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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 09:59
(Congo-Brazzaville/françafrique) SARKOZY À SASSOU : « Cher Denis, parler en public, ça donne des idées »

Nicolas Sarkozy et le député Alain Marsaud à Brazzaville le 25 juillet 2014 -

En commençant par « Cher Denis, parler en public, ça peut donner des idées », ce discours prononcé le 25 juillet 2014 à Brazzaville, à l’occasion d’un ridicule Forum Fourbes Africa, ne rejoindra sûrement pas dans l’histoire celui du 30 janvier 1944 prononcé dans la même ville par le Général de Gaulle ; le bienséant « Cher Denis », plus qu’une simple formule de courtoisie d’un ancien Président d’une grande nation à un dictateur kleptocrate et corrupteur, résonne comme un signe d’allégeance et de soumission. Pour un ex-Président, ou pour un futur candidat !

C’est un secret de polichinelle, largement répandu à Brazzaville, Jacob Zuma, le président de la République d’Afrique du Sud, est à la botte de Denis Sassou Nguesso. Fort heureusement, ce grand pays d’Afrique australe n’est pas devenu encore une république bananière et le compagnon de lutte de Nelson Mandela ne pouvait que succomber aux liasses de billets que son homologue congolais a toujours jeté à ses pieds. Il en est devenu le pantin qui s’était élevé contre Nicolas Sarkozy dans l’affaire de la Libye et la marionnette qui avait infligé un camouflé à François Hollande en ne se rendant pas à Paris à la fin 2013 pour le sommet de l’Élysée.

la brouette congolaise

Toutefois Jacob Zuma n’est ni le premier, ni le seul, à faire allégeance au dictateur prodigue ; Jerry Rollins n’avait pas hésité à mettre son prestige et son nom au service de l’infâme chef de guerres civiles congolais, au prix fort, contre une immense exploitation forestière (au nom de son épouse) à Enyelé dans la Likouala.

Alors pourquoi s’étonner si d’autres chefs d’État africains pour la plupart, tout aussi corruptibles et corrompus, viennent, un à un ou tous ensemble, s’humilier à Brazzaville en se prêtant, à une cérémonie à la gloire du plus mauvais d’entre eux, pour un prétexte futile d’un forum bidon ?

Incontestablement, le dictateur a dû mettre beaucoup d’argent sur la table, et/ou versé directement sur les comptes des intéressés au Qatar, à Singapour, à Hong Kong ou Macao, hors de portée des inquisitions policières occidentales. Nombreux, alors, ont été ceux qui ont fait le déplacement pour cette édition 2014 du Forum Fourbes Afrique (qui n’a plus rien à voir avec l’institution américaine dont un obscur Lucien Ebata a acquis la licence) :

- John Dramani Mahama, Président de la République du Ghana

- Macky Sall, Président de la République du Sénégal

- Mahamadou Issoufou,Président de la République du Niger

- Alpha Condé, Président de la République de Guinée

- Goodluck Jonathan, Président de la République du Nigéria

- Ali Bongo Ondimba, Président de la République du Gabon

- Jacob Zuma, Président de la République d’Afrique du Sud

- Blaise Campaoré, Président de la République du Burkina-Faso

L’absence d’un habitué de ces manifestations, Boni Yayi, Président de la République du Bénin, a été remarquée. Etait-ce parce qu’en ce dernier jour de Ramadan, son état d’ébriété quasi permanent aurait pu gêner ses homologues musulmans ou alors parce que ses moqueries répétées au sujet de son très généreux bienfaiteur ont fini par froisser l’intéressé ?

Quoi qu’il en soit, ces présidents peuvent très bien, même dans l’avion du retour, railler l’orgueil imbécile et la mégalomanie de celui qui les a couvert de millions de dollars ou d’euros, Denis Sassou Nguesso n’en a que faire en réalité ! L’important pour lui est qu’il s’affiche ainsi publiquement dans la posture du leader, en acteur incontournable de la scène africaine et mondiale ; surtout à la veille d’un sommet crucial à Washington où Barack Obama devrait s’opposer à toute modification de la Constitution congolaise.

MATTEO RENZI ET SASSOU NGUESSO LORS DE LA SIGNATURE D’ACCORDS SUR LES HYDROCARBURES

Aussi, dans cette quête de supports extérieurs, la liste est longue des valets et des serviteurs, qui viennent à Brazzaville, contre des petites fortunes non déclarées, se fendre d’un discours à la gloire du bourreau du peuple congolais. Personne n’en saura jamais rien. Les sommes ridicules annoncées çà et là n’ont rien à voir avec les montants de la corruption telle qu’elle est pratiquée en réalité. Sassou Nguesso dispose d’un puits sans fond d’argent pour l’alimenter. A 100.000 euros la passe, pour des alliés de marque, on est très loin du compte… Il serait bon de regarder les tarifs officiels pratiqués par les agences spécialisées pour ce genre de prestation (http://www.celebritytalent.net/index.php)

Matteo Renzi jeune chef du gouvernement italien à l’avenir prometteur n’a pas hésité il y a quelques jours, pour son premier voyage officiel à l’étranger, à se rendre à Brazzaville, dans cette capitale incontestée de la dépravation financière. Mais, à décharge pour l’ancien maire de Florence, des avantages chiffrés en centaines de millions de dollars, par an, venaient juste d’être accordés à ENI, la compagnie pétrolière italienne dirigée par Claudio Descalzi. Ce dernier, il y a peu, avait été installé à sa direction générale par le nouveau premier ministre italien et sur l’insistance du dictateur, employeur et ami congolais. L’Assemblée Nationale Congolaise a récemment ratifié ces conditions incroyablement avantageuses sur lesquelles flotte un fort parfum de corruption.

