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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 16:25
(Congo-Brazzaville) Sassou aime ses opposants une fois morts

par Moussa Konaté et Aristide Koné (avec correspondance particulière depuis Brazzaville) -

Sassou fait du copier-coller à l’ex-président centrafricain François Bozizé. Ce dernier avait refusé d’envoyer Ange-Félix Patassé se faire soigner, en Occident, alors que ce dernier livrait une bataille certaine contre la mort. Dans un sursaut de « générosité », lorsque la maladie a bien rongé Ange-Félix Patassé, François Bozizé décide de faire partir son adversaire pour des soins au Cameroun, là où, même, Paul Biya ne daigne se faire consulter, par manque du minimum. Ainsi, par le cynisme de François Bozizé, Ange-Félix Patassé succombe, et toujours, par cynisme, il a droit à des funérailles nationales, de la part de son assassin !

Ce phénomène se reproduit, sous les tropiques, au vu et au su de tous, très près, de la Centrafrique, au Congo-Brazzaville, sans que personne ne s’en émeuve. Depuis deux ans, le jeune Guy Mafimba, proche de l’ancien président de la République, Joachim Yhombi Opango, ne peut rejoindre, sa famille, en France. Par simple décision de Sassou. L’homme qui fait la pluie et le beau temps.

Ensuite, depuis un an, le très célèbre avocat, Me Jean-Martin Mbemba, ancien garde des Sceaux et actuel président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), ne peut pas honorer ses rendez-vous médicaux en France, et, au-delà, de sa personne, aller représenter son pays et son institution, à l’étranger, aux grands rendez-vous institutionnels.

Il y a, aussi, Mathias Dzon, ancien ministre des Finances et chef de file de l’opposition extra-parlementaire, qui ne peut rendre visite aux siens dans l’hexagone, depuis près d’un semestre. Il fut, subitement, interdit d’embarquer à l’aéroport Maya Maya de Brazzaville, fin décembre 2013, sans motif aucun.

Me Maurice Massengo Tiasse, avocat et deuxième personnalité de la CNDH - et c’est connu de tous qu’il est bien souffrant en ce moment – se trouve, lui aussi, dans le même enfer, assigné, à résidence de fait.

Massengo Tiasse, qui est en soins, en France, depuis des mois, était allé, au Congo, en novembre dernier, spécialement, pour enterrer sa mère. Au terme de ce bref séjour, il lui a été signifié, à l’aéroport, au moment du retour, qu’il ne pouvait quitter le territoire congolais pour ... « raisons d’État » !.

De nombreux citoyens et citoyennes sont dans la même situation. Qui sait qu’il lui suffira, peut- être, de se rendre, à l’aéroport, pour se voir signifier l’interdiction de sortie du territoire ? Le premier président de la Cour d’appel de Brazzaville, Mathurin Bayi, et le procureur général, Corneille Mounkala-Moukoko, en ont fait les frais, aussitôt, après le procès de Ntsourou, pour n’avoir pas obéi aux injonctions du pouvoir, tendant à prononcer une lourde condamnation au « pestiféré » colonel Ntsourou, désormais, « deuxième classe ».

Que vise Sassou, s’agissant de ces citoyens ?

Soumettre des citoyens, de son pays, à une telle torture morale et psychologique, dans l’espoir de les voir, un jour, mourir d’AVC ? Aucun être éclairé ne peut répondre, avec précision, à cette question angoissante.

On voit, partout, l’ombre étouffée d’un coup d’état qui serait, en vue, contre Sassou, selon l’entourage de ce dernier. On dit que certains se seraient livrés à un trafic d’armes, dans le but de « déstabiliser les institutions de la République », bien qu’aucune preuve de saisie, même d’une seule arme, ne soit apportée et ce, malgré, l’interpellation musclée et les perquisitions aux domiciles de certaines personnes, aujourd’hui, en détention à la Maison d’arrêt, de Brazzaville ou, hier encore, déportées dans le septentrion congolais, ou encore, décédées, à la suite des tortures policières, le tout, sans faire l’objet d’une procédure judiciaire, tant soit peu légale.

Dans d’autres cas, on insinue que tel dirigeant politique est, « nécessairement », impliqué dans tel autre « complot », en l’occurrence, celui attribué au colonel Ntsourou. Les accusés au procès sur l’affaire des explosions, du 4 mars 2012, ont fait état des tortures atroces, par eux, subies dans le seul but d’impliquer, tel ou tel dirigeant politique de l’opposition ou de l’ethnie téké ou lari, ou même, de la Likouala. On a, spécialement, visé Clément Mierassa, André Okombi Salissa, Mathias Dzon, pasteur Ntoumi, etc.

Rappelez-vous comment Sassou a tenté d’instrumentaliser, la justice, aux fins d’inculper le professeur, Charles Emile Bowao, alors ministre délégué à la Défense, dans l’Affaire du 4 mars. A travers lui, Sassou voulait atteindre les « Katangais ». Mal lui en a pris : Bowao n’est pas né de la dernière pluie. Pendant ce temps, les deux vrais chefs de l’armée, Sassou et son chef d’état major général, Mondjo Richard, n’étaient pas inquiétés.

L’inquiétude, sur la mort, programmée de certains des hommes suscités, ou qui sont, encore, dans l’ombre, est grandissante lorsque, de diverses sources, circulent des propos cyniques attribués au chef de l’État , lequel aurait dit à ceux qui tentent un rapprochement entre lui et eux : « Ne vous inquiétez pas, certains n’en ont plus pour un an, je vous donne six mois pour qu’on n’ en parle plus ; car ils ne tiendront pas, longtemps, sans possibilité, pour eux, d’aller aux soins, à l’étranger » ! D’où les assignations, à résidence, de fait, c’est-à-dire, sans aucun acte administratif ou judiciaire.

Comment peut-on développer, la nécrophilie, à ce point ? Etre jouissif devant le supposé faible état de santé de ceux qui furent vos administrés, même, vos collaborateurs ou alliés, relève d’un état mental inqualifiable. Pourtant, si on peut douter des propos sinistres attribués à Sassou, force est de voir la réalité, en face, et de reconnaître que l’homme peut se le permettre, car un léger retour sur des faits certains enlèvent le doute.

Lorsque la santé de l’ancien président Lissouba s’affaiblit, lourdement, c’est à ce moment et ce moment, seulement, que Sassou s’empresse d’amnistier son adversaire politique, ou, plus précisément, « son ennemi personnel ».

L’ancien maire de la ville de Brazzaville, et ancien premier ministre, Bernard Kolelas, ne retrouve, grâce, aux yeux de l’homme d’Oyo, que lorsque celui-là est atteint de maladie et prêt à mourir - d’ailleurs qui ne se rappelle de la satisfaction de Sassou Nguesso, à prendre, en charge, les frais funéraires de Kolelas ?

Suivant de loin les attitudes calculatrices et nécrophiles de l’actuel chef de l’Etat, Moungounga Nkombo Nguila, ancien membre du Comité central du PCT (Parti congolais du travail) et ancien ministre de Lissouba, et ennemi juré de Sassou, prévient, par voie testamentaire, que son corps n’ira pas, au Congo, tant que Denis Sassou Nguesso est à la tête de ce pays.

Déception alors de celui qui, déjà, faisait des pieds et des mains, auprès de la famille de l’ancien ministre des Finances de Lissouba, afin de lui organiser des funérailles nationales, dans la dynamique de sa « générosité » somme toute nécrophile... Mais le testament de Moungounga enlève, à Sassou, le bonheur et l’occasion d’enterrer l’homme qui l’a, longtemps, fait trembler.

Combien même hué et caillassé, à Pointe-Noire, par les populations, et, particulièrement, par les jeunes, lors des funérailles de Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien numéro deux du PCT, alors que, lui, Sassou, en était le numéro un, le goût, la quête du populisme funéraire ne quittent pas Sassou.

Pendant les funérailles de Charles David Ganao, ancien premier ministre, c’était autour de la nature - eh oui ! dame nature s’en est mêlée - de refuser au tyran, la possibilité de prendre par t aux cérémonies funéraires. Ainsi, un gros nuage ne permit pas l’atterrissage de son avion, dans le fief ancestral de Ganao, à Djambala, en pays téké.

Le tyran est, au fond des âmes bien nées, de plus en plus, indésirable à ces cérémonies funéraires tant recherchées par lui, alors même que le cercle de ses généraux de la première heure, se rétrécit par la mort. Occasionnée ?

Lors des funérailles suivies de près, par Sassou, du général Emmanuel Avoukou, du général Yves Motando, du général Blaise Adoua, et aussi, de l’ancien premier ministre, premier secrétaire du PCT, Ambroise Noumazalayi, que l’on dit, tous empoisonnés par le tyran, on a pu, lorsqu’on a été un peu vigilant, voir une lueur de bonheur dans les yeux de celui qui, par ailleurs, est à tout point de vue, l’assassin du président, Ngouabi, et aussi, du président, Alphonse Massamba Debat, et du cardinal Emile Biayenda, comme cela a été prouvé, à maintes reprises.

Et que dire de la mort inexpliquée, il y a belle lurette, du colonel-ministre, Xavier Katali, lequel, quelque temps, auparavant, s’était, publiquement, opposé à l’envie effrénée de Sassou de, toujours, vouloir danser, uniquement, avec son épouse, lors de cette retrouvaille, de fin d’année, des membres du Bureau Politique du PCT ? Sa dépouille mortelle n’a jamais été remise, à sa famille. C’est, d’ailleurs, à cette occasion, que Sassou a inauguré, à Brazzaville, dans une enceinte militaire, le cimetière des éléphants du PCT !

Flirter avec la mort des proches, semble être un hobby pour ce (mauvais) père de 32 enfants qui n’en a élevé, semble-t-il, qu’un quarteron, pour ne pas, dit-on, développer de l’empathie vis-à-vis des siens, et encore moins, vis-à-vis, des autres. Paradoxalement, lorsque l’aînée de ses enfants est fauchée par la mort, Sassou a semblé souffrir... Ayant, pour tant, goutté à la douleur occasionnée par la perte d’un être proche et cher, il continue, néanmoins, à entretenir son goût à voir les autres souffrir de torture et de maladie, avant de les voir mourir et d’espérer être adulé par les proches des futurs défunts.

Prendre des vies entières en otage, par la seule décision régalienne, est un jeu pour le tyran, il aime ce jeu. Pour exemple : le colonel Jean-Claude Mbango, en détention préventive illégale , est déporté, sans procès, à Impfondo, durant, près de 5 mois ; le commandant Kipindza, lourd diabétique, pourtant, acquitté, lors du procès du 4 mars, a été repris, peu après, en pleine circulation, sous le prétexte de « détention illégale d’armes », et, puis, présenté un matin, à 4 heures, par des hommes armés, à sa famille et à son domicile, tout nu, comme un ver, pour des besoins de « perquisition », avant d’être, à son tour, torturé et déporté, à Ouesso ! Il s’y trouve encore !

Ils sont, comme le très malade, Kakom Blod Bed, lui, « déclaré incendiaire » des explosions du dépôt de munitions d’armes, de Mpila, dans l’Affaire dite du 4 mars, tous envoyés, au mouroir, loin des leurs, loin, de tous témoins, loin, des avocats, loin des grands centres hospitaliers, mais, surtout, hors décision de justice. Et puis, aujourd’hui, leur temps de détention dépasse, de loin, tous délais légaux, puisqu’ils sont programmés, pour la mort.

Pendant ce temps, le colonel Ikonga Akindou, qui a reconnu, avoir bien mis, dans sa poche, les 500 millions de F.CFA (762.000 euros) affectés au déménagement des munitions explosives, vient de sortir de prison, après un an, par décision d’une Cour suprême aux ordres. Le champagne a coulé, à flots, à cette occasion, alors que de milliers de sinistrés, de centaines de citoyens devenus handicapés à vie, sont abandonnés, à eux-mêmes, dans les quartiers. Déjà, l’Union européenne qui a, très majoritairement, financé toutes les opérations de déblaiement et de dépollution des quartiers affectés par l’explosion du dépôt de munitions de Mpila, avait, dans son Rapport final, « déploré la faible participation de l’Etat congolais, au financement direct de ces activités de déblaiement et de dépollution ». Tout se tient.

Tout, récemment, il y a eu le cas du, désormais, soldat deuxième classe, l’ex-colonel Ntsourou, détenu, sans soins, alors qu’il présente une balle, à l’un de ses genoux, logée on ne sait, comment ni quand : car tout le monde a vu le colonel sortir, bien sur pied, de son domicile, lors de sa capture spectaculaire, le 16 décembre 2013. Le soldat Ntsourou mourra, lentement, mais, sûrement. C’est, ainsi, que le veut le tyran.

Que va-t-il faire de l’épouse Ntsourou et de Ruth, leur nièce mineure de 16 ans déscolarisée, qui ont accompagné en prison, malgré elles, le mari et l’oncle ? Du jamais vu, aucun proche de prisonnier n’avait, jusqu’alors, subi une telle aberration.

Enfermée à la Maison d’arrêt, Ruth, selon ses avocats, a dit : « je n’ai rien à faire ici, je veux reprendre mes cours, sortez-moi d’ici ». L’adolescente perd son temps, et ses mots s’adressent, au roi Sassou, qui tente de voir, certainement, cette famille souffrir et mourir pour « l’affront » qui lui aurait été infligé par Marcel Ntsourou. Excusez du peu !

On dit que Sassou veut se maintenir au pouvoir coûte que coûte, malgré les verrous constitutionnels. Certains de ses proches, lui demandent, alors, à cette fin, de changer la constitution, par voie de référendum. Mais par quel procédé ? Car la constitution congolaise, en vigueur, dans son article 86, ne prévoit pas de referendum-plébiscite.

En effet, dans le domaine de la nature du référendum, se pose une question simple, dépourvue d’ambiguïté : le peuple, est-il appelé à voter pour un texte ou en réalité pour un homme ? Dans le cas du Congo-Brazzaville, la réponse, limpide, à cette question, se trouve dans le bimensuel congolais proche du pouvoir, « Le Troubadour ». Dans sa livraison du 7 avril 2014, et dans l’article consacré au « Débat sur le changement de la Constitution de 2002 », cet organe partisan écrit, sous la plume d’Anicet Samba : « Enfin, le débat est porté sur la place publique. Même si le « département » (sic) de la Likouala a été le premier à demander au président de la République de changer la Constitution de 2002 afin de briguer un troisième mandat, il n’en demeure pas moins vrai que le « Niari » (sic) vient de lui voler la vedette ».

Faire un référendum, dans le seul but de régler une difficulté personnelle propre au premier dirigeant actuel du pays, cela s’appelle plébiscite, c’est- à-dire, une véritable déviation du référendum. Et cela ne nous rajeunit pas ; ça nous ramène, bien de siècles, en arrière, au temps des déviations bonapartistes, ou encore, s’agissant de l’Afrique, quelques années, en arrière, avec la tentative de triste mémoire de Mamadou Tandja, ancien président du Niger, qui a fini par être balayé dans les conditions que l’on sait.

Pour son référendum, Sassou a, déjà, fait réaliser un recensement administratif spécial unilatéral, dans lequel, si l’on en croit un dirigeant de l’opposition parlementaire, Pascal Tsaty Mabiala, secrétaire général de l’UPADS (Union panafricaine pour la démocratie sociale), « dans le Nord du pays, des départements ont vu leur population doublée en 6 ans, tandis qu’au Sud du pays, le corps électoral a été minoré » !

Tout cela ne se doit pas, mais si, Sassou y tient pour échapper à la CPI (Cour pénale internationale), à cause du dossier brûlant des disparus du Beach, et de celui, encore, plus chaud, en France, des BMA, (Biens Mal Acquis), cela ne se peut-il sans qu’il ait sous les yeux des mourants programmés par lui ? Il lui faut voir qu’il terrorise le peuple qu’il est censé protéger, pour aboutir à quoi ? Un état d’urgence ? Une guerre civile ? Est-ce à cette fin que le tyran amasse, dans ses deux principales bases de milices privées - Tsambitso et Lifoula - des armes sophistiquées et en très grand nombre ? Est-ce à cette fin que Sassou nous prépare l’arrivée de la secte islamique Boko Haram - celle qui massacre, à Abuja, et au Nord-Cameroun - avec la construction, sous la direction du Qatar, de la « Grande Mosquée d’Afrique Centrale » ?

Un fort besoin de trafic de « générosité » réside en l’homme dont la tenue des funérailles des uns et des autres semble être le secret qui lui permet d’avancer dans sa vie jonchée de cadavres ; car, sinon, comment comprendre que cet homme ait, toujours, dans son viseur, quelqu’un à priver de soins, dans le fol espoir de le voir mourir, au contraire, d’une enfant qui se satisfait du nombre de bonbons collectionnés ?

Le nécrophile-président attend, avec impatience, la mort de l’ancien président, Yhomby, qu’il a, déjà, rendu, totalement, en inactivité, après avoir créé la zizanie, au sein de son parti, le RDD (Rassemblement pour la démocratie et le développement), aujourd’hui, en miettes et après avoir chassé son représentant, du gouvernement, et écrasé, ses candidats, aux législatives, dans ses fiefs électoraux, Owando et Makoua.

Lekoundzou Itihi-Ossetoumba, compagnon, de tous les temps, se meurt, depuis qu’il a osé affronter Sassou, dans sa tentative Anti-Ngouabi, de refondation du PCT. Lekoundzou est, depuis, réduit en état d’inactif. On le dit empoisonné, par le tyran. Mais depuis trois ans, son ex-compagnon de président a reconstruit, « personnellement », sa maison. A quelles fins ? Pour préparer l’emplacement des veillées mortuaires ? Et avec quel argent, même s’il est connu que le tyran gagne, officiellement, 75 millions de F. CFA mensuels (115.000 euros) ?

N’y a-t-il pas, décidément, de témoins aux tentatives de mise à mort, par défaut, de soins, de cadres congolais ? On serait bien tenté de répondre, mais par quelle réponse, lorsque l’on constate que pour des personnalités qui ont eu pour certains, rang de ministre, personne dans l’entourage local et interafricain de Sassou ne tente de mettre fin à ces emprisonnements illégaux, à ces assignations à résidence de fait, à ces empoisonnements, alors qu’un tapage médiatique accompagne chaque action diabolique. Que dire, aussi, des cas d’AVC qui jalonnent les différents chemins des collaborateurs du dictateur ?

L’homme d’Oyo, qui de plus en plus, gère le Congo, à partir de son village, use de son trafic de « générosité » qui s’étend, désormais, au-delà des frontières du Congo.

Quelques 50 à 100 milliards de F CFA aux présidents, Ibrahim Boubacar Keïta, du Mali, Alassane Dramane Ouattara, de Côte d’Ivoire, Mahamadou Issoufou, du Niger, Alpha Condé, de Guinée, aux frais du contribuable congolais. Aux mêmes fins, on a vu certains d’entre eux, se précipiter, en catimini, à Oyo, au 5e anniversaire de la mort de la fille aînée du tyran, alors qu’ils ne l’ont pas connue de son vivant, elle qui est décédée, naturellement, et qui n’a joué aucun rôle au Congo, à la différence de Marien N’Gouabi, assassiné, en plein service et qui est, aujourd’hui, balancé dans les oubliettes ! Pour Sassou, le 14 mars, ce n’est pas le 18 mars !

Dans son rapport final sur l’opération d’ « Evaluation de l’action de déblaiement et de dépollution des quartiers affectés par l’explosion du dépôt de minutions de Mpila, à Brazzaville », la délégation de l’Union européenne rappelle, en page 13, les principaux classements internationaux du Congo-Brazzaville, en ces termes :

« Plus généralement, le rapport 2011 du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) sur le développement humain classe le pays Congo-Brazzaville à la 137ème place sur 187 (occupée par la République démocratique du Congo (RDC). Le pays se classe 144e sur 174 dans l’index de perception de la corruption de Transparency International (la RDC est classée 160 e ). Enfin, le climat des affaires est classé parmi les plus difficiles (la République du Congo est 181 e sur 183 pays dans le classement Doing Business 2011 de la Banque mondiale)

Tout cela a fait écrire au secrétariat national du Parti socialiste français que le Congo de Sassou est « un pays non-démocratique ».

Est-ce pour cacher cette nullité absolue que Sassou s’est lancé dans l’organisation, aux frais de la société, de forums et réunions internationaux ou de médiations internationales ? Il suffit de prendre le miroir de la situation catastrophique, en République centrafricaine (RCA), pour conclure que les forums et les médiations-Sassou, c’est de la poudre aux yeux. Aucun résultat concret.

Après que le gratin de la presse privée libre, indépendante et critique - Radio Forum, la Voix du peuple, le Nouveau Regard, le Glaive, le Trottoir, L’Observateur, la Griffe, la Vérité, Sel et Piment, Talassa, etc. - a été frappé, en l’espace d’un an et demi (mi-2012-2014), d’interdiction d’émettre ou de publier durant des mois, et même, définitivement, pour cause d’ « insolence », il ne reste plus à Sassou qu’à se jeter, corps perdu, dans les bras de ses autres sorciers blancs, diffuseurs de contre-vérités, et qui sucent, à satiété, le lait de ses mamelons - ces propagandistes que sont, aujourd’hui, « Les Dépêches de Brazzaville », « TerrAfrica », ou, qui sera demain, « Africanews ».

Devant ce chaos généralisé, les tenants du « Chemin d’Avenir » nous parlent d’un « Congo émergent »... en 2025 ! Pour en faire la démonstration et dans un pays de forêts, le budget 2014 a, par exemple, prévu une commande, en Europe, de 6000 tables-bancs pour des scolaires congolais qui sont, aujourd’hui, assis à même le sol, et ce, à raison de 100 euros par table-banc ! Ainsi le Congo, « en voie d’émergence », n’a pas, encore, la moindre petite usine pour faire, sur place, la plus élémentaire des transformations de son bois ! La maison Congo se gère comme la case du premier chasseur. Tant que le village compte sur le seul gibier de ce dernier, il sera adulé, sans discernement. Mais les courtisans devraient se ressaisir en se posant la question de savoir, qui sera le prochain sur la liste ?

Des fonctionnaires qui deviennent, de plus en plus, peu consciencieux de leur rôle et qui se contentent de leur rente mensuelle ou hebdomadaire, des collaborateurs du tyran qui contribuent, à coup sûr, au délabrement de leur pays. Chacun ne voit que le remplissage de son « Nguiri » - gros sac d’argent - sans penser que la même machine qui broie les uns, aujourd’hui, peut se retourner, contre eux, demain.

