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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 11:19
(Congo-Brazzaville) A propos de l'interview de Sassou à RFI

A propos de l’interview de Sassou sur RFI :

« L’essentiel, quand on n’a rien à dire, c’est de le faire savoir ! »

Il est intéressant, qu’en ce qui concerne le Centre Afrique, Monsieur Sassou ait bien voulu « parler avec toutes les parties » en jouant les Messieurs bons offices vis-à-vis des parties qui ne sont pas les siennes. Il est toujours plus facile de voir la paille dans l’œil de l’autre : que n’en a-t-il pas fait autant à Brazzaville pour son propre pays ?

Et que vaut un accord signé « avec l’un des vice-présidents de l’organisation de la Seleka » seulement quand on sait la façon de Monsieur Sassou d’obtenir un accord, reconnaissant lui-même « qu’il y a quelques divergences au sein de la Seleka » et que nombre de « personnes ne croient pas aux efforts engagés à Brazzaville en vue de permettre la cessation des hostilités et qu’il faut que ces personnes-là aient une alternative » dont lui-même, pompier pyromane d’occasion allumant des contre-feux afin de diversion pour mieux conserver le pouvoir, en faisant fi de ses concitoyens ? Est-ce à lui qu’il songe en écrivant « que ces personnes-là aient une alternative » ?

Aussi voir le Président de la République Nord Congo, Monsieur Sassou, déclarer en conclusion de son interview à RFI le 1er août 2014 : « engager des dialogues (au RCA) en vue de la réconciliation nationale et la mise en place d’institutions définitives à travers des élections », que n’en a-t-il pas fait autant dans feu l’ancienne République du Congo faite de la réunion arbitraire et autoritaire du Sud Congo au Nord Congo ?

Se comparer à la Chancelière Angela Merkel et au Président Jean-Claude Junker ne manque pas d’air de sa part, lui qui a un bilan aussi négatif quant à la qualité de vie de ses concitoyens du Nord après avoir tant spolié ceux du Sud avec un génocide de trois quarts de million de Kongo et un autre en préparation pour conserver sa place, tout cela pour justifier son troisième mandat qu’il prépare en sous-main pour 2016.

Quel cynisme de sa part à évoquer le respect « de la volonté des peuples, sans y voir quelques volontés de puissances » de la part des puissants en place, sous condition de confiance et de transparence, alors que Monsieur Sassou refuse depuis toujours l’établissement d’un recensement général au Congo afin d’éviter de faire apparaître le génocide des Kongo du sud de la période 1997-2002 dite de transition ayant abouti à l’actuelle Constitution de 2002 établie par lui-même, et le limitant à deux mandats.

Effectivement quand Monsieur Sassou déclare sans ambages à RFI aux Etats-Unis, et non à Oyo chez lui : « La question qui est à l’ordre du jour, c’est celle de savoir si on change la Constitution dans l’intérêt du pays pour faire progresser les institutions et la démocratie, ou pas », faut-il encore qu’il dise aux Congolais du Nord en quoi ce changement ira « dans l’intérêt du pays » et qu’il souligne en quoi la Constitution de 2002 établie par lui-même l’a empêché de réaliser son « Chemin d’Avenir » dans l’intérêt du Pays ? Qui ne voit que le seul intérêt, pour Monsieur Sassou, est d’échapper en 2016 aux poursuites internationales pour crimes contre l’humanité et génocide envers le Sud.

On comprend Monsieur Sassou répondant avec empressement au journaliste de RFI, « Je n’engage pas une polémique sur cette question-là », lequel lui soulignait que « selon le président Barack Obama, quand un homme ou une femme reste troplongtemps au pouvoir, il ou elle agit surtout pour durer, et non pour le bien du pays » et que « La Maison Blanche et le département d’Etat étaient contre l’idée de modifier la Constitution pour prétendre à un mandat supplémentaire », celui-ci lui répondant « quela Constitution actuelle (la sienne même) avait atteint certaines limites » sans dire lesquelles, mais qui ne sont jamais que la limitation actuelle avec deux mandats. Quelle outrecuidance, chez son hôte, que lui dire tout de go son désaccord sur une question de démocratie fondamentale, un piètre visiteur de commerce augurant mal.

