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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 16:37
(Congo-Brazzaville) Réponse à M. le ministre Thierry Lézin-Moungalla

by admin brazzanews -

Parmi les innombrables réponses faites à ce ministre des postes et télécommunications chargé des nouvelles technologies de l’information (sic!) nous avons choisi celle à lui faite par notre compatriote Claude Ludovic Mbany pour sa pertinence et sa clairvoyance.

Claude Ludovic Mbany via CURe

A SON EXCELLENCE M. LE MINISTRE THIERRY MOUNGALLA

Votre Excellence Monsieur le ministre Thierry Moungalla, je prends honneur, pour la première fois, de commenter directement sur votre page, des suites de votre interview qui, après lecture assidue, interpelle mon intellect et mon sens du devoir.
Permettez-moi d’abord de vous remercier de nous donner cette tribune d’échange sympathique pour nous accomplir sur des sujets poignants comme l’éventuel changement constitutionnel, et d’avance merci de subir de façon tout à fait démocratique les sanctions de nos critiques expressives constructives, je l’espère !

Monsieur le ministre, d’emblée m’en vais-je vous dire que je serais le plus explicite possible et irais droit au but !

Mais avant, il est important que vous sachiez, M. le ministre, que j’interviens ici comme simple citoyen, que politiquement je ne me considère pas comme opposant — les conditions d’une opposition saine n’étant pas réunies au Congo pour ainsi dire et ainsi s’afficher — mais comme progressiste.
A ce titre, je vous dis tout simplement ce qu’est ma vision sur la question.

Je souligne dans vos réponses relatives au changement constitutionnel des disparités très alarmantes sur certains points, hélas, que je ne pensais pas que vous aborderiez aussi maladroitement, dans votre position. En effet :

1) Internet :
Vous avez déclaré, je cite « Devant sa machine, toute seule, une personne forme un pseudo-collectif des Congolais contre le changement de la constitution » fin de citation.

M. le ministre, vous êtes paradoxalement le ministre des postes et télécommunications en l’exercice actuellement. Je soulignais plus haut que je saluais la tribune que vous nous avez donnée, et cette tribune n’est autre que INTERNET pour vous donner différents points de vue, et c’est par ce même moyen que vous nous informez aussi généreusement de votre récente entrevue.

- Dans un sens, mon analyse est telle que, l’internaute qui donne son opinion « contre le changement de la constitution » ne caresse pas le gouvernement dans le sens du poil, avec lui et selon sa conviction et ses raisons, conscientise certaines personnes qui, à leur tour, s’objectent au changement constitutionnel.
Pour vous, selon ma compréhension, cet internaute n’est pas le bienvenu.

- Dans l’autre sens, celui qui draine aussi à sa façon des foules dans le bon sens du changement constitutionnel, celui-là et ses troupes, sont plus que bienvenus.

Dans ces deux cas, ou dans tous les cas de figure, mais privilégions ici les cas de conscience fondée, celui qui est assis en avant de son ordinateur, comme c’est le cas présentement pour moi, certes, n’est pas plus sage que les sages de Sibiti, selon vos mots et j’en conviens, mais est aussi légitime que tout ce qui se fait et/ou se dit localement, ce qui est tout à fait vrai.
Les raisons de ses publications sur le Net sont aussi fondées que la peur de sévices règne au Congo. Peut-être même que cet internaute publie ses articles localement…
Enfin, moralité de ce point de vue, M. le ministre, et pour votre grand savoir, UN INTERNAUTE N’EST JAMAIS SEUL quand il est assis devant son ordinateur. C’est à cet instant précis qu’il est le plus PUBLIC possible et plus PUISSANT que Président, tout dépend de ce qu’il a à véhiculer.

2) Les sages que vous privilégiez :
Alors, que j’essaie de comprendre, …, sont-ils si heureux de recevoir la mission « municipalisation accélérée », des retombées économiques éphémères qu’ils ont perdu tout sens du devoir, ou ont-ils fini par accepter, à l’usure, que l’appartenance du Congo à un seul homme et sa famille est tout à fait normale ?
Ces fameux sages, je me questionne, en quoi sont-ils sages s’ils ne se souviennent de leur propre enseignement, je cite « Mwana moke abeta mbonda, bakolo mpe babinaka » fin de citation ?

