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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 09:54
[France/Congo-Brazzaville] Sassou Nguesso et ASPERBRAS ridiculisent BYGMALION

Par RIGOBERT OSSEBI -

Les révélations d’une fausse facturation au sein de l’UMP pour un montant de 12 millions d’euros (environ 5 milliards de FCFA) ont ébranlé la direction de ce parti et le paysage politique français. Pourtant, il n’est pas sûr que cette irrégularité ait donné lieu à un enrichissement personnel. Voilà l’affaire Bygmalion qui pourrait bien empêcher Nicolas Sarkozy de se présenter en 2017 à l’élection présidentielle !

Vu de Brazzaville, cela ne peut prêter qu’à la franche rigolade. Ces hommes politiques français qui se croient tout puissant et qui se font pincer pour quelques petits-ridicules millions d’euros, ont de quoi donner le fou-rire à Denis Sassou Nguesso.

Au Congo, de 2012 à 2013, en une année à peine, ASPERBRAS, une société brésilienne, a reçu de gré à gré et sans le moindre appel d’offres international, de la part de la dictature congolaise, 1,1 milliards de dollars de contrats, soit 550 milliards de FCFA. Personne ne s’en soucie ou presque. Pourtant les montants dont il est question sont 100 fois plus importants que ceux dont il est question dans « l’affaire Bygmalion ». Aussi, il est évident que l’enrichissement personnel était au cœur de ces contrats et que l’article 69 « - de protéger et de respecter le bien public » de l’actuelle Constitution a été totalement bafoué, comme presque tous les autres d’ailleurs !

- 500 millions de dollars, en août 2012, pour la construction de la zone industrielle à Maloukou, près de Brazzaville. http://www.grandstravaux.org/Lancement-des-travaux-de-la-zone-industrielle-et-commerciale-de-Brazzaville_a237.html (Projet tant vanté par le ministre Alain Akoula.)

- 200 millions de dollars, en août 2012 également, pour la réalisation de la cartographie géologique du Congo (NB les cartes établies au-dessus du 1/50000 ne sont pas réellement exploitables pour la recherche géologique).

- 400 millions de dollars, en août 2013, pour 4000 forages hydrauliques. http://www.adiac-congo.com/content/eau-et-assainissement-pres-de-193-milliards-pour-la-construction-de-4-000-forges-en-zone

Pour tous ces marchés, il apparait clairement que les montants de la surfacturation se rapprochent aisément d’un facteur 10 de multiplication. Prix de revient environ 100 millions de dollars, facturé 1100 millions de dollars… ! Il se murmure d’ailleurs que des membres des clans Sassou Nguesso et Mapapa auraient des participations dans cette entreprise brésilienne. (Très voyante ASPERBRAS présente également dans l’usine d’Oyo de lait et de beurre présidentiel « Président » surnommé « Dictabeurre »)

Pour le dernier contrat de forages hydrauliques, ASPERBRAS facture chaque forage à 100.000 dollars l’unité (soit près de 50 millions de FCFA). A ce prix-là, d’un trou et de quelques accessoires, on peut aisément construire une maison totalement équipée. Le Congo est un pays gorgé d’eau et il n’est point besoin d’aller à de très grandes profondeurs pour en trouver par forage. Partout dans le monde le prix moyen de 10.000 dollars est largement accepté sauf situation géologique exceptionnelle.

Si Monsieur Bouya avait mis en place une procédure d’appel d’offres régulière, on n’aurait pas dû dépasser les 40 millions de dollars au maximum pour les 4000 forages.

Il en va de même pour la cartographie géologique. Le Cameroun vient de lancer un appel d’offres pour un contrat quasiment identique. Financée et encadrée par la Banque Mondiale, cette prestation aurait coûté au Cameroun dix fois moins cher pour une superficie égale. (http://www.afriquejet.com/news/682-campagne-de-levee-geophysique-aeroportee-au-cameroun.html)

D’aucuns pourraient nous souffler que Denis Sassou NGuesso et son neveu à la tête des Grands Travaux sont de bonne foi et qu’ils auraient été abusés par la partie brésilienne. Dans ce cas, et pour une incompétence de cette ordre, il vaudrait mieux que l’un et autre comprennent qu’ils ne sont pas à la hauteur de leurs prétentions et des missions qu’ils se sont octroyées.

L’autre hypothèse, plus consistante, celle de la concussion, ne fait pas l’ombre d’un doute ! Ainsi donc près d’un milliard de dollars aurait été partagé entre les différents intervenants et protagonistes de ces affaires.

A l’heure où le débat sur la Constitution bat son plein et que les ralliements pour sa modification dépendent de « la générosité du dictateur », il est bon de noter que les petits millions de FCFA qui sont distribués çà et là ne sont strictement rien en rapport des centaines de milliards détournés tous les mois par le petit clan au pouvoir. Des miettes, rien que des miettes !

Valent-elles la peine d’hypothéquer son avenir et celui de son pays ?

A bien regarder comment le Congo est géré, le débat n’est pas politique, le débat n’est pas idéologique, le débat n’est pas constitutionnel : le débat n’est que mafieux et rien de plus !

La République du Congo est une juteuse affaire, qui le sera encore plus après 2016. Le gang de prédateurs qui la dirige est prêt à y mettre encore le feu, comme cela a été le cas avec la Centrafrique ou avec la petite maison qu’occupait Bruno Ossebi.

Le sang pourrait bien couler à flots encore une fois à Brazzaville ; ce gang n’en a que faire. Nous l’avons vu avec la capture du Colonel Marcel Ntsourou. Ce n’était rien d’autre qu’une démonstration de force à destination des opposants de l’intérieur et surtout à l’attention des observateurs étrangers. « Nous ne lâcherons pas le magot congolais ! Il est à nous ! Il nous appartient ! » tel était le message qu’on a voulu faire passer !

Les vrais maîtres de la richesse du Congo et de l’extrême pauvreté des Congolais pensent qu’ils pourront commettre leurs abus impunément et indéfiniment. Ces seize dernières années, combien ont-ils signé de contrats similaires à ceux accordés à ASPERBRAS ? Combien de fois 500 milliards de FCFA se sont ils évaporés pour se retrouver dans les poches de Sassou NGuesso et de Jean Jacques Bouya ? Combien, nous le saurons un jour prochain !

Et Pourtant, même le Brésil d’ASPERBRAS ne saurait abriter nos brigands si jamais ils faisaient de Brazzaville ce qu’ils ont fait de Bangui. Pas même la Chine ! Il serait temps que les responsables de nos malheurs n’aillent plus loin dans la déraison ! Avec les montants des vols et des crimes financiers qu’ils ont commis, cela ne va pas être évident de leur faire entendre raison. Cependant, à bien regarder la situation telle qu’elle se présente, ce pouvoir n’a plus aucune réelle issue… !

Rigobert OSSEBI

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Rigobert Ossebi - dans France Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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