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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 15:34
(Congo-Brazzaville) Proust Michel Toko contre la révision de la Constitution de 2002

Proust michel toko ancien candidat aux legislatives « c’est apres 2016 qu’il faut voir l’opportunite de changer la constitution »by Officiel Brazzanews

Ces derniers temps, au Congo, le débat se focalise sur le changement ou la modification de la constitution du 20 janvier 2002, actuellement en vigueur. C’est un débat qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, aussi bien dans les états-majors politiques que dans la société civile. Michel Proust Toko, politologue, ancien candidat aux législatives à Pointe-Noire, membre du R.d.p.s (Rassemblement pour la démocratie et le progrès social), parti proche de la majorité présidentielle, n’est pas resté en marge de ce débat.

Dans l’entretien à bâtons rompus que nous avons eu avec lui, il donne son point de vue dans ce débat. «Si c’est après 2016 qu’il faut voir l’opportunité de changer la constitution, eh bien, on le fera. Mais, pour l’instant, il n’est pas opportun de le faire», estime-t-il. Entretien.

* Monsieur Toko, aujourd’hui, le débat politique s’articule autour de la révision ou du changement de la constitution. Quel est votre point de vue sur ce sujet?

** Mon point de vue à ce sujet est assez mitigé. Pourquoi je le dis? Nous avons une constitution, semble-t-il, voulue par le plus grand nombre de la population, au sortir de la guerre de 1997. Avant, nous avions la constitution de 1992 dont on disait qu’elle était bien. Et puis, on n’a préféré celle de 2002. Cette constitution semble bien marcher jusqu’à maintenant, parce qu’élaborée par d’éminents intellectuels. Aujour-d’hui, on est en train de nous dire que le peuple a envie de changer de constitution. Vous savez, tout le monde parle au nom du peuple, comme le disait Franklin Boukaka, en lingala: «Ba voti, tango ékomaka, ngai na komi moto, po na bango». Cela se traduit, littéralement: «Quand les votes arrivent, moi je suis devenu important, pour eux».

Mais, en dehors des périodes de votes, personne ne se soucie de ce peuple-là. Aujour-d’hui, on est en train de dire que le peuple, dans son entièreté, veut du changement de la constitution. Personnellement, si on peut changer de constitution, on en changera cinquante. Tant qu’on ne commencera pas par respecter la première, on continuera à changer toutes les constitutions possibles. Le but n’est pas seulement de changer pour changer, mais c’est de respecter celle que nous avons, maintenant. Est-ce que nous la respectons? Voilà pourquoi je disais que mon point de vue est mitigé.

Le problème ne devrait pas se poser, maintenant. Si c’est après 2016 qu’il faut voir l’opportunité de changer la constitution, eh bien, on le fera. Mais, pour l’instant, il n’est pas opportun de le faire. Monsieur le journaliste, personne n’a jamais souhaité la mort de quelqu’un, mais à supposer qu’un jour, notre président, en dormant, n’a pu se réveiller, le lendemain, est-ce que vous direz que la République va s’arrêter?

Non, il y a des mécanismes prévus, pour que l’Etat soit une continuité. Moi, j’ai commencé à faire une chose, mais le temps arrive qu’il faille donner le relais à un autre, pour qu’il le fasse. Les réalisations que fait le président de la République sont visibles. Mais, quand l’heure arrivera, qu’il arrête, une autre personne va le faire.

Ce sera à son avantage, parce que tout ce qui aura été fait, ce n’est que le prolongement de ce que lui a commencé. Voilà comment on peut pérenniser un homme. Et à ce moment-là, on dira: «Gloire immortelle au président Denis Sassou Nguesso», parce qu’il avait tellement bien commencé que les autres n’ont fait que suivre ce qu’il avait démarré. On n’a jamais dit que celui qui commence doit finir, sinon que le très jeune président américain, Bill Cliton, l’un des meilleurs présidents sur le plan économique que les Américains aient connus, n’est pas resté au pouvoir, après deux mandats.
* Les sages de la Likouala, par la voix de leur préfet, ont dit oui au changement de la constitution. Ceux du Niari, par l’entremise de Justin Koumba, président de l’assemblée nationale, et Pierre Mabiala, ministre des affaires foncières et du domaine public, ont emboîté le pas. Quel est votre commentaire?

** Vous avez dit sages? Je ne sais pas quelle définition le dictionnaire donne du mot sage, et quelle définition le politique donne du sage. Pour moi, le sage, ce n’est pas celui qui attise le feu. Le sage, pour moi, est celui qui essaie d’arrondir les angles, pour bien voir. Pourquoi les sages sont-ils en train d’aller au-devant, en demandant au président de la République de se représenter? Il n’y a aucune disposition, dans notre constitution d’aujourd’hui, qui dit que quand nous n’arrivons pas à régler un problème, il faut faire recours aux sages. Encore que ces sages doivent être les mêmes, de tout temps.

Il ne faudrait pas que ça soit des sages coloriés, qu’aujourd’hui, sous tel régime, nous avons tels sages, et sous tel autre régime, nous aurons tels autres sages. Les sages doivent demeurer les mêmes dans la société. L’Afrique du Sud, qui a plus de trente millions d’habitants, a un collège de sages de cinquante personnes. Le Congo, qui a moins de quatre millions d’habitants, a des milliers de sages. Au Congo, il suffit d’être âgé, pour se dire sage. Il faut se gêner pour se proclamer sage.

* Vous avez lamentablement échoué aux dernières élections législatives, dans la deuxième circonscription de Tié-Tié, à Pointe-Noire. Seriez-vous candidat aux futures élections locales, qui pointent à l’horizon, même si la date n’est pas encore fixée?

** La politique, pour moi, est un sacerdoce. Je ne suis pas un opportuniste. Je suis en train de faire la politique, parce que je pense que j’ai quelque chose à donner, un point de vue à émettre. Mais, je n’ai aucune tribune. Donc, je ne peux pas parler, parce que je n’ai aucun mandat. Voilà, je suis allé à la législature, ça n’a pas marché. Je suis allé au sénatorial, là aussi, ça n’a pas marché. Je vais essayer d’aller aux locales. Si on peut apporter quelque chose, voilà des fenêtres qui s’ouvrent, pour lesquelles nous aussi, nous voulons apporter notre expertise, afin que le Congo aille mieux.

* Malgré ces multiples échecs, n’êtes-vous pas un homme déçu politiquement?
** Non! Politiquement, je ne suis pas un homme déçu. Je suis déçu du système qui applique la politique de notre pays. Mais, je ne peux pas être déçu de la politique. En amont, je vous ai dit que la politique est un engagement qu’on prend, il faut savoir où l’on va et qu’est-ce qu’on peut apporter, pour le bien-être des populations. Si vous n’avez aucun schéma, ne faites pas la politique, faites autre chose qui répond à vos aptitudes. La chose publique m’intéresse, parce que je pense que nous, les jeunes, nous ne sommes pas obligés d’être parrainés par des gens. On n’arrive pas à assumer notre identité autant culturelle que politique, ça me choque.

* Vous êtes au R.d.p.s, parti proche de la majorité présidentielle. Vos opinions semblent être celles de l’opposition. N’êtes-vous pas en contradiction avec votre parti?
** Je ne suis aucunement en contradiction avec mon parti. Est-ce qu’on vous a dit que quand vous arrivez dans un parti, si on vous montre un tableau qui est bleu et qu’on vous dise qu’il est rouge, il faut, immédiatement, dire qu’il est rouge? Avant que je ne sois au R.d.p.s, je suis un citoyen, cadre intellectuel. Je raisonne et fais des analyses. Je vais vous prendre un exemple, parce que nous aimons copier la France, l’actuel premier ministre français, Manuel Valls, est bien au Parti socialiste, mais il apporte des réformes au sein du Parti socialiste et il y a même des mécontents qui s’y opposent.

Si vous n’êtes pas habitué au changement, ça fait toujours mal. On ne peut pas écouter un seul son, tous les temps. Au début des années 90, les Congolais étaient en allégresse, parce que nous rentrions dans l’ère de la démocratie. Mais, aujourd’hui, quand vous regardez le schéma, c’est que tout le monde veut repartir au monopartisme. Mais ça, on ne veut pas le dire. On veut que ça soit la pensée unique, mais ça, personne n’ose le déclarer haut et fort. Je suis militant du R.d.p.s, j’ai mes convictions et j’apporte le tonus qu’il faut au débat. Le parti a été créé il y a trente ans, par le président Jean-Pierre Thystère-Tchicaya. Mais aujourd’hui, il y a d’autres forces qui s’imbriquent. Du coup, l’analyse doit aussi être faite différemment qu’il y a trente ans.

Source : Semaine Africaine

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Proust Michel Toko - dans Congo-Brazzaville

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