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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 12:25
(Congo-Brazzaville) 0 ans après, Sassou, Bouya et Oba, nous auraient-ils rejoué l’arnaque des avions renifleurs avec ASPERBAS ?

par Rigobert Ossebi -

ASPERBAS est une société brésilienne qui était d’abord spécialisée dans la fabrication de tuyaux pour l’irrigation. Puis elle a évolué dans la construction de bâtiments industriels en s’internationalisant principalement en Afrique ; d’abord en Angola, puis au Congo Brazzaville. Dans notre pays, elle s’est vue confier dans la périphérie nord de Brazzaville, à 40km de la nationale N°2, la réalisation de la zone industrielle et commerciale de Maloukou. Cette zone de 16 usines devrait être construite pour un très modique montant de 500 millions de dollars et terminée en 2014 (5 usines seulement ont été livrées en février 2014).

Le sponsor d’ASPERBAS au Congo, dans le sens saoudien du terme, est Maxime Gandzion. On sait également que ce dernier apparait dans l’affaire des cargaisons de pétrole accordées à GUNVOR par son beau-neveu Kiki, (chef du clan des Mapapa), véritable patron de la SNPC et propriétaire de droit divin du pétrole congolais. Or il se trouvait que ce contrat obligeait le Trader russe à un préfinancement de 500 millions de dollars (c’est-à-dire que Gunvor avait versé à SNPC-Kiki 500 millions de dollars en acompte).

Ce qui est absolument curieux, c’est que la Banque BNP Paribas de Genève qui domiciliait cette opération de près de 2 milliards de dollars, avait affirmé aux enquêteurs et journalistes que ce préfinancement était destiné au partenaire brésilien en charge de la construction d’une zone industrielle au Congo : ASPERBAS. Ainsi donc, ce bien heureux fournisseur lusophone du Congo aurait reçu en 2010 la couverture totale des travaux qu’il allait réaliser au Congo ( et qui ne sont pas encore terminés !). La Justice suisse a 10 ans pour statuer sur cette affaire. Il est bien connu que les Suisses prennent leur temps et réalisent les meilleures montres. Encore un peu de patience et nous saurons tout de ce montage des « Mapapa » !

La plupart de nos lecteurs n’étaient pas nés, lorsque l’affaire des avions renifleurs avaient éclaté en France. Révélée par le Canard Enchainé en 1983, c’est une escroquerie politico-financière qui s’était déroulée entre 1975 et 1979 au détriment de la société ELF. Deux personnages Aldo Bonassoli, un agriculteur italien autodidacte et Alain De Villegas, un aristocrate belge, sont à l’origine d’une pseudo-invention et d’un appareil censé restituer sur un écran la composition du sous-sol. Embarqué dans un avion, ce système, devait déterminer l’emplacement de gisements de pétrole. Au total, 100 milliards de FCFA, furent engagés à l’époque (700 à 800 millions d’euros d’aujourd’hui). (Pour en savoir plus http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_avions_renifleurs ).

Curieusement la société brésilienne spécialisée dans les tuyaux d’irrigation et de bâtiments industriels s’est vue confier, par notre tout puissant et imposant Bouya national, un projet de cartographie géologique, prospection minière et géophysique pour un montant de 200 millions de dollars (100 milliards de FCFA).

« La cérémonie de lancement du projet de cartographie géologique, prospection minière et géophysique s’était déroulée le 1er août 2012 à Brazzaville, sous le patronage du ministre des mines et de la géologie, Pierre OBA, en présence de ses collègues Raphaël LOEMBA, des hydrocarbures, Raymond Zéphirin MBOULOU, de l’intérieur et de la décentralisation, Bruno Jean Richard ITOUA, de la recherche scientifique, du ministre délégué, délégué général aux grands travaux, Jean Jacques BOUYA et des responsables de la société brésilienne ASPERBRAS en charge de la mise en œuvre du projet.

ll s’inscrit dans la perspective de la réforme du secteur minier et du développement durable, afin de concilier les opportunités économiques de l’exploitation minière à celles de la création d’emplois.

