Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 07:51
(Congo-Brazzaville) Denis Sassou Nguesso : l'oppresseur pourfendu

par Dina Mahoungou -

Dina Mahoungou -

Narcisse s’octroie le Congo dans un attachement exclusif et stérilisant. Son appétit de dévorer toujours en gestation.

S’il perd son patrimoine, cette cause prendra la forme d’une persécution. Sassou demeure un potentat de haut-vol, hors d’accès. Demeurer au pouvoir pour le tyran est un accomplissement, une preuve d’immortalité personnelle.

Pour éterniser tout ce théâtre, il en faut beaucoup : des rites occultes. Monsieur le chef de l’Ẻtat avec ses associés, tous en habits noirs, en état second.

Au palais de la Nation, d’éternelles fêtes désenchantées, on imagine d’atroces présences, des phénomènes ensorcelés. Les succubes et fantômes déambulent, les mandragores flottant dans les salons d’appartements. Tout est presque irréel, tout scintille, le pouvoir fécondant du reflet.

Le pays envoûté est un Congo dans toutes ses maladies magnétiques. Le somnambulisme, la léthargie, la catalepsie, l’hystérie ont atteint les citoyens au plus profond d’eux-mêmes. Tout est abstrait, c’est un pouvoir, un état d’esprit qui ont l’inconvénient de répugner à l’esprit démocratique.

Quelle crainte profonde se cache derrière la fin prochaine du règne de Sassou en 2016 ?

Ᾱ l’angoisse dans laquelle plongent les Congolais confrontés à l’inconnu, quelles solutions apportons-nous ?

D’ailleurs, transgresser l’incompétence de Sassou est devenu un tabou. Et pourtant, ses échecs successifs se fondent sur un euphémisme ; quarante ans d’anarchie institutionnelle. L’idée de « laisser-pourrir » est fondamentalement attachée au chaos.

Des individus diminués, spoliés, assignés, avilis, déshumanisés dans un pays prospère comme le paradis de Crésus.

Que de violences réitérées et non conjurées ………………………. pour toujours.

Un présent en champs de ruines, un avenir dérisoire déjà mis à mort. Mais pourquoi ce sacrifice ?

La dépense de nos vies pour rien. Que deviendrons-nous ? Des bénis oui-oui miaulant, abjects, dégoûtants, répulsifs, hideux qui jouiront des privilèges de la bassesse.

Nous deviendrons des incapables pestilents, de malheureux débris, des encombrants, effrités, coupables, angoissés à mort … une peau de chagrin. Un peuple brisé pour toujours, ce sera notre seule fonction d’attestation.

Cette violence fantomale, nos tourments, nos paroles, nos sensations, nos meurtrissures dans le même masque d’ébahissement. Un peuple déchéant, condamné à l’insignifiance absolue, dans une société factice, façonnée, travaillée, les citoyens pauvres benêts accomplis se métamorphosent sans cesse en aide-bourreaux.

La taciturnité, la perfidie de Sassou. Un attentat contre tout ce qui est respectable. Les gangs criminels, le caractère véreux de leurs politiques publiques. Les épithètes d’immoralité, de veulerie et de goujaterie attachées à la clique du dictateur, certainement nous convolons vers un chaos sécuritaire.

Dans cette fabrique de dominés, la triste logique de l’enclos. Nos pitoyables emplacements que nous occupons, expropriés potentiels défaillants et désespérés. Ils nous mettent dans la précarité, un autre dispositif d’asservissement. La régulation des mouvements dans ce parc humain, un groupement d’asservis, Congolais corvéables, à la disposition et à la volonté du tyran.

La frayeur des plantons, la plèbe en dessiccation, ceux qui ne pètent pas dans la soie, les impuissants, les réduits, les impotents, les résignés, demeurant soumis. Des Congolais de peine casés dans les arrières faubourgs insalubres, dans leurs lieux d’incubation. Dans cette dictature prédatrice, nous sommes des incarcérés en masse à des fins d’exclusions. Des lumpem-indigènes dépaysés, prostrés dans la soumission, abrutis fondamentaux dans une société dans laquelle nous n’avons aucune prise, nous ne pouvons y réaliser notre humanité.

