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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 07:49
Congo-Brazzaville : Opération Mbata ya Bokolo : les non-dits sur l’expulsion des sujets de la RDC « les ex-Faz sur la selette »

by Officiel Brazzanews -

Au-delà d’une simple opération de sécurisation des populations et de lutte contre le grand banditisme entretenu par des « kulunas » qui écument les deux rives du fleuve Congo, l’expulsion des sujets de la RD-Congo serait destinée aux ex-FAZ qui ont prêté main forte à Denis Sassou-N’guesso en 1997. Signes avant coureurs du changement de la constitution ?

Lancée le 3 avril 2014, par le général Jean François Ndengué, l’opération « Mbata Ya Bakolo» (la gifle des aînés), baptisée par les populations de Brazzaville « Opération Mbata ya ba bokilo» (la gifle de la belle famille), continue, malgré gré bon gré, son petit bonhomme de chemin. Enfin ! Les masques commencent à tomber. Il convient de reconnaître que les ex-FAZ (Forces Armées Zaïroises), de feu le maréchal Mobutu, qui avaient trouvé refuge au Congo-Brazzaville, à l’arrivée de l’AFDL de feu Laurent Désiré Kabila, le 17 mai 1997, avaient pris une part active à la guerre du 5 juin 1997 en RC, aux côtés des Forces Armées Angolaises et des combattants de Brazzaville (cobras), la milice de Denis Sassou-N’guesso. Après avoir payé de leur sang pendant cette opération de prise de pouvoir et dans le cadre de la sécurisation du département du Pool et des pays du Niari, acquis a feu Bernard Kolelas et Pascal Lissouba, en 1998, ces supplétifs de la défunte armée zaïroise n’ont pu se faire payer que sur le dos de la bête (le pillage des zones précitées).

DES PROMESSES NON TENUES QUI PEUVENT CONDUIRE A DES REVENDICATIONS

Le défunt colonel Basile Zobi, qui avait en charge la gestion des ex-FAZ et ex-Forces Armées Rwandaises (Hutus), aurait brillé par un « autoritarisme et un gangstérisme » vécu par ces miliciens comme un « esclavagisme ». Dans certains milieux des ex-FAZ on parle des promesses non tenues, notamment, concernant la réinsertion pour certains et des primes non payées, évaluées en millions de Fcfa, pour ceux qui voulaient définitivement quitter le Congo. Abandonnés à leur triste sort, bon nombre d’entre eux, notamment les rwandais ont pu se recaser à travers le petit commerce. En revanche, certains officiers et sous-officiers des ex-FAZ ont préféré quitter le Congo-Brazzaville, d’autres, malheureusement, non !

DES REUNIONS SECRETES

Selon certaines rumeurs, des ex-FAZ en situation de précarité avancée auraient souvent tenu des réunions secrètes à Brazzaville pour fustiger l’ingratitude de leurs frères d’armes. Une rumeur qui se serait invitée dans les réseaux d’informations des faiseurs de fiches qui émargent auprès des services de sécurité à Brazzaville. « Si donc la dangerosité des ex-Forces Armées rwandaises est considérée infime, eu égard au pont diplomatique et politique qui relie Brazzaville à Kigali, il s’est avéré que celle des ex-Forces Armées Zaïroises l’était plus », confie, une source sécuritaire proche du dossier.

DES EX-FAZ QUI POURRAIENT ETRE RECUPERES PAR LES OPPOSANTS RADICAUX

Il se pourrait, spécule un analyste politique, que le changement de la constitution qui pourrait intervenir au cours du premier trimestre de 2015 soit le leitmotiv réel de cette opération « Mbata Ya Ba Bokilo ». Selon certaines indiscrétions, les « sécurocrates » de Brazzaville auraient supposé que ces ex-FAZ, aujourd’hui remontés contre les tenanciers du pouvoir, pourraient être récupérés par les opposants radicaux. Pour cela, une extrapolation aurait même déjà été faite, présentant, tantôt Mathias Dzon, tantôt Clément Mierassa, tantôt Okombi Salissa, comme étant les cerveaux moteurs d’une opération de recrutement de ces ex-FAZ voire d’une certaine racaille qui infeste les milieux congolais de la RDC à Brazzaville. Les proches de ces trois opposants jurent la main sur le cœur que leurs leaders mènent un combat politique propre, et que les « élucubrations des petits faiseurs de fiches de Brazzaville, relèvent du fantasme voire d’une opération visant à les museler pendant leur campagne contre le changement de la constitution ».

