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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 21:31
(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso, à Washington, ne renoncera pas au luxe et à la volupté…  31 juillet 2014

Par RIGOBERT OSSEBI

La dolce-vita à Mpila « mikolo nionso féti na féti »

Très tôt le matin du 29 juillet, l’avion présidentiel s’est envolé pour Washington après une courte escale à Malabo, en Guinée équatoriale. Certes l’appareil était plein à craquer de conseillers, de courtisans, d’enfants, de neveux et de mallettes à distribuer, mais l’essentiel n’était pas à bord : la couronne de lauriers du « faiseur de paix au Centrafrique » n’était dans aucun bagage. Idem pour le diplôme de « Grand leader des chefs d’État d’Afrique » qui aurait pu lui être remis à l’issue du Forum Fourbes Africa. Hélas sur les neuf présidents qui étaient attendus, deux seulement avaient effectué le déplacement, avec un premier ministre, Monsieur Ona Ondo, pour représenter Ali Bongo et les visites intéressées d’un Nicolas Sarkozy et d’un Jacques Attali. Pas de quoi pavoiser et se présenter aux yeux du monde, surtout à Washington, comme un dirigeant reconnu et aimé de ses pairs, « indispensable à l’avenir et au développement du continent ». En vérité, ce serait plutôt le contraire de l’avis de tous ou presque… !

Sassou-Sarkozy le 25 juillet 2014 à Brazzaville

Ses habituels lobbyistes, abreuvés par Cendrine et Claudia Sassou N’Guesso déjà sur place, l’attendaient de pied ferme dans la capitale politique américaine pour tenter de sauver ce qui pourrait l’être encore. Le dictateur y est réputé pour être celui, de tout le continent africain, qui dépense le plus pour son image dans ce pays qu’il craint plus qu’il ne respecte. (http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/08/25/AR2010082505238.html)
Barack Obama, pour n’avoir rien fait ces six dernières années en faveur du continent de son père, est bien décidé à marquer le coup et si possible « l’Histoire ». Il tentera de donner une vigoureuse impulsion à la démocratie en Afrique avec un interdit sur les modifications des constitutions. Le dictateur congolais, très sûrement avec quelques autres, devront en faire les frais.

Mais ce qui est absolument intéressant, à quelques jours de l’ouverture de ce Sommet, est qu’une égalité de traitement y a été déclarée entre la RDC et le Congo-Brazzaville. La situation politique de ces pays frères et voisins fera l’objet des mêmes débats, en même temps. Ce qu’avait dit John Kerry, il y a peu à Kinshasa, s’appliquera bien au tyran de l’autre rive.

L’administration américaine, empêtrée dans la crise ukrainienne, et son face à face avec Vladimir Poutine, ainsi qu’au Proche-Orient avec cette énième guerre à Gaza, sans oublier les flammes de la Libye, ne saurait terminer ce premier Sommet Afrique États-Unis, autrement que brillamment pour elle et pour son Président, après qu’un message fort y ait été délivré ! Barack Hussein Obama à la tête de la plus grande des nations ne saurait se satisfaire d’une déclaration de principe sans suite, comme ce fut le cas pour le pathétique Sommet sur la Centrafrique à Brazzaville. Il exigera un engagement aussi clair que celui que le Président béninois, Boni Yayi, vient de prendre très récemment. Faute de quoi, très sûrement, un arsenal de représailles potentielles sera dévoilé, comme des restrictions sur les déplacements du gratin congolais, enfants et oligarques, ainsi que des blocages de comptes comme ce fut le cas pour l’Ukraine.

