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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 17:55
(Congo-Brazzaville) Les Dépêches de Brazzaville avouent l’échec de Denis Sassou Nguesso

Par RIGOBERT OSSEBI

Si « La fièvre monte à El Paso », la tension est palpable à Brazzaville. L’indicateur, thermomètre ou tensiomètre, le plus visible et le plus autorisé qui soit reste l’organe officiel « les Dépêches de Brazzaville » qui n’ont pas hésité ces derniers jours à passer carrément en « zone rouge ».

Si les éléments relatés par les Dépêches, et surtout par son éditorialiste masqué, n’étaient aussi graves, ils en seraient à hurler de rire tant le « mur du çon » (célèbre rubrique du Canard Enchaîné) y est à maintes reprises franchi.

L’ignoble média, qui a construit sa fortune sur la propagande de la dictature congolaise, a-t-il simplement commis une bourde,( et quelle bourde !), en publiant son éditorial « Exigence » du mercredi 2 juillet ; ou bien l’abus de son pouvoir, de prendre les Congolais pour des imbéciles, l’a amené à écrire, sans s’en rendre compte, un terrible réquisitoire contre le régime qu’il est sensé servir et grassement payé pour le faire ?

L’éditorialiste commence très fort, tenez-vous bien (ndlr : aucune modification du texte original, seuls certains mots ont été mis en caractères gras ou en couleur)

« Toujours dans le cadre des réformes institutionnelles qui marqueront sans doute les deux prochaines années, il est une exigence à laquelle les pouvoirs publics vont devoir se soumettre : celle de l’amélioration des conditions de vie de la population congolaise. Si celle-ci n’a pas figuré en tête des priorités gouvernementales durant la dernière décennie, puisque l’essentiel était de reconstruire ce qui avait été détruit ou endommagé pendant les guerres civiles de 1997 et 1998, elle se trouve désormais au cœur des préoccupations individuelles et collectives. À juste titre, reconnaissons-le, étant donné les sacrifices consentis par chacun durant cette période. »

Après bientôt une vingtaine d’années à la tête du pays, l’élite dirigeante qui s’est construit des palais, en veux-tu en voilà, au Congo, au Maroc, en Espagne ; des Biens Mal Acquis à Paris, des jets privés toujours en vol ; des hôtels particuliers pour eux-mêmes et pour leurs mioches dans les quartiers chics des capitales jusqu’à Miami aux Etats-Unis etc., etc., se rend compte, tout à coup, que cela a été fait au détriment des malheureuses populations congolaises. Et là suit alors la longue liste des remèdes qu’il faudrait appliquer :

« Augmenter les salaires, créer des emplois en nombre suffisant, accroître la protection sociale, améliorer le système de santé, veiller à ce que l’éducation et la formation permettent aux nouvelles générations de mieux se préparer à la vie active, favoriser l’éclosion des petites et moyennes entreprises, encourager l’artisanat, tirer un profit immédiat du désenclavement des départements qui quadrillent le pays : toutes ces actions, et bien d’autres encore dont l’énoncé serait fastidieux, devront être menées à bien sans délaisi l’on veut que les citoyennes et les citoyens congolais accordent aux réformes à venir (ndlr : le changement de la Constitution) l’attention qu’elles méritent. »

Et pour couronner le tout, l’éditorialiste masqué, qui se prétend un fin observateur de la vie politique et de la société congolaises, sort de son aveuglement quasiment bi-décennal sur les souffrances qu’enduraient nos parents :

« Faute de démontrer par des mesures économiques et sociales qu’ils ont bien pris la mesure des attentes populaires, les pouvoirs publics risquent de vider de son sens le débat politique qui approche et dont dépend, pour une large part, la stabilité de notre pays dans les décennies à venir. Non seulement ils peuvent se trouver confrontés à une grogne collective difficile à gérer, mais encore ils ont toutes les chances de vider de son sens le débat politique et de dissuader ainsi les électeurs de se rendre dans les bureaux de vote le jour où il leur sera demandé d’approuver les réformes en préparation.… la bataille qui s’engage ne sera gagnée par le pouvoir en place que s’il démontre de façon concrète sa capacité à améliorer les conditions de vie du plus grand nombre. »

A dire vrai, l’auteur de ces propos, qui n’ont rien d’une révélation pour l’immense majorité des Congolais malheureux qui en souffrent, n’est pas tombé sur la tête. Nombreux sont les grands ou petits profiteurs du système inique, qui s’est imposé dans notre pays, qui appréhendent le moment où le Peuple congolais sortira de sa torpeur. Tout l’y incite actuellement naturellement. Nul ne peut prédire quelle tournure cet évènement prendra alors. Les tenants du pouvoir savent bien qu’ils ont abusé criminellement de toutes les ressources du pays à leur seul profit et à celui de leurs proches. La folie dépensière, leur enrichissement outrancier, le luxe insolent n’ont été possible qu’au détriment d’un pays tout entier et d’une population tout entière.

Qui peut croire qu’en quelques mois, ils vont pouvoir compenser des décennies de générations sacrifiées voire torturées ? Des décennies à vivre dans le dénuement, sans eau, sans électricité, sans une alimentation et des soins décents ! Un aéroport luxueux, ou deux, réalisés à crédit ne sauraient réparer le préjudice causé à plusieurs générations de Congolais.

Le président François Hollande, au terme des deux premières années de son mandat, dans l’incapacité d’inverser la courbe du chômage, a déclaré qu’il ne briguerait pas un second mandat s’il ne parvenait à diminuer le nombre de Français sans emploi. Voilà qui est raisonnable et c’est le jeu véritable de la démocratie. Le pouvoir se mérite par les résultats que l’on obtient, par sur des promesses que l’on ne peut ni ne saurait tenir!

Après trente années de pouvoir illégitime, le président congolais, Denis Sassou Nguesso et ses sbires, d’échecs et en échecs dans tous les domaines, veulent encore se maintenir au pouvoir par tous les moyens… !

« Exigence » a été le titre choisi pour l’éditorial. Exigence des mesures économiques et sociales à prendre en urgence. « L’aveu » aurait mieux convenu ! L’aveu de l’incapacité, tout au long de ces quasi-vingt dernières années, à apporter un minimum de bonheur, d’amour et de bien-être à la population congolaise qui a été sacrifiée pour la jouissance de quelques-uns ; dont ledit Editorialiste également !

Rigobert OSSEBI

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT