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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 11:03
RDCongo/Congo-Brazzaville) : John Kerry ignore royalement Denis Sassou Nguesso

Ce samedi 3 Mai 2014, John Kerry est arrivé dans la capitale de la R.D.C. en provenance d’Ethiopie. Après l’étape de Kinshasa, le Secrétaire d’Etat américain se rendra le dimanche à Luanda, en Angola, pour une rencontre avec le président José Edouard do Dos Santos. Respect des droits de l’Homme, démocratie et investissements sont au centre du périple du chef de la diplomatie américaine.

« Ces trois pays africains sont d’une grande importance pour les États-Unis, et le secrétaire d’État Kerry ne devrait donc pas passer sous silence leurs mauvais bilans en matière de droits humains », a commenté Sarah Margon, directrice par intérim du bureau de Washington de Human Rights Watch. Lors de sa visite, John Kerry devrait souligner combien les droits humains, le développement et la sécurité sont inextricablement liés .

Curieusement Brazzaville, qui est au centre géographique de ces déplacements, est royalement ignorée par l’Administration américaine.

On peut retourner le programme de Kerry dans tous les sens, le Secrétaire d’Etat américain ne fera pas le saut de puce, entre les deux capitales congolaises, pour daigner saluer celui qui prétend être « le véritable successeur de Mandela ».

Dans son ranch d’Oyo, les chevaux de Sassou-NGuesso seront de repos ce week-end. Ils n’auront pas à se prêter à une pitoyable séance de rodéo avec le dictateur déguisé en cow-boy pour tenter d’impressionner son distingué visiteur. Dommage pour John Kerry, il rate pourtant-là une occasion de franche rigolade qui l’aurait joyeusement accompagné jusqu’à la fin de ses jours… !

Pour sa part, le « comploteur de la RCA » (dixit Bozizé) enfin démasqué, le tyran à l’ego démesuré, n’apprécie pas d’être laissé pour compte. Les milliards dépensés auprès de ses lobbyistes patentés pour lui organiser, le 11 février dernier, la mascarade du 25ème anniversaire du Protocole de Brazzaville au cours de laquelle se bousculaient les Prix Nobel, n’auront pas permis la moindre reconnaissance – bien au contraire – de la part de l’Administration américaine.

Décidément pour Washington,l’escroc–corrupteur du FMI et de la Banque Mondiale afin de bénéficier indûment du programme PPTE, le putschiste invétéré-chef de guerres civiles, n’appartient pas à la catégorie des dirigeants avec lesquels il est possible de discuter et que l’on fréquente, mais bien à celle de ceux que l’on laisse de côté. Définitivement !

Cependant, ce qui sera dit à Kinshasa entre Joseph Kabila et John Kerry, porteur d’un message du Président Barack Obama, devrait valoir également pour Brazzaville.Nul besoin pour l’autocrate d’Oyo d’aller coller son oreille à la porte du salon dans lequel se dérouleront les entretiens. Tout le monde est déjà fixé sur ce qui y sera dit.

AvecJoseph Kabila, John Kerry exigera qu’un coup d’arrêt soit porté à l’aventurisme politique de ceux –« ses sages du Niari et de la Bouenza »- qui encouragent Sassou Nguesso à faire réviser la Constitution pour briguer un troisième mandat présidentiel. Des propositions seront avancées quant à la manière d’appuyer le processus de démocratisation, notamment par un processus électoral transparent. D’ailleurs, la société civile de la RDC a adressé un mémorandum, qui va dans ce sens, au chef de la diplomatie américaine. « Non à la révision constitutionnelle en période préélectorale ; oui à la préparation de l’alternance démocratique », ont ainsi écrit ses leaders.

La société civile congolaise-B. serait bien inspirée d’en faire au moins autant auprès de la diplomatie américaine qui ne saurait avoir une approche démocratique pour une population d’une rive du fleuve Congo et une tolérance d’une dictature mafieuse pour celle de l’autre rive : en sachant bien que de part et d’autre des frontières naturelles ou pas de ces pays, il s’agit en réalité d’un même peuple !

D’ailleurs bon nombre de voix s’élèvent, dont celle de l’ancien-Ministre Jean-Luc Malekat, pour soutenir la vision de l’Afrique juste et légitime du Président Barack Obama qu’il a décrite dans son discours du 11 juillet 2009 à Accra. Certains déclarent que ce fut le plus beau discours qu’il n’ait jamais prononcé et tous, comme nous-mêmes, applaudissent et le soutiennent lorsqu’il déclare : « l’histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’Etat ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions. L’Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation. La vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine elle-même son destin. Ce que fera l’Amérique, en revanche, ce sera d’accroître son aide aux personnes et aux institutions responsables, en mettant l’accent sur l’appui à la bonne gouvernance (…) et d’isoler ceux qui ne le font pas. »

La République du Congo ne saurait être exclue du propos du président américain et de sa vision. Ses représentants véritables, ceux de la société civile et non les pseudos sages de la Likouala, de la Bouenza ou du Niairi, doivent le faire savoir à l’Administration américaine.

Et le plus tôt sera le mieux.

NDLR : Denis Sassou NGuesso, notre président mal-aimé, a très mal supporté l’affront que la diplomatie américaine lui a infligé. C’est à Sibiti qu’il est allé cacher ses peines et rancœurs loin de Brazzaville d’où il aurait pu apercevoir, de l’autre côté du fleuve, les mouvements et l’agitation liés à la présence du représentant de Barack Obama. Pour qu’il se console, il faudra que les sages de la Lekoumou, déjà gavés comme des oies par la municipalisation accélérée, le supplient eux aussi de ne pas quitter le pouvoir. Et si ce n’est pas suffisant, dès demain les expulsions de Zaïrois reprendront de plus belle…

Rigobert OSSEBI

(congo-liberty)

JOHN KERRY : Joseph Kabila ne doit pas briguer en 2016 un troisième mandat présidentiel,interdit par la Constitution

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso

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