Nous mourrons à petit feu grâce à Sassou le tyran, un symbole de l’arbitraire, le plus autoritaire des despotes. Une ressaisie spirituelle du pouvoir et cette hantise d’en être dépossédé, il se repose sur des virtualités multiples. Il ne croit pas à l’idéologie, c’est un bidouilleur, emprunt de la volonté des volontés, le réflexe constant de domination, voila tout ce qu’il a retenu : la métaphysique de la subjectivité. Il est maître possesseur du Congo qu’il prend pour son objet, il se perd dans le mouvement de lui-même. Contemporain intemporel qui a la vénalité de ses charges, tribaliste fielleux et rebuté.

Dans un pays d’illusions, loin de la liesse de la canaille, de la profusion d’un défoulement collectif, il observe, guette et se rassure ………. de tous ces étonnements, il sait en jouir ?

Le Congo que nous empruntons à la providence, à nos enfants est déjà hypothéqué par les majors, les actionnaires, les trusts industriels. La logique mafieuse poussée à l’extrême. Un monde qui n’est pas soumis aux valeurs de justice, de promotion sociale et d’équité. La gabegie est montée d’un degré, elle parasite l’argent, le pouvoir et le simple bon plaisir. Une politique publique qui ne se réfère à aucune éthique. Les déchets toxiques, industriels, urbains, domestiques ne sont vraiment pas traités, ni recyclés.

Le modèle productiviste et commercial dominant se fout du petit peuple, une déforestation intensive, une pollution grave. Si nous ne nous opposons pas à ce système de gouvernance, à cette servitude connectée, nous périrons tous avec l’élimination de la notion de dignité. Et pourtant, le bon sens réclame l’écoute de l’autre. S’opposer aux despotes, c’est en cette façon que nous exercerons notre rôle politique.

Voilà quarante ans, toujours dans l’insanité où il séjourne, ce bougre de Sassou est irrécupérable. Un pessimiste radical qui bousille tout sur son passage. Il n’y a plus rien à attendre de lui, il refuse tout bonheur. Avec ses haines tragiques, c’est un personnage de l’abjection, laconique, grotesque et trivial, vénéneux, à lui tout seul c’est une institution de la banqueroute nationale.

Le Congo ne vit plus dans la chaleur humaine et Monsieur le tyran veut rebondir en 2016 dans la présence. Soyons unis braves gens contre les faquins, les contempteurs. Notre lutte n’est pas un vain combat quichottesque contre le pouvoir dominant. Nous sommes à la hauteur de nos défis. La parole et le serment des systèmes moraux transcendants ne bénéficient plus de la même légitimité, l’ordre établi se trouve mis en doute dans un monde profus et mouvant qui nous entoure. L’impérieuse volonté d’unité ne suffit pas, il faut de la pédagogie afin d’abolir les déviances, les hérésies, la raison et le courage y sont indissociables.

Dans un Congo en tourbillon, en désordre, dans les dissensions, dans la folie, les terreurs et les turbulences immuables …….. nous vaincrons.

Nous allons reconstruire la paix civile, nos déboires sont comme autant de défis. La coexistence au sein d’un collectif national constitue un moment de refondation décisive, dans ce monde de bluffeurs cyniques, un monde rempli d’exclusivistes assoiffés de domination. Nous sommes contre les manœuvres des pouvoirs populistes et démagogiques.

Dans son manichéisme pernicieux, Sassou et ses acolytes répresseurs participent à la paralysie de la Nation. Nous sommes auteurs de nos propres obligations, des êtres qui choisissent, qui savent.

Notre projet, se donner pour but de penser les conditions d’émergence du nouveau ….. une autre façon de voir et de faire.

Dans ce nouveau paysage ….. les escadrons de la mort, les nervis de la dictature doivent payer.

Encore deux ans, et oui effectivement Sassou est encore là, jusqu’en 2016, avant de vider les lieux avec pertes et fracas.

Dina Mahoungou le 3 juin 2014

Ecrivain et journaliste médias

Auteur du roman : « Agonies en Françafrique » aux éditions L’Harmattan

Auteur du recueil de nouvelles : « Les parodies du bonheur » aux éditions Bénévent

Partager cet article

Dina Mahoungou - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

Economie

Catégories