Le projet de cartographie géologique, prospection minière et géophysique qui va être réalisé par la Société ASPERBRAS, comprend huit volets, à savoir : la géophysique aéroportée avec 4 aéronefs dont 3 sont déjà opérationnels ; la cartographie géologique avec une production des cartes couleur aux échelles de 1/ 200 000 à 1/100 000 ainsi que des cartes de synthèse régionales à 1/ 500 000 ; l’inventaire minier et prospection des ressources minérales et des matériaux ; la mise en place d’un système d’information géologique et minière qui constitue le support organisationnel de l’ensemble des données compilées et acquises dans le cadre de ce projet ; la reconstitution du fonds documentaire du Ministère des mines et de la géologie ; l’achèvement des travaux de construction du laboratoire de Litholamélage et d’une chaîne de broyage des échantillons de roches au sein du CRGM (centre de recherche en géologie minérale) à Djiri ; la formation et le transfert des compétences ; l’acquisition des équipements technologique du CRGM et du BEEC »

Pour nous rassurer sur tout ce bla-bla destiné à étoffer une proposition curieuse (comme « la reconstitution du fonds documentaire du Ministère…. ; l’achèvement des travaux de construction du laboratoire de Litholamélage…… »), sur le site des Grands Travaux, on peut lire : « Le projet sera réalisé à hauteur de deux cents millions (200.000.000) de dollars, pour un délai d’exécution estimé à douze (12) mois. Il sera suivi et contrôlé par un ingénieur Conseil. » (sic)

Sans mettre cette affaire au même niveau que l’escroquerie « des avions renifleurs », nous étions quelques-uns à être effarés par la légèreté des sieurs Bouya, Oba et Sassou pour avoir confié, pour un montant pharamineux et pour une prétendue technique de géophysique aéroportée, pareille étude à une société (ASPERBAS) qui n’est pas du tout réputée en la matière…. !

Il y a quelques jours, on apprenait que le Tchad avait attribué la réalisation d’un inventaire minier au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le service géologique national français. Le projet, d’un montant total de 20,6 millions d’euros, porte sur les régions du Wadi Fira et de l’Enedi dans l’est du pays. Il devrait durer trois ans et demi. (BRGM en matière de recherche minière c’est du sérieux, force est de le reconnaître… !)

Dans son communiqué, le BRGM souligne que ce projet répond au désir du gouvernement tchadien de « disposer de données géologiques fiables et de relancer les activités géologiques et minières dans le pays« . En effet, « le sous-sol du Tchad, dont la géologie et le patrimoine minéral sont encore en grande partie méconnus, constitue un potentiel important », poursuit l’établissement public, placé sous la tutelle des ministères français de l’Économie et de l’Énergie. La nouvelle mission du BRGM permettra au pays « d’acquérir une bonne connaissance du sous-sol du territoire national et de pouvoir, dans un proche avenir, proposer des cibles aux investisseurs privés ou institutionnels« , à qui il reviendra par la suite de faire l’évaluation et d’assurer le développement de ces ressources.

Le Tchad qui figure pourtant parmi les pays les plus corrompus au monde, sur ce dossier d’études géologiques, semble nous faire passer pour des irresponsables, tout au moins les signataires de ce curieux et couteux contrat !

ASPERBAS a normalement terminé son travail qui devait durer un an et qui a coûté 100 milliards de FCFA. Celui du BRGM au Tchad va coûter 26 milliards de FCFA pour durer trois ans et demi. Mais comparons ce qui est comparable. Pour cela, il serait intéressant que les sieurs Bouya, Oba et Sassou nous montrent un peu à quoi ont réellement servis les 100 milliards donnés aux Brésiliens et qu’ils nous rassurent bien que ce n’est pas la farce des avions renifleurs qui nous a été jouée trente années après… !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

(Congo-Brazzaville) 0 ans après, Sassou, Bouya et Oba, nous auraient-ils rejoué l’arnaque des avions renifleurs avec ASPERBAS ?

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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