Souvenez-vous que Bernard Kololas faisait partie des proches de Sassou, dans le jeu d’alliance URD-PCT et Apparentés, que Thystère-Tchicaya était son chargé d’idéologie et son numéro deux au PCT, alors que Lekoundzou en était son secrétaire à l’organisation. Sassou, lors de la Conférence nationale, avait le soutien de Lissouba ou vice-versa, ils avaient même arrêté un « programme commun pour gouverner ensemble ». Un peu, auparavant, Yhombi et Sassou étaient les deux têtes de file du Comité militaire du parti, (CMP)... Il viendra le tour d’un autre proche, car les victimes du dictateur ne sont jamais loin de son giron.

Il n’en veut pas qu’aux vivants et futures victimes de son mouroir, Denis Sassou Nguesso est, aussi, l’homme jaloux et envieux de ses illustres défunts prédécesseurs. Il a voulu le Boulevard circulaire Denis Sassou Nguesso qui traverse une bonne partie de la ville, contre une petite avenue qui porte le nom de son mentor, Marien Ngouabi ; le Stade Denis Sassou Nguesso contre le Stade Massamba-Debat - dont il est l’assassin et gardien de ses dépouilles ; la future Université Denis Sassou Nguesso contre l’Université Marien Ngouabi ... Comme il ne peut débaptiser les structures portant les noms de ses prédécesseurs, il ne supporte pas de vivre dans l’ombre des patrimoines qui portent de façon méritée leurs noms... Alors ?

Aucun patrimoine congolais de leur vivant n’a jamais porté les noms de Youlou Fulbert, premier président de la République, de Massamba-Debat, de Marien Ngouabi, de Yhombi-Opango, ni de André Milongo – premier ministre de la transition avec pleins pouvoirs - et encore, moins, de Pascal Lissouba avant dernier président de la République. Les premiers de ces hommes qui ont dirigé, ce pays, n’ont, jamais, non plus, prétendu avoir leur effigie sur les billets de banque, à une époque où Ahidjo du Cameroun et Bongo du Gabon... avaient leurs images sur les leurs. Les époques n’ont pas coïncidé, sinon Sassou ne s’en serait pas privé, tant son ego est surdimensionné. Le baromètre Congo est piètre. On y trouve des gens qui ont fait le choix de la médiocrité au point d’accepter d’être co-auteurs d’assassinats et de meurtres programmés.

Chers mourants, creusez vos tombes, Sassou sera à vos enterrements. Il écoutera, attentivement, l’oraison funèbre. Il déposera son immense couronne de fleurs au bas du cercueil. Il comptera, sur vos proches et amis, pour lui dire toute leur reconnaissance, pour sa présence, à vos obsèques. Il comptera que ces derniers le remercient d’avoir déversé tant d’argent public qu’il mettra à son compte, car ce spécialiste de trafic de générosité, a besoin de vous voir mort, pour s’ériger en homme fort et puissant, devant ceux qui n’ont rien compris à son jeu.

Un dernier conseil, néanmoins, au tyran. Au lieu d’orchestrer l’agitation, dans la presse internationale, notamment, par l’intermédiaire de la barbouze à la réputation internationale bien marquée comme Jean-Yves Ollivier, que Sassou écoute ce conseil d’un de ses rares proches, qui, lui, au moins, est désintéressé, le professeur de médecine, Claude Maylin. Conseiller spécial de Sassou, le professeur a déclaré, le 3 janvier 2014, au cours d’une émission TV à grande écoute : « Personnellement je suggère au président de quitter le pouvoir en 2016 ; c’est la solution idéale, s’il souhaite sor tir par la grande porte.

Qu’il laisse le prochain président revoir la constitution si des modifications s’imposent ».

Alors, mais alors, seulement, les Congolais cesseront de... creuser leurs tombes pour le seul bonheur intense d’un nécrophile-président.

Source : Afrique Education

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N.B. : La photo n'est pas du Magazine Afrique Education. Elle a été ajoutée par nous.

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