Dire sur un ton patelin que cela dépend « de la volonté populaire » et « que ce débat (sur le changement de Constitution) se développe au niveau du peuple parce qu’elle a atteint certaines limites » et que, s’il y a changement, cela ne pourra se faire que « à travers un référendum populaire », et qu’il ne voit pas comment « quelle force de la démocratie pourrait être déçue de la volonté du peuple », c’est quelque part se moquer de tous, car la démocratie suppose des listes fiables pour exprimer la vox populi, listes supposant le recensement général auquel s’oppose Monsieur Sassou depuis toujours pour ne pas faire apparaître son génocide programmé des Kongos.

L’on voit tout son art de la manipulation dans sa réponse en se retranchant derrière le choix populaire sans opter sur la façon préalable de le cerner par le recensement, et qu’il compte sur une très faible participation pour faire passer un vote positif à la façon de sa dernière élection présidentielle, avec une participation entre 5 et 10%, alors que la Constitution de 1992 fut adoptée à 92% avec une participation de 95%.

Cette attitude quelque peu ubuesque, avec déplacement tribal occupant en famille et fanfare, pour des raisons de lobbying, les antichambres trois ou quatre jours avant l'ouverture du sommet Etats-Unis/Afrique des 4, 5, 6 août à Washington, est de toute évidence liée à l’échéance de son 2ème mandat en 2016, visé par la limite d’âge et le plafond des mandats, clauses inscrites dans sa propre Constitution de 2002, et en butte à la Maison-Blanche ayant clairement affiché son opposition à toute révision de Constitution en ce sens. Tout cela apparaît de fait comme le deal grossier « gagnant-gagnant » comme le suggère Monsieur Sassou lui-même : je te donne, tu me donnes !

Que n’a-t-il fait de partenariats sincères « gagnant-gagnant », d’URSS à la Chine via l’Europe. Pourquoi en ferait-il maintenant ? Et même sait-il vraiment si cela existe, lui qui n’a aucune notion de macroéconomie, si ce n’est la technique des enveloppes et du bâton qu’il manie si bien à l’égard de la majorité ayant moins d’un dollar par jour ?

Qu’on nous explique ce qui changerait dans la vie des Peuples Nord Congo si Monsieur Sassou était réélu avec un référendum de modification de Constitution et une nouvelle élection présidentielle en 2016 avec une participation à moins de 10%, cela indépendamment des clauses nouvelles ou modifiées par le souhait autocrate ?


Constater avec Monsieur Sassou que « l’Afrique est la cinquième roue du carrosse » et s’indigner telle la dame patronnesse « L’Afrique ne va pas continuer éternellement d’être la cinquième roue du carrosse » : mais à qui la faute, pas à nos clients, quels qu’ils soient, surtout s’ils vous règlent au cours international où les autres quidams s’en sortent bien, voyez les Pays Arabes du Golfe à faible population autochtone ? La question qui se pose à nous, c’est tout l’art de la réutilisation des devises étrangères non pas pour acheter les consciences et « faire vivre ses proches, ivres de tout les délices de l'univers » tellement ivres qu’ils en perdent le sens de la véritable réalité.

« Pourquoi donc tout à coup la Constitution devient une affaire de vie ou de mort » me demande-t-on ? Oui, elle l’est du point de vue de Monsieur Sassou, car il se sait coupable et qu’il n’a de choix que d’être réélu ou choisir le successeur voire mourir. Oui, « il lui faut trouver ou créer un problème là où il n'en existe pas » voire en « créer là où il est impossible d'en créer ». Que lui reste-t-il, « que le ciel nous tombe sur la tête » tout en se plaignant ne pas encore l’avoir vu chuter pour partir tous ensemble !

« La pertinence de la démarche des signataires de la création de l’Etat Sud Congo » résulte de son « outrecuidance à vouloir un référendum sur l'impensable ». En quoi la Constitution de 2002, rédigée par lui-même, l’aurait-t-elle empêché sur son « Chemin d’Avenir » car il était bien seul habilité à le mener à son terme ce projet ? L’essentiel, quand on n’a jamais rien eu à dire, c’est de le faire savoir pour montrer qu’on existe !

Modeste Boukadia

Paris le 3 août 2014

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Sud-Congo, Modeste Boukadia - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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