3) C’est ce qui m’emmène à mon POINT DE VUE sur l’éventuel changement constitutionnel :

- En 2009, bien que je n’ai pu être au Congo, ma voix s’élevait à qui voulait l’entendre donnant crédit à notre président de la République lors des présidentielles pour la simple raison que nos fameux opposants remerciés et aigris du pouvoir, ceux-là mêmes qui, jadis, ont soutenu ce pouvoir en place, qui s’y sont enrichis, n’avaient aucune crédibilité à mes yeux.
Mais les conséquences de mon choix ont fini par me rattraper avec la consolidation népotique, despotique et tribale du pouvoir aux antipodes de la logique des valeurs fondamentales d’un vrai État de droit, les enjeux ne sont plus les mêmes. Peut-être avoir agit à juste titre pour le pouvoir, cette consolidation, mais la seule et grande victime, c’est le peuple, toujours le peuple, à commencer par « Tout pour le peuple, rien que pour le peuple », un mensonge à faire vomir, que la classe moyenne disparaît à vue d’œil au Congo, au profit du système érigé.
Et tous les slogans, programmes biennaux, triennaux, quinquennaux et tous les plans d’ajustement structurel (renforcé) que nous avions tant affectionnés, je cite quelques uns :

- Vivre durement aujourd’hui pour vire mieux demain,
- Autosuffisance alimentaire d’ici à l’an 2000, …, Que nous attendons toujours à ce jour, …, la pomme de terre, un luxe pour les familles pauvres, …,
… Que du vent M. le ministre, que du vent !

- Je suis d’avis avec vous, heureusement d’ailleurs, que la Constitution n’est pas une Bible, donc oui, est appelée à être modifiée, selon les contextes, comme vous le mentionnez si bien dans votre interview.
Mais, la question est : Quels sont donc ces contextes qui nécessitent ce changement ?

a) si vous me dites que le mandat présidentiel est ramené à 5 ans, ou mieux encore à 4 ans comme nous le soutenons dans nos textes, oui, on discuterait volontiers là dessus,

b) Si vous parliez de changement constitutionnel en faveur du peuple et de la justice, notamment la séparation des 3 pouvoirs et leur impartialité, le sujet est bienvenu,
…,

- Cependant, il saute aux yeux que le changement constitutionnel que vous envisagez ne vise que la modification des 3 articles contrevenant et interdisant un nouveau mandat au président sortant, pour le reconduire au pouvoir, ce qui est irrespectueux de votre propre vertu car, cette même constitution étant vôtre(2002), et NON du peuple(1992), modifiée par les propres soins du président de la République, serait une très grande offense à la nation. Nous l’avoir IMPOSÉE et nous dire, selon vos mots M. le ministre, « qu’elle ne serait plus contextuelle », c’est INSULTER l’intelligence et le sacrifice des Congolaises et des Congolais qui ont déjà payé de leur vie, M. le ministre, puis-je me permettre car, OUI et en effet, aujourd’hui nous avons gagné notre droit, celui de PARLER.

Oui, changement constitutionnel pourrait-t-il avoir, mais certainement pas souhaitable tel que vous l’espérez !

Pourquoi je tiens cette réflexion ?

Comme vous l’ai-je dit plus haut, je ne suis pas opposant, je ne vous parle pas ici en politique, mais en citoyen, et qu’à un moment électoral donné, j’ai accordé un certain crédit à qui de droit.
Mais de nos jours, le président de République DOIT ADMETTRE que le monde a bien changé, et que les enfants d’hier ne le sont plus aujourd’hui !

Les alliés d’hier non plus ne sont plus les mêmes. Les médias ont changé. La mentalité des Congolaises et des Congolais a évolué à l’ère technologique nouvelle, sont au courant de tout, à l’affût de la moindre information, même si nombreux sont encore sédentaires.

