? S’en était-il plaint ? Ruth Nguina, ainsi que sa tante Madame Ntsourou, ont été libérées quelques jours avant le déplacement de Washington ; sans doute de peur que Madame Michelle Obama joigne le sort des deux captives à celles de Boko Haram au Nigéria.

Et pour clore le sujet, des calicots lourds de menaces fleurissent aux principaux carrefours de Brazzaville. La volonté d’intimider est à son comble, rien de moins qu’une pratique mafieuse institutionnalisée. L’actuel chef de gang, bien plus que président, a-t-il émis la moindre réaction ou protestation ? Qu’attend-t-il pour condamner le « Bameka SASSOU té, Bakéba na bango » ? Se prépare-t-il « à être réveillé par un char à 5 heures du matin alors qu’il dormait paisiblement ? » (ndlr : motif officiel du commencement de la guerre du 5 juin 1997 qui fit 40.000 morts).

Banderole menaçant les Congolais à Brazzaville « Ne touchez pas à Sassou, vous êtes averti »

Tous les actes de notre prétendu président contredisent sa parole et beaucoup certifient qu’il n’en a point ! Il n’en a pas, c’est évident ! Comme le disait Charles Pasqua, dans l’affirmation qu’il avait empruntée d’ailleurs à Omar Bongo : « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ! »

Trois décennies que le verbe n’a pas été suivi d’effet ! Trente années de paroles creuses et de slogans à l’emporte-pièce. Les graines du totalitarisme n’en finissent pas de pousser sur le terreau fertile de la passivité congolaise ! Nous voici arrivés à épouser l’exigence dictatoriale nord-coréenne où le fait de rester assis et de ne pas applaudir vous désigne automatiquement comme un ennemi d’une pseudo démocratie ; celle édictée à Oyo et au cimetière de Kona-Kona !

Certes, l’autocrate Sassou Nguesso, a été particulièrement traumatisé par le déferlement d’invectives qu’il avait subi lors de la Conférence Nationale Souveraine. Cela reste toujours son pire cauchemar qu’il ne veut surtout pas voir se reproduire dans un avenir proche.

Il n’en reste pas moins qu’à force de s’enfermer dans le double langage, de nier la réalité de tous ses échecs et de vouloir museler l’expression de l’opposition démocratique, ce président-chef de clan conforte sa stature de dictateur et de tyran infréquentable dont plus rien ne saurait désormais l’en départir. Les masques sont tombés. Tout finira par lui sauter à la figure, comme un certain 4 mars 2012 dont il était à l’origine et auquel diaboliquement il avait échappé aux conséquences de sa responsabilité pleine et entière !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

Sassou Nguesso parle encore et toujours, des larmes, de sang et de guerre dans son discours du 12 août 2014.

(Congo-Brazzaville) L’invective selon Denis Sassou Nguesso.

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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