Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 16:07
(Congo-Brazzaville) L'Etat du Sud-Congo pour ne plus être appelés les "autres"

L’Etat du SUD CONGO pour ne plus être appelés les “autres” -

Ce n’est pas un lapsus puisqu’il le dit et l’écrit. C’est donc sa pensée profonde qu’il exprime le mardi 12 août 2014, dans son Message à la Nation, lorsqu’il reconnaît enfin ses crimes de génocide envers le peuple du Sud Congo. Que dit-il :

« […] Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! »

Cette phrase dit TOUT. Ni plus ni moins que la reconnaissance de ses crimes de génocide envers le Peuple Kongo qu’il appelle les «autres».

1. Quand Sassou Nguesso "assumait" tout (*)

Au moment où le Congo est réduit en miettes, un document issu de nos archives jette une lumière étrange sur l’action politique et ses motivations, mais aussi sur la fameuse conférence nationale qui s’est tenue à Brazzaville en 1991. A-t-elle fait du bien à la conscience collective ? A-t-elle plutôt, comme une messe psychanalyste mal maîtrisée, ouvert des blessures sans savoir les refermer ? Quelle part de double jeu ? Quelle part de sincérité ? A l’époque, chef de l’Etat sur la sellette, Denis Sassou Nguesso avait édité un petit fascicule avec un titre spectaculaire : « J’assume ».

On peut y lire notamment :

« Peuple congolais, les tranches douloureuses, tragiques de notre histoire récente ont été longuement évoquées. Beaucoup de fils de ce pays ont péri, victimes des affrontements propres aux systèmes que nous avons connus. Certains ont payé de leur sang nos erreurs, d’autres ont succombé pour avoir pris des armes contre la République. Certains de ces épisodes demeurés obscurs, ont fait l’objet de témoignages publics qui donnent un éclairage neuf. D’autres ont fait l’objet de procès que seuls les éléments nouveaux pourraient remettre en question.

Chers compatriotes, que signifie la conférence nationale que nous avons voulue ? La grande introspection qu’elle représente doit avant tout viser la réconciliation et la reconstruction nationales. Il s’agit de panser nos plaies, non de provoquer de nouvelles déchirures. Ayons une pensée pieuse pour tous ces compatriotes, sans distinction ! Que le souvenir de ce qu’a été leur destin nous détourne à jamais des pratiques de ces temps révolus (…). Faut-il enjamber d’autres corps pour arriver à la démocratie ? Ma réponse est non…! » (1)

Concernant ses prédécesseurs, Denis Sassou Nguesso les absout de tout : « Le président Youlou n’a pas eu le temps d’expérimenter le système monopartite. Le président Massamba-Débat, qui a dirigé la première organisation monopartite, le Mouvement national de la révolution, n’est plus. De même que le commandant Marien Ngouabi, qui a créé le Parti congolais du travail. Le président Yhombi-Opango, qui a poursuivi l’expérience avec le Comité militaire du parti, n’est plus aux affaires. Le mal, je suis donc le seul à l’assumer, et je l’assume, à titre collectif et individuel, au nom de tous les dirigeants de ce pays qui ne sont plus. Moi, j’assume pour nous tous, tout, notre passé, toute cette histoire commune dans ses errements comme dans ses mérites. »

2. Quand Sassou Nguesso appelait son ethnie à la guerre (**)
Ou discours de Sassou Nguesso à l’attention des fils et filles du Nord
(Prononcé le dimanche 21 mars 1999 à 9 h, au dispensaire Marien Ngouabi situé au croisement de la rue Ossio et l’avenue Talangaï au quartier Mikalou)

« Je vous remercie d’avoir répondu à mon appel, je suis convaincu que vos chefs de quartier ont fonctionné comme souhaité ; mais le moment est très court et le temps presse pour que notre rencontre dure. Alors, je ne vous dirai que l’essentiel de mon message… et je ne parle pas en paraboles. Je sais que vous n’avez pas oublié ce que vous avez vécu en 97 par les bombardements de Lissouba. Vous savez ce que j’ai fait pour terminer cette tragédie, cette barbarie, ces pertes humaines que personne ici ne peut évaluer. Vous avez marché sur des corps. D’aucuns diront que Sassou a terminé la guerre, mais moi je dis que c’est d’abord la détermination du peuple nordiste de vouloir, je dis bien, vouloir finir ces malheurs infligés par Lissouba… Beaucoup de jeunes sont venus du nord pour se joindre aux jeunes brazzavillois nordistes et lutter à mes côtés.