J’ai écouté dernièrement le président sur les ondes d’Euronews sur la question de changement constitutionnel, « je n’ai pas encore pris ma décision » a-t-il dit, fin de citation.

A mon sens, selon mes dispositions, le président de République devait tout simplement préparer sa sortie politique dans le calme pour gagner le RESPECT de son peuple, et encourager la jeunesse montante à se préparer pour la relève.

Je m’explique :

- Quel est réellement le bilan du président de la République depuis qu’il est à la tête de l’État ?
En honnête citoyen, je dirais que le président fait des efforts, de son mieux, pour conduire le Congo vers son émergence, je le reconnais.
Mais plus objectivement parlant, si dois-je comparer ses efforts au nombre de temps passé à gérer la chose publique, son bilan est médiocre.
Alors, dites-moi conséquemment, que feriez-vous en 7 ans de plus ?

Oui, je comprends que si changement se faisait, le peuple, à plate couture ne voterait sûrement pas pour vous, mais que vous gagnerez tout de même, connaissant votre expertise dans le domaine.
A peine 342.000 Km2, des riches à bâtir deux fois Dubaï, vous n’y êtes pas arrivés en plus de 30 ans.
Pourquoi diable devrions-nous vous accorder un autre mandat, même si la constitution venait à être changée en votre faveur ?

Tous mes Respects pour le Président de la République car, il est d’abord notre père. Mais nous savons tous ce qui attend notre président et son entourage politique s’il ne parvenait pas à sécuriser son pouvoir, que l’on ne se cache pas de le dire, mais il devait affronter ses propres démons comme tout le monde pour les avoir semés. Ce faisant, en paix sera-t-il avec lui-même, et peut-être le peuple et le nouveau gouvernement consentiraient à protéger leur président, à régler tous les problèmes à l’interne.
Autrement, vaut-il mieux de DÉFIER le peuple à vouloir A TOUT PRIX modifier cette constitution pour ses propres fins ?
Ne voyez-vous donc pas ce qui se prépare à l’horizon ?
Et vous, M. le ministre et tous les autres, quel est l’état de votre conscience, que vous dit-elle ?
Etes-vous VRAIMENT prêts à assumer cette responsabilité le cas échéant d’un débordement populaire irrécupérable ?
Etes-vous prêts à vous salir à ce point les mains, s’il y a lieu, le moment venu ?

Et là, une autre question me brûle les lèvres :

Et si le peuple s’objectait farouchement au changement constitutionnel à l’instar de « Touche pas à ma Constitution », ou comme le mouvement « Y en a marre » du Sénégal contre le président Wade, que fera notre président ?

Éliminera-t-il son peuple ?

Liquidera-t-il les intellectuels du pays simplement parce qu’ils veulent d’un meilleur Congo ?

NON, « Cela n’arrivera pas », a-t-il déclaré dernièrement, et je l’en remercie !

Je comprendrais qu’il s’en prenne à ses anciens ministres ayant travaillé avec lui et devenus opposants aigris pour ne pas avoir été reconduits ministres, mais PAS à la nouvelle génération de l’âge de ses propres enfants. C’est pour cela que j’insiste et persiste à souligner que NOUS NE SOMMES PLUS LES ENFANTS D’HIER, c’est un fait !

M. le ministre, mon cher ami, je pense que le chef de l’État est fatigué. Il a eu tout le temps nécessaire pour faire ses fautes à lui, et Dieu sait qu’il n’en finit pas d’en faire. Il est temps pour lui de donner la chance à la nouvelle génération de commettre aussi ses fautes, et lui, en grand expérimenté, montre le chemin en acceptant d’être consulté.

Voila M. le ministre Moungalla, mon vieil ami de quartier, ma contribution à ce qui touche la nation, engageant intrinsèquement mon sens patriotique du devoir.

Très cordialement,

Ludovic Mbany

(Congo-Brazzaville) Réponse à M. le ministre Thierry Lézin-Moungalla

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Claude Ludovic Mbany - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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