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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 10:52
(Congo-Brazzaville) Vox populi : Nguesso santo subito

par Moléki nzéla

Ce 27 avril 2014, sur la place Saint-Pierre de Rome, le pape François canonise les papes Jean XXIII et Jean Paul II. Ces deux-là entreront à partir d'aujourd'hui dans le monde des saints de l’Eglise catholique romaine.

Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de là, dans notre cher et beau pays le Congo, un débat plus terre à terre et qui ne concerne que le monde des mortels agite le microcosme. Il s’agit de ce qu’on appelle sur la rive droite du fleuve Congo le « débat sur la Constitution de 2002 ». En fait de débat sur la Constitution, il serait plus juste de parler de la volonté affirmée d’un homme, en l’occurrence M. Sassou Nguesso, chef de l’Etat autoproclamé la dernière fois en 1997, après une guerre sanglante, de mourir au pouvoir.

En effet, si aujourd’hui de l’encre et de la salive coulent sur le sujet, ce n’est pas parce que la modification de la Constitution serait une préoccupation majeure du peuple congolais, lequel continue de lutter quotidiennement pour sa survie, mais parce qu’un homme dans ce pays, un seul, veut faire sauter un verrou qu’il avait lui-même mis en place il y a quelques années, autant pour barrer la route à ses adversaires que pour essayer de rassurer l’opinion sur le caractère démocratique de son régime politique. Comme ce verrou ne l'arrange plus en prévision de l'élection présidentielle de 2016 au cours de laquelle il veut bien entendu se présenter, il suscite ce débat artificiel.

Santo subito ! « Canonisez-le tout de suite ! », avait crié la foule massée place Saint-Pierre à Rome à la mort de Jean Paul II pour demander qu'on le sanctifie tout de suite.

De la même façon « Mwinda » serait tenté de réclamer que Sassou soit " sanctifié " tout de suite, histoire de préserver la paix chèrement acquise dans le pays, comme l’a théorisé la propagande du régime.

Dans cette quête, nous ne serions pas seuls.

Théophile Obenga, du haut de sa chaire d’égyptologie, l’a professé : il n’y a personne d’autre dans le pays pour prendre la place du grand homme, a-t-il observé. Il a regardé et il n’a vu aucun autre soldat (puisque selon lui, le pouvoir serait une affaire de soldats) à part lui, susceptible de nous préserver des coups d’Etat.

Bienvenu Okiemy, ci-devant ministre du gouvernement, fort de ses compétences juridiques, a embouché la trompette expliquant que la Constitution est un texte « dynamique ». Affirmation paradoxale et peu convaincante en l'espèce car le prétendu dynamisme n'est motivé que dans un seul but : l’immobilisme et le conservatisme mais surtout le refus de l’alternance, une attitude condamnée par la Charte africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance de 2007, un texte que Sassou s’est toujours bien gardé, sauf erreur, de ratifier. Un signe !

Modeste et humble comme toujours, Monsieur Sassou l’a lui-même également expliqué, en langue mbochi, lors de sa réunion avec les « sages » des environs d’Oyo : il n y a personne à « Nguélé » (Brazzaville) qui menacerait son pouvoir d’ores et déjà pris dans un filet, a-t-il dit. (lire notre article à ce sujet) De surcroît, il n’est pas fatigué. Il viendra le leur dire à eux, les « sages », quand il le sera. Ce n’est pas encore le cas aujourd’hui…

Pierre Mabiala et Justin Koumba, en griots émérites, ont de leur côté expliqué urbi et orbi que le Niari réclamait à cor et à cri le changement de Constitution, entendez que Sassou meure au pouvoir.

D’autres départements du pays vont sans doute suivre et parmi eux, le Pool. Isidore Mvouba et Claude Alphonse N’Silou, courageux mais pas téméraires, l’ont déjà réclamé à demi-mots. Hellot Mampouya et Kolelas fils sont sur les starting block et brûlent d’impatience de faire la même annonce synonyme de reconduction à leurs postes respectifs, car c’est cela aussi l’enjeu.

Au Kouilou et dans la Bouenza les hommes et femmes de paille (Claudine Munari ?) du régime ne tarderont pas non plus à sortir du bois.

Dans la Lékoumou, l’opération passera comme une lettre à la poste. Faisons confiance au savoir-faire en la matière de Moungalla.

Dans le nord du pays, la question ne se pose même pas.

Il n’y a guère que dans les Plateaux où, à part Ngouélondélé fils (et peut-être son père), Pierre Ngolo et Obami Itou, lesquels devraient se faire le porte-parole des « sages » de cette contrée, il ne devrait pas y avoir grand-monde pour lancer un appel de soutien à la présidence à vie de la famille Nguesso. L’affaire Ntsourou y a laissé des traces.

Même l’armée, réduite au rôle de porteur d'eau, de faire valoir ou d’institution croupion devrait se mettre au pas, ses officiers les plus valeureux ayant tu leurs ambitions de carrière politique, attendant sagement leur lucrative retraite, si possible au grade de général.

Dans ces conditions, pourquoi alors divertir les populations avec ce faux « débat sur la Constitution » qui se réduit, comme on l’a déjà dit, à la volonté d'un homme, Sassou, de régner ad vitam aeternam, plutôt de mourir au pouvoir ?

A défaut d'en faire un saint, proclamons donc Sassou roi tout de suite. Cela nous éviterait un inutile " débat " dont on connaît déjà l'issue. Puisqu’après lui c’est le déluge, puisqu’il est indispensable, puisque l’alternance est un danger mortel pour le pays, puisque le pouvoir ne doit pas quitter les rives de l’Alima et la Cuvette centrale, puisque le pouvoir est pris comme il l'a dit lui-même à Oyo-Edou " dans un filet " tel un animal, décrétons tout de suite que Sassou est un monarque de droit divin, que le Congo est un royaume, une monarchie, qu’après Denis, Christel Nguesso doit prendre les commandes du pays. Cela nous évitera à l’avenir de nous déchirer sur ce sujet et surtout, la paix sera éternellement préservée.

Donc Sassou Nguesso, santo subito. Dixit la vox populi.

(Extrait de Mwindapress)

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Moleki Nzela - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso

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