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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 09:30
[Congo-Brazzaville] Manoeuvres du pouvoir pour que Sassou meure au pouvoir

Écrit par Lu pour vous -

« Manœuvres du pouvoir pour que Sassou meure au pouvoir ». Il ne s’agit pas de faire la rime mais des grandes manœuvres lancées par le pouvoir du PCT pour enfumer la population congolaise afin que Sassou demeure coûte que coûte au pouvoir en modifiant la Constitution.

Les mêmes qui expliquaient il y a quelques années, lors de l’adoption de l’actuelle Constitution que la démocratie moderne obligeait la limitation des mandats présidentiels (ainsi que le recommande la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, laquelle interdit aux dirigeants africains de modifier les textes fondamentaux à seule fin de s’éterniser au pouvoir) nous expliquent à présent que le peuple est souverain, que la limitation des mandats est antidémocratique, etc.

Dans l’opération modification de la Constitution, contrairement à ce que Sassou laisse apparaître, comme à Dolisie il y a quelques jours (lire plus bas), il est en première ligne pour pousser les responsables politiques du Sud du pays à crier les premiers, haut et fort sur les toits, qu’ils veulent que Sassou le nordiste, meure au pouvoir. Le but de la manœuvre : humilier bien entendu le sud du pays et laisser croire que le projet que Sassou meure au pouvoir n’est pas seulement un projet nordiste, mais aussi et surtout celui des « gens du sud » et donc de tout un pays, « debout comme un seul homme ».

Sassou a déjà utilisé à plusieurs reprises cette stratégie qui consiste à se servir, mieux à manipuler comme des pions, contre espèces sonnantes et trébuchantes des hommes originaires du sud pour servir ses desseins.

La dernière fois qu’il aurait employé cette manœuvre, ce serait lors du procès des explosions du 4 mars.

Préparant ledit procès dans son palais il aurait demandé qu’on lui recherche des magistrats originaires du sud susceptibles d'y siéger.

C'est ainsi qu'on lui aurait proposé quelques noms dont celui, dont dit-on, du futur Procureur. Il aurait demandé à recevoir ce dernier, ce qui fut fait. A celui-ci on expliqua qu’il devait requérir 15 ans de prison à l’encontre de Ntsourou.

Hélas le magistrat se montra moins malléable que prévu. S'emparant du dossier, après enquête puis au fil des débats, il se rendit compte que celui-ci n'était fait que de bric et broc, tout ce que que dans le jargon du métier on qualifie de " dossier friable ". Le magistrat se retrouvait dès lors devant sa conscience. Courageux, il fit triompher le droit et requis l’acquittement du principal prévenu, à l’encontre des ordres reçus. Grande fureur au palais face à cette « traitrise ». Résultat des courses : le magistrat fut frappé au portefeuille et en serait réduit aujourd’hui à vivre sans salaire…

De la même façon qu’a été poussé un homme du sud du pays dans ce procès pour lui donner l’apparence de l’objectivité, de la même façon on pousse les Justin Koumba, Pierre Mabiala et autres hères sans autre personnalité que celui de nourrir leur progéniture, à réclamer les premiers à cor et à cri que Sassou meure au pouvoir. Et cela, sont-ils priés de dire, non pas en leur propre nom ou au nom de leurs propres intérêts, mais au nom de leurs régions ou départements respectifs ! (1)

Mais en toute chose il y a une forme de justice : visiblement les hommes qu’utilisent Sassou pour servir ses desseins soit se rebiffent pour certains (l'exemple du magistrat), soit ils sont loin d'être des lumières pour d'autres, à moins qu'ils ne soient aveuglés par leur excès de zèle. En tout cas cela ne va pas sans couacs.

En témoignent les reportages et articles ci-dessous de notre confrère « La Semaine africaine » sur le sujet. A lire.

(1) La dernière sortie de Théophile Obenga sur la question est une initiative isolée. Avis d'un " libre penseur " qui ne s'exprimait pas, sauf erreur, au nom d'une quelconque région.

