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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 06:33
[Congo-Brazzaville] La spirale qui engloutira Sassou

Par Benjamin Bilombot Bitadys -

Par petites touches, par dose homéopathique donc et de manière insidieuse, Sassou Nguesso, le PCT et les épigones du « chemin d’avenir » instillent au sein de l’opinion du Congo-Brazzaville l’idée de la modification de la Constitution de 2002 sculptée pourtant sur mesure afin de permettre au tsar d’Oyo de rempiler après 2016. Sous la dictée de Sassou Nguesso, jouant aux vierges effarouchées, sourire en coin lisible sur la commissure des lèvres, Justin Koumba, Pierre Mabiala et Isidore Mvouba usant et abusant de métaphores sont montés au créneau et passés à l’attaque à Dolisie, martelant et claironnant : « Modification de la Constitution, modification de la Constitution ». Les épigones du « chemin d’avenir », soucieux de conserver les avantages indûment acquis et de pérenniser le système mafieux du PCT, avancent avec leurs gros sabots.


Touche pas à ma Constitution

Reste plus que Parfait Kolelas du MCDDI et Hellot Mampouya de la DRD pour accorder leurs violons, entrer dans la danse et donner le blanc-seing au projet machiavélique de Sassou Nguesso pour boucler la boucle. Ces deux frères siamois, leaders politiques, prônent, en théorie, l’alternance mais espèrent, en pratique, le statu quo. Dans l’esprit du fils biologique et du fils spirituel, « l’alternance, ce n’est ni maintenant ni demain ». Et, pour cause : à l’égard de Sassou Nguesso, Parfait Kolelas et Hellot Mampouya vouent une fidélité sans faille et une loyauté sacrificielle. Les frères siamois, au charisme d’une huître, sont dépourvus de toute ambition présidentielle. En pratique, Denis Sassou Nguesso a pu également apprécier chez Parfait Kolelas et Hellot Mampouya une autre qualité : la docilité. Le journal catholique, La Semaine Africaine, d’ordinaire indulgent, a fait part de ses réserves quant à l’initiative des pieds nickelés du Niari. Jean Paul Pigasse des Dépêches de Brazzaville en appelle, pour sa part et pour le compte de Sassou Nguesso, son maître, à l’introduction d’une dose de « traditionnalité » dans la nouvelle constitution en amenant les anciens, les sages, les chefs traditionnels, les initiés à défendre les principes sur lesquels cette même démocratie se trouve fondée. Toutefois, Barak Obama, par le biais de Russ Feingold, avec sa belle clarté et sa concision, a mis les pieds dans les plats en apportant une sévère mise en garde à la modification des Constitutions en Afrique.


Relations

Longtemps, Denis Sassou Nguesso s’est cru au-dessus du lot, auréolé par de bons indicateurs financiers du Congo-Brazzaville tirés par une meilleure production pétrolière et protégé par la qualité de la relation tissées comme une toile d’araignée avec les firmes multinationales et les dirigeants de l’Hexagone. Surtout ceux de la droite, au premier rang desquels Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Mais, aussi, avec certains chefs d’Etat d’Afrique Centrale tels Omar Bongo du Gabon, José Edouardo Dos Santos de l’Angola et Idriss Déby du Tchad qui l’ont accompagné dans son épopée militaire de reconquête du pouvoir en 1997.


Tocsin

Depuis, la donne a changé. Malgré l’excellence des liens diplomatiques entre Paris, Brazzaville, Luanda, Libreville et Ndjamena, les relations personnelles entre les chefs d’Etat ont subi un coup de froid, en dépit d’éclats de rires sarcastiques qui ont ponctué la récente rencontre le 2 avril 2014 entre François Hollande et Sassou Nguesso à Bruxelles à l’occasion du sommet Union Européenne/Afrique sur la crise de la RCA (Cf Hollande, Sassou : rires à Bruxelles ). Etonnant que François Hollande ne se rende pas compte que dans la crise en Centrafrique, Sassou est à la fois pompier et pyromane. Le Tchadien Idriss Déby soupçonné également de verser l’essence sur le brasier centrafricain vient de décider de retirer ses soldats de la MISCA.

Il n’empêche. L’occasion fait le larron, c ’est le moment pour les populations du Congo-Brazzaville, signataire de la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance qui interdit aux dirigeants africains de modifier les textes fondamentaux aux seules fins de s’éterniser au pouvoir, de s’engouffrer dans la brèche ouverte par les propos du diplomate américain Russ Feingold à l’endroit des leaders politiques de la RDC sonnant le tocsin de la modification de la Constitution, afin de pousser vers la sortie le forcené d’Oyo. L’idée d’organiser un colloque sur l’alternance initiée par Jean-Luc Malekat ancien ministre des finances d’André Milongo est salutaire. Ne dit-on pas : « aide-toi, le ciel t’aidera ? »

On aura compris qu’il ne faut pas compter sur F. Hollande qui applique bien la maxime de de gaulle : « La France n’a pas d’amis ; elle n’a que des intérêts à défendre. » La sommation de l’administration américaine, quoique tardive et empreinte d’une extrême fermeté, du respect de la Constitution aux autorités politique de la République démocratique du Congo (RDC) est aussi valable pour le Congo-Brazzaville et d’autres chefs d’Etats des pays d’Afrique tentés par la modification constitutionnelle. Une modification de la loi organique qui est devenue un véritable fléau en Afrique. Les velléités de la modification de la Constitution de Sassou Nguesso, du PCT et des épigones du « chemin d’avenir » participent à fissurer le Congo-Brazzaville déjà vacillant politiquement depuis le coup de force du 5 juin 1997.


Benjamin BILOMBOT BITADYS

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Benjamin Bilombot Bitadys - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso

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