Depuis deux ou trois ans, pour prendre l’ascendant sur ses pairs africains, l’autocrate congolais joue aussi le rôle de banquier. C’est ainsi, contre des dizaines de millions et parfois des centaines de millions de dollars (200 millions de dollars à la Côte d’Ivoire présidée par Ouattara), que tous les dirigeants ou presque du continent africain se bousculent à Brazzaville pour obtenir des prêts qu’ils ne rembourseront jamais. Ces sommes prêtées seraient très utiles pour réduire la pauvreté de ses propres populations, mais Denis Sassou Nguesso s’en contrefiche. Les chefs d’Etat qui ont été servis, très généreusement, se demandent s’il jouit encore de toutes ses facultés mentales après 34 années de pouvoir absolu. Mais encore une fois, le dictateur congolais n’en a que faire . « L’argent ne compte pas pour lui, il en use comme d’un moyen politique » dixit Jean-Yves Ollivier, son complice de toujours.

Cette apparente et nouvelle puissance financière était considérée, il y a peu, comme un pays pauvre. Le FMI, la Banque Mondiale et la France avaient curieusement effacé les dettes de ce très riche Congo. Il en coûta alors près de 3 milliards d’euros au pays alors présidé par Nicolas Sarkozy….

Brazzaville est la ville de tous les paradoxes. Les ministres, l’administration et une grande partie des fonctionnaires sont payés en espèces. Le billet de banque y est roi, quelque soit sa couleur et sa devise. Il est même Dieu lorsqu’il jaillit, en liasses bien fournies, du sac de Claudia, la fille du dictateur, après qu’un membre du gouvernement se soit prosterné devant elle pour obtenir des frais de mission. Parfois les billets sont faux, et c’est aussi une spécialité de la famille. Production locale soignée. Le procès du « 4 mars 2012 » qui se déroule en ce moment dans la capitale congolaise peine à en dessiner les contours du trafic tant la Présidence, enfants et neveux, sont mouillés jusqu’au cou.

Il ne se passe pas de semaine qu’un vol important, portant sur des centaines de millions de FCFA (centaines de milliers d’euros) en espèces, ne fasse l’objet d’une révélation. Toujours dans la famille d’un proche du gouvernement, d’un haut gradé, ou d’un responsable des douanes.

Inutile de préciser que tout cet argent est sale, noir comme l’or liquide produit par TOTAL, par ENI et par MURPHY dont les quantités exactes sont impossible à cerner. Pétrodollars par milliards, gérés n’importe comment par des putschistes récidivistes, plus spécialisés dans l’élimination des hommes et des femmes qui s’étaient mis en travers de leur chemin que dans la gestion transparente et raisonnable de la richesse nationale.

Paradoxe alors que d’organiser, après l’échec du Forum Fourbes Afrique 2013, une nouvelle édition avec pour sujet « les défis de la bancarisation, construire le modèle africain ». Plaisanterie, provocation ou mépris pour le système ? Le Congo n’a pas de compte bancaire à l’extérieur, pas de propriété officielle. Toutes les énormes ressources que compte ce pays sont gérées dans l’opacité la plus totale. L’an passé, la création d’un fonds souverain a été décidée ; nul n’en connaît le nom, le capital, les gestionnaires et encore moins sa domiciliation. Le Congo est l’archétype de l’Etat voyou mêlant la brutalité de l’Etat barbare avec la sophistication des techniques les plus modernes de dissimulation et de blanchiment financiers. BNP Paribas qui avait depuis longtemps initié le petit gang (par le nombre) familial à son professionnalisme malsain, a finalement jeté l’éponge tant l’irresponsabilité de ses clients lui faisait craindre le pire. Plus aucune affaire n’est traitée avec la République du Congo par le groupe français.

L’Afrique connaîtra peut-être une révolution bancaire. Mais pour cela il faudra d’abord mettre fin aux pratiques qui ont cours à Brazzaville. La criminalité financière y atteint de tels sommets qu’il sera très difficile d’en venir à bout. La visite éclair, et peu claire, de Nicolas Sarkozy à Brazzaville aura le grand mérite d’attirer l’attention des médias et de l’opinion publique internationale. Ils tenteront peut-être de comprendre ce qu’il s’y passe réellement.

Croire que l’ex-Président de la République française, et sûrement candidat en 2016, ait fait ce déplacement indigne pour une si modeste rémunération, pour le moins, serait une insulte à l’orgueil démesuré, et à la puissance financière, du dictateur congolais et à son ambition d’influer les prochaines élections présidentielles en France ; comme feu Omar Bongo, son gendre, avait réussi magistralement à le faire en 1995.

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

(Congo-Brazzaville/françafrique) SARKOZY À SASSOU : « Cher Denis, parler en public, ça donne des idées »
(Congo-Brazzaville/françafrique) SARKOZY À SASSOU : « Cher Denis, parler en public, ça donne des idées »

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