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La Semaine africaine

Election présidentielle de 2016 : la majorité a commencé la campagne

La visite de travail du président de la République, Denis Sassou Nguesso, dans le Niari et le Kouilou, a été l’occasion, pour les responsables politiques de la majorité présidentielle, de lancer la campagne du changement de constitution, pour permettre à l’actuel chef d’Etat de rempiler pour un troisième mandat. Lors de l’inauguration de l’usine de ciment de la société chinoise Forspak, le 22 mars dernier, à Dolisie, le ministre d’Etat Isidore Mvouba l’a clairement signifié: «Le chantier Congo est encore vaste et les défis à relever immenses. 2016 n’est donc pas une borne infranchissable. Loin s’en faut. 2016 est un passage vers une synthèse dialectique de La Nouvelle espérance et du Chemin d’avenir à l’émergence. Il faut atteindre l’autre rive, faire le grand bond en avant et in fine établir le nouveau deal avec le peuple du Congo».

Au nom du département du Niari, Justin Koumba a demandé au président de la République de changer de constitution, «pour la continuité», et après lui, Pierre Mabiala, le porte-parole du département, a demandé la même chose au président de la République, en donnant les raisons de cette demande des fils et filles du Niari. La campagne est donc ouverte pour la nouvelle constitution devant permettre au président Sassou Nguesso de demeurer à la tête du pays, après 2016.

Notre commentaire

On notera au passage la fine dialectique du camarade Mvouba…

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Les Sages du Niari ont dévoilé le mot préparé pour l’adresse au chef de l’Etat…

La polémique continue à Dolisie, commune et chef-lieu du département du Niari, après la visite du chef de l’Etat, Denis Sassou Nguesso, au cours de laquelle, parlant en lieu et place des sages, Justin Koumba et Pierre Mabiala ont demandé au président de la République de changer de constitution. Dans le mot qui avait été préparé par les sages et signé par Jean-Baptiste Youndouka, président de la coordination départementale du Haut-conseil national des sages du Congo au Niari, il n’est nullement question de constitution. Les sages y soulèvent plutôt des préoccupations sociales et économiques concernant leur département, après avoir remercié le chef de l’Etat qui a, déjà, pris en compte quelques-unes des doléances comme le fer de Mayoko qui rentre, d’ici peu, en production. Il termine le mot, en invitant le chef de l’Etat à visiter leur siège, le «mouandza ou mbongui» du Niari. Mais, ce mot n’a pas été lu, la place leur ayant été soufflé par des autorités nationales originaires de leur département.

Notre commentaire

Pour ceux qui n'auraient pas bien saisi ou qui seraient un peu " durs de la feuille ", voici un dessin :

Les " sages " du Niari, profitant de l'invitation que Sassou leur a lancé lors de son opportune visite dans le coin, ont préparé par écrit leurs doléances. Celles-ci sont relatives à leurs préoccupations quotidiennes. Ils refilent le papier à leurs parents qui ont réussi là-bas à Brazzaville, vous savez, ceux qui parlent bien le français.

Mais voilà que, au lieu de transmettre fidèlement lesdites doléances, Koumba et Mabiala les glissent dans leur poche et disent à Sassou que le Niari a pour seule demande pressante la modification de la Constitution pour que ce dernier meure au pouvoir. Et Sassou de jouer la surprise alors qu'il était au parfum.

Un conseil à Koumba et à Mabiala : la prochaine fois, il faudra bien choisir les " sages ", comme Sassou le fait chez lui à Oyo, ou alors leur refiler un peu de cette oseille qui constitue votre moteur et au nom de quoi vous parlez...

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La Semaine africaine

L’éditorial de Joachim Mbanza

Face à l’enthousiasme, il faut savoir raison garder !

A Dolisie où il était en visite de travail, le président Denis Sassou Nguesso, autant qu’il affectionne le contact direct avec les sages, devait rencontrer ceux du département du Niari, samedi 22 mars dernier. Ce sont des moments exceptionnels de dialogue, de démocratie populaire, tels qu’il n’en existe pas à Brazzaville, la capitale politique, où l’hypocrisie ou, au contraire, l’intolérance parasitent le dialogue.