Ce serait donc pour des raisons sécuritaires de plus haut niveau, et non seulement à cause des « kulunas », que l’expulsion des sujets de la RDC a été initiée. Pourquoi insinuer un contrôle des étrangers au Congo lorsque des sujets ouest-africains, libanais, centrafricains, camerounais et autres ne font pas l’objet d’une reconduction à la frontière autant que nos voisins de la RDC ? S’interroge un colonel, et pas des moindres, qui a requis l’anonymat. « Il s’agit ni plus ni moins que d’une opération dont le but est le rapatriement des ex-FAZ et de certains congolais de la RDC à l’approche du changement de la Constitution », affirme sans sourciller une source proche du dossier. L’information sur la dangerosité des ex-FAZ et des « kulunas » est d’autant plus prise au sérieux depuis qu’André Okombi Salissa menace de faire son come back à Brazzaville. Les services de sécurité le verraient, tantôt en compagnie d’un officier supérieur des ex-FAZ à Kinshasa, tantôt avec un officier supérieur des Forces Armées Angolaises à Luanda ou encore avec les supplétifs de son ex Front 400. Info ou intox ? Toujours est-il que l’ex-ministre de l’enseignement technique et professionnel de Denis Sassou-N’guesso donnerait, aux dires des fins limiers sécuritaires à Brazzaville, des crises d’urticaire aux « sécurocrates » du pouvoir, lesquels n’hésitent pas à affirmer : « nous avons réussi à régler le cas Ntsourou, il nous reste ce pied nickelé d’Okombi. S’il est un homme, qu’il vienne avec ses zaïrois ».

L’INQUIETUDE EST A SON COMBLE AU HCR, TANDIS QUE KINSHASA REDOUBLE DE VIGILANCE

Est-ce vrai qu’au cours de cette opération, les ex-FAZ ont été véritablement expulsés ? Selon certaines confidences, il se dit, sans preuves, que des ex-FAZ et combattants du MLC de Jean Pierre Mbemba, auraient été manu militari reconduits à la frontière. D’autres, de peur d’être jetés en pâture entre les mains des « kabilistes » à Kinshasa, seraient en cavale, dans les forêts environnantes de la capitale congolaise. Quelques villageois interrogés par nos soins disent ne rien constater d’anormal dans les mouvements des populations, jusqu’aux dernières nouvelles faisant état d’une fusillade entre des sujets RDC et des éléments de la police congolaise à Owando.

Tout au moins, l’inquiétude est à son comble dans les deux représentations du Haut Commissariat des Refugiés (HCR), aussi bien à Brazzaville qu’à Kinshasa. Comment des congolais de la RDC bénéficiant du statut de réfugié politique ont-ils pu être expulsés sans la protection du HCR ? S’interroge-t-on dans les milieux du système des Nations Unies au Congo. Selon une source du HCR à Brazzaville : « ce sont des ex-FAZ qui ne bénéficient plus de ce statut qui ont été vraisemblablement rapatriés ». Une simple esquive ou justification lorsqu’on sait que cette organisation du système des Nations Unies a déjà brillé, par le passé, par une incompétence notoire dans le rapatriement de plus de 300 personnes portées disparues entre le Beach de Kinshasa et leur domicile de Brazzaville ? A Kinshasa, les autorités sont sur le qui-vive. Elles redoublent de vigilance avec l’arrivée des « kulunas » et, surtout, des ex-Faz, auxquels se seraient ajoutés les miliciens du MLC de Jean Pierre Mbemba en provenance de Brazzaville. En effet, pour leur part, les services de sécurité de la RDC soupçonnent Brazzaville « de favoriser l’infiltration des ex-miliciens hostiles au régime de Kinshasa avec pour réelle intention la déstabilisation du régime Kabila à court terme ».

C’est un secret de polichinelle que Kinshasa a toujours pointé un doigt accusateur sur Brazzaville, présentée comme « l’épicentre des comploteurs contre le régime de Joseph Kabila ». Comme si cela ne suffisait pas, à la tension entre Brazzaville et Kinshasa se serait invité le froid entre Brazzaville et Luanda. A en croire la lettre du continent n°681 du 30 avril 2014 : « La visite d’Etat que devait effectuer Denis Sassou-N’guesso en Angola, le 23 avril, a tourné court. Luanda a décidé de la reporter sine die. Quelques jours auparavant, Edouardo Dos Santos, dit Zedu, recevait pourtant le tchadien Idriss Deby en séance de travail. Ce report répondait au mécontentement suscité à Luanda par les expulsions de ressortissants du Congo Kinshasa menées par Brazzaville depuis début avril. Dos Santos et son homologue Joseph Kabila se seraient entretenus sur cette question lors d’un entretien téléphonique ». La tension entre Kinshasa et Brazzaville est d’autant plus agaçante que cette dernière a accepté d’accorder sur son sol, le jour de sa libération, l’asile politique à Jean Pierre Mbemba, l’ancien belligérant de Joseph Kabila. Ce qui ajoute à nouveau aux suspicions.

Ernest KINZON

(Source : brazzanews)

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Ernest kinzon - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso

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