Le trio, boys band « MAO » ( Moungalla, Akouala, Okiemy) les seconds couteaux habituels, infatigables propagandistes de la tyrannie actuelle, si vifs à faire jaillir leur langue et leur lame de leur fourreau, n’a plus grand espoir de renverser le courant. Même dans la très nombreuse famille le malaise est grandissant. Très rares sont, parmi les rejetons, ceux qui comprennent la stratégie de leur vieux père et grand-père. Au-delà du petit cercle d’éternels courtisans, ils perçoivent tous le rejet catégorique donc ils font l’objet. Pour avoir depuis trop longtemps baigné dans une belle et facile vie, « dolce Vita », aucun d’entre eux ne s’imagine un avenir d’enfant de Kadhafi ; l’exil en Algérie, ou au Qatar, la lutte armée auprès de groupes rebelles ou pire auprès de groupes terroristes. Leur désarroi est grand actuellement car ils ne peuvent plus compter sur la modération de leur vieille Antoinette acquise complètement au jusqu’au-boutisme de son mari. Conflit de générations ? Pas seulement ! Chacun des époux a été marqué par une grave maladie. Aucun d’eux après une si longue vie de luxe, de faste et de débauche ne se voit en changer. Leur credo serait plutôt : « quitte à mourir autant que cela soit au pouvoir ! »

Tout le problème est bien là… ! Nombreux sont ceux qui, dans le système à des postes les plus élevés, pressentent avec angoisse le danger du « mur qui fonce à toute vitesse vers eux ». Pour tenter de l’éviter, certains multiplient les gestes d’une discrétion extrême envers les opposants déclarés. D’autres, tout aussi discrètement, financent certains mouvements et leaders.

Leur problème à tous est qu’ils ne bénéficient pas de la vision d’ensemble qu’ils devraient avoir et de la comptabilité juste des forces en présence. L’apparat, le cérémonial, les gardes rapprochées projettent une fausse image de ce que la situation au Congo est réellement. Le 4 mars 2012, tous – enfants, barons du régime, garde présidentielle, policiers et soldats – avaient fui, avec armes et bagages, Brazzaville à la première détonation. Raymond Zéphyrin Mboulou le ministre de l’intérieur, qui n’est pas le dernier à jouer les matamores dans les manipulations administratives et dans la défense de ce pouvoir, en était !

Il n’y a plus de légitimité, plus grande estime intérieure et extérieure de ce régime à bout de souffle comme le vieux dictateur, sur un sentier de ses terres qu’il devra rejoindre définitivement. A 71ans, ses proches le voient tel qu’il est réellement usé, fatigué, malade. Pour l’apparat et la représentation, comme un comédien le fait, il se maquille et revêt ses costumes sur mesure, indispensables déguisements, qui dissimulent sa prise de poids et son grand âge.

Antoinette Sassou Nguesso a un goût immodéré pour les bijoux de grande valeur, les toilettes et les fiestas comme celle de Saint Tropez. Denis, son époux, quant à lui, mégalomane égocentrique invétéré, n’adore rien de plus que les honneurs qui lui sont rendus (nous venons de le voir encore avec sa récente débauche de sommets inutiles et ridicules) et sa horde de courtisans et de courtisanes qui se bousculent à ses pieds pour recevoir l’argent qu’il refuse à sa population.

Alors que Brazzaville, et tout le Congo, vivent dans les odeurs pestilentielles et l’insalubrité, le vieux dictateur s’est concocté des appartements d’une blancheur immaculée où tout est luxe et volupté.

C’est là qu’il aime à recevoir de jeunes invitées qu’il fait venir du monde entier….
En Roumanie, les époux Ceausescu avaient été chassés pour beaucoup moins que cela. Autre continent, autre époque …. !

Rigobert OSSEBI

[1] L’avion du Premier Ministre gabonais, au moment de la remise en route des moteurs pour le retour, a connu une explosion de l’un de ces derniers. « Honni soit qui mal y pense » ! Brazzaville est certes réputée pour les catastrophes aériennes dont l’aéroport de départ était Maya-Maya (liste longue….), mais il ne faudrait tout de même pas penser que ce serait « une conséquence » du courroux de l’autorité suprême congolaise en réponse au forfait de dernière minute d’Ali Bongo… !

(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso, à Washington, ne renoncera pas au luxe et à la volupté…  31 juillet 2014
(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso, à Washington, ne renoncera pas au luxe et à la volupté…  31 juillet 2014

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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