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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 10:50
(Congo-Brazzaville) OPÉRATION MBATA YA BA KOLO : la journaliste Sadio Kanté sauvagement tabassée par la police de Ndenguet

sadio kanté tabassée par la police le 16 décembre 2013 à Brazzaville

Opération ‘Mbata ya ba kolo’, je suis sauvagement battue par un commandant et dépossédée de mon téléphone pour avoir pris une photo.

Je viens d’être sauvagement agressée par le commandant Batantou, pour avoir prit une photo de la procession de la police dans le cadre de l’opération Mbata ya ba kolo’. La police qui a reçu des informations selon lesquelles des étrangers habitaient dans ma cours est entrée pour rechercher des éventuels kinois, lorsqu’elle a entendu des jeunes filles parlées la langue kikongo, elle est sortie de mon lieu d’habitation. Ma voisine m’ a averti de la présence massive de la police dans ma rue . En sortant, je trouve 3 officiers, et leur demande ce qu’ils font ici, leur chef me répondant qu’il se promène; je lui réponds qu’il ya quelques jours le général Ndeguet m’a répondu la même chose . J’aurais préféré que la police m’informe, pour qu’elle ne dise pas ensuite j’ai colporté des rumeurs. L’un d’entre eux me rappelle mon interpellation du jour de la capture du colonel Ntousou, je rigole avec lui, et je rappelle que c’est le deuxième capitaine vers lequel j’ai été dirigée ce jour du 16 décembre avant d’être libérée.

Je continue à marcher à leur côté jusqu’à ce que l’un des trois policiers me dise qu’il ne veut pas me voir à ses côtés, exige que je dégage et me dit : ‘si vous ne vous souvenez pas de moi, moi je me souviens de vous, en septembre vous m’aviez cité dans un journal et j’ai failli avoir des problèmes.

Je lui dis qu’un officier ne travaille pas avec de la rancune, il rétorque on me disant qu’il ne veut pas me voir et qu’il va rejoindre sa voiture et que s’il me voit traverser la rue, il me casse la figure. Il le dit tout en sachant que je vais traverser la rue car j’habite du côté où il se dirige, il est revenu sur ses pas de façon décisive, mais retenu par un capitaine.

Je lui dis que je ne comprends pas cette attitude venant d’un officier supérieur.

Je rentre chez moi, je ressors avec mon téléphone pour filmer leur départ. Plusieurs policiers se ruent sur moi et certains tentant de m’embarquer dans leur véhicule pour le commissariat, car je n’ai pas voulu me faire déposséder de mon téléphone. Je n’ai pas résisté lorsqu’on tentait de m’embarquer. A ma grande surprise, le commandant Richard Batantou revient en courant, se saisit de mon cou, me tacle et lorsque je suis à terre, il me piétine de la tête au pied pendant environ 45 secondes jusqu’à ce qu’un policier le retienne et pendant qu’il s’acharnait sur moi, tous ses éléments lui on dit de ne pas le faire, mais apparemment la haine qu’il avait de moi dépassait tout.

Ils se sont saisis de mes deux bras les tordant dans le sens contraire pour me faire lâcher d’abord mon portable et un autre continuait à me tordre l’autre bras jusqu’à ce qu’il se rende compte que cette main contentait mes lunettes.

Cela s’est passé devant plusieurs dizaines de personnes, des voisins, et parmi eux ceux qui ont signalé que je suis étrangère (je suis une congolaise né de père malien et de mère sénégalaise et pourtant tout le monde sait que je suis congolaise).

Je rentre chez moi, j’appelle tout de suite le général Bouity à qui j’explique tout, lui demandant de tout faire pour que je sois emmenée au soin et je demande que me sois remit mon téléphone.

Le général me dis qu’il me rappelle dans quinze minutes. 20 minutes plus tard c’est moi qui le rappelle, il me dit de tout remettre à demain, je lui rappelle mes douleurs, je lui dis que mon téléphone est mon instrument de travail qu’il me le faut…il répète qu’il faut tout remettre à demain.

J’appelle le porte-parole de la police le colonel Tsoumou qui me dit d’écrire une dénonciation des faits au général Ndeguet, je lui rappelle d’urgence que je souhaite recevoir d’abord des soins, et la restitution de mon téléphone. Le porte-parole m’explique que la police avait décidé que personne ne filme l’opération Mbata ya ba Kolo, car selon lui cela peut se retrouver avec tous les montages possibles sur You tube.

Je lui ai dit que les policiers sur le terrain ne me l’ont pas signifié, et je lui ai demandé s’il n’était pas préférable de me conduire au commissariat de police avec la possibilité de supprimer la seule photo que j’avais prise au lieu que le plus gradé de tous me batte ainsi , avant qu’il laisse les autres me torturer ? Tsoumou dit qu’il me rappelle, en vain, il était 19 H environ.
J’ai tenté par deux fois d’appeler le président du conseil supérieur de la restriction…pardon de la liberté de communication, son téléphone a sonné en vain.

Il est 21H 42 lorsque je finis d’écrire ces lignes, toujours pas d’appel du colonel Tsoumou ,ni du colonel Bakala que j’avais saisi avant tout le monde.

J’ai peur, très peur pour ma vie, si je dois vivre avec la spectre de la rancune du commandant Batantou….et qu’il n’y a aucune autorité pour faire quelque chose pour moi devant la sauvagerie de ma battue…j’ai peur pour la première fois de ma vie pour ma vie.

Sadio Kante « indépendante »

(Extrait de congo-liberty)

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Sadio Kanté - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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