Mais, à Dolisie, ce sont, plutôt, des proches au niveau de l’Etat qui se sont retrouvés face au président de la République. Les cadres ressortissants du Niari, ministres, parlementaires et autorités politico-civiles locales, avaient concocté ce qu’ils pensaient être une surprise agréable pour le chef de l’Etat, en annonçant que le Niari est unanime pour la modification de la constitution du 20 janvier 2002, afin de lui permettre de briguer un troisième mandat à la tête du pays. Par acclamation et dans un enthousiasme effréné, toute la salle s’est levée, pour saluer cet engagement, à l’exception de quelques rares participants qu’on peut compter sur les doigts de la main.

En effet, l’enthousiasme d’une salle confère-t-elle la légitimité démocratique de parler au nom des populations de tout un département? Dans la sagesse que lui confère sa longue expérience de la gouvernance des hommes et des affaires d’Etat, le président Denis Sassou Nguesso le sait fort bien. Face à cette surprise, il a, en toute sagesse, raison gardée, en indiquant qu’il réserve sa réponse pour plus tard et que, même dans la salle où il se trouvait, tout le monde ne partage pas l’idée du changement de constitution. Il faut, peut-être, d’abord, les convaincre. Dans une question aussi sensible et complexe, qui concerne la vie de la nation entière, on peut dire que le président de la République a répondu de manière pertinente.

L’initiative de politiser les départements peut, en effet, entraîner une dérive. La politique se fait à travers les associations ou partis et non à travers les départements qui sont des entités administratives, politiquement neutres, permettant à l’Etat de bien gérer son territoire. Le fait même de dire que tel département est en faveur du changement de constitution fait courir le risque de dresser les départements les uns contre les autres. Car, il y aura des départements favorables au changement de constitution et d’autres hostiles. Que va-t-il se passer à ce moment-là? Va-t-on rayer de la carte du Congo les départements qui ne seront pas favorables au changement de constitution?

Ensuite, il est étonnant de constater que ce sont les cadres de la majorité, eux-mêmes, à l’origine de la constitution du 20 janvier 2002, alors que le deuxième septennat présidentiel va vers sa fin, qui engagent, officiellement, le débat relatif au changement de constitution. En 2009, quelques mois avant l’élection présidentielle, lorsque les partis d’opposition avaient fait la proposition de changer la constitution du 20 janvier 2002, en revenant à la constitution du 15 mars 1992, la majorité avait fait la sourde oreille, sûre qu’elle était de remporter l’élection présidentielle de 2009. Aujourd’hui, c’est elle qui veut, maintenant, changer de constitution et c’est l’opposition qui demande le respect de cette constitution. On a compris que l’enjeu n’est pas la constitution, mais bien la question du pouvoir.
Changer de constitution n’est pas un problème en soi. Le principe démocratique souverain étant que, dans le concert des nations, les peuples sont libres de disposer de leurs destins. Mais, il faut être conscient que ce qui suscite le débat, chez nous comme dans certains pays africains, c’est le mobile d’une telle initiative: veut-on changer la constitution, pour la remplacer par une autre qui soit démocratiquement performante et répondant au mieux aux aspirations des populations à un mieux-être, ou veut-on la changer pour permettre à un groupe de citoyens de se perpétuer aux commandes de l’Etat? Voilà ce qui sous-tend, en réalité, le débat constitutionnel et qui appelle la classe politique à faire preuve de beaucoup de sens de responsabilité.

Il est peu probable que la majorité réussisse son opération de changer de constitution, sans une humble démarche démocratique, sauf à envisager un passage en force, avec les risques que l’on sait: diviser le pays. Autrement, comme a dit le président de la République, la responsabilité démocratique de la majorité serait, d’abord, de convaincre sur le bien-fondé pour le pays, de son initiative. C’est là où elle est attendue et non sur le terrain de l’autosatisfaction risquant de conduire le chef de l’Etat sur un mauvais chemin. Car, il faut tenir compte des autres; le pays appartient à tout le monde et non seulement à ceux qui dirigent et à leurs militants.

Joachim MBANZA

© La Semaine africaine

(Extrait de Mwinda-Press)

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