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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 06:39
(Congo-Brazzaville) Un nouveau sacre pour l'inquisiteur "Au grand patriote congolais: Jacques Opangault" In Memoriam

par Dina Mahoungou

La mafia congolaise au sommet de son art. Dans un pays hallucinant, plein de passions, de peurs, de superstitions et, l’expiation par la souffrance. Il y a cette sauvagerie tragique, la plupart des nationaux sont culpabilisés et frustrés devant un parrain maquereau devenu une tradition, prêt à tout pour se succéder à lui-même.

Dans un Congo sans emballage, en désordre, pêle-mêle, nous observons avec un scepticisme croissant les événements qui se nouent autour du concept de l’éventuelle révision de la « Constitution », un lobby dénué d’honnêteté à un point surprenant.

Les défis des conquistadors, l’arrogance des imposteurs sont des jalons trompeurs qui brouillent les perspectives. Le bruit court, l’anecdote fait partie du tableau :

« Ils ont des armes, ils ont des milices privées, l’armée régulière est sous leurs bottes, laissons-les faire … pour éviter la prochaine guerre civile »

Et voilà comment des millions de citoyens renoncent à leur propre liberté. Resterons-nous éternellement dans cette quiétude rehaussée de désirs vagues ?

Quatre généraux fabricateurs dirigent la mafia dans ce pauvre Congo qui ne demande pas d’arrimage. Ce pays est dirigé par des personnes à la moralité criminelle :

Le Général chef de l’Etat

Le Général Ministre Délégué à la Défense

Le Général Directeur général de la Police

Le Général (retraité), néanmoins Préfet et Gouverneur de la ville autonome de Brazzaville.

Leur caractère propre est de briser la souveraineté nationale, de diriger le citoyen dans un cadre où il est enfermé.

Les tyrans ne sont pas obligés de réfléchir, ils aiment les dénouements rapides. Ils s’efforcent de nier qu’un autre chemin puisse exister. Dans un Congo livré à ses propres fureurs, le peuple veut faire surgir un homme nouveau, même si comme on s’en doute le prix de ce choix peut être lourd de conséquences. Tout le petit peuple ne saurait s’incliner trop bas devant une telle abnégation. Leur politique assurément condamnable s’est révélée atroce. La têtutesse déforme l’homme, dans la mesure même où elle l’explique.

Je ne bourdonnerai pas davantage autour de ce que nous subissons depuis déjà trop longtemps. Nous l’allons montrer tout de suite : aux mêmes, les proscriptions, les dégradations, les écrasements, les abandons, les oppressions, les sacrifices, la prison, les pénitences, la torture, les condamnations, le feu, le sang, les massacres, les ruines, les déplacements, les piétés, les confiscations. Un pouvoir séculier avec tant de pertinence et de subtilité vous offre au quotidien les lamentations, les persécutions.

Mais peut-on juger absurde ce qu’on a vécu comme martyre ? Ces turpitudes, ces représailles sous les oripeaux de la vengeance ! Le Congo est à nous, jetons-nous-y ! Telle est leur devise dans le clan et autour de leur chefferie, c’est un acte de conscience primitif, indivisible.

Depuis longtemps, rien ne va plus, un pouvoir politique réduit qui n’existe qu’à titre de forme vide. Ces généraux ont élevé le mal comme une structure empirique et intelligible sous forme de totalité organisée. La cause réside dans la nature même du système et ne peut en être détachée. L’extension des haines permutables c’est-à-dire susceptibles d’entretenir des rapports successifs avec d’autres congénères au sein de la tribu.

C’est un égoïsme planifié, ils veulent jouir sans partager, méconnaissant allègrement le principe de réciprocité. Dans la cour des généraux nommés ci-dessus, l’émancipation de la parentèle, des constructions culturelles arbitraires donc artificielles. Les héritiers du système sont un enjeu social fondamental. Ce sont des produits de transmission, de parenté et de peuplement. Ils s’associent en raison de leur articulation par la commune appartenance. Entre eux doivent impérativement circuler un flux réciproque de biens, de services, d’attentions, d’émotions. Et l’identité de tous est posée comme semblable, puisque les familles et les générations sont fusionnées, c’est une sorte de hiérarchie nobiliaire : un siège, une place à tenir, un rang, des privilèges. Les magouilles se reproduisent sur la base des principes qui les édictent, les génèrent et les structurent. Ᾱ ce jeu de miroirs, ils rusent avec la loi de l’échange par l’alliance et les progénitures.

Ces généraux horribles incarnent et mobilisent le ressentiment. Le fait de l’impunité immunise contre la tentation de confondre le réel et le rationnel. Ces grotesques et leurs suppôts mufles que peuplent les salons du palais sont dans une illusion des perspectives. L’histoire réserve aussi autre chose ?

Ces généraux se libèrent de toutes les règles et les conventions internationales. Le Congo est consubstantiellement démuni de probité et de pureté.