Après 6 mois d’ivresse de paix retrouvée, il fallait bien repartir sur le chemin de la reconstruction. Vous avez certainement constaté comme moi, le pire dans la société de ces jeunes de Talangaï-Mikalou… Des pillages se terminant surtout par des règlements de compte. Le manque de respect généralisé. Je ne pouvais pas laisser évoluer cet esprit de guerre contre nous-même, c’est ainsi que je me suis adressé aux Cobras, car c’est d’eux qu’il s’agit. Vous avez entendu partout leurs tergiversations, certains ont même parlé à la radio RFI pour manifester publiquement leur mauvaise foi. Certains ont dit que je ne fais rien pour les jeunes et pour le peuple nordiste confondu, sans distinction des partis ni des tribus. J’ai aussi entendu dire que « Sassou continue à nous faire tuer chez les Tchek et les Nibolek (2). Que nos enfants sont égarés sous les instructions de Sassou ».

A l’hôpital de Talangaï, vous avez jeté des tracts qui disent que Sassou va fuir en exil et patati patata… Beaucoup de militaires nordistes désobéissent au commandement des Fac, laissant tantôt les autres exécuter des missions contre leurs régions, et vous savez ce que ça nous coûte… ! Des troupes souvent exposées, des troupes tombant dans les embuscades des ninjas et des cocoyes, et dans ces genres d’exercices, seuls les chefs de mission ne meurent pas.

A qui est donc la faute si nos jeunes, nos enfants périssent toute fois qu’ils vont au service de la République ? Est-ce qu’il manque d’officiers nordistes ici où nous sommes ? Est-ce que vous savez que le nord a le record en effectif d’officiers ? »

***
Sous des acclamations frénétiques et prolongées, la foule applaudit.
***
Silence !

« Je vais maintenant vous dire que la paix à laquelle vous croyez n’est que superficielle, votre paix ressemble au repos d’un prisonnier dans sa prison. La guerre que vous avez gagnée vous a seulement écarté du danger, mais ce danger continue à menacer, et aujourd’hui je constate que c’est même pire.

Je vous interpelle tous, pour notre survie, notre futur est noir… S’il m’arrivait de mourir à 11 heures, sachez qu’avant 15 heures, on ne parlera plus du nord tout entier. Tous nos villages seront brûlés, tous nos nordistes de Brazzaville comme ceux de Pointe-Noire mourront dans les 3 heures qui suivront ma mort.

Donnez-moi donc vos enfants, j’ai besoin d’hommes pour assurer votre survie. On ne peut pas toujours compter sur les troupes étrangères, nous devons compter sur nous-mêmes d’abord.

Je lutterai aux côtés de mes enfants comme je l’ai toujours fait depuis juin 97.
Je ne fuirai jamais, je lutterai avec vous jusqu’à ma dernière goutte de sang.
Les jeunes hommes iront dans les casernes, les jeunes filles apprendront les armes ici sur place à Brazzaville.
Je vous exhorte à plus de vigilance et de courage.
Je vous remercie… »

3. Mardi 12 Août 2014, Sassou reconnaît ses crimes de génocide contre le peuple du Sud Congo

« […] Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! »

Quel autre choix reste-t-il à ceux qu’il repousse comme étant les “autres” de la partie sud du pays sinon la déclaration de l’Etat du SUD CONGO.

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

(*) – Ce document, qui est le discours de Sassou Nguesso à la Conférence nationale souveraine en 1991, a été publié dans le n° 308 du mensuel Africa International, octobre 1997. Six ans après cette déclaration rassurante, Sassou Nguesso avala sa langue.
(1) – L’homme qui s’est écrié ainsi, en 1991, pour berner le peuple congolais et l’opinion internationale, est un récidiviste incurable. Six ans plus tard, en 1997, puis de 1998 à 2005, il remettait ça, non pour arriver à la démocratie, mais pour mieux l’enterrer de la même façon qu’il extermine des centaines de milliers de Congolais. (Cf. : Discours du président Jacques Chirac à Luanda, le 30 juin 1998).
(**) – L’homme qui se présentait en 1991 et durant tout son exil en France comme un agneau : "J’ai changé" (sic), reprend en 1997 ses habits de fauve, de carnassier et de vampire. Le flot de sang qui baigne le sol congolais n’est plus à démontrer ou à prouver.
(2) – Ceux que Sassou Nguesso désigne par le vocable de "Tchek", ce sont tous les originaires et ressortissants de la région du Pool et du Kouilou, en fait il s’agit de la contraction Tchicaya et Kolélas : le Kouilou et le Pool ; et les "Nibolek", ce sont tous les originaires et ressortissants des régions de la Bouenza, de la Lékoumou et du Niari.

Partager cet article

Jean-Claude Mayima-Mbemba - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

Economie

Catégories