Les généraux savourent la vie avec une promptitude et une astuce joyeuses, terrifient le peuple, comme s’ils n’étaient pas assujettis à des lois. Ils se saoulent d’acquiescements, ces truqueurs de sympathie qui feignent les bons sentiments. Le peuple a toujours en dégoût tout ce qui est gluant, ne s’abaissera jamais devant les généraux qui ont mené une vie intense de méchancetés. Ils ont trouvé dans l’ignominie leur plein accomplissement. Les généraux ont bafoué, combattu, moqué, méprisé l’intelligence tout le long de leur règne. Leur règne est un ex-voto dédié au mensonge, une bourgeoisie préfabriquée qui se paie ses propres privilèges avec les deniers du peuple.

Mais le peuple a toujours en lui les vertus de la controverse et du doute, ainsi que l’art de contredire sans occire.

Une fois de plus le peuple congolais trouve en face de lui des imposteurs qu’il s’est indigné au nom de la culpabilité objective.

Ceux qui ont trahi leurs serments doivent payer le prix fort. Combien de fois ne faudra-t-il répéter que nous sommes le plus grand nombre, la majorité silencieuse ? Tous les rapports que les hommes nouent entre eux dans les révolutions sont triomphants. Notre combat se doit être une volonté commune, l’histoire nous donnera raison.

L’on remarque sur tout le territoire une spirale de violence de racisme, d’autoritarisme et de xénophobie. La fracture sociale est manifeste. Le projet de réussite pour tout individu est aléatoire. Les généraux font fi à la priorité, à l’égalité et à la démocratie, ne songent même pas à repriser le mode de production à la tolérance, c’est la confusion totale. Vivre digne devient hautement problématique dans toutes nos familles névrotiques chargées de charité excessive.

La dynamique d’ensemble démontre un régime d’inégalités, l’objectivité est nulle, la méritocratie est menacée, accéder au moindre emploi le plus banal confère un statut social. En dehors des notables, les classes inférieures sont lâchées par l’Etat, plus de 90 % de la population est en classe défavorisée, le citoyen est discriminé, déconstruit, s’il ne fournit pas les éléments de justification rationnelle à l’ethnie, au parti ou au coptage.

Les bannissements sont dilués dans un phénomène global et transversal. Ᾱ des fins diagnostiques et, ou correctives, les meilleurs cadres supérieurs et officiers supérieurs sont issus de la même région. Outranciers, dédaigneux, les autres tribus subissent une vie de marge dans un processus de solitude durable, le territoire de l’urgence. La tribu est un mythe émergeant, on peut penser que les liens de tyrannie sont durables, voire irréversibles.

En fait, depuis une quarantaine d’années, les mêmes sont au pouvoir en disqualifiant les autres, dans de pires situations. Ᾱ la cité, les délateurs et les badauds tout épouvantés tirent leur légitimité à une subordination au chef, ce sont les mandataires désignés et évalués par la mafia des généraux et compagnie. Les accordements raisonnables sont faits en direction de ceux qui ne parlent et revendiquent rien, leurs tous-dévoués qui sont chauffeurs de taxi, garçons et filles de maîtres (maisons), petits marchands ambulants. Les mouchards patentés contrôlent les différents environnements dans les quartiers afin de contraindre de façon invisible le citoyen lambda à opérer des choix très proches des généraux corrupteurs. Leurs comportements ne sont pas passables d’une réponse judiciaire, que vive le général Président, le balourd du bled, le bedeau du village « Oyo la cité éternelle ». Que vivent les godillots du Président !

Vue la sauvagerie tragique du moment où la plupart des Congolais sont frustrés, on a le dérangeant sentiment que les inégalités sur les classes populaires s’accroissent – séparatisme, sécession, individualisme dissolvant. Un Congo en poussière avec des citoyens désassociés, l’ascension des rentiers d’Etat.

Ultra tribalisme fondé sur un culte obsessionnel du régionalisme et de l’ethnicité, effets délétères d’un fascisme triomphant. Crise multiforme, la déstructuration de l’Ẻtat-providence. La domination des faussaires et des spéculateurs, un luxe tapageur qui fait insulte au vivre ensemble, l’éducation, la santé et l’habitat sont vertigineusement discriminants. Tout le peuple est passé au laminoir puisque soumis aux rudes épreuves dans la salissure d’une calomnie. Les lécheurs, ces vils flatteurs, veillent au grain, peut-être des rastaquouères, des petits parvenus étrangers qui étalent une richesse suspecte à la manière des faucons laniers.

Voltaire publie la lettre à d’Alembert, on y trouve une boutade, une malice implacable :

« Tout ira mieux demain, voilà mon espérance. Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion ».

Pauvre Congo ! Ne jetez pas les perles aux pourceaux. Nous ne pouvons. Voilà ce qui peut arriver et ce que l’on ne souhaite pas.

Dina Mahoungou

Ecrivain et journaliste médias

Auteur du roman : « Agonies en Françafrique » aux éditions l’Harmattan

Auteur du recueil de nouvelles : « Les parodies du bonheur » aux éditions Bénévent

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Dina Mahoungou - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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